Batterie de santé sociale de RAND

La Batterie de santé sociale de RAND (RAND Social Health Battery) est une échelle psychométrique pionnière conçue en 1978 par Donald, Ware et Brook pour évaluer les liens sociaux, la sociabilité et la participation communautaire. Découvrez ses propriétés, son cadre théorique et ses règles de cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

La Batterie de santé sociale de RAND (RAND Social Health Battery) est un instrument psychométrique pionnier développé à la fin des années 1970 par John E. Ware Jr., Cathy A. Donald, Robert H. Brook et leurs collaborateurs au sein de la RAND Corporation, dans le cadre de l’historique Health Insurance Study (HIS). Conçue pour opérationnaliser la définition tripartite de la santé établie par l’Organisation mondiale de la santé (santé physique, mentale et sociale), cette échelle évalue l’intégration sociale, le capital relationnel et la participation communautaire des adultes. Composée de 11 items structurés sous forme d’auto-évaluation, la batterie combine des mesures objectives de fréquence comportementale (contacts interpersonnels directs, téléphoniques, épistolaires), des indicateurs quantitatifs de réseaux d’affiliation (nombre d’amis proches, de connaissances dans le voisinage, adhésions associatives) et des dimensions subjectives du fonctionnement relationnel (qualité perçue des interactions).

Le format de réponse varie selon les items, alternant entre la déclaration directe de valeurs numériques et des échelles ordonnées à choix forcé à 3, 4, 6 ou 7 modalités. Un algorithme de recodage standardisé transforme ces réponses en scores étalonnés reflétant les ressources relationnelles et l’activité sociale. Les analyses psychométriques issues de cohortes longitudinales de population générale (dépassant 4 500 participants) indiquent une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,68 et 0,74 pour le score global, ainsi qu’une stabilité test-retest robuste à un an (coefficients de corrélation intraclasse compris entre 0,60 et 0,72). L’analyse factorielle révèle une structure multidimensionnelle articulée autour des liens sociaux informels, des contacts intimes et de l’engagement sociétal ou organisationnel. L’instrument a servi de fondement conceptuel aux modules d’évaluation sociale des questionnaires ultérieurs du Medical Outcomes Study, notamment le SF-36 et le MOS Social Support Survey.

2. Mots-clés / Keywords

Santé sociale, RAND Health Insurance Experiment, Évaluation psychométrique, Liens sociaux, Soutien social, Intégration communautaire, Fonctionnement social, Qualité de vie liée à la santé, Relations interpersonnelles, Épidémiologie sociale, Réseaux sociaux, Questionnaire d’auto-évaluation.

3. Auteurs / Authors

La Batterie de santé sociale de RAND a été élaborée par une équipe multidisciplinaire de psychométriciens, d’épidémiologistes et de spécialistes de l’économie de la santé au sein du Health Program de la RAND Corporation (Santa Monica, Californie, États-Unis) :

  • Cathy A. Donald (Donald-Sherbourne), Ph.D. — Chercheuse principale en santé publique et comportementale, RAND Corporation. Auteure majeure des travaux sur la quantification du soutien social et des ressources relationnelles.
  • John E. Ware, Jr., Ph.D. — Psychométricien renommé, directeur des mesures d’état de santé lors de la RAND Health Insurance Study, ultérieurement professeur à la Harvard School of Public Health et concepteur des échelles SF-36, SF-12 et VR-36. Co-fondateur de Health Assessment Lab.
  • Robert H. Brook, M.D., Sc.D. — Directeur de recherche émérite à la RAND Corporation, professeur de médecine et de santé publique à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), directeur de projet du RAND Health Insurance Experiment.
  • Allyson Ross Davies, Ph.D. — Spécialiste de la méthodologie d’évaluation de la qualité des soins et des mesures rapportées par les patients (PROMs) à la RAND Corporation.

Correspondance institutionnelle historique : RAND Corporation, 1776 Main Street, P.O. Box 2138, Santa Monica, CA 90407-2138, États-Unis. Référence documentaire : Rapports R-1987/4-HEW et R-2937-HHS.

4. Objectif / Purpose

L’objectif primordial de la Batterie de santé sociale de RAND est de fournir une quantification valide, standardisée et reproductible de la dimension sociale de la santé humaine, telle que formulée dans la constitution de 1948 de l’Organisation mondiale de la santé : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Historiquement, avant le lancement de la Health Insurance Study (HIS) financée par le département américain de la Santé, de l’Éducation et du Bien-être (HEW), les instruments d’évaluation de la santé se focalisaient de manière quasi exclusive sur les limitations physiologiques, l’invalidité motrice et la psychopathologie symptomatique. La RAND Social Health Battery a été intentionnellement conçue pour combler ce vide méthodologique en établissant une métrique rigoureuse des ressources relationnelles et du comportement social.

Sur le plan conceptuel et appliqué, l’instrument vise plusieurs finalités majeures :

  • Évaluation des politiques de santé et d’assurance maladie : Déterminer si les variations dans le partage des coûts des régimes d’assurance maladie (gratuité des soins versus franchise et coassurance) exercent une influence mesurable sur le bien-être social et les réseaux d’entraide des individus au sein de la communauté.
  • Recherche épidémiologique et déterminants sociaux : Analyser la fonction protectrice des liens sociaux sur la morbidité somatique et la mortalité prématurée. L’instrument permet d’opérationnaliser le capital social en tant que variable indépendante, modératrice ou médiatrice face aux stresseurs de la vie quotidienne.
  • Recherche clinique et évaluation des interventions : Servir de critère de jugement dans les essais évaluant l’impact des maladies chroniques invalidantes (telles que la dépression majeure, l’arthrite rhumatoïde, les cardiopathies ischémiques) sur l’isolement relationnel, ainsi que le rétablissement de l’insertion communautaire à la suite d’interventions thérapeutiques ou de réadaptation psychosociale.
  • Différenciation conceptuelle rigoureuse : Isoler le fonctionnement social pur des construits connexes, notamment l’état de santé mentale (détresse psychologique, dépression, anxiété) et le fonctionnement physique. Les auteurs ont expressément exclu de cette batterie les items d’incapacité liée au rôle professionnel afin de ne mesurer que la trame relationnelle, évitant ainsi les confusions de variance avec les capacités fonctionnelles physiques.

5. Construit psychologique / Construct

La Batterie de santé sociale de RAND repose sur une conceptualisation multidimensionnelle de la santé sociale articulée autour de deux axes fondamentaux : les liens sociaux structurels (réseau relationnel et participation sociétale) et les interactions sociales dynamiques (fréquence et qualité perçue des contacts). Contrairement aux échelles ultérieures qui mesurent exclusivement le sentiment subjectif de soutien reçu, cet instrument équilibre les paramètres écologiques objectifs et les jugements évaluatifs de l’individu.

1. Ressources relationnelles et réseau primaire (Social Ties & Confidants)

Cette dimension évalue l’ancrage de l’individu au sein d’un cercle restreint de relations significatives. Elle explore deux niveaux de proximité :

  • Le réseau d’intimité émotionnelle (Item 2) : Quantifié par le nombre d’amis proches et de membres de la parenté avec lesquels la personne se sent suffisamment en confiance pour exprimer ses pensées et affects intimes. Ce construit renvoie directement au concept d’attachement sécurisant et de disponibilité d’un confident (confidant availability), identifié comme un facteur tampon majeur contre la dépression.
  • L’ancrage de voisinage (Item 1) : Mesuré par le nombre de familles du voisinage avec lesquelles s’exerce une sociabilité réciproque (visites à domicile). Cette variable capture le capital social territorial et le sentiment de sécurité communautaire locale.

2. Contacts sociaux informels et fréquence interactionnelle (Social Contacts)

Cette composante opérationnalise la vitalité des échanges sociaux à travers plusieurs canaux de communication et contextes spatiaux :

  • Fréquence globale des rencontres (Item 3) : Évaluation temporelle annuelle de la récurrence des sorties et rencontres en face-à-face avec des pairs ou des membres de la famille.
  • Réciprocité de l’hospitalité domestique (Items 4 et 5) : Mesure différentielle des visites reçues au domicile du participant et des visites effectuées chez des amis au cours du dernier mois (en excluant la parenté). Ces items saisissent la mobilité relationnelle active et l’ouverture de l’espace privé à la sphère amicale.
  • Communication à distance (Items 6 et 7) : Recensement des contacts téléphoniques et des correspondances écrites (lettres) au cours du dernier mois. À l’époque de conception du test, la lettre constituait un vecteur clé de maintien des liens géographiquement distants, reflétant l’effort proactif d’investissement relationnel.

3. Intégration communautaire et engagement civique (Community & Group Participation)

L’intégration ne se limitant pas aux liens dyadiques ou primaires, cette sous-dimension explore l’insertion de l’individu dans des structures institutionnelles et des réseaux volontaires élargis :

  • Pratique religieuse collective (Item 9) : Fréquence de la participation aux offices religieux durant le mois écoulé, appréhendée comme un indicateur d’appartenance à une communauté morale et d’accès à des rituels partagés.
  • Affiliation associative (Item 10) : Nombre de groupes, clubs, loges ou associations volontaires auxquels le sujet adhère de son propre chef.
  • Degré d’activité civique (Item 11) : Intensité de l’implication personnelle dans la vie et les décisions de ces regroupements associatifs, distinguant l’adhésion passive de l’engagement participatif actif.

4. Évaluation subjective des relations interpersonnelles (Subjective Well-being / Getting Along)

L’item 8 introduit une dimension qualitative globale en demandant au répondant comment il s’entend avec son entourage ces derniers temps comparativement à son état habituel. Cet indicateur permet de capter la fluidité relationnelle, la présence éventuelle de frictions interpersonnelles aiguës et la perception phénoménologique de l’harmonie sociale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la Batterie de santé sociale de RAND s’inscrit à la croisée de la sociologie fonctionnaliste, de l’épidémiologie sociale naissante et de la psychométrie appliquée des années 1970.

L’opérationnalisation du modèle de l’OMS (1948)

Jusqu’aux travaux de Ware et Brook, la déclaration de l’OMS définissant la santé comme un triptyque physique, mental et social était largement considérée comme un idéal philosophique dénué d’utilité opérationnelle pour la mesure quantitative. Les auteurs de la RAND ont formulé le postulat méthodologique selon lequel la santé sociale peut être isolée et quantifiée au même titre que la fonction cardiovasculaire ou l’affect dépressif. Pour maintenir la spécificité du construit, Ware et Donald ont adopté une approche restrictive rigoureuse : la santé sociale devait être définie par le degré d’interaction de l’individu avec les autres membres de sa communauté et de sa société, et non par ses performances professionnelles (qui relèvent du rôle fonctionnel) ni par son équilibre affectif intrapsychique (qui relève de la santé mentale).

La théorie du capital social et des liens faibles vs liens forts

L’architecture de l’échelle fait écho aux théories sociologiques de Mark Granovetter (1973) sur la « force des liens faibles » et aux travaux fondateurs d’Émile Durkheim sur l’intégration sociale et l’anomie. La batterie combine délibérément :

  • Des liens forts (strong ties) : Confidents intimes et famille proche, assurant le soutien émotionnel profond en cas de crise majeure.
  • Des liens faibles (weak ties) : Connaissances de quartier, pairs associatifs et fidèles religieux, fournissant un ancrage sociétal élargi, l’accès à des ressources diversifiées et une protection contre l’isolement structurel.

L’hypothèse du tampon social (Stress-Buffering Hypothesis)

À la même époque, les travaux de John Cassel (1976) et de Sidney Cobb (1976) établissaient que l’appartenance à un réseau social dense amortit les conséquences pathogènes du stress psychosocial sur la physiologie humaine. Parallèlement, l’étude épidémiologique emblématique du comté d’Alameda menée par Lisa Berkman et Leonard Syme (1979) démontrait de façon spectaculaire qu’un indice de réseau social faible multiplie le risque de mortalité par deux à trois, indépendamment des habitudes de vie somatiques. La batterie de la RAND a été conçue pour capturer ces paramètres environnementaux et comportementaux protecteurs.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la Batterie de santé sociale de RAND a été minutieusement documentée dans les monographies méthodologiques de la RAND Corporation (Donald et al., 1978 ; Donald & Ware, 1982) à partir d’échantillons stratifiés représentant plus de 4 500 résidents adultes issus de multiples sites géographiques aux États-Unis (Dayton, Seattle, Fitchburg, Franklin County, Charleston, Georgetown County).

Validité de contenu et de construit (Construct Validity)

La validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature sociologique et épidémiologique de l’époque, complétée par des panels d’experts examinant la pertinence de chaque indicateur comportemental. Pour attester de la validité de construit, les auteurs ont recouru à la méthode d’échelle multi-traits (multitrait scaling analysis). Les items de santé sociale ont démontré des corrélations plus élevées avec leur propre construit qu’avec les échelles concurrentes administrées simultanément au sein du HIS :

  • Santé physique : Corrélations faibles à modérées (r = 0,10 à 0,22), confirmant que l’engagement social ne se confond pas avec les capacités motrices ou physiologiques de base, bien qu’un minimum de capacité somatique soit requis pour la mobilité relationnelle.
  • Santé mentale : Corrélations positives significatives mais modérées (r = 0,25 à 0,38) avec le bien-être psychologique, et corrélations négatives avec la détresse psychologique et la dépression (r = -0,20 à -0,32). Cette indépendance relative de variance confirme la distinction nette entre affect interne et intégration relationnelle.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente se manifeste par les associations positives fortes observées entre les sous-dimensions de la batterie : les individus rapportant un nombre élevé de confidents présentent une probabilité nettement plus grande de recevoir des visites (r = 0,36, p < 0,001) et d’utiliser activement le téléphone (r = 0,34, p < 0,001). Inversement, la validité discriminante a été confirmée par l’absence d’association systématique avec des variables confondantes telles que les biais de désirabilité sociale (évalués via des échelles d’assentiment) ou les traits de personnalité immuables.

Validité prédictive et de critère

Sur le plan prédictif, les scores bas à l’indice composite de santé sociale de la RAND prédisaient de manière significative une utilisation accrue des services de santé ambulatoires pour motifs psychosomatiques, une dégradation ultérieure de la santé subjective perçue à un horizon de deux ans, et une vulnérabilité accrue aux épisodes dépressifs majeurs lors de transitions de vie défavorables (deuil, perte d’emploi).

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de la batterie a mobilisé à la fois des indicateurs de cohérence interne et des analyses de stabilité temporelle test-retest sur des intervalles courts et longs.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les échantillons initiaux du Health Insurance Experiment (Dayton et sites combinés), les coefficients alpha de Cronbach pour le score global de santé sociale se sont établis de manière constante entre 0,68 et 0,74. Bien que ces valeurs puissent paraître légèrement inférieures aux normes exigées pour des tests de personnalité homogènes (visant généralement > 0,80), les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une batterie à indicateurs comportementaux hétérogènes (par exemple, la fréquentation religieuse et le nombre d’amis dans le voisinage représentent des facettes distinctes mais cumulatives de l’intégration). Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,28 et 0,55, tous les items contribuant positivement à la variance du score total.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été mesurée auprès de sous-échantillons réévalués à intervalles variables :

  • Stabilité à court terme (2 à 6 semaines) : Les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre 0,75 et 0,86, attestant d’une excellente reproductibilité des déclarations comportementales des répondants.
  • Stabilité longitudinale à un an : Les corrélations intraclasses (ICC) sur une période de 12 mois se maintiennent entre 0,60 et 0,72. Cette stabilité modérée à forte démontre que l’instrument capture des traits relationnels et des habitudes d’insertion relativement durables dans la population adulte, tout en demeurant sensible aux remaniements biographiques majeurs (déménagement, rupture conjugale).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques originelles menées par Donald et Ware (1978, 1982) ont appliqué des analyses factorielles exploratoires (AFE) par factorisation en axes principaux, suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax), complétées ultérieurement par des analyses confirmatoires de cohérence interne.

Structure factorielle extraite

L’analyse met en évidence une structure tripartite rendant compte d’environ 52 % à 58 % de la variance totale des 11 items :

  • Facteur 1 : Contacts sociaux informels et sociabilité active (Social Activity / Informal Ties) : Ce facteur regroupe les items de visites reçues (Item 4, saturation factorielle = 0,72), de visites effectuées (Item 5, saturation = 0,70), de fréquence générale des sorties avec pairs/famille (Item 3, saturation = 0,61) et de contacts téléphoniques (Item 6, saturation = 0,54).
  • Facteur 2 : Réseau intime et intégration locale (Confidants & Local Ties) : Dominé par le nombre d’amis proches et confidents (Item 2, saturation = 0,78) et les relations de voisinage (Item 1, saturation = 0,58), complété secondairement par le bien-être relationnel perçu (Item 8, saturation = 0,42).
  • Facteur 3 : Participation civique et communautaire (Community / Group Involvement) : Ce facteur capture les engagements institutionnels avec des saturations élevées pour le nombre d’organisations volontaires (Item 10, saturation = 0,81), le niveau d’activité associative (Item 11, saturation = 0,79) et la fréquentation des services religieux (Item 9, saturation = 0,48). L’item épistolaire (Item 7) présente des saturations plus modestes et partagées entre les facteurs 1 et 3.

Bien que ces trois dimensions soient distinctes sur le plan conceptuel, leurs intercorrélations positives modérées (r compris entre 0,28 et 0,42) justifient empiriquement l’agrégation des items au sein d’un score composite global de santé sociale (Social Health Index).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (auto-questionnaire papier-crayon ou administrable par entretien structuré).
  • Population cible : Adultes de la population générale (14 ans et plus dans l’étude d’origine HIS, calibré principalement pour les 18 ans et plus).
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Nombre d’items : 11 items.
  • Format des questions et échelle de réponse :
    • Items 1, 2, 10 : Réponses numériques ouvertes directes (nombre absolu de familles, d’amis proches, d’associations).
    • Item 3 : Échelle ordonnée à 7 modalités temporelles (« Every day » à « Less than 5 times a year »).
    • Items 4, 5, 6, 7, 9 : Échelles ordonnées à 6 modalités temporelles (« Every day » à « Not at all in past month »).
    • Item 8 : Échelle ordonnée à 3 modalités qualitatives comparatives (« Better than usual », « About the same », « Not as well as usual »).
    • Item 11 : Échelle ordonnée à 4 modalités de participation active (« Very active » à « Do not belong to any groups or clubs »).
  • Règles de cotation et algorithme de recodage : Afin d’harmoniser les variances et d’atténuer l’impact des valeurs extrêmes aberrantes, les réponses brutes font l’objet d’un recodage catégoriel standardisé (scoring rules) :
  • Neighborhood family acquaintances (Item 1) : 0 = 0 | 1 = 1 | 2 = 2 | 3 = 3 | 4 = 4 | 5 à 10 = 5 | 11 ou plus = 6 (Score de 0 à 6).
  • Close friends and relatives (Item 2) : 0 = 0 | 1 = 1 | 2 = 2 | 3 = 3 | 4 = 4 | 5 à 9 = 5 | 10 à 20 = 6 | 21 à 25 = 7 | 26 à 35 = 8 | 36 ou plus = 9 (Score de 0 à 9).
  • Visits with friends/relatives (Item 3) : Modalités 1 à 3 recodées 4 | Modalité 4 recodée 3 | Modalités 5 et 6 recodées 2 | Modalité 7 recodée 1 (Score de 1 à 4).
  • Home visits by friends (Item 4) : Modalités 1 à 4 recodées 3 | Modalité 5 recodée 2 | Modalité 6 recodée 1 (Score de 1 à 3).
  • Visits to homes of friends (Item 5) : Modalités 1 à 3 recodées 3 | Modalités 4 et 5 recodées 2 | Modalité 6 recodée 1 (Score de 1 à 3).
  • Telephone contacts (Item 6) : Modalité 1 recodée 5 | Modalité 2 recodée 4 | Modalités 3 et 4 recodées 3 | Modalité 5 recodée 2 | Modalité 6 recodée 1 (Score de 1 à 5).
  • Getting along (Item 8) : Modalité 1 recodée 3 | Modalité 2 recodée 2 | Modalité 3 recodée 1 (Score de 1 à 3).
  • Attendance at religious services (Item 9) : Modalités 1 et 2 recodées 5 | Modalité 3 recodée 4 | Modalité 4 recodée 3 | Modalité 5 recodée 2 | Modalité 6 recodée 1 (Score de 1 à 5).
  • Voluntary group membership (Item 10) : 0 = 0 | 1 = 1 | 2 = 2 | 3 = 3 | 4 = 4 | 5 ou plus = 5 (Score de 0 à 5).
  • Level of group activity (Item 11) : Modalité 1 recodée 4 | Modalité 2 recodée 3 | Modalité 3 recodée 2 | Modalité 4 recodée 1 (Score de 1 à 4).
  • Interprétation des scores : Les scores recodés sont sommés pour obtenir un score global de santé sociale. Un score élevé reflète un réseau relationnel étendu, des contacts sociaux fréquents, une implication civique vigoureuse et un fonctionnement interpersonnel harmonieux. Les scores peuvent également être transformés linéairement sur une échelle standardisée de 0 à 100.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1978 (Rapport R-1987/4-HEW), avec validations complémentaires en 1982 (Rapport R-2937-HHS).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Les instruments développés dans le cadre de la RAND Health Insurance Study ont été financés sur des fonds publics fédéraux du gouvernement des États-Unis (U.S. Department of Health, Education, and Welfare). À ce titre, la batterie appartient au domaine public intellectuel et est accessible sans frais pour la recherche académique, l’enseignement et la pratique clinique.
  • Tarifs : Gratuit (aucun coût de licence ni redevance d’utilisation).
  • Conditions d’utilisation : La RAND Corporation autorise l’utilisation et la reproduction du questionnaire sous réserve de citer expressément les rapports sources et les auteurs originaux (Donald, Ware, Brook et al., 1978). Les modifications des algorithmes de recodage doivent être explicitement signalées dans les publications qui en découlent.

12. Références / References

Les sources académiques de référence relatives au développement, à la validation et à l’exploitation de la Batterie de santé sociale de RAND sont présentées ci-dessous :

  • Berkman, L. F., & Syme, S. L. (1979). Social networks, host resistance, and mortality: A nine-year follow-up study of Alameda County residents. American Journal of Epidemiology, 109(2), 186–204. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.aje.a112674
  • Cassel, J. (1976). The contribution of the social environment to host resistance: The Fourth Wade Hampton Frost Lecture. American Journal of Epidemiology, 104(2), 107–123. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.aje.a112281
  • Cobb, S. (1976). Social support as a moderator of life stress. Psychosomatic Medicine, 38(5), 300–314. https://doi.org/10.1097/00006842-197609000-00003
  • Donald, C. A., Ware, J. E., Jr., Brook, R. H., & Davies-Avery, A. (1978). Conceptualization and measurement of health for adults in the Health Insurance Study: Vol. IV, Social health (Report No. R-1987/4-HEW). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R1987.4.html
  • Donald, C. A., & Ware, J. E., Jr. (1982). The quantification of social contacts and resources (Report No. R-2937-HHS). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R2937.html
  • Donald, C. A., & Ware, J. E., Jr. (1984). The measurement of social support. Research in Community and Mental Health, 4, 325–370.
  • Granovetter, M. S. (1973). The strength of weak ties. American Journal of Sociology, 78(6), 1360–1380. https://doi.org/10.1086/225469
  • McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Sherbourne, C. D. (1992). Social functioning: Social activity limitations measure. In A. L. Stewart & J. E. Ware Jr. (Eds.), Measuring functioning and well-being: The Medical Outcomes Study approach (pp. 173–181). Duke University Press.
  • Sherbourne, C. D., & Stewart, A. L. (1991). The MOS social support survey. Social Science & Medicine, 32(6), 705–714. https://doi.org/10.1016/0277-9536(91)90150-B
  • Sherbourne, C. D., Stewart, A. L., & Wells, K. B. (1992). Role functioning measures. In A. L. Stewart & J. E. Ware Jr. (Eds.), Measuring functioning and well-being: The Medical Outcomes Study approach (pp. 205–219). Duke University Press.
  • Ware, J. E., Jr., Davies-Avery, A., & Brook, R. H. (1980). Conceptualization and measurement of health for adults in the Health Insurance Study: Vol. I, Model of health and methodology (Report No. R-1987/1-HEW). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R1987.1.html

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. About how many families in your neighborhood are you well enough acquainted with‚ that you visit each other in your homes? ______ families
  2. About how many close friends do you have—people you feel at ease with and can talk with about what is on your mind? (You may include relatives.) (Enter number on line) ______ close friends
  3. Over a year’s time‚ about how often do you get together with friends or relatives‚ like going out together or visiting in each other’s homes? (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2)‚ About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ About once a month (5)‚ 5 to 10 times a year (6)‚ Less than 5 times a year (7)
  4. During the past month‚ about how often have you had friends over to your home? (Do not count relatives.) (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2)‚  About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ Once in past month (5)‚ Not at all in past month (6)
  5. About how often have you visited with friends at their homes during the past month? (Do not count relatives.) (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2)‚ About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ Once in past month (5)‚ Not at all in past month (6)
  6. About how often were you on the telephone with close friends or relatives during the past month? (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2)‚ About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ Once (5)‚ Not at all (6)
  7. About how often did you write a letter to a friend or relative during the past month? (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2 About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ Once in past month (5)‚ Not at all in past month (6)
  8. In general‚ how well are you getting along with other people these days—would you say better than usual‚ about the same‚ or not as well as usual? (Circle one)

    Better than usual (1)‚ About the same (2)‚ Not as well as usual (3)
  9. How often have you attended a religious service during the past month? (Circle one)

    Every day (1)‚ Several days a week (2 About once a week (3)‚ 2 or 3 times a month (4)‚ Once in past month (5)‚ Not at all in past month (6)
  10. About how many voluntary groups or organizations do you belong to—like church groups‚ clubs or lodges‚ parent groups‚ etc. (“Voluntary” means because you want to.) ______ groups or organizations (Write in number. If none‚ enter “0.”)
  11. How active are you in the affairs of these groups or clubs you belong to? (If you belong to a great many‚ just count those you feel closest to. If you don’t belong to any‚ circle 4.) (Circle one)

    Very active‚ attend most meetings (1)‚ Fairly active‚ attend fairly often (2)‚ Not active‚ belong but hardly ever go (3)‚ Do not belong to any groups or clubs (4)
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Looti, M. (2026, octobre 2). Batterie de santé sociale de RAND. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-de-rand/
Looti, Mohammed. “Batterie de santé sociale de RAND.” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-de-rand/.
Looti, Mohammed. “Batterie de santé sociale de RAND.” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/batterie-de-sante-sociale-de-rand/.