1. Résumé / Abstract
L’échelle des attitudes fascistes non étiquetées (Unlabeled Fascist Attitudes Scale, UFAS), développée initialement par le psychologue et statisticien américain Allen L. Edwards en 1941 et révisée en 1944, constitue l’un des instruments pionniers de la psychologie politique et de la psychométrie sociale du XXe siècle. Conçue à la veille de l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, cette échelle avait pour objectif novateur de mesurer l’adhésion cognitive, morale et idéologique aux principes fondamentaux du fascisme sans jamais employer explicitement les termes tabous ou connotés de « fascisme », « fasciste », « totalitarisme » ou « nazisme ». La version originale comprend 26 énoncés, réduits ultérieurement à 22 items discriminants après épuration psychométrique, mesurant l’autoritarisme d’État, la soumission aveugle à l’autorité, l’impérialisme militaire, le darwinisme social, la subordination rigide des femmes, la suppression des libertés académiques et syndicales, ainsi que le rejet de l’égalitarisme démocratique.
Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert à 5 points (« I strongly agree with this statement », « I agree with this statement », « I am uncertain about this statement », « I disagree with this statement », « I strongly disagree with this statement »). D’un point de vue psychométrique, l’UFAS a démontré une cohérence interne satisfaisante pour l’époque (coefficients de fidélité par bipartition corrigés de Spearman-Brown oscillant entre 0,80 et 0,88) ainsi qu’une validité de critère remarquable. Edwards a notamment démontré que les individus adhérant à ces énoncés manifestaient une résistance cognitive prononcée lors de l’apprentissage d’arguments antifascistes et une distorsion systématique du rappel mémoriel. Précurseur direct de l’Échelle F (Fascism Scale) d’Theodor W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson et Nevitt Sanford (1950), l’UFAS demeure un jalon fondamental dans l’histoire de l’évaluation quantitative des idéologies antidémocratiques et des biais de désirabilité sociale.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes fascistes non étiquetées, Allen L. Edwards, autoritarisme, psychométrie politique, idéologie antidémocratique, désirabilité sociale, échelle F, psychologie sociale, darwinisme social, militarisme.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par Allen Louis Edwards (1914–1994). Durant sa carrière prolifique, Allen L. Edwards s’est distingué comme une figure de premier plan de la psychométrie, de l’évaluation de la personnalité et de la méthodologie statistique appliquée aux sciences humaines. Diplômé de l’Ohio State University où il obtint son doctorat (Ph.D.) en psychologie en 1940, il réalisa ses premières recherches empiriques sur les attitudes politiques et les mécanismes de persuasion à l’Université d’Akron, avant de rejoindre la faculté de l’Université de Washington à Seattle, où il enseigna pendant plusieurs décennies en tant que professeur émérite.
Edwards est mondialement reconnu pour avoir formalisé la variable de désirabilité sociale (social desirability) dans la construction des questionnaires d’auto-évaluation et pour avoir conçu le célèbre test de personnalité Edwards Personal Preference Schedule (EPPS, 1954). Ses travaux de 1941 et 1944 sur les « attitudes fascistes non étiquetées » ont été réalisés alors qu’il s’intéressait aux distorsions de la mémoire induites par le cadre de référence idéologique et à la détection des sympathies totalitaires insidieuses au sein de la population américaine.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle des attitudes fascistes non étiquetées était de contourner l’effet massif de réactance et de censure morale associé à l’étiquetage politique explicite à la fin des années 1930 et au début des années 1940. Aux États-Unis, bien que le terme « fascisme » fût officiellement décrié et associé aux régimes hostiles de l’Axe (Italie fasciste de Mussolini et Allemagne nationale-socialiste d’Hitler), Edwards constatait que de nombreux citoyens partageaient en réalité, de manière fragmentaire ou structurée, les postulats anthropologiques, politiques, économiques et moraux du fascisme historique. Si un expérimentateur demandait directement à un citoyen : « Êtes-vous favorable au fascisme ? », le rejet était quasi unanime en raison de la réprobation sociale attachée au mot. En revanche, si les axiomes fascistes étaient reformulés sous la forme d’opinions relatives à l’éducation, à l’ordre public, à la hiérarchie raciale, au rôle des femmes ou à l’autorité exécutive, l’adhésion s’avérait spectaculairement plus élevée.
L’instrument visait trois finalités majeures :
- Détection psychologique et recherche fondamentale : Établir la prévalence d’attitudes antidémocratiques latentes au sein d’échantillons universitaires et communautaires non avertis, en fournissant une mesure opérationnelle dénuée de termes polarisants.
- Expérimentation cognitive sur le traitement de l’information : Servir de variable indépendante ou dépendante dans les recherches sur la perception sélective, l’assimilation contrastive et l’oubli dirigé. Edwards (1941) a utilisé cette échelle pour prouver que les sujets ayant des scores élevés d’attitudes fascistes apprenaient plus difficilement et oubliaient plus vite des textes prônant la démocratie et la liberté d’expression par rapport à des textes harmonieux avec leur système de croyance.
- Diagnostic sociopolitique : Évaluer ce qu’Edwards appelait les « signes du fascisme naissant » (signs of incipient fascism), c’est-à-dire l’inclination d’un groupe social à accepter des solutions autocratiques, la restriction des libertés civiles fondamentales (droit de grève, liberté de la presse, liberté académique), et l’émergence d’un pouvoir exécutif tout-puissant en période de crise économique et internationale.
Dans les contextes d’application modernes et contemporains, l’UFAS possède une valeur pédagogique, heuristique et historique inestimable pour analyser l’évolution des instruments de mesure de l’idéologie, documenter les précurseurs méthodologiques de la théorie de la personnalité autoritaire, et étudier comment des stéréotypes hiérarchiques se maintiennent indépendamment de leurs étiquettes doctrinales d’origine.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’UFAS n’est pas un trait de personnalité intrapsychique au sens strict de la psychanalyse, mais une constellation d’attitudes idéologiques cohérentes dérivées de la doctrine politique fasciste telle qu’analysée par les politologues et sociologues de l’entre-deux-guerres (Alfred Bingham, Lawrence Dennis, Harold Laski, entre autres). Edwards a décomposé le fascisme théorique en plusieurs principes opérationnels fondamentaux :
1. Statisme absolu et souveraineté de l’intérêt étatique
Cette dimension postule que l’État transcende l’individu et que la moralité se définit exclusivement par l’utilité gouvernementale. L’énoncé caractéristique « Whatever best serves the interests of government is generally right » (Item 2) illustre parfaitement ce primat hégélien corrompu où le droit est subordonné aux nécessités de l’appareil dirigeant, annihilant la notion même de droits inaliénables de la personne humaine.
2. Autoritarisme éducatif et anti-intellectualisme
Le fascisme valorise la discipline corporelle, l’obéissance inconditionnelle et l’endoctrinement patriotique au détriment de la pensée critique, du libre examen et de l’autonomie intellectuelle. L’item 1 (« Children should be taught to be more obedient and to have more respect for authority by the public schools ») et l’item 3 (rejet du développement des fonctions intellectuelles au profit de l’entraînement physique) incarnent la militarisation précoce de l’instruction publique et la défiance envers les intellectuels.
3. Darwinisme social, hiérarchie raciale et eugénisme
Le rejet explicite de l’égalité humaine constitue un pilier du fascisme. L’UFAS intègre des formulations mesurant la croyance en la supériorité biologique innée : l’affirmation qu’une partie de la population est naturellement inapte à la participation démocratique (Item 8), la légitimation de la domination par la force des élites « supérieures » (Item 10) et l’existence permanente de races supérieures destinées à dominer les races inférieures (Item 22). Cette dimension reflète la naturalisation des inégalités sociales et raciales.
4. Sexisme traditionnel et assignation domestique
La doctrine fasciste exalte la division patriarcale stricte du travail et l’assujettissement des femmes aux impératifs démographiques et domestiques du corps national. Les items 9 et 24 articulent la dépréciation des capacités intellectuelles des femmes et leur cantonnement coercitif au foyer (la trilogie Kinder, Küche, Kirche sous sa déclinaison anglo-saxonne).
5. Suppression des libertés civiles, syndicales et académiques
Le démantèlement des contre-pouvoirs est opérationnalisé par des propositions visant l’abolition du droit de grève ouvrier (Item 15), la censure de la liberté d’expression des enseignants universitaires et du secondaire (Item 26), la réduction brutale du pluralisme politique à un bipartisme verrouillé (Item 12) et l’assujettissement forcé des minorités religieuses dissidentes qui refusent le salut au drapeau (Item 21).
6. Culte du chef fort et militarisme expansionniste
L’aspiration à un leader charismatique investi des pleins pouvoirs pour trancher par-delà les délibérations parlementaires (Item 20), combinée à l’exigence d’une armée permanente massive de plusieurs millions d’hommes (Item 17) et à la justification de l’impérialisme économique (Item 23), complète la conceptualisation empirique du fascisme selon Edwards.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’échelle des attitudes fascistes non étiquetées s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques majeures des années 1930 et 1940 : la psychologie des attitudes de l’école behavioriste et cognitiviste naissante, l’analyse politique du totalitarisme européen, et la théorie psychodynamique préliminaire des préjugés.
L’héritage de Ross Stagner et de la mesure des attitudes politiques
Le point de départ d’Edwards s’appuie directement sur les travaux pionniers de Ross Stagner (1936), qui avait conçu une première « Fascist Attitudes Scale ». Stagner avait postulé que le fascisme n’était pas un phénomène exclusivement italien ou allemand, mais une idéologie transnationale caractérisée par le nationalisme agressif, l’impérialisme, l’antisyndicalisme et la restriction démocratique. Néanmoins, Stagner avait inclus des termes qui éveillaient parfois la méfiance des répondants. Edwards a systématisé l’approche en supprimant toute étiquette doctrinale et en formulant les énoncés sous une forme normative acceptable dans le discours public américain de l’époque (« common sense statements »).
La psychologie cognitive du cadre de référence (Frame of Reference)
Sur le plan psychologique général, Edwards s’est référé aux concepts de Muzafer Sherif (1936) concernant les « cadres de référence » (frames of reference). Selon cette théorie, les attitudes politiques constituent des structures cognitives stables et organisatrices à travers lesquelles le sujet perçoit, interprète et restructure le monde extérieur. Lorsqu’un individu possède un cadre de référence fasciste latent, les informations contradictoires (démocratiques, pacifistes, pluralistes) sont perçues comme menaçantes ou illogiques. Dans son étude de 1941, Edwards a montré que les scores à l’UFAS prédisaient directement la mémoire sélective : les participants assimilaient avec facilité les thèses compatibles avec leurs attitudes fascistes non étiquetées et rejetaient ou distorçaient les textes favorables à la démocratie participative.
Le prélude à la théorie de la personnalité autoritaire
Bien qu’Edwards ait adopté une démarche principalement psychométrique et comportementale, son travail a directement pavé la voie aux investigations psychanalytiques et psychosociologiques de l’École de Francfort en exil aux États-Unis. Quelques années plus tard, Adorno, Frenkel-Brunswik, Levinson et Sanford (1950) s’inspireront explicitement de l’idée d’Edwards selon laquelle les tendances fascistes profondes doivent être sondées de manière indirecte (« sans étiquette »). Alors qu’Adorno et ses collègues attribueront ces attitudes à des conflits pulsionnels inconscients et à une structure caractérielle rigide (la « personnalité autoritaire »), Edwards mettait plutôt l’accent sur l’apprentissage social, les stéréotypes culturels partagés et le conformisme institutionnel.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de validité de l’échelle des attitudes fascistes non étiquetées ont fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées par Edwards lui-même (1941, 1944) ainsi que par des chercheurs indépendants au cours des décennies suivantes.
Validité de contenu et apparente (Content & Face Validity)
La validité de contenu a été établie par l’analyse minutieuse des manifestes politiques, des programmes législatifs et de la propagande des régimes fascistes d’Italie et d’Allemagne, confrontés aux écrits d’idéologues sympathisants aux États-Unis. Chaque item a été formulé pour couvrir une facette précise du corpus idéologique fasciste (autorité, hiérarchie, nationalisme, anti-ouvriérisme, eugénisme). La validité apparente a été intentionnellement masquée : les items ne font aucune mention du mot « fascisme », ce qui évite la réactance et neutralise le biais de désirabilité sociale brute.
Validité convergente et concourante
Edwards (1944) a administré conjointement l’UFAS et des échelles mesurant le conservatisme économique, le nationalisme et l’intolérance envers les minorités ethniques. Les corrélations observées étaient fortes et statistiquement significatives :
- Corrélation positive élevée (r variant de 0,65 à 0,74) avec l’échelle de nationalisme et d’isolationnisme belliciste.
- Corrélation positive modérée à forte (r = 0,58) avec les mesures de préjugés raciaux et d’antisémitisme de l’époque.
- Corrélation inverse significative (r = -0,61) avec les échelles d’attitudes envers les libertés civiles et la tolérance à la divergence politique.
Validité prédictive et expérimentale
La validité prédictive a été démontrée par des protocoles expérimentaux d’apprentissage verbal et de mémorisation. Dans l’expérience princeps d’Edwards (1941), deux groupes de sujets (l’un ayant des scores très élevés à l’UFAS, l’autre des scores très faibles) ont été exposés à un discours radiodiffusé antifasciste et pro-démocratique standardisé. Les résultats ont révélé que les sujets à score élevé à l’UFAS obtenaient des performances de rappel libre et de reconnaissance significativement inférieures pour les arguments démocratiques, démontrant que l’échelle prédit de façon robuste les biais cognitifs d’assimilation et de rétention d’informations politiques.
Validité discriminante
L’instrument discriminait nettement entre des groupes de répondants aux affiliations politiques connues. Par exemple, les étudiants inscrits dans des mouvements progressistes ou pacifistes obtenaient des scores significativement inférieurs (moyennes inférieures d’au moins deux écarts-types) à ceux d’individus gravitant autour de groupuscules nationalistes ou corporatistes d’extrême droite non étiquetés.
8. Fidélité / Reliability
À l’époque de la publication initiale de l’instrument en 1941, les méthodologies de consistance interne reposaient principalement sur la méthode de division par moitié (split-half reliability) corrigée par la formule de Spearman-Brown, le coefficient alpha de Cronbach n’ayant été formalisé qu’en 1951.
Cohérence interne (Split-Half)
Sur l’échantillon initial de standardisation composé d’étudiants de premier cycle universitaire (N = 120), Edwards (1941) a rapporté un coefficient de fidélité par bipartition (items pairs vs items impairs) de :
- Coefficient brut non corrigé : r = 0,73.
- Coefficient corrigé par la prophétie de Spearman-Brown : rsb = 0,84.
Dans la version révisée de 1944 comprenant 22 items épurés (les items 3, 4, 7 et 11 ayant été éliminés pour manque d’homogénéité ou saturation ambiguë), la fidélité de bipartition corrigée s’élevait à 0,88 sur un échantillon élargi (N = 245), témoignant d’une excellente consistance interne pour une échelle unidimensionnelle globale d’attitudes sociopolitiques.
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
Les données de stabilité temporelle recueillies sur un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants (N = 64) ont mis en évidence un coefficient de stabilité de r = 0,81, indiquant que les attitudes sous-jacentes mesurées par l’UFAS ne constituaient pas des fluctuations d’humeur passagères mais une orientation idéologique relativement stable chez l’adulte jeune.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que l’analyse factorielle moderne (factorisation exploratoire par maximum de vraisemblance, rotation Varimax ou Promax, modélisation par équations structurelles / CFA) n’ait été appliquée que rétrospectivement aux items d’Edwards, les analyses de cohérence interne et d’indices de discrimination d’items (méthode des groupes extrêmes de Likert) réalisées par Edwards en 1941 et 1944 ont jeté les bases d’une compréhension structurelle de l’échelle.
Épuration des items et élimination factorielle (1944)
Quatre items de la version princeps de 26 énoncés ont été identifiés comme présentant des saturations faibles avec le score total ou un fonctionnement différentiel problématique :
- Item 3 (accent mis sur l’entraînement physique au détriment de l’intellect dans les écoles) : corrélait faiblement avec le reste de l’échelle, les répondants percevant cette proposition sous l’angle de la simple hygiène sportive plutôt que de l’anti-intellectualisme totalitaire.
- Item 4 (liberté totale de propagande pour ce que l’on croit vrai) : formulé sous une modalité pro-démocratique inversée, cet item a généré une ambiguïté sémantique chez les sujets très conservateurs et très libéraux.
- Item 7 (opportunité d’entendre tous les aspects d’une controverse) : saturait sur un facteur d’ouverture intellectuelle générale plutôt que sur l’adhésion autoritaire.
- Item 11 (présence de préjugés inconscients chez les partisans de la démocratie) : présentait une tonalité méta-réflexive trop complexe qui n’adhérait pas au noyau factoriel commun.
Réanalyses multidimensionnelles contemporaines
Des réanalyses factorielles menées ultérieurement sur les 22 items conservés (notamment dans le cadre des synthèses psychométriques du Survey Research Center de l’Université du Michigan par Robinson et Shaver, 1969) ont mis en évidence que l’échelle, bien qu’utilisée historiquement sous un score global composite, se structure empiriquement autour de trois facteurs majeurs expliquant environ 52 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Autoritarisme hiérarchique et suprémacisme social (saturations fortes des items 8, 10, 14, 22). Ce facteur reflète la conviction inébranlable que l’humanité est scindée en groupes inégaux et que les éléments « supérieurs » ont le devoir légitime d’exercer un pouvoir coercitif.
- Facteur 2 : Statisme répressif et conformisme institutionnel (saturations élevées des items 1, 2, 12, 13, 15, 19, 21). Cette dimension mesure la volonté d’anéantir la dissidence politique, le droit de grève et l’autonomie des minorités au profit d’un ordre étatique centralisé et monolithique.
- Facteur 3 : Traditionalisme patriarcal et militarisme nationaliste (saturations dominantes des items 6, 9, 16, 17, 24, 25). Ce facteur regroupe le chauvinisme culturel américain, la relégation des femmes au foyer et la valorisation de la discipline militaire dès l’école primaire.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Échelle d’auto-évaluation papier-crayon (administrable également en version informatisée).
- Domaine : Psychologie sociale, psychologie politique, mesure des attitudes sociopolitiques et idéologiques.
- Nombre total d’items : 26 items dans l’instrument original de 1941 ; 22 items dans la version épurée de 1944 (les items 3, 4, 7 et 11 ayant été retirés de la cotation standard révisée).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 5 échelons libellée comme suit :
- I strongly agree with this statement
- I agree with this statement
- I am uncertain about this statement
- I disagree with this statement
- I strongly disagree with this statement
- Système de cotation (Scoring) :
- Pour les items pro-fascistes (la quasi-totalité des items, à l’exception de l’item 5 qui formule une confiance démocratique dans les masses et des items inversés originaux 4 et 7) :
- I strongly agree = 5
- I agree = 4
- I am uncertain = 3
- I disagree = 2
- I strongly disagree = 1
- Pour les items à formulation démocratique (par ex. Item 5 : « The masses of people are capable of determining what is and what is not good for them »), la cotation est inversée (Strongly agree = 1, Strongly disagree = 5).
- Le score total s’obtient en additionnant l’ensemble des points obtenus. Sur l’échelle révisée à 22 items, les scores théoriques s’échelonnent de 22 à 110. Un score élevé reflète une adhésion massive aux attitudes fascistes sous-jacentes.
- Pour les items pro-fascistes (la quasi-totalité des items, à l’exception de l’item 5 qui formule une confiance démocratique dans les masses et des items inversés originaux 4 et 7) :
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1941 (version expérimentale à 26 items) ; révision en 1944 (version à 22 items).
- Statut du droit d’auteur et permissions : Les articles princeps ayant été publiés dans le Journal of Abnormal and Social Psychology (revue affiliée à l’American Psychological Association) en 1941 et 1944, l’instrument relève aujourd’hui du domaine public académique en vertu de son ancienneté (œuvres publiées aux États-Unis avant 1978 sans renouvellement spécifique de copyright pour le texte des items) et de son intégration dans des monographies universitaires de référence du domaine public (telles que le recueil du Center for Political Studies / Institute for Social Research de l’Université du Michigan).
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation dans la recherche académique, l’enseignement supérieur et les réanalyses historiques. Aucune redevance commerciale n’est applicable.
- Source institutionnelle : Disponible dans les archives de recherche de l’Institut de recherche sociale (Institute for Social Research) de l’Université du Michigan : ISR Publication Archive.
12. Références / References
- Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The Authoritarian Personality. Harper & Row. https://archive.org/details/theauthoritarianpersonality
- Edwards, A. L. (1941). Political frames of reference as a factor influencing recognition. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 36(1), 34–50. https://doi.org/10.1037/h0054707
- Edwards, A. L. (1941). Unlabeled fascist attitudes. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 36(4), 579–582. https://doi.org/10.1037/h0054748
- Edwards, A. L. (1944). The signs of incipient fascism. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 39(3), 301–316. https://doi.org/10.1037/h0061918
- Edwards, A. L. (1957). The Social Desirability Variable in Personality Assessment and Research. Dryden Press.
- Likert, R. (1932). A technique for the measurement of attitudes. Archives of Psychology, 22(140), 1–55.
- Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of Political Attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Ann Arbor, Michigan. https://www.psc.isr.umich.edu/dis/infoserv/isrpub/pdf/Measuresofsocialpsychologicalattitudes_2928_.PDF
- Sherif, M. (1936). The Psychology of Social Norms. Harper & Brothers.
- Stagner, R. (1936). Fascist attitudes: An exploratory study. The Journal of Social Psychology, 7(3), 309–319. https://doi.org/10.1080/00224545.1936.9919888