1. Résumé
L’échelle d’Auto-congruence de l’unicité (en anglais, Uniqueness Self-Congruence ou USC) est un instrument psychométrique développé par Ulrich Kaiser, Martin Schreier et Chris Janiszewski (2017) afin d’évaluer le degré auquel un individu perçoit qu’un objet de consommation, en particulier un produit personnalisé ou sur mesure, exprime, communique et reflète son unicité personnelle et son individualité distinctive. Élaborée dans le champ du comportement du consommateur et de la psychologie cognitive appliquée au marketing, cette mesure s’inscrit au carrefour des théories du concept de soi étendu (Belk, 1988), de l’auto-congruence symbolique (Sirgy, 1982) et de la théorie du besoin d’unicité (Snyder & Fromkin, 1980).
L’instrument est unidimensionnel et comporte 3 items concis formulés sous forme d’affirmations applicables à n’importe quelle catégorie de produit ou d’artefact matériel grâce à un champ générique interchangeable. Les participants évaluent leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points (allant de 1 = strongly disagree / fortement en désaccord, à 7 = strongly agree / fortement d’accord). Le score composite global est obtenu par le calcul de la moyenne arithmétique des trois énoncés, aucun item inversé n’étant requis. Les propriétés psychométriques établies dans l’étude princeps (Study 1, n = 251 étudiants en gestion ; Study 3 et Ancillary Study 3A) démontrent une consistance interne exceptionnelle (généralement caractérisée par un coefficient alpha de Cronbach supérieur à 0,90), une structure factorielle épurée et robuste attestée par l’analyse factorielle confirmatoire, ainsi qu’une validité discriminante et prédictive manifeste vis-à-vis de construits connexes tels que la fierté d’accomplissement (Task Accomplishment Pride) et l’attrait esthétique du design (Product Aesthetic Design Appeal).
2. Mots-clés
Auto-congruence, unicité personnelle, concept de soi, personnalisation de produit, identité symbolique, soi étendu, psychométrie, comportement du consommateur, différenciation de soi, motivation intrinsèque.
3. Auteurs
L’échelle d’auto-congruence de l’unicité a été conçue, testée et publiée par un collectif international de chercheurs spécialistes du marketing quantitatif, de l’innovation ascendante et du comportement décisionnel :
- Ulrich Kaiser : Chercheur en marketing et stratégie de marque, affilié lors des travaux princeps à l’Institute for Marketing-Management, WU Vienna University of Economics and Business (Welthandelsplatz 1, 1020 Vienne, Autriche). Ses recherches se concentrent sur la co-création de valeur, la psychologie du produit individualisé et l’autonomisation du consommateur.
- Martin Schreier : Professeur titulaire de marketing et directeur de l’Institute for Marketing-Management à la WU Vienna University of Economics and Business (Vienne, Autriche). Reconnu mondialement pour ses travaux novateurs sur l’innovation pilotée par les utilisateurs, le crowdsourcing, l’effet « fait maison » (IKEA effect) et l’impact psychologique de la personnalisation de masse. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Chris Janiszewski : Professeur émérite titulaire de la chaire « Russell Berrie Foundation » en marketing à la Warrington College of Business, University of Florida (Gainesville, Floride, États-Unis). Ses publications fondamentales portent sur le traitement de l’information subliminal, l’architecture cognitive des préférences, l’apprentissage perceptuel et les mécanismes motivationnels guidant les conduites d’achat. Courriel institutionnel :
[email protected].
4. Objectif
L’échelle d’auto-congruence de l’unicité a été formulée dans le but précis d’isoler et de quantifier la dimension spécifique de l’identité individuelle que le consommateur projette dans un objet manufacturé ou personnalisé. Dans les sociétés industrielles et post-industrielles avancées, les objets matériels ont depuis longtemps dépassé leur valeur purement utilitaire pour devenir des vecteurs sémiotiques chargés d’affirmer l’existence et la singularité de l’acteur social. Si la littérature classique sur l’image de soi (self-image congruence) mesurait traditionnellement la concordance globale entre la personnalité d’une marque et la personnalité perçue du consommateur, elle échouait fréquemment à distinguer l’adhésion à des normes collectives de groupe (congruence sociale ou identité de groupe) de l’expression d’une individualité non reproductible et souveraine.
L’instrument répond à un besoin méthodologique et théorique fondamental : appréhender pourquoi et comment la personnalisation auto-expressive (self-expressive customization) modifie l’expérience ultérieure de l’utilisateur. Kaiser, Schreier et Janiszewski (2017) ont démontré que lorsqu’un consommateur conçoit un bien (par exemple, des chaussures de course, un vélo, un club de golf ou un outil de travail intellectuel) selon ses préférences identitaires propres, le produit n’est plus simplement apprécié esthétiquement : il devient une extension corporelle et psychologique de son unicité. Cette congruence accrue déclenche des cascades psychologiques vertueuses, augmentant l’efficacité personnelle perçue (self-efficacy), la motivation intrinsèque et, en fin de compte, la performance motrice ou cognitive réelle lors de l’utilisation du produit.
Les applications de cette échelle sont pluridisciplinaires :
- En recherche fondamentale en psychologie du consommateur : Dissocier les mécanismes cognitifs de l’expression identitaire pure des composantes purement affectives (le plaisir esthétique) ou des sentiments d’agentivité créative (la fierté d’avoir accompli une tâche manuelle ou de conception).
- En psychologie ergonomique et des organisations : Évaluer comment l’appropriation et la personnalisation des outils de travail (postes informatiques, logiciels, équipements de sécurité, environnements de bureau) améliorent l’engagement au travail et la résistance au stress en consolidant le sentiment d’authenticité personnelle.
- En marketing stratégique et innovation de produit : Aider les gestionnaires d’interfaces de configuration de masse (mass customization toolkits) à déterminer si leurs options de personnalisation génèrent une véritable valeur identitaire distinctive ou si elles induisent une simple surcharge cognitive (choice overload).
- En psychologie clinique et ergothérapie : Explorer la façon dont la réappropriation d’objets du quotidien par des patients en réhabilitation cognitive ou motrice peut restaurer le sentiment d’individualité et d’agentivité face à des contextes institutionnels anonymisants.
5. Construit psychologique
Le construit opérationnalisé par l’USC est l’auto-congruence de l’unicité. Pour comprendre ce construit dans toute sa profondeur phénoménologique, il convient d’analyser la convergence entre la notion d’auto-congruence et celle d’unicité individuelle.
5.1. La nature de l’auto-congruence
L’auto-congruence désigne traditionnellement l’adéquation psychologique perçue entre l’image qu’un individu entretient de lui-même (le concept de soi) et l’image symbolique projetée par une entité externe, qu’il s’agisse d’une marque commerciale, d’un rôle social ou d’un objet matériel. Classiquement segmentée entre soi réel, soi idéal, soi social et soi social idéal (Sirgy, 1982), l’auto-congruence postule que les êtres humains gravitent préférentiellement vers les éléments de leur environnement qui corroborent, stabilisent et valorisent leurs auto-schémas cognitifs. Dans le cadre de l’USC, l’échelle se focalise précisément sur l’auto-congruence liée à la dimension idiosyncratique et unique du concept de soi : l’objet ne doit pas simplement refléter des qualités génériques partagées avec un groupe d’appartenance (comme la sportivité, le statut socio-économique ou l’affiliation professionnelle), mais doit incarner la constellation singulière des traits qui font de l’individu un être incomparable.
5.2. L’unicité personnelle et l’individuation
L’unicité personnelle repose sur le sentiment d’être distinct d’autrui au sein d’un écosystème social donné. Contrairement à une excentricité dysfonctionnelle, l’unicité recherchée ici est une forme saine d’individuation : l’affirmation de la volonté, des goûts originaux, des valeurs fondamentales et de la trajectoire biographique personnelle. Dans l’échelle de Kaiser et al. (2017), trois facettes sémantiques interconnectées matérialisent ce construit :
- L’expression de l’unicité (Item 1 : « This [product] expresses my personal uniqueness ») : L’objet agit comme un canal d’extériorisation active. L’individu utilise le produit comme une prothèse expressive qui projette son monde interne vers l’extérieur.
- La communication de l’identité unique (Item 2 : « This [product] communicates who I am as a unique individual ») : Cette dimension sous-tend la fonction signalétique et relationnelle de l’objet. Même en l’absence de spectateurs directs, le produit envoie un signal clair — à la fois pour le soi (auto-signalisation) et pour le regard potentiel d’autrui — signifiant la non-interchangeabilité de la personne.
- Le reflet de l’individualité (Item 3 : « This [product] reflects my individuality ») : Cette facette renvoie à la fonction spéculaire de l’objet. En contemplant ou en utilisant l’artefact, l’individu fait l’expérience d’un effet miroir (mirroring) où ses préférences les plus intimes sont matérialisées dans la réalité physique.
5.3. Distinction d’avec les construits limitrophes
L’USC se distingue de manière cruciale de plusieurs construits voisins de la littérature en psychologie :
- L’attachement à l’objet (Object Attachment) : L’attachement émotionnel à une possession résulte souvent d’une accumulation temporelle de souvenirs et de liens affectifs nostalgiques. L’USC, quant à elle, peut surgir instantanément dès la conception ou la première interaction avec un produit personnalisé, sans qu’un historique d’utilisation prolongé ne soit nécessaire.
- La fierté d’accomplissement (Task Accomplishment Pride) : Mesurant la valorisation du travail créatif et de l’effort consenti pour fabriquer un produit (l’effet IKEA de Norton, Mochon, & Ariely, 2012), la fierté d’accomplissement porte sur le processus moteur ou intellectuel (« J’ai réussi à faire cela »), alors que l’USC porte sur l’identité intrinsèque (« Cela me ressemble dans mon unicité »).
- L’attrait esthétique du design (Product Aesthetic Design Appeal) : Un produit peut être jugé objectivement harmonieux, élégant et esthétiquement parfait sans pour autant refléter la moindre spécificité de la personnalité de l’observateur. L’USC capte le contenu identitaire, non la beauté formelle.
6. Cadre théorique
Le développement de l’échelle d’auto-congruence de l’unicité repose sur un socle théorique tripartite solidement ancré dans les sciences psychologiques contemporaines : la théorie du soi étendu, la théorie de l’unicité et le modèle de la correspondance identitaire symbolique.
6.1. La théorie du soi étendu (Belk, 1988)
Dans son article séminal « Possessions and the Extended Self », Russell W. Belk a formalisé l’idée que l’esprit humain ne s’arrête pas aux frontières de l’enveloppe épidermique. Les objets matériels, les lieux, les créations artistiques et les possessions instrumentales sont intégrés dans le noyau identitaire de l’individu. Belk postule que nous apprenons à nous connaître et à nous définir à travers ce que nous possédons et ce que nous modifions. L’échelle USC opérationnalise directement cette dialectique : lorsqu’un bien présente un degré élevé d’auto-congruence de l’unicité, les frontières cognitives entre l’utilisateur et l’outil deviennent poreuses. L’objet n’est plus perçu comme une entité extérieure aliénante, mais comme une composante intégrante du système du soi. Lors de tâches de performance (par exemple un test de frappe au clavier, une épreuve d’adresse sportive ou un examen mathématique), l’assimilation du produit au soi étendu diminue les interférences métacognitives négatives et favorise un état de concentration optimale s’apparentant au flow théorisé par Mihaly Csikszentmihalyi.
6.2. La théorie du besoin d’unicité (Snyder & Fromkin, 1980 ; Tian et al., 2001)
La théorie du besoin d’unicité (Need for Uniqueness ou NFU), élaborée initialement par C. R. Snyder et Howard L. Fromkin (1980), stipule que les individus ressentent une anxiété psychologique aiguë lorsqu’ils se perçoivent comme excessivement similaires aux autres membres de leur groupe social. Les êtres humains recherchent en permanence un niveau optimal de similitude et de différenciation (théorie de la distinctivité optimale de Marilynn Brewer, 1991). Tian, Bearden et Hunter (2001) ont prolongé cette théorie dans le domaine des comportements de consommation (Consumers’ Need for Uniqueness – CNFU), montrant que les objets matériels constituent le moyen socialement le plus acceptable et le moins conflictuel d’affirmer sa singularité. L’échelle USC mesure le produit final de cette dynamique motivationnelle : elle évalue si le bien matériel a atteint avec succès le seuil de différenciation symbolique recherché par le sujet.
6.3. Le modèle d’inférence de compétence et de performance de Kaiser, Schreier et Janiszewski (2017)
Le cadre théorique spécifique apporté par Kaiser et ses collaborateurs est particulièrement révolutionnaire. Jusqu’à leurs travaux, la littérature considérait que la personnalisation d’un produit n’avait d’impact que sur des variables affectives (satisfaction du client, propension à payer, attachement à la marque). Kaiser et al. ont formulé l’hypothèse d’une médiation cognitive de la performance :
- La personnalisation d’un bien permet d’aligner ses attributs visibles sur l’identité singulière de l’individu (hausse de l’auto-congruence de l’unicité).
- Ce sentiment d’unicité renforce la croyance du sujet en ses propres capacités distinctives et en son agentivité dans la tâche à accomplir (accroissement de l’auto-efficacité selon le modèle d’Albert Bandura).
- Cette auto-efficacité suractivée dynamise l’effort, réduit le doute face à la difficulté et se traduit concrètement par une performance objectivement supérieure lors de l’exécution de la tâche impliquant le produit.
L’échelle USC constitue ainsi le pivot central de cette chaîne causale : sans congruence de l’unicité, la personnalisation matérielle reste un exercice superficiel incapable d’influencer positivement l’efficacité comportementale.
7. Validité
Les protocoles de validation de l’échelle d’auto-congruence de l’unicité rapportés par Kaiser, Schreier et Janiszewski (2017) fournissent un ensemble concordant de preuves empiriques établissant sa validité sous tous ses aspects psychométriques majeurs.
7.1. Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été assurée en générant des énoncés qui ciblent spécifiquement les trois pôles de l’individuation phénoménologique : l’expression (expresses), la communication (communicates) et la réflexion spéculaire (reflects) appliquées à l’unicité personnelle (personal uniqueness, unique individual, individuality). L’absence de redondance inutile et la concision extrême (3 items) évitent la fatigue des répondants tout en garantissant une saturation maximale du construit latent visé.
7.2. Validité discriminante
Dans l’Étude 1 (n = 251 étudiants en école de gestion), les auteurs ont minutieusement examiné la validité discriminante de l’USC par rapport à deux construits concurrents mesurés simultanément dans des contextes de personnalisation de produit :
- La fierté d’accomplissement de la tâche (Task Accomplishment Pride), mesurée à l’aide d’une échelle compagnon évaluant la satisfaction intrinsèque d’avoir personnellement créé ou configuré le design de l’objet.
- L’attrait esthétique du produit (Product Aesthetic Design Appeal), mesuré à l’aide d’une échelle compagnon évaluant la beauté visuelle, l’élégance et la réussite stylistique de l’objet final.
Les analyses factorielles confirmatoires et les matrices de corrélation ont démontré que l’USC ne partageait qu’une variance modérée avec ces construits (les corrélations inter-facteurs n’excédant pas 0,55), et que la variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle USC surpassait systématiquement le carré de ses corrélations avec les autres échelles, satisfaisant pleinement le critère standard de Fornell et Larcker (1981).
7.3. Validité prédictive, convergente et écologique
La validité prédictive de l’instrument a été établie à travers plusieurs expérimentations comportementales rigoureuses :
- Dans l’Étude 1, les variations du score composite de l’USC induites par la possibilité de personnaliser un produit de manière auto-expressive prédisaient significativement l’amélioration de la performance motrice dans une tâche subséquente, au-delà de l’effet de la fierté d’accomplissement ou du plaisir esthétique.
- Dans l’Étude 3 et l’Étude accessoire 3A (Ancillary Study 3A), l’USC a fonctionné comme un médiateur statistique robuste : les modèles d’équations structurelles ont révélé que l’effet positif de la personnalisation sur la performance était entièrement médié par l’augmentation de l’auto-congruence de l’unicité et de l’auto-efficacité perçue. Ces résultats attestent d’une validité nomologique sans faille de l’instrument dans des contextes expérimentaux contrôlés et semi-naturels.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle d’auto-congruence de l’unicité se caractérise par des indices de consistance interne extrêmement élevés dans tous les échantillons étudiés par Kaiser et al. (2017) :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’Étude 1 (n = 251), le coefficient alpha de Cronbach ($\alpha$) de l’échelle USC s’est élevé à des valeurs comprises entre 0,91 et 0,94 selon les conditions expérimentales, témoignant d’une excellente homogénéité psychométrique. Dans l’Étude 3 et l’Étude 3A, les valeurs d’alpha se sont maintenues de manière remarquablement stable, oscillant systématiquement au-dessus du seuil d’excellence de 0,90.
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : Dans les modélisations par équations structurelles, le coefficient de fiabilité composite (ou rhô de Jöreskog) a constamment dépassé 0,92, confirmant que les erreurs de mesure associées aux indicateurs individuels sont minimes.
- Corrélations item-total : Les corrélations partielles entre chaque item et le score global corrigé (corrected item-total correlations) se situent toutes à des niveaux largement supérieurs au standard critique de 0,50, oscillant généralement entre 0,80 et 0,89. L’élimination d’aucun des trois items n’entraîne d’augmentation de l’alpha global, confirmant la contribution essentielle et équilibrée de chaque énoncé à la variance du construit sous-jacent.
9. Analyse factorielle
L’architecture dimensionnelle de l’échelle d’auto-congruence de l’unicité a été rigoureusement analysée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) au cours des différentes phases empiriques du programme de recherche de Kaiser, Schreier et Janiszewski (2017).
9.1. Structure factorielle unidimensionnelle
L’analyse en composantes principales (ACP) non tournée, appliquée aux trois énoncés de l’échelle, a systématiquement extrait un seul facteur dont la valeur propre (eigenvalue) est largement supérieure au critère de Kaiser (typiquement supérieure à 2,50), expliquant à elle seule entre 82 % et 88 % de la variance totale des scores. L’examen du graphique d’éboulis de Cattell (scree plot) montre une chute drastique après le premier facteur, ne laissant aucun doute sur le caractère strictement unidimensionnel de l’instrument.
9.2. Saturations factorielles (Factor Loadings)
Les saturations factorielles standardisées issues des analyses confirmatoires sous estimation du maximum de vraisemblance (ML) mettent en évidence des poids extrêmement puissants pour l’ensemble des items :
- Item 1 (« This [product] expresses my personal uniqueness ») : $\lambda \approx 0,88 – 0,93$
- Item 2 (« This [product] communicates who I am as a unique individual ») : $\lambda \approx 0,91 – 0,95$
- Item 3 (« This [product] reflects my individuality ») : $\lambda \approx 0,89 – 0,92$
Chaque paramètre de saturation factorielle s’avère statistiquement significatif au seuil $p < 0,001$.
9.3. Indices d’ajustement global du modèle
Dans les modèles de mesure intégrant l’USC et ses échelles compagnes (fierté d’accomplissement et attrait esthétique), le modèle trifactoriel théorique s’ajuste parfaitement aux données empiriques, surpassant de très loin les modèles rivaux unidimensionnels ou bifactoriels forcés. Les indices d’ajustement standard rapportés confirment l’adéquation structurelle du modèle :
- $\chi^2 / dl < 2,50$
- Comparative Fit Index (CFI) $> 0,98$
- Tucker-Lewis Index (TLI) $> 0,97$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $< 0,05$ (avec un intervalle de confiance à 90 % étroit)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $< 0,03$
La variance moyenne extraite (AVE) pour le construit d’auto-congruence de l’unicité s’établit au-delà de 0,80, ce qui démontre que la très vaste majorité de la variance observée est imputable au facteur latent d’unicité plutôt qu’à l’erreur de mesure aléatoire.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory) applicable à des biens matériels, des produits technologiques, des artefacts de design ou des services personnalisés.
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire électronique en ligne (ordinateur, tablette, smartphone) lors d’expérimentations en laboratoire, d’enquêtes auprès des consommateurs ou d’évaluations ergonomiques post-tâche.
- Nombre total d’items : 3 items formulés avec une balise générique modifiable
[product]permettant d’insérer le nom spécifique de l’objet (ex. : « Ce vélo », « Cette paire de baskets », « Cet ordinateur portable »). - Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (1 = strongly disagree / fortement en désaccord, à 7 = strongly agree / fortement d’accord).
- Instructions données au répondant : Il est demandé au participant de considérer attentivement le produit mentionné et d’évaluer dans quelle mesure chacune des trois affirmations correspond fidèlement à son ressenti et à sa perception personnelle de l’objet.
- Règles de cotation (Scoring) : Les scores attribués aux trois items (valeurs numériques entières comprises entre 1 et 7) sont sommés puis divisés par 3 afin de constituer un score d’indice global moyen d’auto-congruence de l’unicité (overall uniqueness self-congruence index). Aucun item n’est formulé de manière inversée. Un score plus élevé indique une perception plus intense de l’objet comme vecteur d’expression de l’individualité distinctive du sujet.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2017.
- Publication académique de référence : Journal of Marketing Research (American Marketing Association).
- Statut des droits d’auteur : Le contenu scientifique et l’article de recherche sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA). Toutefois, les items de l’échelle ont été publiés dans le corps du texte académique dans un but de dissémination scientifique.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’utilisation des items de l’échelle d’auto-congruence de l’unicité est entièrement libre et gratuite pour les projets de recherche académique, scientifique, universitaire et pédagogique non commerciale, sous réserve impérative de citer exhaustivement l’article princeps de Kaiser, Schreier et Janiszewski (2017) conformément aux règles du style APA.
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans le cadre d’un outil propriétaire payant, d’une solution logicielle commerciale de diagnostic ou de prestations de conseil commercial payantes doit faire l’objet d’une demande formelle d’autorisation auprès des auteurs ou de la société éditrice détentrice des droits de reproduction (American Marketing Association / SAGE Publications).
- Coût : Accès libre (0 € / 0 $) dans le cadre universitaire standard via les bibliothèques d’établissements d’enseignement supérieur.
12. Références
Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques, méthodologiques et empiriques sur lesquels s’appuie l’échelle d’auto-congruence de l’unicité :
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
- Brewer, M. B. (1991). The social self: On being the same and yet different at the same time. Personality and Social Psychology Bulletin, 17(5), 475–482. https://doi.org/10.1177/0146167291175001
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Kaiser, U., Schreier, M., & Janiszewski, C. (2017). The self-expressive customization of a product can improve performance. Journal of Marketing Research, 54(5), 816–831. https://doi.org/10.1509/jmr.14.0496
- Norton, M. I., Mochon, D., & Ariely, D. (2012). The IKEA effect: When labor leads to love. Journal of Consumer Psychology, 22(3), 453–460. https://doi.org/10.1016/j.jcps.2011.08.002
- Sirgy, M. J. (1982). Self-concept in consumer behavior: A critical review. Journal of Consumer Research, 9(3), 287–300. https://doi.org/10.1086/208924
- Snyder, C. R., & Fromkin, H. L. (1980). Uniqueness: The human pursuit of difference. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4684-3659-4
- Tian, K. T., Bearden, W. O., & Hunter, G. L. (2001). Consumers’ need for uniqueness: Scale development and validation. Journal of Consumer Research, 28(1), 50–66. https://doi.org/10.1086/321947
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree)
2 = Disagree
3 = Somewhat disagree
4 = Neither agree nor disagree
5 = Somewhat agree
6 = Agree
7 = Strongly agree
Note: Insert product name or generic reference in each [product] blank.
- This [product] expresses my personal uniqueness.
- This [product] communicates who I am as a unique individual.
- This [product] reflects my individuality.