1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Attributions des motifs du marketing lié à une cause (orientées vers les valeurs) (Cause-Related Marketing Motive Attributions – Values Driven, composante de l’inventaire développé par Ellen, Webb et Mohr en 2006) est un instrument psychométrique conçu pour mesurer dans quelle mesure les consommateurs perçoivent qu’une entreprise s’engage dans des initiatives philanthropiques ou de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) par pur altruisme et adhésion authentique à des valeurs morales. Alors que les consommateurs manifestent souvent un scepticisme prononcé à l’égard des campagnes de marketing social, cet outil évalue la croyance selon laquelle l’organisation agit parce qu’elle se soucie sincèrement de la cause soutenue, désire redonner à la communauté et possède un engagement sociétal à long terme.
Sur le plan structurel, l’échelle spécifique des attributions axées sur les valeurs est généralement composée de trois items centraux (issus d’une typologie quadripartite plus large comprenant les motifs orientés vers les valeurs, les motifs stratégiques, les motifs égocentriques et les motifs dictés par les parties prenantes). Les répondants expriment leur niveau d’accord sur une échelle de type Likert à 7 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques établies lors des études empiriques initiales révèlent une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach régulièrement supérieur à 0,85, une validité convergente confirmée par des charges factorielles standardisées élevées (> 0,75) et une variance moyenne extraite (AVE) robuste dépassant les seuils méthodologiques conventionnels. L’instrument s’est imposé comme une référence en psychologie du consommateur et en gestion du marketing éthique.
2. Mots-clés / Keywords
Marketing lié à une cause, responsabilité sociétale des entreprises, théorie de l’attribution, attributions orientées vers les valeurs, altruisme organisationnel, scepticisme du consommateur, psychométrie, comportement du consommateur, philanthropie d’entreprise, validité de construit.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conceptualisée, validée et publiée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans le comportement du consommateur et l’éthique des affaires :
- Pam Scholder Ellen : Ph.D., Professeure émérite de marketing au J. Mack Robinson College of Business, Georgia State University, Atlanta, Géorgie, États-Unis. Ses recherches portent sur le marketing social, les comportements prosociaux et les réactions des consommateurs aux causes environnementales et caritatives.
- Deborah J. Webb : Ph.D., Professeure agrégée de marketing au Department of Marketing, J. Mack Robinson College of Business, Georgia State University, Atlanta, États-Unis. Ses travaux académiques se concentrent sur le consumérisme socialement responsable et l’impact des actions citoyennes des marques.
- Lois A. Mohr : Ph.D., Professeure agrégée de marketing, Department of Marketing, J. Mack Robinson College of Business, Georgia State University, Atlanta, États-Unis. Spécialiste reconnue de la responsabilité sociétale et de l’évaluation des programmes de parrainage humanitaire par le grand public.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de cette échelle est d’opérationnaliser et de quantifier de manière standardisée les inférences cognitives que tirent les individus au sujet de la sincérité morale d’une marque lorsqu’elle met en œuvre une campagne de marketing lié à une cause (Cause-Related Marketing). Dans les sociétés de consommation contemporaines, les entreprises allouent des budgets substantiels à des partenariats avec des organisations non gouvernementales ou à des promesses de dons indexées sur le volume de ventes (par exemple, verser un pourcentage du prix d’achat à la recherche contre le cancer). Cependant, les consommateurs ne reçoivent pas passivement ces communications institutionnelles : ils cherchent activement à identifier les « véritables » motivations dissimulées derrière l’acte caritatif.
Dans les contextes de recherche académique et appliquée, cet instrument vise à disséquer la variance des attitudes des consommateurs face aux signaux de RSE. Plus spécifiquement, il permet de répondre aux problématiques suivantes :
- Prédiction des réponses comportementales : Déterminer si l’attribution de motivations intrinsèques et axées sur les valeurs engendre une augmentation de la fidélité à la marque, du bouche-à-oreille positif et de l’intention d’achat, par opposition à des attributions purement mercantiles.
- Modération du cynisme commercial : Évaluer dans quelle mesure des éléments structurels de la campagne (la congruence entre la marque et la cause, l’effort financier perçu, la réputation préalable de l’entreprise) favorisent la croyance en un engagement altruiste plutôt qu’en une stratégie de blanchiment d’image (causewashing).
- Diagnostic managérial et stratégique : Fournir aux directeurs de la communication et du marketing un outil de pré-test rigoureux afin d’anticiper la réception publique d’un programme d’engagement citoyen et d’ajuster le cadrage narratif pour éviter les réactions négatives ou les accusations d’opportunisme.
La justification théorique repose sur le postulat que les retombées positives d’une politique de RSE ne dépendent pas uniquement de l’acte philanthropique en lui-même, mais sont médiatisées par le système d’attribution causale déployé par le public cible. L’échelle isole la dimension la plus vertueuse de ce processus psychologique : la conviction que l’organisation poursuit une finalité morale désintéressée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par cette sous-échelle est l’attribution causale orientée vers les valeurs (Values-Driven Motive Attribution). Au sein de l’architecture conceptuelle proposée par Ellen et ses collègues (2006), ce construit s’inscrit dans un continuum complexe qui dépasse la simple dichotomie classique entre « altruisme pur » et « égoïsme commercial ».
Traditionnellement, les chercheurs en marketing séparaient les motifs d’entreprise en deux catégories antagonistes : les motifs orientés vers la cause (altruistes) et les motifs orientés vers l’entreprise (intéressés). Ellen, Webb et Mohr ont profondément renouvelé ce paradigme en démontrant que les consommateurs adoptent une vision beaucoup plus nuancée, articulée autour de deux axes orthogonaux : le caractère centré sur autrui vs centré sur soi, et le caractère positif vs négatif. L’attribution orientée vers les valeurs représente la combinaison optimale d’une orientation centrée sur autrui et positive.
Facettes constitutives du construit
- La sincérité morale perçue : La croyance que l’entreprise est animée par un sentiment authentique d’obligation morale ou de compassion envers les bénéficiaires de la cause. Par exemple, le consommateur estime que les dirigeants de l’entreprise partagent une sensibilité humaine réelle face au problème ciblé.
- La volonté de réciprocité sociétale : L’idée que l’entreprise reconnaît sa dette morale envers l’écosystème qui lui permet de prospérer et désire sincèrement « rendre à la communauté » (giving back). Cette dimension renvoie à la justice distributive et à la notion de citoyenneté organisationnelle responsable.
- La continuité temporelle et l’engagement durable : La perception que la démarche ne relève pas d’un coup publicitaire éphémère ou réactif, mais s’ancre dans une préoccupation de long terme pour le bien-être collectif.
Contrairement aux motifs stratégiques (où l’entreprise cherche à accroître ses ventes tout en aidant la cause) ou aux motifs égocentriques (où l’entreprise exploite la cause de manière opportuniste pour manipuler son image), les attributions orientées vers les valeurs postulent une bienveillance désintéressée. L’activation de ce construit spécifique est le prédicteur le plus puissant de l’évaluation globale favorable de l’organisation par le consommateur.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique de l’instrument s’enracine directement dans la théorie de l’attribution, développée à l’origine en psychologie sociale par Fritz Heider (1958) et enrichie par Edward E. Jones et Keith E. Davis (théorie des inférences correspondantes, 1965), ainsi que par Harold Kelley (modèle de la covariation, 1967, 1973).
L’attribution causale appliquée au comportement organisationnel
Selon Heider, les individus opèrent comme des « psychologues naïfs » animés d’un besoin fondamental de comprendre la causalité des événements qui les entourent afin de rendre leur environnement prévisible et maîtrisable. Face à un comportement observé, l’observateur tente de discerner les causes internes (dispositions, intentions, valeurs de l’acteur) des causes externes (pressions situationnelles, récompenses matérielles, contraintes normatives).
Dans le contexte du marketing lié à une cause, le consommateur applique cette même grille d’analyse cognitive à l’entreprise :
- Attributions dispositionnelles internes : Le consommateur conclut que l’entreprise agit sous l’impulsion de sa propre identité éthique, de sa culture d’entreprise et de ses valeurs morales. C’est précisément ce que mesure la sous-échelle Values-Driven.
- Attributions situationnelles externes : L’action est perçue comme une réponse défensive à des pressions du marché, à des boycotts potentiels ou à la recherche exclusive du profit financier.
Le modèle de la persuasion et la théorie du traitement de l’information
L’échelle s’appuie également sur le modèle des connaissances de la persuasion (Persuasion Knowledge Model, PKM) de Friestad et Wright (1994). Ce modèle stipule que les consommateurs développent au fil du temps une expertise critique concernant les tactiques persuasives des spécialistes du marketing. Lorsqu’une marque s’associe à une cause sociale, le modèle de persuasion est activé. Si les consommateurs jugent que l’effort est disproportionné, incohérent ou trop ostentatoire, ils attribuent des motifs manipulateurs. En revanche, si la communication répond aux critères de crédibilité, le filtre de persuasion permet l’émergence d’attributions axées sur les valeurs authentiques.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle d’attributions orientées vers les valeurs ont été soumises à un examen méthodologique exhaustif par Ellen, Webb et Mohr (2006) à travers plusieurs phases expérimentales impliquant des échantillons représentatifs de consommateurs adultes.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’analyse factorielle confirmatoire (AFC). Les charges factorielles standardisées (estimations factorielles) de tous les items de l’échelle des motifs axés sur les valeurs dépassent largement le seuil standard de 0,70 (variant entre 0,78 et 0,89, p < 0,001). De plus, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède 0,65, confirmant que la variance capturée par le construit est nettement supérieure à la variance due à l’erreur de mesure.
Validité discriminante
L’échelle présente une excellente validité discriminante vis-à-vis des trois autres dimensions du modèle global d’attribution (motifs stratégiques, égocentriques et imposés par les parties prenantes). Selon le critère de Fornell et Larcker (1981), la racine carrée de l’AVE pour la dimension des motifs orientés vers les valeurs s’est avérée substantiellement plus élevée que les corrélations bivariées inter-construits (les corrélations inter-dimensions restant modérées, généralement comprises entre 0,20 et 0,45). Cela confirme que les consommateurs distinguent sans ambiguïté la sincérité altruiste des considérations de stratégie d’affaires ou de conformisme sociétal.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique a été confirmée en intégrant l’échelle dans des modèles d’équations structurelles (SEM) visant à prédire les attitudes envers l’entreprise et les intentions de comportement :
- Les scores élevés sur la dimension des motifs orientés vers les valeurs sont associés de manière statistiquement significative à des attitudes plus positives envers la marque (β standardisé souvent compris entre 0,35 et 0,50, p < 0,001).
- L’attribution orientée vers les valeurs agit comme un puissant médiateur statistique entre la perception de la congruence marque-cause (brand-cause fit) et l’intention de réachat.
- Elle est corrélée négativement avec le scepticisme général envers la publicité et le cynisme consumériste.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle a été documentée avec une grande rigueur à travers les différents échantillons d’étudiants et de panels de consommateurs non-étudiants utilisés dans les publications de référence.
Cohérence interne
La cohérence interne de la sous-échelle Values Driven a été évaluée au moyen de deux indices principaux :
- Alpha de Cronbach (α) : Dans l’étude princeps de Ellen, Webb et Mohr (2006), le coefficient alpha s’élevait à 0,86 pour la sous-échelle axée sur les valeurs. Dans les réplications ultérieures menées dans divers contextes culturels et sectoriels, l’alpha de Cronbach oscille de façon constante entre 0,82 et 0,91, ce qui démontre une excellente homogénéité des énoncés sans redondance excessive.
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : L’indice de fiabilité composite de Jöreskog calculé dans le cadre des modèles AFC dépasse régulièrement le seuil conservateur de 0,80, s’établissant typiquement aux alentours de 0,87.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Bien que l’instrument soit principalement employé dans des devis de recherche expérimentaux mesurant des réactions immédiates à des stimuli promotionnels, les investigations méthodologiques mesurant la stabilité à court terme (intervalle de 2 à 3 semaines sur des perceptions de marques établies) attestent d’une corrélation test-retest statistiquement significative (r > 0,75, p < 0,01), indiquant que les schémas attributionnels demeurent stables tant qu’aucun événement informationnel externe ne vient altérer la réputation de l’entité évaluée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement initial du système de mesure a reposé sur une démarche factorielle en deux étapes, combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) puis analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Structure factorielle exploratoire
Lors de l’étape exploratoire (extraction par analyse en composantes principales avec rotation varimax et oblimin), les analyses menées sur l’ensemble du groupe d’items de motifs d’attribution ont extrait quatre facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement plus de 65 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Motifs orientés vers les valeurs (Values-driven).
- Facteur 2 : Motifs stratégiques (Strategic motives).
- Facteur 3 : Motifs égocentriques (Egoistic motives).
- Facteur 4 : Motifs dictés par les parties prenantes (Stakeholder-driven).
Les trois items de la dimension des valeurs ont présenté des saturations factorielles primaires très nettes (supérieures à 0,80) sur leur facteur théorique respectif, avec des saturations croisées (cross-loadings) négligeables (inférieures à 0,25) sur les trois autres facteurs.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Le modèle de mesure à quatre facteurs a ensuite été soumis à une AFC sous le logiciel LISREL / AMOS. Les indices d’ajustement global ont validé l’adéquation empirique du modèle :
- Chi-deux normé : $\chi^2/dl < 2,5$
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,95
- TLI / NNFI (Tucker-Lewis Index) : > 0,94
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,071)
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,05
La comparaison du modèle théorique quadripartite avec un modèle unifactoriel (regroupant tous les motifs en une dimension globale) a révélé une dégradation hautement significative de l’ajustement ($\Delta\chi^2, p < 0,001$), confirmant de manière irréfutable la nature multidimensionnelle des attributions et la spécificité propre de la dimension axée sur les valeurs.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé à passation rapide, facilement intégrable dans des protocoles expérimentaux d’études quantitatives en ligne, en laboratoire ou sur le terrain.
- Type de test : Échelle psychométrique d’auto-évaluation cognitive (mesure des croyances attributionnelles).
- Nombre d’items : 3 items pour la dimension spécifique des valeurs (11 à 13 items pour l’inventaire complet des attributions de RSE incluant les 4 sous-échelles).
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (généralement graduée de 1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord » ; certaines variantes utilisent un format en 5 points).
- Temps de passation : Moins de 2 minutes pour la sous-échelle seule (environ 4 à 6 minutes pour le module complet).
- Procédure de cotation : Le score attribué aux motifs axés sur les valeurs s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des 3 items (ou la somme globale, allant de 3 à 21 points dans un format 7 points). Aucun item n’est inversé au sein de cette sous-échelle spécifique. Un score plus élevé dénote une perception plus forte de philanthropie authentique et désintéressée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2006.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’article original a été publié dans le Journal of the Academy of Marketing Science par Springer Nature au nom de l’Academy of Marketing Science. Les droits d’auteur de l’article scientifique sont détenus par l’éditeur ou les auteurs.
- Politique d’utilisation académique : L’échelle est librement accessible et utilisable sans frais à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de l’article fondateur de Ellen, Webb et Mohr (2006).
- Utilisation commerciale et conseil : Toute utilisation dans un cadre commercial, logiciel propriétaire ou étude de marché rémunérée nécessite de vérifier les droits d’exploitation auprès de l’éditeur ou des ayants droit via le service Copyright Clearance Center (CCC) / RightsLink.
12. Références / References
- Ellen, P. S., Webb, D. J., & Mohr, L. A. (2006). Building corporate associations: Consumer attributions for corporate socially responsible programs. Journal of the Academy of Marketing Science, 34(2), 147–157. https://doi.org/10.1177/0092070305284976
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Friestad, M., & Wright, P. (1994). The Persuasion Knowledge Model: How people cope with persuasion attempts. Journal of Consumer Research, 21(1), 1–31. https://doi.org/10.1086/209380
- Heider, F. (1958). The Psychology of Interpersonal Relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Jones, E. E., & Davis, K. E. (1965). From acts to dispositions: The attribution process in person perception. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 219–266). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60107-0
- Kelley, H. H. (1973). The processes of causal attribution. American Psychologist, 28(2), 107–128. https://doi.org/10.1037/h0034225
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents:
Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the company’s motives for supporting this cause or socially responsible initiative.
Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree).
Scale Items (Values-Driven Motives Dimension):
- They feel it is important to help.
- They are trying to give something back to the community.
- They have a long-term interest in the community.