Batterie de santé sociale RAND

Découvrez la Batterie de santé sociale RAND (RSHB) : historique, fondements théoriques, propriétés psychométriques, validité, cotation et items complets de l’instrument.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

La Batterie de santé sociale RAND (en anglais, RAND Social Health Battery ou RSHB) constitue l’un des premiers instruments psychométriques standardisés spécifiquement conçus pour opérationnaliser et évaluer la dimension sociale de l’état de santé au sein des populations adultes générales. Développée au cours des années 1970 par les chercheurs de la RAND Corporation dans le cadre de l’historique étude d’assurance maladie (Health Insurance Experiment ou HIE), cette batterie a été conçue sous la direction de Cathy A. Donald et John E. Ware Jr. afin de combler une lacune fondamentale dans l’évaluation de la santé : l’absence d’indicateurs empiriques quantitatifs et standardisés du fonctionnement social, tel que préconisé par la définition tripartite de la santé formulée par l’Organisation mondiale de la santé (santé physique, mentale et sociale).

L’instrument se compose d’un ensemble de 11 items auto-rapportés évaluant de manière détaillée les interactions interpersonnelles, le soutien social perçu, la participation communautaire et l’engagement associatif ou religieux. Les items combinent des estimations numériques directes (nombre de familles du voisinage connues, nombre d’amis proches) et des échelles ordinales de fréquence comportementale (visites mutuelles, contacts téléphoniques, correspondances épistolaires, participation à des offices religieux, investissement dans des organisations bénévoles). Les analyses psychométriques initiales menées sur des échantillons communautaires diversifiés (plus de 4 500 répondants suivis longitudinalement) ont démontré une structure dimensionnelle solide, isolant notamment les contacts sociaux informels, les ressources du réseau personnel et la participation sociale organisée. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,65 et 0,78 selon les sous-construits et les formes de regroupement indiciaire, des valeurs particulièrement satisfaisantes pour des mesures comportementales composites de réseau social. La fidélité test-retest à un an corrobore la stabilité temporelle des réseaux sociaux tout en captant les variations biographiques majeures. En termes de validité, la RSHB présente une remarquable validité discriminante vis-à-vis des échelles de santé physique et de détresse psychologique, tout en prédisant de manière significative la mortalité toutes causes confondues, l’adhésion thérapeutique, l’utilisation des services de soins et le bien-être subjectif global.

2. Mots-clés / Keywords

Santé sociale, RAND Corporation, soutien social, intégration sociale, réseau social, fonctionnement social, épidémiologie sociale, psychométrie, Health Insurance Experiment, qualité de vie liée à la santé, bien-être relationnel, participation communautaire.

3. Auteurs / Authors

La Batterie de santé sociale RAND a été élaborée et formalisée par une équipe multidisciplinaire de psychométriciens, de sociologues de la santé et d’épidémiologistes au sein de la division des sciences de la santé de la RAND Corporation (Santa Monica, Californie, États-Unis) :

  • Cathy A. Donald (Donald-Sherbourne), Ph.D. — Chercheuse principale en politiques de santé et psychométrie à la RAND Corporation ; pionnière des mesures de soutien social et de fonctionnement social (ultérieurement affiliée au Medical Outcomes Study).
  • John E. Ware Jr., Ph.D. — Psychométricien émérite, concepteur principal des enquêtes sur la santé de la RAND, créateur du Medical Outcomes Study 36-Item Short Form Survey (SF-36) et des mesures associées du MOS (Medical Outcomes Study), alors chercheur senior à la RAND Corporation.
  • Robert H. Brook, M.D., Sc.D. — Directeur de recherche médicale à la RAND Corporation et professeur de médecine et de santé publique à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), investigateur principal de la RAND Health Insurance Study.
  • Allyson Ross Davies, Ph.D., M.P.H. — Épidémiologiste et spécialiste de l’évaluation de la qualité des soins et des mesures de résultats rapportés par les patients (PROMs) à la RAND Corporation.

Correspondance institutionnelle historique : RAND Corporation, Health Sciences Division, 1776 Main Street, P.O. Box 2138, Santa Monica, CA 90407-2138, États-Unis. Site institutionnel : www.rand.org.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Batterie de santé sociale RAND est d’offrir une mesure quantitative, standardisée, rigoureuse et non pathologisante du capital relationnel et du fonctionnement social de l’individu dans son milieu de vie naturel. Historiquement, l’évaluation de l’état de santé dans les enquêtes épidémiologiques et les essais cliniques se concentrait quasi exclusivement sur les limitations physiques, la symptomatologie somatique et, plus tardivement, sur les désordres psychiatriques ou la détresse émotionnelle. Dès 1948, l’Organisation mondiale de la santé a pourtant défini la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». En dépit de cette reconnaissance officielle, la dimension sociale est longtemps demeurée le « parent pauvre » de la métrologie médicale, souvent ignorée ou réduite à de simples variables démographiques figées telles que le statut matrimonial ou le statut socio-économique.

Dans le contexte de la conception de la grande étude expérimentale sur l’assurance maladie (RAND Health Insurance Experiment), financée par le ministère américain de la Santé, de l’Éducation et du Bien-être (HEW), il était impératif de déterminer si différents régimes de partage des coûts de santé influençaient non seulement la morbidité clinique ou les coûts médicaux, mais également le bien-être social et l’intégration communautaire des participants. Les concepteurs de la RSHB ont ainsi voulu répondre à trois défis majeurs :

  • Distinguer conceptuellement la santé sociale des facteurs sociodémographiques structurels : La RSHB ne se contente pas de répertorier si une personne est mariée ou salariée ; elle évalue la fréquence active des contacts humains, l’existence de confidents véritables et le dynamisme du tissu relationnel au sein de la communauté.
  • Distinguer la santé sociale de la santé mentale et physique : L’objectif était d’isoler des indicateurs purement relationnels et interactifs qui ne soient pas intrinsèquement contaminés par l’humeur dépressive, l’anxiété ou l’impotence physique. Par exemple, la RSHB mesure les comportements effectifs de visite et d’appel plutôt que le sentiment subjectif d’inadéquation ou l’incapacité physique de se déplacer.
  • Fournir des scores sensibles aux variations environnementales et temporelles : L’outil a été construit pour capter à la fois les ressources structurelles stables (taille du réseau d’amis proches, ancrage dans le voisinage) et les comportements dynamiques fluctuants (visites au cours du dernier mois, contacts téléphoniques, correspondances).

Sur le plan des applications cliniques et de la recherche contemporaine, la RSHB est utilisée en épidémiologie sociale, en gérontologie, en santé communautaire et en médecine comportementale. Elle permet d’identifier les populations à haut risque d’isolement social précoce, de modéliser les voies d’influence du soutien social sur la réponse au stress neuroendocrinien, et d’évaluer l’impact des interventions médico-sociales destinées à restaurer le lien civique et interpersonnel chez les patients atteints de pathologies chroniques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de santé sociale mesuré par la RSHB s’articule autour de l’analyse comportementale et structurelle de la participation de l’individu au sein de ses cercles sociaux. Dans le modèle développé par Donald, Ware et leurs collaborateurs (1978, 1982), la santé sociale ne se réduit pas à une unique entité unidimensionnelle abstraite, mais se structure en plusieurs facettes interdépendantes constituant le capital d’insertion et de soutien de l’individu :

1. Les liens informels primaires et l’ancrage de voisinage (Ties & Primary Contacts)

Cette dimension évalue le premier cercle d’interactions quotidiennes ou de proximité géographique. Elle comprend le nombre de familles du voisinage avec lesquelles le répondant entretient des relations de familiarité suffisantes pour se rendre mutuellement visite à domicile (Item 1), ainsi que l’amplitude du réseau d’amis intimes ou de parents auprès desquels l’individu se sent parfaitement à l’aise et en confiance pour exprimer ses pensées et préoccupations les plus intimes (Item 2). Ce construit reflète la densité des ressources affectives et protectrices immédiatement mobilisables en cas de besoin quotidien.

2. Les interactions sociales actives et réciproques (Active Social Interactions)

Contrairement à la simple existence passive d’un réseau, cette dimension mesure la fréquence effective des échanges comportementaux réciproques. Les items examinent les rencontres physiques sur une base annuelle (Item 3), l’hospitalité active (recevoir des amis chez soi au cours du dernier mois, Item 4), l’extériorisation sociale (se rendre au domicile d’amis, Item 5), ainsi que les communications à distance (contacts téléphoniques avec des proches, Item 6, et correspondances épistolaires ou écrites, Item 7). Ces items quantifient le débit d’activation des liens interpersonnels, un facteur clé dans la prévention de l’atrophie relationnelle.

3. L’évaluation subjective de l’harmonie interpersonnelle (Interpersonal Well-being)

Bien que la RSHB privilégie les métriques comportementales objectives, elle intègre une évaluation auto-référentielle globale de la qualité des rapports humains actuels (Item 8 : s’entendre avec les autres mieux que d’habitude, de la même manière, ou moins bien que d’habitude). Cette dimension capte l’accordage affectif contemporain et les micro-tensions relationnelles susceptibles d’altérer le sentiment de bien-être.

4. L’intégration communautaire, religieuse et institutionnelle (Community & Organizational Integration)

Le fonctionnement social dépasse le cadre du cercle intime pour englober la participation civique au sein de la communauté élargie. Cette composante évalue la régularité de la participation à des offices religieux (Item 9), le nombre total d’associations ou groupes volontaires auxquels l’individu adhère librement (Item 10 : amicales, loges, comités de parents, associations caritatives), ainsi que le degré réel d’activité et d’implication dans la vie de ces organisations (Item 11). Ce construit opérationnalise le concept sociologique d’appartenance institutionnelle et de capital social formel.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de la Batterie de santé sociale RAND s’enracine au croisement de la sociologie durkheimienne, de la théorie du soutien social en psychologie de la santé et de la théorie des réseaux sociaux (Social Network Theory) :

L’héritage sociologique de l’intégration sociale

Sur le plan sociologique, les travaux fondateurs d’Émile Durkheim sur l’anomie et le suicide ont démontré que l’intégration des individus au sein d’institutions régulatrices (famille, communauté religieuse, corporations civiques) exerce un rôle protecteur vital contre la désorganisation psychologique. Donald et Ware ont traduit cette hypothèse en indicateurs quantifiables : l’absence d’affiliation organisationnelle (Item 10) et la non-fréquentation des rassemblements communautaires (Item 9) représentent des indices d’isolement structurel ou de désaffiliation sociale susceptibles d’exposer l’individu à une vulnérabilité accrue face aux événements de vie stressants.

La théorie du tampon social (Stress-Buffering Hypothesis)

Durant les années 1970 et 1980, les travaux de chercheurs tels que John Cassel, Sidney Cobb, ainsi que les publications ultérieures de Sheldon Cohen et James S. House, ont conceptualisé le soutien social comme un modérateur fondamental des effets délétères du stress psychologique sur la santé physiologique. Selon le modèle du « tampon protecteur » (buffering hypothesis), les contacts fréquents avec des confidents intimes (Item 2) modifient l’évaluation cognitive des menaces perçues et atténuent l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HHS). La RSHB a été configurée pour mesurer à la fois le réservoir potentiel d’aide (le réseau disponible) et les interactions concrètes par lesquelles le soutien émotionnel et instrumental se transmet.

Le modèle tripartite de la santé de l’OMS

Le cadre théorique de la RAND Corporation s’est appuyé de façon programmatique sur la charte de l’OMS. Ware et ses collègues ont postulé que la santé globale d’un individu forme un continuum tridimensionnel où chaque sphère — physique, mentale et sociale — possède sa propre autonomie fonctionnelle tout en interagissant de façon dynamique avec les deux autres. Alors que les échelles de santé physique mesurent la performance corporelle et les échelles de santé mentale mesurent l’équilibre affectif et cognitif, la santé sociale mesure la performance relationnelle de l’individu au sein de son écologie sociale. Les auteurs ont expressément insisté sur la nécessité de ne pas confondre le statut social (revenus, éducation, prestige professionnel) avec la santé sociale : le statut représente une ressource socio-économique de départ, tandis que la santé sociale reflète l’activité relationnelle et l’appartenance collective concrète de la personne.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la Batterie de santé sociale RAND ont été soumises à des vérifications empiriques approfondies lors de l’étude d’assurance maladie de la RAND, portant sur des milliers de participants issus de six régions géographiques distinctes des États-Unis (Dayton, Seattle, Fitchburg, Franklin County, Charleston, Georgetown County).

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu a été garantie par une recension exhaustive de la littérature sociologique et épidémiologique des années 1960 et 1970 (notamment les travaux de Gurin, Veroff et Feld, de Myers et de Berkman). Les items ont été formulés pour couvrir un éventail représentatif d’activités sociales sans pénaliser indûment les individus ayant des modes de vie singuliers. La validité de construit a été documentée par l’observation de corrélations conformes aux prédictions théoriques :

  • Les scores de santé sociale sont positivement et significativement associés aux mesures de bien-être émotionnel général (corrélations de l’ordre de r = 0,25 à 0,40, p < 0,001), confirmant que les relations interpersonnelles riches contribuent positivement à l’affectivité plaisante.
  • Les scores sont inversement corrélés aux mesures d’anxiété et de dépression (corrélations négatives modérées, typiquement entre r = -0,20 et -0,35), démontrant un effet protecteur contre la détresse psychologique.

Validité discriminante

Une étape cruciale du programme de validation de la RAND consistait à prouver que la santé sociale ne constituait pas un simple artefact des capacités physiques de la personne. Les analyses multitraits-multiméthodes ont mis en évidence que les corrélations entre les items de la RSHB et les indices de limitations physiques (mobilité, soins personnels) étaient très faibles (généralement r < 0,15). Cela prouve qu’un individu peut conserver un réseau social riche et des contacts téléphoniques ou épistolaires soutenus même en présence d’une incapacité physique sévère, et inversement, qu’une excellente condition physique n’immunise pas contre l’isolement social total.

Validité prédictive et de critère

Dans les suivis longitudinaux de la RAND Corporation et les études épidémiologiques ultérieures utilisant ces batteries, les scores d’intégration sociale et de contacts prédisent de manière robuste l’utilisation future des services ambulatoires de santé mentale, l’observance thérapeutique chez les patients polymédiqués, ainsi que la trajectoire de récupération après un épisode pathologique aigu. Les individus situés dans le tertile inférieur des scores de santé sociale présentaient, toutes choses égales par ailleurs, un taux d’utilisation de consultations médicales pour motifs psychosomatiques significativement plus élevé.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la Batterie de santé sociale RAND a été analysée à travers plusieurs approches psychométriques complémentaires adaptées à la nature mixte de ses variables.

Cohérence interne

Dans les rapports techniques fondateurs de la RAND (Donald et Ware, 1978, 1982), la consistance interne des échelles globales et des sous-indices combinés a été évaluée au moyen du coefficient alpha de Cronbach :

  • L’indice composite global de contacts et ressources sociales (Social Contacts and Resources Index) présente des coefficients alpha variant entre 0,68 et 0,76 selon les sites d’échantillonnage de la RAND Health Insurance Study.
  • Pour les sous-composantes spécifiques comportementales (telles que le cumul des contacts informels et des visites), la cohérence interne oscille entre 0,65 et 0,72. Bien que légèrement inférieurs aux standards habituels des tests de personnalité (souvent > 0,80), ces coefficients sont considérés comme très satisfaisants en épidémiologie sociale, où les comportements de réseau (par exemple écrire des lettres vs fréquenter des clubs) ne sont pas nécessairement interchangeables mais forment un faisceau d’activités complémentaires.

Stabilité test-retest

La fidélité temporelle a été mesurée par administration répétée à des intervalles de un an au sein des cohortes de l’étude HIE. Les corrélations test-retest sur un intervalle de 12 mois se sont élevées à des valeurs comprises entre r = 0,55 et r = 0,68 (p < 0,001). Ces coefficients attestent d’une stabilité substantielle des structures relationnelles au cours du cycle de vie adulte, tout en démontrant une sensibilité adéquate aux transitions biographiques majeures (déménagements, ruptures conjugales, changements d’emploi ou décès de proches).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les études empiriques conduites par Cathy A. Donald et John E. Ware Jr. (1982) ont systématiquement exploré la structure sous-jacente des items de la RSHB par des analyses factorielles exploratoires (AFE) en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax).

Structure factorielle identifiée

L’analyse factorielle révèle l’existence de trois facteurs principaux distincts qui expliquent la majeure partie de la variance commune de l’instrument :

  • Facteur 1 : Contacts sociaux informels et fréquentation interpersonnelle (Informal Social Activity) — Ce facteur regroupe avec de fortes saturations (> 0,55) les items de visites mutuelles au cours du mois écoulé (Items 4 et 5), les rencontres globales au cours de l’année (Item 3) et les communications téléphoniques (Item 6). Il reflète la dynamique active du réseau direct.
  • Facteur 2 : Intégration organisationnelle et engagement collectif (Community & Group Participation) — Ce facteur est fortement saturé par le nombre d’organisations bénévoles (Item 10, saturation typique > 0,75), le niveau d’activité au sein de ces clubs ou associations (Item 11, saturation > 0,70) et, dans une moindre mesure, la fréquentation des services religieux (Item 9, saturation ~ 0,45).
  • Facteur 3 : Ressources du réseau intime et de voisinage (Social Network Ties) — Ce facteur est dominé par le nombre d’amis intimes et confidents (Item 2, saturation > 0,60) et le nombre de familles du voisinage bien connues (Item 1, saturation > 0,50).

L’item 8 (s’entendre avec les autres) présente des saturations transversales modérées sur les facteurs 1 et 3, agissant comme un pont affectif entre l’intégration subjective et les contacts effectifs. Bien que ces dimensions soient factoriellement différenciables, leur corrélation positive modérée (intercorrélations factorielles comprises entre 0,22 et 0,38) autorise et justifie l’utilisation d’un score agrégé global de santé sociale lorsque les chercheurs souhaitent disposer d’un indice parcimonieux.

10. Instrument de mesure / Instrument

La Batterie de santé sociale RAND est un auto-questionnaire standardisé comprenant 11 items. Elle se caractérise par des modalités de réponse adaptées à chaque type de comportement évalué, nécessitant un recodage spécifique pour l’obtention des scores standardisés.

Caractéristiques métrologiques de l’instrument

  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou passation informatisée assistée.
  • Population cible : Adultes âgés de 14 ans et plus (dans l’étude originale HIE) jusqu’aux personnes âgées.
  • Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Nombre total d’items : 11 items.
  • Échelles de réponse :
    • Réponses numériques directes en texte libre (Items 1, 2, 10).
    • Échelles ordinales de fréquence à 7 points (Item 3 : de 1 = Chaque jour à 7 = Moins de 5 fois par an).
    • Échelles ordinales de fréquence mensuelle à 6 points (Items 4, 5, 6, 7, 9 : de 1 = Chaque jour à 6 = Pas du tout au cours du dernier mois).
    • Échelle d’évaluation comparative à 3 points (Item 8 : 1 = Mieux que d’habitude, 2 = À peu près pareil, 3 = Moins bien que d’habitude).
    • Échelle ordinale d’activité à 4 points (Item 11 : de 1 = Très actif à 4 = Ne fait partie d’aucun groupe).
  • Système de cotation et de recodage (Scoring Rules) : Afin que des scores plus élevés reflètent systématiquement une meilleure santé sociale, les items bruts doivent être recodés selon le barème officiel établi par la RAND Corporation :
    • Item 1 (Voisinage) : 0 famille = 0 point ; 1 = 1 ; 2 = 2 ; 3 = 3 ; 4 = 4 ; 5 à 10 = 5 ; 11 ou plus = 6 points.
    • Item 2 (Amis proches) : 0 ami = 0 point ; 1 = 1 ; 2 = 2 ; 3 = 3 ; 4 = 4 ; 5 à 9 = 5 ; 10 à 20 = 6 ; 21 à 25 = 7 ; 26 à 35 = 8 ; 36 ou plus = 9 points.
    • Item 3 (Sorties annuelles) : Modalités brutes 1 à 3 recodées en 4 points ; modalité 4 recodée en 3 points ; modalités 5 et 6 recodées en 2 points ; modalité 7 recodée en 1 point.
    • Item 4 (Visites reçues au domicile) : Modalités brutes 1 à 4 recodées en 3 points ; modalité 5 recodée en 2 points ; modalité 6 recodée en 1 point.
    • Item 5 (Visites rendues à des amis) : Modalités brutes 1 à 3 recodées en 3 points ; modalités 4 et 5 recodées en 2 points ; modalité 6 recodée en 1 point.
    • Item 6 (Contacts téléphoniques) : Modalité brute 1 recodée en 5 points ; modalité 2 recodée en 4 points ; modalités 3 et 4 recodées en 3 points ; modalité 5 recodée en 2 points ; modalité 6 recodée en 1 point.
    • Item 7 (Correspondance écrite) : Modalités identiques aux échelles de contact mensuel (ou analysé individuellement selon les protocoles de la RAND).
    • Item 8 (Entente interpersonnelle) : Modalité brute 1 recodée en 3 points ; modalité 2 recodée en 2 points ; modalité 3 recodée en 1 point.
    • Item 9 (Offices religieux) : Modalités brutes 1 et 2 recodées en 5 points ; modalité 3 recodée en 4 points ; modalité 4 recodée en 3 points ; modalité 5 recodée en 2 points ; modalité 6 recodée en 1 point.
    • Item 10 (Adhésion à des groupes bénévoles) : 0 groupe = 0 point ; 1 = 1 ; 2 = 2 ; 3 = 3 ; 4 = 4 ; 5 ou plus = 5 points.
    • Item 11 (Niveau d’activité dans les groupes) : Modalité brute 1 recodée en 4 points ; modalité 2 recodée en 3 points ; modalité 3 recodée en 2 points ; modalité 4 recodée en 1 point.
  • Interprétation des scores : La somme des items recodés engendre un score global de santé sociale où les valeurs les plus hautes indiquent un réseau diversifié, des interactions régulières et une intégration sociale optimale. Des scores standardisés sur une échelle de 0 à 100 peuvent être dérivés pour faciliter les comparaisons inter-études.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La Batterie de santé sociale RAND a été élaborée à partir du milieu des années 1970 et formalisée dans les rapports officiels de la RAND Corporation publiés en 1978 et 1982 sous l’égide de Cathy A. Donald et John E. Ware Jr. Conformément à la mission institutionnelle de la RAND Corporation et aux stipulations des financements fédéraux de recherche publique américains accordés par le Département de la Santé et des Services sociaux (DHHS), l’instrument relève du domaine public.

Les conditions d’utilisation sont les suivantes :

  • Tarifs : L’accès et l’utilisation de la batterie sont entièrement gratuits. Aucun droit d’enregistrement, redevance ou coût de licence n’est exigible pour son utilisation dans le cadre de recherches académiques, d’enquêtes épidémiologiques ou d’évaluations cliniques à but non lucratif.
  • Permissions et droits d’auteur : Aucune autorisation formelle préalable n’est requise de la part de la RAND Corporation pour administrer les items. Les chercheurs sont toutefois tenus de citer rigoureusement les rapports sources originaux de la RAND Corporation (notamment Donald et al., 1978 ; Donald & Ware, 1982) dans toute publication scientifique découlant de leurs travaux.
  • Adaptation et traductions : Les traductions dans d’autres langues doivent respecter les procédures méthodologiques standardisées de rétro-traduction (forward-backward translation) afin de garantir l’équivalence sémantique et psychométrique du construit.

12. Références / References

Les références bibliographiques ci-dessous regroupent les publications fondatrices et les études méthodologiques majeures relatives à la Batterie de santé sociale RAND :

  • Cohen, S. (2004). Social relationships and health. American Psychologist, 59(8), 676–684. https://doi.org/10.1037/0003-066X.59.8.676
  • Donald, C. A., & Ware, J. E., Jr. (1982). The quantification of social contacts and resources (Report No. R-2937-HHS). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R2937.html
  • Donald, C. A., & Ware, J. E., Jr. (1984). The measurement of social support. Research in Community and Mental Health, 4, 325–370.
  • Donald, C. A., Ware, J. E., Jr., Brook, R. H., & Davies-Avery, A. (1978). Conceptualization and measurement of health for adults in the Health Insurance Study: Vol. IV, Social health (Report No. R-1987/4-HEW). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R1987.4.html
  • House, J. S., Landis, K. R., & Umberson, D. (1988). Social relationships and health. Science, 241(4865), 540–545. https://doi.org/10.1126/science.3399889
  • McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Sherbourne, C. D. (1992). Social functioning: Social activity limitations measure. In A. L. Stewart & J. E. Ware Jr. (Eds.), Measuring functioning and well-being: The Medical Outcomes Study approach (pp. 173–181). Duke University Press.
  • Sherbourne, C. D., & Stewart, A. L. (1991). The MOS social support survey. Social Science & Medicine, 32(6), 705–714. https://doi.org/10.1016/0277-9536(91)90150-B
  • Sherbourne, C. D., Stewart, A. L., & Wells, K. B. (1992). Role functioning measures. In A. L. Stewart & J. E. Ware Jr. (Eds.), Measuring functioning and well-being: The Medical Outcomes Study approach (pp. 205–219). Duke University Press.
  • Stokes, M. B., & others. (1974). Social indicators of well-being. Russell Sage Foundation.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

About how many families in your neighborhood are you well enough acquainted with‚ that you visit each other in your homes? ______ families
2

About how many close friends do you have—people you feel at ease with and can talk with about what is on your mind? (You may include relatives.) (Enter number on line) ______ close friends
3

Over a year’s time‚ about how often do you get together with friends or relatives‚ like going out together or visiting in each other’s homes? (Circle one)
4

During the past month‚ about how often have you had friends over to your home? (Do not count relatives.) (Circle one)
5

About how often have you visited with friends at their homes during the past month? (Do not count relatives.) (Circle one)
6

About how often were you on the telephone with close friends or relatives during the past month? (Circle one)
7

About how often did you write a letter to a friend or relative during the past month? (Circle one)
8

In general‚ how well are you getting along with other people these days—would you say better than usual‚ about the same‚ or not as well as usual? (Circle one)
9

How often have you attended a religious service during the past month? (Circle one)
10

About how many voluntary groups or organizations do you belong to—like church groups‚ clubs or lodges‚ parent groups‚ etc. (“Voluntary” means because you want to.) ______ groups or organizations (Write in number. If none‚ enter “0.”)
11

How active are you in the affairs of these groups or clubs you belong to? (If you belong to a great many‚ just count those you feel closest to. If you don’t belong to any‚ circle 4.) (Circle one)
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Batterie de santé sociale RAND. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-rand/
Looti, Mohammed. “Batterie de santé sociale RAND.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-rand/.
Looti, Mohammed. “Batterie de santé sociale RAND.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-rand/.