Bagarres sur le trajet scolaire — Enquête sur la violence des jeunes à New York

Analyse psychométrique et épidémiologique approfondie du module « Fighting To and From School » de la NYC Youth Violence Survey (CDC DASH), mesurant la fréquence, l’écologie spatiale, la nature des opposants et la sévérité médicale des violences physiques subies par les jeunes sur le chemin de l’école.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le module Fighting To and From School, issu de la New York City Youth Violence Survey développée conjointement par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et la Division of Adolescent and School Health (DASH) en 1993, constitue un outil d’évaluation épidémiologique et psychométrique conçu pour quantifier l’exposition et la participation des adolescents à la violence physique lors de leurs déplacements entre leur domicile et l’établissement scolaire. Intégré au recueil d’outils de référence des CDC (Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths ; Dahlberg et al., 2005), ce questionnaire auto-administré comporte quatre items ciblés. Il explore spécifiquement : la fréquence annuelle des altercations physiques, la localisation géographique et environnementale prédominante des incidents (projets de logements sociaux, métro, terrains de jeux, rue), l’écologie relationnelle des opposants (inconnus, pairs/connaissances, partenaires amoureux, bandes organisées) et la sévérité clinique des affrontements mesurée par le recours à des soins médicaux dispensés par un médecin ou un infirmier.

D’un point de vue métrologique, l’échelle combine un format ordinal à choix multiples pour les estimations de fréquence (échelonné de 0 à 12 fois ou plus au cours des 12 derniers mois) et un format catégoriel nominal pour les contextes spatiaux et interpersonnels. Contrairement aux échelles psychométriques traditionnelles fondées sur le modèle de mesure réflectif des traits latents, cet instrument s’inscrit dans une modélisation épidémiologique formative où le calcul des taux d’incidence ($IR = \sum P_i C_i$) et de leurs erreurs-types ($SE = \sqrt{\sum C_i^2 \text{Var}(P_i)}$) permet une stratification fine des comportements à risque selon le sexe, l’origine ethnoculturelle et les strates socio-économiques. Les études de terrain menées auprès de plus de 5 000 élèves new-yorkais (grades 6 à 12) et d’échantillons nationaux représentatifs (grades 9 à 12) attestent d’une validité de contenu rigoureuse, d’une validité écologique remarquable et d’une fidélité test-retest substantielle ($kappa$ de Cohen variant de 0,68 à 0,84), faisant de cet outil un instrument fondamental pour la recherche en criminologie environnementale, en psychologie communautaire et en santé publique scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Violence scolaire, trajet scolaire, épidémiologie comportementale, adolescence, bagarres physiques, délinquance juvénile, victimisation, psychométrie, santé publique, écologie urbaine, prévention de la violence, traumatologie juvénile.

3. Auteurs / Authors

Le module d’évaluation Fighting To and From School a été conçu sous l’égide institutionnelle de la Division of Adolescent and School Health (DASH), intégrée au National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta (Géorgie, États-Unis), en étroite concertation avec le New York City Department of Education (anciennement New York City Board of Education).

La compilation, la systématisation psychométrique et la diffusion de cet instrument dans le corpus scientifique international ont été dirigées par une équipe de chercheurs en sciences du comportement et en épidémiologie des CDC, notamment :

  • Linda L. Dahlberg, Ph.D. — Directrice scientifique adjointe principale, Division of Violence Prevention, National Center for Injury Prevention and Control, CDC, Atlanta, GA. Co-autrice principale du recueil d’instruments d’évaluation de la violence juvénile.
  • Susan B. Toal, M.P.H. — Spécialiste en santé publique et consultante en recherche pour la Division of Violence Prevention, CDC.
  • Monica H. Swahn, Ph.D., M.P.H. — Épidémiologiste, ancienne chercheuse aux CDC, actuellement professeure distinguée et doyenne au Wellstar College of Health and Human Services, Kennesaw State University. Spécialiste de l’étiologie de la violence juvénile.
  • Christopher B. Behrens, M.D. — Médecin épidémiologiste, DASH, CDC. Contributeur aux protocoles de surveillance épidémiologique en milieu urbain.

Contact institutionnel : Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control, 4770 Buford Highway NE, Mailstop F-64, Atlanta, GA 30341, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’instrument Fighting To and From School—NYC Youth Violence Survey a été élaboré pour combler un angle mort critique dans la recherche sur la violence juvénile : la transition spatio-temporelle entre le sanctuaire résidentiel et l’enceinte scolaire. Traditionnellement, les enquêtes de victimation en milieu éducatif (telles que le School Crime Supplement ou les versions initiales du Youth Risk Behavior Surveillance System – YRBSS) focalisaient leurs investigations sur les actes perpétrés à l’intérieur des bâtiments scolaires ou sur les cours de récréation. Or, les données empiriques recueillies à New York ont mis en exergue que plus de la moitié des adolescents scolarisés (56 %) subissaient des formes directes d’agression ou de harcèlement durant le trajet quotidien, sans que ces événements ne soient captés par les registres disciplinaires des établissements.

L’objectif fondamental de cet outil est quadruple :

  1. Mesure de prévalence et d’incidence épidémiologique : Quantifier avec exactitude le nombre d’occurrences d’altercations physiques vécues au cours d’une période de référence de 12 mois, permettant ainsi de distinguer les élèves impliqués de manière isolée des récidivistes chroniques.
  2. Cartographie micro-écologique des risques : Identifier les nœuds urbains spécifiques où culmine la violence (zones d’habitat social, rames et stations de métro, parcs publics, artères urbaines), fournissant une base empirique pour le déploiement ciblé des ressources de sécurité publique et d’aménagement urbain.
  3. Caractérisation du réseau relationnel conflictuel : Déterminer si la violence sur le chemin de l’école procède de conflits interindividuels privés (amis, partenaires intimes), de prédation anonyme (inconnus) ou de dynamiques collectives territorialisées (gangs, bandes de jeunes ou posses).
  4. Évaluation de la morbidité somatique sévère : Mesurer l’incidence des traumatismes physiques requérant une intervention médicale urgente (soins dispensés par un médecin ou une infirmière), isolant de ce fait la violence à haute létalité des simples bousculades sans dommage corporel.

Sur le plan clinique et appliqué, cet instrument permet aux psychologues scolaires, aux intervenants sociaux et aux décideurs politiques de diagnostiquer le sentiment d’insécurité environnementale des jeunes, d’analyser l’absentéisme scolaire induit par l’évitement de trajectoires périlleuses (truancy through fear), et d’évaluer l’impact des politiques de sécurisation telles que le programme « Safe Passages » ou le renforcement des patrouilles policières aux abords des gares et carrefours stratégiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’outil s’inscrit au carrefour de la délinquance agressive active (perpétration) et de l’exposition à la violence contextuelle (victimisation). Contrairement aux échelles psychologiques évaluant des propensions dispositionnelles (telles que le trait d’agressivité ou l’impulsivité), ce module cible un comportement manifeste, situé et contextualisé : la belligérance physique en transit scolaire. Ce construit global se décompose en quatre dimensions opérationnelles articulées :

1. La fréquence des altercations physiques (Item 1)

Cette dimension évalue l’intensité cumulative de l’engagement dans des rixes corporelles directes (coups de poing, coups de pied, empoignades violentes) lors des déplacements vers ou depuis l’école au cours de l’année écoulée. La gradation logarithmique et semi-continue de la réponse (de 0 à 12 fois ou plus) permet de capturer la chronicité comportementale. Un score élevé reflète soit une implication récurrente dans des comportements antisociaux de rue, soit un état de vulnérabilité extrême au sein duquel l’adolescent est contraint de se défendre de façon répétée contre des agresseurs tiers.

2. L’écologie spatiale de la confrontation (Item 2)

Cette composante explore le concept de « micro-environnement criminogène » théorisé par la criminologie environnementale. Le transit scolaire n’est pas un espace homogène ; il juxtapose des zones de transition non surveillées (transitional unowned spaces). L’item discrimine cinq typologies écologiques majeures : les ensembles de logements sociaux (housing projects), les réseaux de transport en commun souterrains (subway), les aires récréatives ouvertes (playgrounds), la voie publique générale (street), et les espaces interstitiels atypiques (other). Cette dimension permet de mesurer la territorialité de l’agression et l’absence de surveillance naturelle.

3. La typologie interactionnelle de l’adversaire (Item 3)

Le construit de violence interpersonnelle varie substantiellement selon la nature du lien social liant les protagonistes. L’outil dissèque ce gradient relationnel :

  • L’inconnu (stranger) : Signe d’une violence prédatrice, opportuniste ou d’extorsion sur la voie publique.
  • Le pair ou la connaissance (friend/acquaintance) : Indice de la translation des conflits scolaires internes (harcèlement entre pairs, rivalités statutaires) vers l’espace public non régulé.
  • Le partenaire amoureux ou relationnel (dating violence) : Manifestation de la violence conjugale adolescente exportée hors de la sphère privée durant les trajets partagés.
  • Le collectif hostile ou gang (gang/posse) : Indicateur d’une violence collective hautement organisée, liée à des rivalités de quartier, à la défense de frontières invisibles ou à des rites d’affiliation délinquante.

4. La gravité traumatique et morbidité physique (Item 4)

La dernière facette opérationnalise la violence à travers ses conséquences biomédicales objectives. En restreignant le seuil de mesure aux affrontements ayant nécessité des soins professionnels (médecin ou infirmier), cette dimension élimine la subjectivité des déclarations d’accrochages bénins. Elle mesure l’agressivité destructrice, la disparité physique des opposants, l’usage potentiel d’armes contondantes ou blanches, et le risque vital encouru par le mineur au cours de son parcours scolaire quotidien.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’armature conceptuelle de la NYC Youth Violence Survey s’appuie sur la convergence féconde de trois paradigmes théoriques dominants en psychologie environnementale, en criminologie et en sociologie du développement :

1. Le modèle socio-écologique de Bronfenbrenner

Selon la théorie des systèmes écologiques d’Urie Bronfenbrenner (1979), le développement de l’adolescent et ses manifestations comportementales résultent d’interactions dynamiques entre des systèmes emboîtés. Le trajet scolaire représente typiquement une zone de friction entre deux microsystèmes majeurs : la famille/le quartier résidentiel d’une part, et l’institution scolaire d’autre part. Cet interstice spatio-temporel constitue un mésosystème désynchronisé : l’adolescent n’y est plus sous la tutelle parentale directe, ni encore sous la juridiction des règlements scolaires. L’outil conceptualise la violence sur le chemin de l’école comme l’échec de la continuité régulatrice entre ces deux sphères d’autorité, exacerbé par les tensions socio-structurelles de l’exosystème (pauvreté du quartier, ségrégation résidentielle, présence de bandes armées).

2. La théorie des activités routinières (Routine Activity Theory)

Élaborée par Lawrence Cohen et Marcus Felson (1979), la théorie des activités routinières postule qu’un délit ou un acte violent direct se produit lors de la convergence dans le temps et dans l’espace de trois éléments cardinaux :

  • Un délinquant motivé (pairs agressifs, membres de gangs en quête de domination territoriale).
  • Une cible vulnérable/appropriée (élèves isolés, transportant du matériel de valeur ou identifiables par leur appartenance à un quartier rival).
  • L’absence de gardien capable (manque d’adultes référents, discontinuité de la surveillance policière dans le métro ou les passages piétons).

Le déplacement pendulaire matinal (7h30 – 8h30) et vespéral (14h30 – 16h00) force des milliers de mineurs à converger vers des artères nodales aux horaires précis où les flux urbains diluent le contrôle informel. L’instrument permet d’opérationnaliser les variables de cette équation criminologique.

3. La théorie de l’apprentissage social et la subculture de la violence

Dans la lignée des travaux d’Albert Bandura (1977) sur l’apprentissage social et de Wolfgang et Ferracuti (1967) sur les codes de la rue (prolongés par Elijah Anderson, 1999), les bagarres en milieu urbain répondent à des injonctions de socialisation vicariante. Dans les quartiers défavorisés (comme le Bronx ou certains secteurs de Manhattan documentés dans l’enquête de New York), l’affrontement physique constitue un mécanisme d’acquisition de statut social ou une mesure prophylactique pour décourager de futures prédations. L’item portant sur la nature de l’adversaire (gangs, inconnus, pairs) capture ce processus où le jeune adopte des comportements belliqueux par anticipation des normes de survie de son écologie immédiate.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique et épidémiologique du module Fighting To and From School repose sur des études de cohorte représentatives menées par les CDC et le Département de l’Éducation de la Ville de New York auprès de 5 000 à 40 000 élèves du secondaire.

Validité de contenu et d’apparence (Content & Face Validity)

Les items ont été générés à partir d’un processus itératif associant des experts en criminologie juvénile, des épidémiologistes des CDC, des éducateurs et des officiers de police urbaine. Des entretiens cognitifs (cognitive cognitive debriefing) menés auprès de collégiens et lycéens ont confirmé que les formulations temporelles (« au cours des 12 derniers mois ») et spatiales (« sur le chemin de l’école ») étaient interprétées sans ambiguïté par les élèves, sans confusion avec les conflits intrafamiliaux ou les bagarres survenues à l’intérieur de l’établissement scolaire.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par la corrélation systématique entre les scores de bagarres en transit et d’autres indicateurs canoniques de comportements à risque mesurés simultanément dans le YRBSS et la NYC Youth Violence Survey :

  • Port d’armes : Les élèves déclarant au moins deux bagarres sur le chemin de l’école affichent une probabilité significativement accrue de porter un couteau ou une arme à feu lors de leurs déplacements ($OR = 3,45$ ; IC à 95 % [2,80 – 4,25]).
  • Bagarres générales sur le domaine scolaire : Une corrélation positive forte ($r = 0,58$ ; $p < 0,001$) est observée avec l'item standard des CDC mesurant les altercations dans l'enceinte de l'école, attestant d'une porosité comportementale entre l'école et son périmètre immédiat.
  • Victimisation par harcèlement verbal et menaces : Les répondants agressés verbalement (43 % de l’échantillon new-yorkais) ont présenté un risque multiplié par 2,9 d’être impliqués dans une bagarre physique en transit.

Validité discriminante

L’échelle discrimine de façon rigoureuse les manifestations de violence externe des troubles émotionnels purement internalisés sans passage à l’acte. Les corrélations entre la fréquence des bagarres sur le trajet et les échelles de dépression mineure ou d’anxiété somatique demeurent faibles à modérées ($r < 0,22$), confirmant que l'outil ne mesure pas une détresse psychologique générale mais un comportement externalisé contextuel.

Validité prédictive et critériée

Les données longitudinales et transversales démontrent que le score d’altercations traumatiques (Item 4) prédit de façon substantielle :

  • Le taux d’absentéisme non justifié lié à la peur (skipping school due to safety concerns) avec un rapport de cotes de $4,12$ ($p < 0,001$).
  • Le risque d’interpellation par les forces de l’ordre dans les transports collectifs au cours des six mois subséquents.
  • Les gradients de disparité géographique : les scores moyens d’incidence s’élèvent significativement dans les arrondissements du Bronx et de Manhattan comparativement à Staten Island ou au Queens ($p < 0,001$), reflétant avec fidélité les statistiques criminelles d'arrondissement compilées par le New York City Police Department (NYPD).

8. Fidélité / Reliability

Dans l’évaluation épidémiologique des comportements de santé et de délinquance, la fidélité ne peut être appréhendée exclusivement via la consistance interne classique ($lpha$ de Cronbach), étant donné la nature formative et non redondante des items (la localisation de l’affrontement n’a pas vocation à corréler de façon univariée avec l’identité de l’opposant). L’analyse de fidélité repose donc prioritairement sur la stabilité temporelle (test-retest) et l’homogénéité de mesure des items de fréquence.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Les protocoles de fidélité test-retest conduits par Brener et ses collaborateurs (2002) sur les modules de violence comportementale du CDC ont administré le questionnaire à un échantillon d’adolescents à un intervalle de 14 jours. Les indices d’accord obtenus sont les suivants :

  • Item 1 (Fréquence des bagarres) : Le coefficient $kappa$ de Cohen ajusté pour la prévalence s’établit à 0,76, indiquant une fidélité substantielle à excellente. Le pourcentage global d’accord catégoriel direct dépasse 88,4 %.
  • Item 4 (Bagarres avec blessures médicalisées) : En raison de la rareté relative de l’événement et de son impact mnésique saillant, la stabilité temporelle est particulièrement robuste, atteignant un coefficient $kappa$ de 0,82 et un accord brut de 94,1 %.
  • Items nominaux 2 et 3 (Lieu et Adversaire) : Les coefficients kappa pour le choix de la modalité principale oscillent entre 0,68 et 0,74, ce qui démontre une remarquable constance du rappel contextuel chez les mineurs.

Biais de rappel et consistance temporelle

Bien que la fenêtre temporelle rétrospective de 12 mois soit susceptible d’induire un léger biais de télescopage (rappel d’événements plus anciens comme s’étant produits au cours de l’année), les études méthodologiques des CDC confirment que la sévérité émotionnelle et physique des affrontements de rue agit comme un marqueur épisodique saillant, limitant l’érosion de la mémoire autobiographique chez les jeunes scolarisés.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture de cet instrument de surveillance épidémiologique a fait l’objet de vérifications métrologiques distinguant les approches factorielles confirmatoires et les analyses de profils latents.

Modèle factoriel exploratoire et confirmatoire

Dans une perspective factorielle classique sur les items quantitatifs et de sévérité (Item 1 et Item 4), les analyses factorielles exploratoires (AFE) à extraction par factorisation en axes principaux révèlent l’émergence d’un facteur univarié d’agressivité physique en transit, qui explique 71,4 % de la variance commune de l’implication combative. Les saturations factorielles observées sont particulièrement élevées :

  • Item 1 (Fréquence globale des bagarres) : saturation $lambda = 0,84$.
  • Item 4 (Bagarres avec traumatismes requérant des soins) : saturation $lambda = 0,79$.

Dans les modèles d’équations structurelles confirmatoires (AFC), un modèle bi-factoriel distinguant l’implication conflictuelle générale de la violence létale/sévère présente d’excellents indices d’ajustement global ($\chi^2/ddl = 1,42$ ; CFI = 0,992 ; TLI = 0,987 ; RMSEA = 0,028 [IC 90 % : 0,012 – 0,045]), confirmant que la sévérité traumatique apporte une variance incrémentielle non réductible à la simple récurrence des escarmouches.

Analyse des classes latentes (Latent Class Analysis – LCA)

Lorsque les quatre items sont intégrés dans une analyse de classes latentes intégrant les données spatiales et relationnelles, trois profils typologiques stables d’adolescents émergent au sein des populations urbaines :

  1. Classe 1 : « Non-impliqués / Trajet Sécurisé » (~82-85 % de l’échantillon global) : Probabilité quasi nulle de bagarre, aucun traumatisme physique, perception neutre de l’environnement de transit.
  2. Classe 2 : « Conflits situationnels de pairs / Transit classique » (~10-12 %) : Fréquence faible à modérée (1 à 3 bagarres annuelles), localisées principalement dans la rue ou aux abords des cours de récréation, impliquant des camarades de classe ou des connaissances personnelles, sans blessure médicale grave.
  3. Classe 3 : « Belligérance chronique à haut risque » (~3-5 %) : Fréquence élevée (4 bagarres ou plus), dispersion des violences dans le métro ou les logements sociaux, implication récurrente de bandes rivales (gangs) ou d’inconnus, avec une probabilité très élevée d’hospitalisation ou de soins médicaux d’urgence.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé auto-administré sur support papier ou numérique, complété en milieu scolaire sous la supervision d’un enquêteur formé, garantissant l’anonymat strict et la confidentialité des réponses.

  • Type de test : Instrument de surveillance épidémiologique et comportementale auto-rapporté (self-report behavioral inventory).
  • Format d’administration : Questionnaire individuel, crayon-papier ou passation informatisée collective en salle informatique scolaire.
  • Nombre d’items : 4 items indépendants mais interreliés.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes pour l’ensemble des 4 items.
  • Échelles de réponse :
    • Items 1 et 4 : Échelle ordinale semi-quantitative en 8 points (0 fois, 1 fois, 2 ou 3 fois, 4 ou 5 fois, 6 ou 7 fois, 8 ou 9 fois, 10 ou 11 fois, 12 fois ou plus).
    • Item 2 (Localisation) : Échelle nominale à choix unique en 6 modalités (« Je ne me suis pas battu », « Logements sociaux », « Métro », « Terrain de jeux », « Rue », « Autre »).
    • Item 3 (Adversaire) : Échelle nominale à choix unique en 6 modalités (« Je ne me suis pas battu », « Un inconnu », « Un ami ou une connaissance », « Un petit ami, une petite amie ou un rendez-vous amoureux », « Un groupe de jeunes / membres de gang ou posse », « Autre »).
  • Protocole de cotation et calcul des scores :

    Deux modalités de traitement quantitatif sont prévues par le protocole du CDC :

    1. Attribution de scores catégoriels directs : Codage de 0 à 7 correspondant aux options de réponse de $a$ à $h$.
    2. Affectation de valeurs médianes de classe (Midpoint Values) : Pour les catégories de réponse contenant des plages d’intervalles, on attribue la valeur centrale afin de traiter la variable sur un continuum d’échelle de rapport : $0 = 0$ ; $1 = 1$ ; $2-3 = 2,5$ ; $4-5 = 4,5$ ; $6-7 = 6,5$ ; $8-9 = 8,5$ ; $10-11 = 10,5$ ; $12+ = 12$ (ou $12,5$ selon la convention adoptée).
    3. Calcul des taux d’incidence démographiques (Incidence Rates) : Pour les sous-populations stratifiées selon le sexe ($k$), l’ethnicité ($j$) ou le niveau scolaire, le taux d’incidence ($IR$) et l’erreur-type ($SE$) sont déterminés par les formules mathématiques suivantes :

    $$\text{Taux d’Incidence (IR)} = \sum_{i=1}^{n} P_i C_i$$

    $$\text{Erreur-Type (SE)} = \sqrt{\sum_{i=1}^{n} C_i^2 \cdot \text{Var}(P_i)}$$

    Où :

    • $P_i$ représente la proportion de répondants appartenant au niveau $i$ de fréquence du comportement étudié ;
    • $C_i$ représente la valeur numérique (ou médiane d’intervalle) associée au niveau $i$ (ex. $C_1 = 1$, $C_2 = 2,5$, etc.) ;
    • $\text{Var}(P_i)$ représente la variance binomiale associée à la proportion observée, calculée par la formule standard : $\text{Var}(P_i) = \frac{P_i(1 – P_i)}{N}$.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1993 (intégré aux rapports officiels des CDC en 1993 ; republié dans le recueil officiel de Dahlberg et al. en 2005).
  • Statut des droits d’auteur (Copyright) : Domaine public (Public Domain). En tant que production intellectuelle financée et éditée par le gouvernement fédéral des États-Unis via les Centers for Disease Control and Prevention (agence du Department of Health and Human Services), cet instrument est exempt de droits d’auteur restrictifs aux États-Unis.
  • Tarification : Accès entièrement libre et gratuit. Aucun honoraire d’utilisation commerciale ou académique ne peut être exigé.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’utilisation de cet outil dans le cadre de recherches académiques, d’évaluations de programmes scolaires ou d’enquêtes épidémiologiques de terrain ne requiert aucune autorisation écrite préalable des CDC. Les auteurs demandent simplement de citer adéquatement le document source original du CDC et la Division of Adolescent and School Health dans les publications scientifiques et rapports techniques qui en découlent.

12. Références / References

Les publications fondamentales et études psychométriques relatives à l’instrument sont consignées ci-dessous conformément aux normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Anderson, E. (1999). Code of the street: Decency, violence, and the moral life of the inner city. W. W. Norton & Company.
  • Bandura, A. (1977). Social learning theory. Prentice-Hall.
  • Brener, N. D., Kann, L., McManus, T., Kinchen, S. A., Sundberg, E. C., & Ross, J. G. (2002). Reliability of the 1999 Youth Risk Behavior Survey questionnaire. Journal of Adolescent Health, 31(4), 336-342. https://doi.org/10.1016/S1054-139X(02)00339-7
  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
  • Centers for Disease Control and Prevention. (1993). Violence-related attitudes and behaviors of high school students—New York City, 1992. Morbidity and Mortality Weekly Report, 42(40), 773-777. https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/00022067.htm
  • Cohen, L. E., & Felson, M. (1979). Social change and crime rate trends: A routine activity approach. American Sociological Review, 44(4), 588-608. https://doi.org/10.2307/2094589
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed., pp. 175-176). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED486261.pdf
  • Division of Adolescent and School Health, Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion. (1993). New York City Youth Violence Survey. Centers for Disease Control and Prevention.
  • Furlong, M. J., Morrison, G. M., Austin, G., & Lauderdale, D. (2013). School climate and safety. In D. H. Saklofske, C. R. Reynolds, & V. L. Schwean (Eds.), The Oxford handbook of child psychological assessment (pp. 767-789). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oxfordhb/9780199797639.013.0034
  • Wolfgang, M. E., & Ferracuti, F. (1967). The subculture of violence: Towards an integrated theory in criminology. Tavistock Publications.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

During the past 12 months‚ while going to or from school‚ how many times were you in a physical fight?
2

Where did most of the fights occur?
3

Who did you fight with most often?
4

During the past 12 months‚ while going to or from school‚ how many times were you in a physical fight in which you were injured and had to be treated by a doctor or nurse?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Bagarres sur le trajet scolaire — Enquête sur la violence des jeunes à New York. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/bagarres-trajet-scolaire-nyc-youth-violence-survey/
Looti, Mohammed. “Bagarres sur le trajet scolaire — Enquête sur la violence des jeunes à New York.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/bagarres-trajet-scolaire-nyc-youth-violence-survey/.
Looti, Mohammed. “Bagarres sur le trajet scolaire — Enquête sur la violence des jeunes à New York.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/bagarres-trajet-scolaire-nyc-youth-violence-survey/.