Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items

L’Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items (ADDQoL-19) est un outil psychométrique de référence évaluant l’impact spécifique et individualisé du diabète sur la qualité de vie par un système de pondération impact × importance.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items (Audit of Diabetes Dependent Quality of Life-19 items, ou ADDQoL-19) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et largement validés au niveau international pour mesurer l’impact spécifique du diabète (de type 1 et de type 2) sur la qualité de vie (QoL) perçue par le patient. Conçu initialement par la professeure Clare Bradley et ses collaborateurs à la fin des années 1990 à l’université Royal Holloway de Londres, l’ADDQoL a été développé pour pallier les insuffisances méthodologiques majeures des questionnaires génériques de santé (tels que le SF-36 ou l’EQ-5D), lesquels confondent fréquemment le statut de santé fonctionnel (health status) avec la qualité de vie individuelle subjective.

L’instrument se distingue par une approche individualisée novatrice fondée sur la théorie psychologique de la divergence et des pondérations cognitives. Le questionnaire comprend deux items généraux d’aperçu (évaluant la qualité de vie globale actuelle et l’impact global perçu si la personne ne souffrait pas de diabète), suivis de 19 items explorant des domaines spécifiques de l’existence : la vie professionnelle, la vie de famille, les relations amicales et sociales, les relations intimes privilégiées, la sexualité, l’apparence physique, l’activité physique, les vacances, les loisirs, la facilité de déplacement, la confiance en soi, la motivation, la perception sociale, l’avenir, les finances, l’habitat, la liberté alimentaire, la liberté de consommation de boissons et le niveau d’autonomie/dépendance. Pour chacun de ces 19 domaines, le participant note séparément l’impact attribué au diabète (sur une échelle bipolaire de -3 à +1) et l’importance personnelle qu’il accorde à ce domaine dans sa vie (sur une échelle d’évaluation de 0 à 3). La multiplication de ces deux dimensions génère un score d’impact pondéré par domaine allant de -9 (impact négatif maximal) à +3 (impact positif maximal). La moyenne de l’ensemble des domaines applicables définit le score moyen pondéré d’impact (Average Weighted Impact, AWI).

Sur le plan métrologique, l’ADDQoL-19 démontre une cohérence interne exceptionnelle, attestée de manière répétée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,85 et 0,95 selon les cohortes cliniques. La stabilité temporelle (test-retest) révèle des coefficients de corrélation intraclasse élevés (r > 0,80 sur des intervalles de deux à quatre semaines). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient majoritairement une dimension dominante globale justifiant le calcul du score global AWI, tout en identifiant des sous-dimensions sous-jacentes cohérentes (restrictions liées au style de vie, fonctionnement psychosocial). L’ADDQoL-19 est aujourd’hui une référence incontournable tant en recherche clinique (notamment dans l’évaluation des nouvelles insulinothérapies et technologies de monitoring glycémique) qu’en pratique diabétologique ambulatoire.

2. Mots-clés / Keywords

Audit de la qualité de vie dépendante du diabète, ADDQoL-19, diabète de type 1, diabète de type 2, Clare Bradley, psychométrie, évaluation individualisée, impact pondéré, score AWI, qualité de vie liée à la santé, insulinothérapie, endocrinologie.

3. Auteurs / Authors

L’ADDQoL-19 a été conçu, développé et validé sous la direction scientifique de :

  • Professeure Clare Bradley, Ph.D., CPsychol, FBPsS : Professeure émérite de psychologie de la santé au département de psychologie de la Royal Holloway, University of London, et directrice générale de Health Psychology Research (HPR) Ltd (Egham, Surrey, Royaume-Uni). Spécialiste de renommée mondiale en méthodologie de mesure des résultats rapportés par les patients (Patient-Reported Outcomes, PROs) dans les maladies chroniques.
  • Collaborateurs initiaux du consortium de recherche : Dr. C. Todd, T. Gorton, E. Symonds, R. Plowright, et l’équipe de recherche en psychologie clinique de l’université de Londres, en concertation avec des panels de diabétologues, de spécialistes de l’éducation thérapeutique et de patients partenaires.
  • Adaptation néerlandaise (2009) : Équipe de recherche clinique en endocrinologie en collaboration étroite avec Health Psychology Research Ltd.

Pour toute demande officielle d’utilisation, d’accord de licence ou de documentation psychométrique complète, les démarches doivent être adressées à Health Psychology Research Ltd (www.healthpsychologyresearch.com).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’ADDQoL-19 est de mesurer avec exactitude, rigueur et sensibilité clinique l’impact spécifique que le diabète de type 1 et le diabète de type 2 exercent sur la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. Dans l’histoire de l’endocrinologie et de la psychologie médicale, l’évaluation de l’efficacité d’un traitement s’est longtemps limitée à des marqueurs strictement biologiques, au premier rang desquels figure le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), complété par la mesure de la fréquence des hypoglycémies aiguës et la survenue de complications microvasculaires ou macrovasculaires. Bien que ces paramètres biomédicaux soient capitaux pour pronostiquer l’espérance de vie et prévenir les atteintes organiques, ils s’avèrent de très mauvais prédicteurs de l’expérience vécue du patient, de son fardeau psychologique quotidien et de son bien-être général.

Lorsque les investigateurs ont introduit des questionnaires standardisés de qualité de vie liée à la santé (HRQoL) dits « génériques » (comme le MOS SF-36, le Nottingham Health Profile ou l’EuroQol EQ-5D), un problème théorique et méthodologique critique est apparu : ces outils mesurent principalement le statut fonctionnel de santé (par exemple, la capacité à monter des escaliers, à marcher 500 mètres ou à s’habiller sans aide) plutôt que la qualité de vie proprement dite. Un patient atteint de diabète bien équilibré mais soumis à des contraintes horaires rigides, à l’angoisse permanente des hypoglycémies nocturnes et à une frustration diététique intense peut présenter un score fonctionnel parfait sur le SF-36 tout en subissant une altération dramatique de sa qualité de vie. De surcroît, les instruments génériques manquent notoirement de sensibilité pour détecter les améliorations thérapeutiques subtiles mais déterminantes, telles que le passage des injections multiples quotidiennes d’insuline à une pompe à insuline en boucle fermée ou l’introduction d’un capteur de mesure continue du glucose.

L’ADDQoL-19 a été conçu pour résoudre ces apories grâce à trois impératifs :

  • La spécificité à la maladie : Tous les items interrogent directement le participant sur l’impact attribué au diabète (« Si je n’avais pas le diabète, ma vie professionnelle serait… »), ce qui élimine les bruits de fond liés à d’autres comorbidités non diabétiques ou aux vicissitudes ordinaires de l’existence.
  • L’individualisation par la pondération de l’importance : L’instrument postule qu’un domaine de vie ne peut affecter la qualité de vie globale d’un individu que dans la mesure où ce domaine revêt de l’importance à ses yeux. Par exemple, une restriction touchant la flexibilité des horaires de travail ou la consommation d’alcool n’affectera nullement la qualité de vie d’une personne à la retraite ou abstinente. En multipliant la sévérité perçue de l’impact par l’importance accordée à ce domaine, l’ADDQoL personnalise mathématiquement l’évaluation.
  • La pertinence clinique et décisionnelle : En milieu hospitalier comme dans les essais cliniques randomisés de phase III et IV, l’ADDQoL-19 permet d’identifier précisément les domaines de la vie quotidienne les plus lésés par la pathologie ou par les exigences d’un régime thérapeutique contraignant. Il guide l’éducation thérapeutique, oriente les ajustements de traitement et fournit aux agences réglementaires de santé des données robustes quant au bénéfice perçu par les patients.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’ADDQoL-19 est la qualité de vie dépendante du diabète (diabetes-dependent quality of life), conceptualisée comme l’évaluation subjective et individualisée de la distance séparant la vie actuelle du patient de la vie qu’il mènerait en l’absence de diabète, modulée par le système de valeurs et de priorités propre à chaque individu. Contrairement aux approches unidimensionnelles de la santé, ce construit est multidimensionnel et englobe 19 domaines distincts, complétés par deux dimensions d’évaluation globale :

1. Les deux dimensions d’aperçu général (Overview Items)

Ces deux items inauguraux permettent d’ancrer le cadre de référence du participant sans interaction de pondération :

  • Qualité de vie actuelle globale (Item I) : Cet item évalue le sentiment subjectif général de bien-être sur une échelle bipolaire en 7 points (d’« extrêmement mauvaise » à « excellente »). Il capture l’humeur et l’état global du patient au moment de la passation, intégrant toutes les sphères de son existence, qu’elles soient ou non liées à la maladie.
  • Impact global du diabète sur la qualité de vie (Item II) : Cet item isole l’effet global imputable au diabète en demandant au patient d’estimer ce que serait sa qualité de vie s’il n’avait pas cette maladie, sur une échelle en 5 points allant de « bien meilleure » (-3) à « pire » (+1).

2. Les 19 domaines spécifiques de vie

Chacun des 19 domaines suivants est évalué selon sa composante d’impact (de -3 à +1) et sa composante d’importance personnelle (de 0 à 3) :

  • 1. Vie professionnelle (Working life) : Évalue l’influence du diabète sur le choix de carrière, les opportunités de promotion, la productivité au travail, la gestion des horaires décalés et la crainte de perdre son emploi à la suite d’un malaise hypoglycémique. Option « non applicable » (N/A) disponible.
  • 2. Vie de famille (Family life) : Mesure les répercussions sur les relations familiales, le fardeau ressenti par les proches, l’anxiété parentale ou conjugale et les tensions relatives aux impératifs diététiques ou aux soins.
  • 3. Amitiés et vie sociale (Friendships and social life) : Concerne les interactions avec le cercle amical, la participation à des dîners ou des soirées, et la capacité à s’intégrer sans se sentir stigmatisé ou contraint par le protocole thérapeutique.
  • 4. Relations intimes privilégiées (Close personal relationship) : Explore l’impact sur la relation amoureuse la plus proche, l’intimité émotionnelle, et la crainte d’être une charge pour le partenaire. Option N/A incluse.
  • 5. Vie sexuelle (Sex life) : Cible les dysfonctions sexuelles organiques (ex. neuropathie autonome, dysfonction érectile chez l’homme, sécheresse vaginale chez la femme) ainsi que la perte de libido induite par la fatigue chronique, l’anxiété de performance ou la présence d’appareillages (pompes, capteurs). Option N/A incluse.
  • 6. Apparence physique (Physical appearance) : Analyse la perception corporelle, l’impact des variations pondérales (prise de poids liée à l’insuline), les lipodystrophies aux sites d’injection et la visibilité des dispositifs médicaux collés sur la peau.
  • 7. Activités physiques (Physical activities) : Explore la capacité à faire du sport, du jardinage ou de la marche sans appréhension d’une décompensation métabolique, et les contraintes de resucrage ou d’ajustement des doses associées à l’effort.
  • 8. Vacances (Holidays) : Mesure les difficultés logistiques de transport de matériel médical (insuline au frais, bandelettes, aiguilles), l’anticipation des changements de fuseaux horaires et les craintes lors des séjours à l’étranger.
  • 9. Activités de loisirs (Leisure activities) : Concerne les passe-temps, sorties culturelles ou passions récréatives et la mesure dans laquelle les horaires de soins restreignent leur spontanéité.
  • 10. Facilité de déplacement (Ease of travel) : Évalue la liberté de conduire une automobile (permis soumis à réglementation médicale), de prendre les transports en commun ou de voyager de manière imprévue.
  • 11. Confiance en soi (Self-confidence) : Mesure l’estime de soi, le sentiment de sécurité intérieure et l’assurance face au regard d’autrui lors des contrôles glycémiques ou des injections en public.
  • 12. Motivation (Motivation) : Analyse la vitalité psychologique, l’énergie d’accomplissement et l’impact de l’épuisement mental (détresse liée au diabète) sur la poursuite d’objectifs personnels.
  • 13. Réaction de la société (Society’s reaction) : Évalue le fardeau de la stigmatisation sociale, les préjugés, les commentaires déplacés ou les discriminations ressenties dans l’espace public.
  • 14. Sentiments envers l’avenir (Feelings about the future) : Capture l’angoisse prospective relative aux complications dégénératives à long terme (cécité, insuffisance rénale, amputations, infarctus) et à la diminution de l’espérance de vie.
  • 15. Situation financière (Financial situation) : Mesure le coût direct et indirect des traitements, des équipements, des assurances ou la perte de revenus imputable aux arrêts de travail.
  • 16. Conditions de vie (Living conditions) : Concerne l’aménagement du domicile, le stockage des fournitures et l’environnement résidentiel adapté à la pathologie.
  • 17. Liberté de manger (Freedom to eat) : Domaine critique chez la quasi-totalité des patients, mesurant la perte de spontanéité diététique, l’obligation de peser les glucides, les interdits et la planification rigide des repas.
  • 18. Liberté de boire (Freedom to drink) : Évalue les restrictions imposées sur la consommation d’alcool, de boissons sucrées ou même l’obligation d’emporter des liquides de resucrage en permanence.
  • 19. Dépendance envers autrui (Dependence on others) : Mesure la peur ou la réalité d’avoir besoin de l’aide de tierces personnes pour gérer son diabète, administrer des soins d’urgence ou accomplir les gestes de la vie quotidienne.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ADDQoL-19 s’inscrit au carrefour de la théorie cognitive de l’écart (gap theory) et du modèle d’évaluation cognitive (cognitive appraisal model) de Richard Lazarus et Susan Folkman, adaptés spécifiquement par Clare Bradley aux maladies endocriniennes chroniques.

1. La théorie de l’écart de Calman (Gap Theory)

Au milieu des années 1980, le médecin et oncologue britannique Kenneth Calman (1984) a proposé une définition séminale de la qualité de vie : celle-ci correspond à l’écart (le « gap ») existant entre les espoirs, les attentes et les ambitions d’une personne d’une part, et son expérience vécue actuelle d’autre part. Selon Calman, plus cet écart est réduit, meilleure est la qualité de vie ; inversement, une divergence majeure engendre une souffrance existentielle profonde. Clare Bradley a transposé ce paradigme au diabète en formulant les questions de l’ADDQoL sous un angle contrefactuel explicite : « Si je n’avais pas le diabète, ma vie serait… ». Cette formulation oblige le participant à soustraire mentalement le fardeau spécifique de la pathologie et de son traitement de sa réalité quotidienne. Ce faisant, l’instrument ne mesure pas simplement la satisfaction dans un domaine, mais isole très précisément la part de dégradation (ou occasionnellement de valorisation) attribuable au diabète.

2. Le modèle de l’évaluation cognitive et la valeur de l’importance

Le second pilier théorique repose sur le principe de la subjectivité de l’importance axiologique. Dans les modèles transactionnels du stress et de l’adaptation (Lazarus & Folkman, 1984), un stresseur n’a d’impact psychopathologique ou fonctionnel que s’il menace un domaine valorisé par l’individu (évaluation primaire). Deux patients peuvent éprouver une gêne objective identique dans la pratique sportive : pour un athlète semi-professionnel, cette gêne constitue un effondrement existentiel dévastateur ; pour une personne totalement sédentaire, l’impact sur sa qualité de vie globale est négligeable.

En intégrant une échelle explicite d’importance allant de 0 (« pas du tout important ») à 3 (« très important »), l’ADDQoL opérationnalise cette théorie. Mathématiquement, si un participant juge qu’un domaine est gravement affecté par son diabète (-3) mais que ce domaine n’a aucune importance pour lui (0), le produit pondéré est égal à 0 (aucun impact net sur la qualité de vie). Cette formulation permet d’éviter l’erreur courante des échelles conventionnelles qui attribuent un poids identique à chaque item pour tous les répondants, faussant ainsi l’interprétation des besoins réels du patient.

3. Distinction conceptuelle entre « État de santé » et « Qualité de vie »

Bradley (1996, 2001) insiste vigoureusement sur la distinction conceptuelle et sémantique entre statut de santé (ce que le corps peut ou ne peut pas faire sur le plan biomécanique ou physiologique), bien-être psychologique (l’état affectif, l’anxiété, la dépression, mesurés par exemple par le questionnaire W-BQ12) et qualité de vie. La qualité de vie est un jugement de valeur global porté par l’individu sur la congruence entre ses désirs profonds et sa réalité. L’ADDQoL se positionne exclusivement sur ce dernier créneau, constituant un véritable « audit » personnel et structuré du préjudice causé par la maladie.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’ADDQoL-19 ont fait l’objet d’investigations exhaustives dans une multitude de pays et de contextes cliniques, démontrant des qualités métrologiques remarquables :

1. Validité de contenu

La validité de contenu a été garantie dès l’origine par une démarche qualitative rigoureuse. Les items initiaux de l’ADDQoL ont été générés à partir d’entretiens approfondis non directifs menés auprès de cohortes diversifiées de patients atteints de diabète de type 1 et de type 2. Les formulations ont été affinées pour s’assurer que les thématiques abordées reflétaient fidèlement les préoccupations réelles des patients plutôt que les a priori des soignants. Le passage de la version initiale à 13 items vers la version mature à 19 items a résulté de l’identification de besoins supplémentaires non couverts dans les premières études (notamment la distinction entre liberté de manger et liberté de boire, la situation financière, les conditions de logement et la dépendance envers les autres).

2. Validité de construit et validité discriminante

L’ADDQoL-19 démontre une excellente capacité à discriminer des sous-groupes cliniques distincts :

  • Type de traitement : Les études montrent systématiquement que les patients sous insulinothérapie (qu’il s’agisse de diabète de type 1 ou de type 2 au stade avancé) rapportent un impact négatif significativement plus lourd (scores AWI plus bas) que les patients traités par antidiabétiques oraux ou par modifications du mode de vie seules (p < 0,001).
  • Complications vasculaires : Les scores moyens d’impact pondéré se détériorent de façon linéaire et significative avec l’accumulation de complications chroniques (rétinopathie, néphropathie, neuropathie périphérique, cardiopathie ischémique). Les patients présentant plusieurs complications affichent des scores AWI nettement plus négatifs que les patients indemnes de complications.
  • Fréquence des hypoglycémies : Les personnes rapportant des épisodes récurrents d’hypoglycémies sévères ou souffrant d’une perte de perception des alertes hypoglycémiques (hypoglycaemia unawareness) présentent des scores d’impact dramatiquement abaissés sur les domaines des sentiments envers l’avenir, de la conduite/voyages, de la confiance en soi et des activités physiques.

3. Validité convergente et divergente

La validité convergente est confirmée par des corrélations modérées à fortes entre le score AWI de l’ADDQoL et d’autres échelles de bien-être validées :

  • Corrélations positives significatives (r = 0,40 à 0,65) avec les scores de bien-être général du Well-Being Questionnaire (W-BQ12).
  • Corrélations négatives robustes avec les échelles de dépression et d’anxiété du HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale).
  • Corrélations très faibles ou quasi nulles (validité divergente) avec les mesures de santé physique purement fonctionnelles issues du SF-36 (comme le sous-score de fonctionnement physique), prouvant que l’ADDQoL évalue un construit psychologique distinct de la simple incapacité motrice.
  • Corrélation faible à modérée avec le taux d’HbA1c (typiquement r = -0,15 à -0,30), confirmant la notion fondamentale selon laquelle l’équilibre glycémique biologique n’est pas synonyme de bonne qualité de vie perçue.

4. Sensibilité au changement et réactivité clinique

L’instrument a prouvé sa remarquable sensibilité dans de multiples essais cliniques longitudinaux. L’initiation de technologies avancées telles que les systèmes de perfusion sous-cutanée continue d’insuline (pompes) ou les systèmes de mesure continue du glucose avec alertes prédictives induit des gains statistiquement et cliniquement significatifs sur le score AWI, particulièrement visibles sur les domaines de la liberté alimentaire, de la flexibilité de vie et de la diminution de l’angoisse de l’avenir.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ADDQoL-19 a été abondamment documentée à travers le monde dans diverses adaptations linguistiques et transculturelles :

1. Cohérence interne (Internal Consistency)

La cohérence interne de l’ADDQoL-19 est remarquablement élevée. Dans l’étude de validation princeps menée par Clare Bradley et son équipe, le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des items à impact pondéré s’élevait à 0,92 chez les patients diabétiques de type 1 et à 0,94 chez les patients diabétiques de type 2. Les études ultérieures menées en Allemagne, en Australie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Chine ou en France ont rapporté des valeurs constamment supérieures à 0,88, se situant le plus souvent dans l’intervalle [0,91 – 0,95]. Ces valeurs témoignent d’une excellente homogénéité métrologique entre les différents domaines de vie explorés.

2. Corrélations item-total

Toutes les corrélations item-total corrigées pour les 19 items pondérés dépassent largement le seuil psychométrique standard de 0,30. La plupart oscillent entre 0,45 et 0,72. Les items portant sur la liberté de manger, la confiance en soi, les sentiments face à l’avenir et les activités de loisirs présentent généralement les corrélations les plus puissantes avec le score global AWI.

3. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle a été vérifiée auprès de patients stables sur le plan médical et thérapeutique à des intervalles de 2 à 4 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson/Spearman se situent uniformément au-delà de r = 0,80 (généralement entre 0,82 et 0,89 pour le score global AWI), démontrant que l’instrument ne fluctue pas de manière aléatoire sous l’effet de biais d’humeur passagers et offre une mesure solide et reproductible dans le temps.

4. Erreur standard de mesure (SEM)

L’erreur standard de mesure calculée sur les cohortes cliniques est faible (généralement comprise entre 0,25 et 0,40 point sur l’échelle AWI), ce qui permet de définir un seuil précis de différence minimale cliniquement importante (Minimal Clinically Important Difference, MCID), facilitant l’interprétation des résultats dans les essais cliniques pharmacologiques et technologiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’ADDQoL-19 a fait l’objet de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) à travers différentes langues et cultures.

1. Structure unifactorielle prédominante (Score AWI)

Dans les analyses initiales menées par Bradley et al., l’analyse en composantes principales (ACP) sans rotation extrait un premier facteur dominant expliquant à lui seul une très large part de la variance totale (souvent entre 35 % et 48 % de la variance commune). Tous les 19 items présentent des saturations factorielles élevées sur cette composante principale (généralement comprises entre 0,45 et 0,82). Ce résultat psychométrique fondamental apporte la justification statistique essentielle permettant d’agréger les 19 scores d’impact pondérés en un score unique global : la moyenne des impacts pondérés (Average Weighted Impact – AWI).

2. Modèles multifactoriels et bifactoriels

Bien que l’unidimensionnalité opérationnelle soit largement acceptée pour le calcul de l’AWI, plusieurs études factorielles indépendantes (par exemple dans les adaptations néerlandaise, slovaque ou asiatique) appliquant des rotations obliques (Promax ou Oblimin) ont identifié une structure sous-jacente comprenant 2 à 4 sous-facteurs cliniquement très pertinents :

  • Facteur 1 : Liberté personnelle et restrictions du mode de vie (Lifestyle restrictions / Dietary freedom) : Ce facteur regroupe les items relatifs à la liberté de manger (item 17), la liberté de boire (item 18), les activités physiques (item 7), les loisirs (item 9) et la facilité de déplacement (item 10). Les saturations y sont particulièrement nettes (> 0,60).
  • Facteur 2 : Fonctionnement psychosocial et relations interpersonnelles (Psychosocial / Social relations) : Ce regroupement rassemble la vie familiale (item 2), les relations amicales et sociales (item 3), les relations intimes (item 4), la vie professionnelle (item 1) et la réaction de la société (item 13).
  • Facteur 3 : Bien-être psychologique individuel et perspectives d’avenir (Self-perception & Future) : Composé de la confiance en soi (item 11), de la motivation (item 12), des sentiments face à l’avenir (item 14) et de la dépendance envers autrui (item 19).

Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) modélisant une structure hiérarchique de second ordre ou une structure bifactorielle (avec un facteur général dominant et des facteurs spécifiques de domaine) confirment généralement une excellente adéquation aux données, avec des indices d’ajustement robustes : CFI (Comparative Fit Index) > 0,93, TLI (Tucker-Lewis Index) > 0,92, et RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) < 0,06.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’ADDQoL-19 est un auto-questionnaire standardisé destiné aux adultes atteints de diabète. Ses caractéristiques structurelles et opérationnelles se résument comme suit :

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation rapporté par le patient (Patient-Reported Outcome – PRO).
  • Format d’administration : Version papier-crayon auto-administrée ou version électronique sur tablette/smartphone (ePRO).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Population cible : Adultes (≥ 18 ans) diagnostiqués avec un diabète de type 1 ou un diabète de type 2 (des versions pédiatriques et pour adolescents existent séparément, telles que l’ADDQoL-Junior).
  • Structure générale :
    • 2 items généraux d’aperçu préliminaire (Overview items).
    • 19 items spécifiques à double réponse (Impact × Importance).
  • Échelle de réponse (Response Scale) :
    • Overview items : Item I (Present QoL) : échelle en 7 points (-3 = Extremely bad à +3 = Excellent) ; Item II (Diabetes-specific QoL) : échelle en 5 points (-3 = Very much better à +1 = Worse).
    • Domain-specific items :
      • Impact scale : échelle en 5 points (-3 = Very much better à +1 = Worse, avec option « Non applicable » (N/A) pour certains items comme le travail ou la sexualité).
      • Importance scale : échelle en 4 points (3 = Very important, 2 = Important, 1 = Somewhat important, 0 = Not at all important).
  • Règles de cotation et de calcul des scores (Scoring rules) :
    • Score pondéré individuel par domaine : Pour chacun des 19 items applicables, on calcule :
      Score d'impact pondéré = Note d'Impact (-3 à +1) × Note d'Importance (0 à 3)
      Ce score varie de -9 (impact négatif maximal : -3 × 3) à +3 (impact positif maximal : +1 × 3). Une valeur de 0 indique l’absence d’impact attribuable au diabète ou une absence totale d’importance accordée à ce domaine.
    • Score moyen d’impact pondéré (AWI – Average Weighted Impact score) :
      L’AWI est la moyenne arithmétique obtenue en sommant les scores d’impact pondérés de tous les domaines applicables cochés par le répondant, puis en divisant cette somme par le nombre total de domaines applicables pour cette personne (généralement entre 15 et 19 selon les options N/A choisies). Ce score s’échelonne également de -9 à +3. Plus le score est négatif, plus la qualité de vie est altérée par le diabète.
    • Gestion des données manquantes : Si plus d’un certain pourcentage de domaines applicables sont omis (généralement > 25-30 %), le calcul du score global AWI est invalidé selon les recommandations du manuel de cotation de Bradley.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication originale : La version originale à 13 items a été publiée en 1996, suivie par la publication de la version étendue et définitive à 19 items en 1999 (Bradley et al., 1999). L’adaptation standardisée néerlandaise a été finalisée en 2009.
  • Propriété intellectuelle et Droits d’auteur : L’ADDQoL-19, son manuel d’utilisation, ses algorithmes de cotation et l’ensemble de ses traductions linguistiques validées sont protégés par le droit international du copyright (© Clare Bradley / Health Psychology Research Ltd). Tous droits réservés.
  • Permissions et Accès :
    • L’instrument ne relève pas du domaine public et ne peut être photocopié, numérisé ou intégré dans un logiciel sans l’autorisation écrite préalable des ayants droit.
    • Recherche académique non financée et utilisation clinique individuelle : Des licences gratuites ou à tarifs réduits sont accordées aux cliniciens, aux étudiants et aux chercheurs académiques travaillant hors partenariats commerciaux, après soumission d’une demande officielle décrivant le protocole d’étude.
    • Essais cliniques promus par l’industrie (Pharma / Biotech / Medtech) : Une licence payante est exigée. Les tarifs dépendent du nombre de patients inclus, du nombre de langues requises et du mode d’administration (versions certifiées pour intégration sur systèmes eCOA/ePRO).
  • Point de contact officiel : Health Psychology Research (HPR) Ltd, University of London, Egham, Surrey, Royaume-Uni. Site internet officiel : Health Psychology Research.

12. Références / References

  • Bradley, C. (1994). Handbook of Psychology and Diabetes: A guide to psychological measurement in diabetes research and practice. Harwood Academic Publishers.
  • Bradley, C. (1996). Health, personal goals and quality of life: The case for diabetic renal failure. In Perceiving and Performing Quality of Life. University of London.
  • Bradley, C., Todd, C., Gorton, T., Symonds, E., Martin, A., & Plowright, R. (1999). The development of an individualized questionnaire measure of perceived impact of diabetes on quality of life: The ADDQoL. Quality of Life Research, 8(1), 79–91. https://doi.org/10.1023/A:1026485130100
  • Bradley, C., & Speight, J. (2002). Patient perceptions of diabetes and diabetes therapy: Assessing quality of life. Diabetes/Metabolism Research and Reviews, 18(S3), S64–S69. https://doi.org/10.1002/dmrr.279
  • Calman, K. C. (1984). Quality of life in cancer patients—an hypothesis. Journal of Medical Ethics, 10(3), 124–127. https://doi.org/10.1136/jme.10.3.124
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Speight, J., Reaney, M. D., & Bradley, C. (2007). Psychological acceptable treatment goals: Resolving the dilemma between tighter metabolic control and quality of life. In The European Journal of Health Economics.
  • Sundaram, M., Kavookjian, J., Patrick, J. H., Miller, L. A., Madhavan, S. S., & Scott, V. G. (2007). Quality of life, health status and clinical outcomes in type 2 diabetes patients. Quality of Life Research, 16(2), 165–177. https://doi.org/10.1007/s11136-006-9105-0
  • Wee, H. L., Tan, C. E., Goh, S. Y., & Li, S. C. (2006). Usefulness of the Audit of Diabetes-Dependent Quality of Life (ADDQoL) questionnaire in patients with diabetes in a multi-ethnic Asian country. Pharmacoeconomics, 24(7), 673–682. https://doi.org/10.2165/00019053-200624070-00006

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: In the first question, please rate your quality of life overall. In the second question, rate how your quality of life would be if you did not have diabetes. For the remaining domain-specific questions, please indicate: (a) how having diabetes affects that aspect of your life (if you didn't have diabetes, would it be better, worse, or the same?), and (b) how important that aspect of life is to you.
Response Scale: Overview items: Item I (Present QoL): 7-point scale (-3 = Extremely bad to +3 = Excellent); Item II (Diabetes-specific QoL): 5-point scale (-3 = Very much better to +1 = Worse). Domain-specific items: Impact scale: 5-point scale (-3 = Very much better to +1 = Worse, plus N/A where applicable); Importance scale: 4-point scale (3 = Very important, 2 = Important, 1 = Somewhat important, 0 = Not at all important). Weighted impact score per domain = Impact × Importance (ranging from -9 to +3).
Scoring / Reverse Items: The ADDQoL begins with two overview items that are scored separately: Overview Item I (present QoL) and Overview Item II (diabetes-specific QoL). For the 19 domain-specific items, each item consists of an Impact rating (-3 to +1) multiplied by an Importance rating (0 to 3), yielding an individual weighted impact score ranging from -9 to +3 for each applicable domain. An Average Weighted Impact (AWI) score is calculated across all applicable domains by summing the weighted impact scores and dividing by the number of applicable domains endorsed by the respondent.
1

Overview Item I. In general, my present quality of life is: [Extremely bad (-3) to Excellent (+3)]
2

Overview Item II. If I did not have diabetes, my quality of life would be: [Very much better (-3) to Worse (+1)]
1

Working life: If I did not have diabetes, my working life would be… / How important is your working life to you?
2

Family life: If I did not have diabetes, my family life would be… / How important is your family life to you?
3

Friendships and social life: If I did not have diabetes, my friendships and social life would be… / How important are your friendships and social life to you?
4

Close personal relationship: If I did not have diabetes, my closest personal relationship would be… / How important is this close personal relationship to you?
5

Sex life: If I did not have diabetes, my sex life would be… / How important is your sex life to you?
6

Physical appearance: If I did not have diabetes, my physical appearance would be… / How important is your physical appearance to you?
7

Physical activities (e.g. sports, gardening, walking): If I did not have diabetes, my ability to take part in physical activities would be… / How important are physical activities to you?
8

Holidays: If I did not have diabetes, my holidays would be… / How important are holidays to you?
9

Leisure activities: If I did not have diabetes, my leisure activities would be… / How important are leisure activities to you?
10

Ease of travel: If I did not have diabetes, my ease of travelling would be… / How important is ease of travelling to you?
11

Self-confidence: If I did not have diabetes, my self-confidence would be… / How important is your self-confidence to you?
12

Motivation: If I did not have diabetes, my motivation to achieve things would be… / How important is your motivation to achieve things to you?
13

Society's reaction: If I did not have diabetes, the reaction of other people to me would be… / How important is the reaction of other people to you?
14

Feelings about the future: If I did not have diabetes, my feelings about the future would be… / How important are your feelings about the future to you?
15

Financial situation: If I did not have diabetes, my financial situation would be… / How important is your financial situation to you?
16

Living conditions: If I did not have diabetes, my living conditions would be… / How important are your living conditions to you?
17

Freedom to eat: If I did not have diabetes, my freedom to eat as I wish would be… / How important is freedom to eat as you wish to you?
18

Freedom to drink: If I did not have diabetes, my freedom to drink as I wish would be… / How important is freedom to drink as you wish to you?
19

Dependence on others: If I did not have diabetes, my dependence on others would be… / How important is not being dependent on others to you?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/audit-de-la-qualite-de-vie-dependante-du-diabete-19-items/
Looti, Mohammed. “Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/audit-de-la-qualite-de-vie-dependante-du-diabete-19-items/.
Looti, Mohammed. “Audit de la qualité de vie dépendante du diabète-19 items.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/audit-de-la-qualite-de-vie-dependante-du-diabete-19-items/.