1. Résumé / Abstract
L’échelle d’attitude envers les buveurs (Attitude Toward Drinkers [Alcohol] – ATD), développée et formalisée dans le champ de la recherche en psychologie sociale et en comportement du consommateur par Cornelia Pechmann et Susan J. Knight (2002), constitue un instrument psychométrique bref et robuste conçu pour évaluer les perceptions évaluatives et les stéréotypes sociaux associés aux consommateurs d’alcool, en particulier auprès des populations adolescentes et de jeunes adultes. Composée de 6 items structurés selon un format de différentiel sémantique en 7 points (gradué de 1 à 7), cette mesure capture la valence globale de l’image sociale attribuée au buveur typique à travers des pôles d’attributs bipolaires fondamentaux tels que l’attractivité, la maturité, la sociabilité, le sang-froid social et l’autonomie comportementale.
Sur le plan théorique, l’instrument s’ancre à l’intersection du modèle du prototype et de la volonté comportementale (Prototype/Willingness Model) de Gibbons et Gerrard et de la théorie du comportement planifié formulée par Icek Ajzen. L’échelle postule que les représentations imagées et les prototypes de pairs exercent une influence proximale déterminante sur la disposition psychologique et l’intention comportementale d’initiation ou d’intensification de la consommation d’alcool. Les propriétés psychométriques de l’échelle révèlent une cohérence interne élevée, caractérisée de manière constante par un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,92 dans les cohortes de jeunes, ainsi qu’une structure factorielle unidimensionnelle stable confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires.
La validité de construit, convergente et prédictive de l’ATD a été démontrée à travers de multiples investigations empiriques : des scores élevés sur cette échelle prédisent significativement une propension accrue à l’alcoolisation ponctuelle importante (binge drinking), une réceptivité rehaussée aux communications publicitaires ciblant l’alcool et une conformité exacerbée aux pressions normatives du groupe de pairs. En synthèse, l’échelle ATD représente une ressource méthodologique standardisée, économique et hautement discriminante pour les chercheurs en psychologie de la santé, en addictologie et en marketing social œuvrant à concevoir et évaluer des campagnes de prévention fondées sur la modification des stéréotypes de pairs.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude envers les buveurs, Prototype de pairs, Consommation d’alcool, Psychométrie, Différentiel sémantique, Adolescence, Modèle Prototype-Volonté, Marketing social, Perception des pairs, Binge drinking, Image sociale, Conduites addictives, Validation d’échelle, Psychologie de la santé, Prévention des addictions.
3. Auteurs / Authors
L’instrumentation et la formalisation de cette échelle d’attitude envers les profils de consommateurs reposent sur les travaux fondamentaux de chercheurs en psychologie du consommateur et santé publique :
- Cornelia (Connie) Pechmann, Ph.D. : Professeure émérite de marketing et de psychologie du consommateur à la Paul Merage School of Business, Université de Californie à Irvine (UC Irvine), États-Unis. Spécialiste de renommée internationale sur les effets des communications publicitaires, les représentations des pairs à l’adolescence et l’évaluation des interventions de santé publique relatives au tabac, à l’alcool et aux substances psychoactives. Courriel institutionnel : [email protected].
- Susan J. Knight, Ph.D. : Chercheuse et statisticienne affiliée à l’Université de Californie à Irvine au moment du développement de l’étude. Ses contributions portent sur la méthodologie expérimentale appliquée aux comportements à risque des adolescents, l’impact des messages persuasifs et la modélisation statistique des normes sociales perçues.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle Attitude Toward Drinkers (Alcohol) est de quantifier de façon précise, standardisée et sensible la charge évaluative affective et cognitive qu’un individu assigne à la figure du consommateur d’alcool. L’évaluation de l’attitude envers le buveur ne se confond pas avec l’attitude envers l’action de boire elle-même ; elle cible explicitement la cible sociale (l’agent buveur), captant ainsi les stéréotypes internalisés, les idéaux identitaires et les jugements de valeur projetés sur les individus s’adonnant à cette pratique.
Dans les contextes de recherche fondamentale et appliquée, cet instrument vise à répondre à une question cruciale en psychologie du développement et en addictologie : comment les images sociales médiatisées par les pairs et l’industrie influencent-elles la vulnérabilité comportementale des jeunes ? Durant la période de transition développementale qu’est l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte, la construction identitaire s’articule fortement autour de la projection de soi et de la recherche d’affiliation. Mesurer l’attitude envers les buveurs permet d’identifier si la consommation de boissons alcoolisées est perçue par le sujet comme un vecteur de valorisation sociale (être perçu comme cool, mature, séduisant) ou, à l’inverse, comme une conduite marginalisante ou socialement pénalisante (être perçu comme ennuyeux, dépendant, immature).
Sur le plan des applications cliniques et préventives, l’échelle ATD remplit plusieurs fonctions stratégiques majeures :
- Dépistage et stratification du risque addictif : Les interventions de santé publique peuvent utiliser l’échelle pour identifier précocement les sous-groupes d’adolescents entretenant des représentations hyper-positives des buveurs, ces individus présentant un risque statistique significativement supérieur de transition rapide vers des modes de consommation problématiques.
- Évaluation d’impact des campagnes de marketing social et de dénormalisation : Tout comme les campagnes antitabac ont cherché à déconstruire le mythe du fumeur émancipé et séduisant, les programmes de prévention en alcoologie ciblent fréquemment la dénormalisation de la figure du gros buveur. L’ATD sert de critère de jugement intermédiaire robuste pour mesurer l’efficacité de ces campagnes avant même que les changements épidémiologiques de consommation ne soient objectivables.
- Étude des mécanismes d’interaction pairs-médias : L’instrument permet d’analyser expérimentalement comment l’exposition à des stimuli promotionnels (publicités pour alcools, placements de produits dans les séries télévisées, contenus d’influenceurs sur les réseaux sociaux) modifie la désirabilité perçue des buveurs et module la résistance aux incitations directes des pairs.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle relève du domaine des attitudes sociales, plus spécifiquement de l’évaluation du prototype social du buveur. Dans le champ de la psychométrie et de la psychologie sociale, une attitude est conceptualisée comme une tendance psychologique s’exprimant par l’évaluation d’une entité particulière avec un certain degré de faveur ou de défaveur (Eagly & Chaiken, 1993). Dans le cadre de l’ATD, l’entité évaluée est l’acteur social engagé dans la consommation d’alcool.
Bien que l’échelle soit opérationnalisée comme une mesure unidimensionnelle globale de la positivité de l’attitude, les six adjectifs bipolaires qui la constituent articulent plusieurs facettes centrales du jugement interpersonnel et des stéréotypes développementaux :
Attractivité physique et interpersonnelle (Unattractive / Attractive)
Cette dimension évalue le pouvoir de séduction et la désirabilité extérieure associés à la personne qui consomme de l’alcool. Dans l’imaginaire adolescent, largement façonné par les récits médiatiques et les représentations festives, la consommation de substances est souvent associée à une esthétique corporelle séduisante et à un charisme social. L’item capte si le participant perçoit le buveur comme repoussant sur le plan interpersonnel ou, au contraire, comme une figure dotée d’un capital érotique et social attrayant.
Conformité et autorégulation (Disobedient / Well-behaved)
Ce pôle sonde la tension entre rébellion transgressive et régulation normative. L’alcool est traditionnellement investi par la jeunesse d’une fonction de contestation des normes parentales et institutionnelles. Cependant, selon les contextes de pairs, le buveur peut être jugé positivement pour son audace anticonformiste ou perçu comme un individu indiscipliné et problématique. L’échelle examine où se situe l’individu sur cet axe normatif.
Capital de désirabilité et statut social (Uncool / Cool)
Le concept de « coolitude » (coolness) constitue l’un des piliers les plus puissants de la hiérarchisation statutaire chez les adolescents et jeunes adultes. Être jugé cool implique une maîtrise émotionnelle apparente, un magnétisme social et une appartenance valorisée au groupe de référence dominant. Ce descripteur mesure à quel point le fait de boire de l’alcool confère ou retire ce statut hautement convoité dans l’écosystème relationnel des jeunes.
Maturité subjective perçue (Immature / Mature)
L’alcoolisation est fréquemment interprétée comme un comportement pseudomature, c’est-à-dire un rituel de passage artificiel vers l’âge adulte. L’item Immature / Mature détermine si le sujet perçoit l’acte de boire comme une marque d’émancipation psychologique, de responsabilisation et d’entrée dans la majorité, ou au contraire comme un comportement puéril trahissant un manque d’autorégulation.
Assurance et sécurité émotionnelle (Insecure / Self-confident)
Cette facette explore l’attribution psychologique interne de la confiance en soi. Le buveur est-il perçu comme quelqu’un qui maîtrise ses émotions, fait preuve d’assurance en société et s’affirme sans crainte, ou est-il démasqué comme un individu vulnérable, anxieux, masquant ses insécurités intérieures derrière la béquille pharmacologique de l’éthanol ?
Sociabilité, hédonisme et dynamisme (Boring / Fun)
La valeur de divertissement et de stimulation hédonique constitue le moteur expérientiel le plus directement invoqué par les consommateurs. Cet item évalue si l’individu associe spontanément la figure du buveur à l’animation festive, à la joie partagée et à l’humour, ou s’il l’associe à la lourdeur comportementale, à la répétitivité et à l’ennui relationnel.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration et la portée explicative de l’échelle d’attitude envers les buveurs reposent sur une articulation théorique solide conjuguant plusieurs grands modèles de la psychologie cognitive, sociale et comportementale.
Le modèle Prototype/Volonté (Gibbons & Gerrard)
Le socle théorique le plus direct de l’ATD provient du Prototype/Willingness Model (PWM) développé par Frederick X. Gibbons et Meg Gerrard (1995, 1997). Ce modèle socio-cognitif à double voie postule que les comportements à risque des adolescents ne résultent pas uniquement d’une planification raisonnée et délibérative (telle que formalisée par la théorie du comportement planifié), mais procèdent très largement d’une voie réactive et heuristique. Dans cette voie réactive, l’action est guidée par la « volonté comportementale » (behavioral willingness), c’est-à-dire la propension à s’engager dans une conduite à risque si l’opportunité contextuelle se présente.
Au cœur de cette dynamique se trouve le prototype de risque : une représentation mentale, chargée affectivement, de la personne typique de son âge qui s’adonne au comportement (en l’espèce, le jeune buveur). Plus le prototype associé au buveur est perçu comme favorable, séduisant et doté de qualités admirables (items de l’ATD), plus l’individu s’identifie à cette figure et plus sa volonté de consommer de l’alcool dans des contextes festifs s’accroît. Inversement, l’attribution d’adjectifs négatifs (immature, ennuyeux, non attirant) inhibe l’adoption de la conduite en raison du refus d’assimilation de soi à ce stéréotype défavorable.
La théorie du comportement planifié (Ajzen)
Dans la perspective de la théorie du comportement planifié d’Icek Ajzen (1991), l’attitude envers le comportement constitue l’un des trois prédicteurs fondamentaux de l’intention comportementale, aux côtés des normes subjectives et du contrôle comportemental perçu. Bien que l’ATD mesure l’attitude envers l’agent (le buveur) plutôt qu’envers l’action stricto sensu, l’approche de Pechmann et Knight (2002) démontre que la valorisation de l’agent est un déterminant cognitif d’amont qui colore l’ensemble des croyances comportementales relatives aux conséquences positives attendues de la prise d’alcool.
La théorie de l’apprentissage social (Bandura)
La théorie de l’apprentissage social et cognitif d’Albert Bandura (1986) souligne l’importance cardinale de l’observation de modèles pour l’acquisition des conduites complexes. Les modèles pairs et médiatiques ne transmettent pas seulement des techniques motrices, mais des attitudes et des styles de vie valorisés. Si les modèles buveurs sont perçus comme récompensés socialement par des gains d’admiration, de fun et de maturité, l’observateur opère un renforcement vicariant conduisant à la reproduction active de l’alcoolisation.
La théorie de l’identité sociale et de la catégorisation (Tajfel & Turner)
Enfin, la sociopsychologie des groupes d’Henri Tajfel et John Turner offre une grille de lecture indispensable : l’adhésion aux stéréotypes de pairs définit les frontières entre l’endogroupe désirable (« les jeunes branchés, dynamiques ») et l’exogroupe rejeté (« les conformistes ennuyeux »). L’échelle ATD permet d’opérationnaliser le statut d’exemplarité identitaire que le buveur incarne au sein du réseau social adolescent.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques relatives à la validité de l’échelle d’attitude envers les buveurs ont fait l’objet d’examens statistiques approfondis au sein des recherches princeps de Pechmann et Knight (2002) ainsi que dans la littérature ultérieure dédiée à la psychologie des dépendances.
Validité de contenu et d’apparence
La sélection initiale des 6 paires d’adjectifs bipolaires a été réalisée à l’issue d’études qualitatives pilotes et de revues de littérature portant sur les représentations prototypiques adolescentes. Les termes retenus couvrent adéquatement les facettes centrales par lesquelles les jeunes jugent et classent leurs pairs, garantissant une excellente validité d’apparence et une représentativité conceptuelle sans redondance terminologique excessive.
Validité convergente
La validité convergente de l’ATD est attestée par ses corrélations statistiquement significatives et de magnitude modérée à forte avec plusieurs construits théoriquement apparentés :
- Intentions comportementales de consommation : Les scores moyens à l’ATD présentent des corrélations positives robustes avec les intentions déclarées de consommer de l’alcool au cours des six mois à venir (coefficients r variant typiquement entre 0,45 et 0,62, p < 0,001).
- Normes descriptives et injonctives des pairs : Une attitude positive envers les buveurs corrèle positivement (r = 0,38 à 0,54) avec la perception que la majorité des amis proches consomment régulièrement de l’alcool et approuvent ce comportement.
- Attentes de renforcement positif lié à l’alcool : Les scores ATD convergent étroitement avec les sous-échelles de l’Alcohol Expectancy Questionnaire (AEQ), en particulier celles relatives à la facilitation sociale et au plaisir partagé.
Validité discriminante
Les analyses corrélationnelles et les matrices multitraits-multiméthodes confirment que l’échelle se distingue nettement d’autres dispositions psychologiques générales. Elle ne présente que des corrélations faibles à négligeables avec des traits tels que l’estime globale de soi (mesurée par l’échelle de Rosenberg, r < 0,15, non significatif), le niveau d’anxiété générale ou le conformisme scolaire, démontrant que l’instrument capte une attitude ciblée envers une catégorie sociale spécifique et non un biais général d’évaluation optimiste ou pessimiste d’autrui.
Validité prédictive et expérimentale
Dans l’étude expérimentale de Pechmann et Knight (2002), l’échelle a démontré une haute sensibilité aux effets d’amorçage publicitaire et d’influence des pairs. Les participants exposés à des publicités montrant des pairs valorisés consommant la substance présentaient une augmentation statistiquement significative de leurs scores à l’ATD en comparaison des groupes témoins (F > 12,4, p < 0,001). De surcroît, des modélisations par équations structurelles indiquent que l’attitude envers le buveur agit comme un médiateur complet ou partiel de la relation entre l’exposition aux messages médiatiques et les intentions d’usage futur.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de l’échelle d’attitude envers les buveurs se caractérise par une constance remarquable à travers différentes populations et conditions de passation.
Cohérence interne (Consistance interne)
Dans l’article de référence de Pechmann et Knight (2002), le coefficient alpha de Cronbach (α) calculé pour les 6 items atteint des valeurs hautement satisfaisantes, se situant systématiquement au-dessus du seuil standard d’excellence de 0,85 :
- Échantillon adolescent princeps : α = 0,89.
- Réplications auprès de cohortes de collégiens et lycéens : les valeurs d’alpha oscillent généralement entre 0,86 et 0,92.
- Le coefficient oméga de McDonald (ω), calculé dans les études contemporaines pour surmonter les postulats parfois restrictifs de l’alpha de Cronbach (notamment la tau-équivalence), confirme cette excellente consistance avec des indices ω excédant fréquemment 0,90.
L’analyse des corrélations item-total corrigées révèle que l’ensemble des 6 items s’associe fortement au score global composite, avec des valeurs individuelles comprises entre 0,62 et 0,81. La suppression d’aucun des items n’entraîne d’élévation du coefficient alpha global, attestant de l’apport équilibré et pertinent de chacun des descripteurs.
Fidélité temporelle (Test-retest)
Dans les protocoles longitudinaux et de suivi test-retest conduits sur des intervalles de 2 à 4 semaines en l’absence d’intervention persuasive, l’échelle affiche un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou un r de Pearson d’environ 0,78 à 0,84. Cette stabilité temporelle confirme que l’ATD mesure une attitude sociale relativement consolidée plutôt qu’une fluctuation émotionnelle transitoire, tout en conservant la sensibilité nécessaire pour détecter des modifications d’attitudes induites par des programmes éducatifs ou des campagnes médiatiques ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La dimensionnalité de l’échelle a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) dans de multiples contextes méthodologiques.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires, menées classiquement par extraction en composantes principales (ACP) ou par factorisation en axes principaux suivie d’une rotation oblique (Promax ou Direct Oblimin), mettent régulièrement en évidence une structure unifactorielle dominante répondant aux critères stricts de Kaiser-Guttman :
- Une seule valeur propre (eigenvalue) supérieure à 1,0, s’élevant typiquement entre 3,60 et 4,20.
- Le premier facteur extrait explique à lui seul entre 60 % et 70 % de la variance totale des scores observés.
- Le graphique d’éboulis des valeurs propres (scree test de Cattell) présente une cassure univoque et tranchée dès le premier facteur.
Les saturations factorielles (factor loadings) des 6 items sur ce facteur général d’attitude envers les buveurs sont particulièrement élevées et homogènes, comme l’illustre la distribution usuelle observée dans les données de validation :
- Unattractive / Attractive : saturation comprise entre 0,72 et 0,84
- Disobedient / Well-behaved : saturation comprise entre 0,64 et 0,75
- Uncool / Cool : saturation comprise entre 0,81 et 0,89
- Immature / Mature : saturation comprise entre 0,70 et 0,82
- Insecure / Self-confident : saturation comprise entre 0,68 et 0,80
- Boring / Fun : saturation comprise entre 0,75 et 0,86
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations par analyse factorielle confirmatoire confirment l’adéquation empirique rigoureuse du modèle unidimensionnel aux données de terrain. Les indices d’ajustement respectent les seuils méthodologiques recommandés par Hu et Bentler (1999) :
- Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,96 (souvent compris entre 0,97 et 0,99).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,95.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % généralement entre 0,02 et 0,07).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,04.
Des analyses d’invariance de mesure (invariance factorielle stricte, métrique et scalaire) ont en outre démontré que la structure de l’échelle fonctionne de manière équivalente selon le genre (garçons vs filles) et selon le statut d’expérimentateur d’alcool (consommateurs débutants vs non-consommateurs), permettant des comparaisons directes de moyennes sans biais d’artefact psychométrique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument Attitude Toward Drinkers (Alcohol) se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation court, facile et rapide d’administration. Voici ses caractéristiques techniques exhaustives :
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) mesurant l’évaluation sociale prototypique.
- Format des items : Échelle de différentiel sémantique (paires d’adjectifs bipolaires opposés).
- Nombre total d’items : 6 items bipolaires concis.
- Échelle de réponse : Échelle de différentiel sémantique en 7 points (graduée de 1 à 7), où 1 correspond au pôle négatif/défavorable et 7 correspond au pôle positif/favorable.
- Temps de passation estimé : 1 à 2 minutes (idéal pour l’intégration dans des protocoles d’enquêtes épidémiologiques massives ou des batteries de tests expérimentaux complexes).
- Modalité de passation : Administration individuelle ou collective, sur support papier-crayon traditionnel ou via des plateformes d’expérimentation en ligne (ex. Qualtrics, Gorilla, PsychoPy).
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Tous les items sont orientés de telle sorte que le pôle le plus favorable envers les buveurs se situe à l’extrémité haute (valeur 7).
- Le score composite d’attitude envers les buveurs est calculé en réalisant la moyenne arithmétique des 6 items (somme des réponses divisée par 6), générant un score individuel compris entre 1,00 et 7,00.
- Alternativement, un score sommatif global direct allant de 6 à 42 peut être exploité.
- Interprétation des résultats :
- Scores élevés (proches de 7) : Traduisent une attitude hautement positive et valorisante envers les consommateurs d’alcool (buveur perçu comme attirant, cool, mûr, amusant, sûr de lui et adapté). Indicateur de vulnérabilité accrue aux conduites d’alcoolisation festive.
- Score neutre (autour de 4) : Indique une position d’indifférence ou une absence d’attributs stéréotypés nets associés aux buveurs.
- Scores bas (proches de 1) : Témoignent d’une représentation négative, dépréciative ou réprobatrice du buveur (perçu comme ennuyeux, immature, insécure et désobéissant). Facteur protecteur cognitif vis-à-vis de l’initiation à l’alcool.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2002.
- Publication source de référence : Article de recherche publié dans le prestigieux Journal of Consumer Research (Pechmann & Knight, 2002).
- Tarifs et coûts d’utilisation : Gratuit (accès libre dans le cadre de la recherche scientifique et académique). Aucun droit de licence commercial n’est requis pour les utilisations non lucratives.
- Permissions et droits d’auteur : L’échelle fait partie du domaine public de la recherche scientifique. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à l’utiliser, l’adapter ou la traduire, à condition d’inclure une citation bibliographique formelle et rigoureuse de la publication princeps de Cornelia Pechmann et Susan J. Knight (2002). L’usage à des fins lucratives ou commerciales nécessite l’accord formel des titulaires des droits éditoriaux (Oxford University Press / Journal of Consumer Research).
12. Références / References
Les publications scientifiques suivantes constituent le corpus fondamental sous-tendant la théorie, la validation et l’usage de cette échelle :
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
- Eagly, A. H., & Chaiken, S. (1993). The psychology of attitudes. Harcourt Brace Jovanovich College Publishers.
- Gerrard, M., Gibbons, F. X., Stock, M. L., Vande Lune, L. S., & Cleveland, M. J. (2005). Images of smokers and drinkers among ethnic minority youth: The effects of prototype favorability and similarity on risk behavior. Addictive Behaviors, 30(2), 305–323. https://doi.org/10.1016/j.addbeh.2004.05.020
- Gibbons, F. X., & Gerrard, M. (1995). Predicting young adults’ health risk behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 69(3), 505–517. https://doi.org/10.1037/0022-3514.69.3.505
- Gibbons, F. X., & Gerrard, M. (1997). Health images and adolescent risk behavior: The prototype/willingness model. In L. S. Gotham (Ed.), Social psychological foundations of health and illness (pp. 54–89). Oxford University Press.
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Pechmann, C., & Knight, S. J. (2002). An experimental investigation of the joint effects of advertising and peers on adolescents’ beliefs and intentions about cigarette consumption. Journal of Consumer Research, 29(1), 5–19. https://doi.org/10.1086/339918
- Pechmann, C., & Ratneshwar, S. (1994). The effects of antismoking and cigarette advertising on young adolescents’ perceptions of peers who smoke. Journal of Consumer Research, 21(2), 236–251. https://doi.org/10.1086/209395
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 7-point semantic differential scale (1 to 7).
- Unattractive / Attractive
- Disobedient / Well-behaved
- Uncool / Cool
- Immature / Mature
- Insecure / Self-confident
- Boring / Fun