1. Résumé / Abstract
L’échelle des Attitudes envers le viol (Attitudes Toward Rape, abrégée ATR), initialement élaborée et validée par le psychologue Hubert S. Feild en 1978, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus pour opérationnaliser et quantifier les croyances, stéréotypes et perceptions entourant l’agression sexuelle au sein de la société contemporaine. Développée dans le sillage de l’émergence des théories féministes et criminologiques critiques des années 1970, l’ATR évalue un spectre multidimensionnel d’attitudes allant de l’adhésion aux mythes sur le viol et du blâme de la victime à la perception de la dangerosité et de la motivation psychosexuelle des agresseurs. L’instrument original comprend un ensemble de 30 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives auxquelles les répondants réagissent via une échelle de Likert en six points, s’étendant de 1 (« fortement d’accord ») à 6 (« fortement en désaccord »).
Sur le plan psychométrique, les travaux fondateurs de Feild (1978) ont mis en évidence une structure factorielle robuste déclinée en huit facteurs prépondérants : le blâme de la victime de viol, la punition des violeurs, le viol perçu comme acte motivé par le sexe, la résistance de la victime, la normalité psychologique perçue des violeurs, le viol perçu comme acte de pouvoir, la responsabilité de la prévention attribuée aux femmes et la suspicion institutionnelle à l’égard des allégations de viol. L’instrument a démontré une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach variant selon les sous-échelles entre 0,66 et 0,86 dans l’échantillon princeps de dérivation. Utilisé dans des contextes universitaires, judiciaires, pénitentiaires et de santé publique, le questionnaire a servi de référence canonique pour comparer les attitudes de sous-groupes clés, notamment les agents de police, les conseillers d’intervention en situation de crise, les citoyens et les délinquants sexuels incarcérés. L’ATR demeure une matrice théorique et empirique majeure pour la recherche psycho-légale contemporaine sur la violence interpersonnelle et la victimologie.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes envers le viol, Hubert S. Feild, mythes sur le viol, blâme de la victime, victimologie, agression sexuelle, psychométrie, violence sexiste, psycho-criminologie, stéréotypes de genre, échelle de Likert, justice pénale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par le chercheur américain Hubert S. Feild. Lors de la publication initiale de ses travaux de recherche en 1978, Feild était affilié au Department of Management de l’Université d’Auburn (Auburn University, Alabama, États-Unis), où il a conduit de nombreuses investigations croisant la psychologie organisationnelle, la psychométrie appliquée et les questions de responsabilité juridique et sociale dans les infractions violentes. Ses travaux ultérieurs ont notamment porté sur la prise de décision des jurés dans les procès pour agression sexuelle et sur les perceptions professionnelles au sein du système de justice pénale américain.
4. Objectif / Purpose
L’échelle des attitudes envers le viol a été conçue pour répondre à une lacune empirique criante des sciences sociales des années 1970 : l’absence d’outils d’évaluation standardisés capables de mesurer de manière fiable la multiplicité des biais cognitifs et des croyances normatives que la population entretient vis-à-vis du viol. Historiquement, le viol était couramment appréhendé dans les discours publics comme une manifestation impulsive d’un désir sexuel irrépressible ou comme une pathologie individuelle déconnectée des dynamiques socioculturelles. L’ATR vise explicitement à déconstruire ces postulats en fournissant un inventaire standardisé permettant d’évaluer dans quelle mesure les individus soutiennent des mythes légitimant la violence sexuelle ou, au contraire, adoptent une posture reconnaissant la nature coercitive et structurelle de ces agressions.
Les objectifs cliniques, de recherche et médico-légaux de l’ATR se déploient sur plusieurs axes majeurs :
- Recherche psycho-légale et criminologique : L’instrument permet d’étudier la formation des stéréotypes chez les acteurs judiciaires (jurés, officiers de police, magistrats). L’adhésion à des attitudes biaisées influence de façon déterminante l’attribution de crédibilité accordée au témoignage d’une plaignante, la propension à classer sans suite une plainte pour viol ou la sévérité des sentences pénales recommandées par les jurés.
- Évaluation et formation des professionnels : Dans les contextes d’intervention de première ligne (urgences hospitalières, forces de l’ordre, travailleurs sociaux), l’ATR a été mobilisée pour cartographier le degré de préjugés des intervenants afin d’élaborer des programmes de formation continue ciblés visant à réduire la victimisation secondaire.
- Psychologie différentielle et réhabilitation : L’échelle a été employée pour explorer les différences d’attitudes entre des groupes contrastés, en particulier pour analyser les distorsions cognitives chez les auteurs d’agressions sexuelles incarcérés par rapport à des populations non criminelles, facilitant ainsi le paramétrage des interventions cognitivo-comportementales en milieu carcéral.
- Sensibilisation et prévention socioculturelle : Au sein de cohortes universitaires ou de populations adolescentes, l’ATR sert de mesure pré- et post-intervention dans le cadre d’ateliers de prévention des violences sexistes et sexuelles pour évaluer l’efficacité de la déconstruction des mythes associés au viol.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’ATR est de nature multidimensionnelle. Il ne s’agit pas d’un continuum simpliste opposant « pro-viol » et « anti-viol », mais d’un réseau complexe d’attitudes sociocognitives qui participent à la rationalisation, à la minoration ou à la justification de l’agression sexuelle. Feild (1978) a identifié huit facteurs principaux articulant ce construit d’ensemble :
1. Blâme de la victime (Victim Precipitation / Responsibility)
Cette dimension renvoie à la croyance selon laquelle la victime est la cause directe ou indirecte de l’agression subie, soit par son comportement, sa tenue vestimentaire, sa consommation de substances ou son imprudence apparente. Les items illustrant ce facteur reflètent la tendance à exonérer l’agresseur de sa pleine responsabilité en attribuant un rôle provocateur ou facilitateur à la victime (ex. : l’idée qu’une femme provoque le viol par son apparence physique).
2. Sévérité de la peine et punition du violeur (Punishment of Rapists)
Cette dimension évalue l’orientation punitive des répondants à l’égard des auteurs de viol. Elle capture le degré auquel le viol est perçu comme une infraction criminelle suprême exigeant des sanctions punitives draconiennes (ex. : peine de prison d’au moins 30 ans, castration chirurgicale) ou, à l’inverse, une infraction pour laquelle des circonstances atténuantes peuvent être tolérées.
3. Viol comme motivation sexuelle (Rape as Sex-Motivated)
Ce facteur mesure l’adhésion à l’illusion selon laquelle le viol est avant tout un crime passionnel ou l’expression d’un besoin sexuel irrépressible lié à la frustration ou à la privation, par opposition à une agression violente instrumentale visant l’humiliation ou l’assujettissement de l’autre.
4. Exigence de résistance physique de la victime (Victim Resistance)
Cette dimension capture la norme juridique et sociale traditionnelle qui conditionne la reconnaissance du viol à la preuve d’un combat acharné mené par la victime. Les items examinent si le sujet estime que la victime doit résister de toutes ses forces pour valider son statut de victime, ignorant délibérément les réactions neurobiologiques de sidération, de dissociation ou de terreur empêchant la défense physique.
5. Normalité psychologique perçue du violeur (Rapist Normality vs. Psychopathology)
Ce pôle évalue la tendance à considérer le violeur soit comme un individu atteint d’une pathologie mentale grave (« malade mental »), soit comme un homme « normal » agissant au sein des normes de domination patriarcale. Cette conceptualisation modifie drastiquement l’imputabilité perçue de l’acte.
6. Viol comme dynamique de pouvoir et de domination (Rape as Power)
Dans l’alignement direct de la théorie féministe radicale de Susan Brownmiller, ce facteur évalue la conscience que le viol constitue une manifestation de domination masculine, une affirmation de supériorité virile ou un mécanisme structurel destiné à maintenir les femmes dans un état de subordination sociale.
7. Responsabilité de la prévention attribuée aux femmes (Female Responsibility for Prevention)
Cette composante interroge la répartition des charges morales et pratiques dans la société : le devoir d’éviter l’agression incombe-t-il aux femmes (via l’auto-restriction de leur liberté de déplacement, l’adoption de comportements défensifs), plutôt qu’à la société et aux agresseurs de ne pas commettre d’agressions ?
8. Suspicion envers les allégations et protection des hommes (Distrust of Rape Claims)
Cette sous-échelle quantifie le scepticisme institutionnel et individuel quant à la véracité des accusations de viol. Elle capte l’adhésion au mythe tenace des « fausses plaintes » systématiques (notamment l’idée qu’un viol dénoncé tardivement ou impliquant une connaissance est une invention consécutive à un regret amoureux) et la nécessité perçue de protéger la réputation masculine.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’ATR s’enracine au carrefour de trois traditions théoriques fondamentales de la psychologie et des sciences sociales des années 1970 : la théorie féministe du viol, la théorie de la croyance en un monde juste, et les modèles socio-cognitifs de l’attribution causale.
La perspective féministe socioculturelle
Le socle théorique le plus prééminent découle directement des travaux fondateurs de Susan Brownmiller (Against Our Will: Men, Women, and Rape, 1975) et d’auteurs comme Diana E. H. Russell. Cette approche postule que le viol n’est ni un incident sexuel isolé ni un dérèglement psychopathologique individuel, mais un outil structurel de contrôle social et de maintien des hiérarchies de genre patriarcales. Selon ce modèle, les mythes sur le viol agissent comme un corpus idéologique collectif permettant de masquer la violence systémique en reportant la faute sur les victimes et en banalisant les actes des agresseurs masculins. Feild a opérationnalisé ces postulats théoriques en intégrant des items interrogeant le viol comme exercice de pouvoir et affirmation de virilité.
La théorie de la croyance en un monde juste
Développée par Melvin J. Lerner (1970, 1980), l’hypothèse d’un « monde juste » stipule que les individus éprouvent un besoin fondamental de croire que le monde est un environnement ordonné et prévisible où chacun reçoit ce qu’il mérite et mérite ce qu’il reçoit. Face à l’injustice intolérable d’une agression sexuelle frappant une victime innocente, les observateurs subissent une dissonance cognitive et une anxiété existentielle aiguë. Pour restaurer l’illusion de justice sans remettre en cause la sécurité fondamentale du monde, l’observateur dévalue ou blâme la victime (« elle a pris des risques », « elle n’aurait pas dû sortir seule »). L’ATR mesure précisément ces rationalisations défensives.
La théorie de l’attribution causale
Inspirée des cadres de Fritz Heider et de Bernard Weiner, la psychologie de l’attribution éclaire la façon dont les individus assignent la causalité des comportements criminels à des facteurs dispositionnels (internes à la victime ou à l’auteur) ou situationnels (externes). L’ATR permet d’évaluer le biais d’attribution fondamental par lequel la responsabilité est indûment logée dans les dispositions et traits supposés de la victime plutôt que dans le choix intentionnel de l’agresseur.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ATR a été établie par Hubert S. Feild (1978) à travers une série de vérifications empiriques rigoureuses mobilisant des populations diversifiées (N = 1 430), comprenant des policiers (n = 444), des citoyens ordinaires (n = 687), des conseillers d’aide aux victimes de viol (n = 205) et des violeurs condamnés incarcérés (n = 94).
Validité de construit et validité discriminante
La validité de construit a été vigoureusement démontrée par la capacité de l’échelle à discriminer significativement les sous-groupes en fonction de leur rôle social et de leur positionnement idéologique. L’analyse différentielle de Feild (1978) a révélé des contrastes hautement significatifs (p < 0,001) :
- Les conseillers de centres d’aide aux victimes (crisis counselors) affichaient les scores les plus favorables aux victimes, rejetant massivement le blâme de la victime et la qualification du viol comme pulsion sexuelle, et concevant le viol principalement comme un crime de violence et de pouvoir.
- Les violeurs incarcérés et les officiers de police manifestaient une convergence surprenante sur plusieurs facteurs, manifestant des niveaux de blâme de la victime considérablement plus élevés et une forte propension à percevoir le comportement des femmes comme incitatif ou équivoque.
- Les femmes citoyennes manifestaient des attitudes plus compréhensives envers la victime et plus punitives envers les violeurs par rapport aux hommes citoyens, confirmant l’effet robuste du genre sur les attitudes liées aux violences sexistes.
Validité prédictive et concomitante
Des recherches ultérieures fondées sur l’ATR ou ses composantes factorielles (notamment les études simulées de procès menées par Feild en 1979 et par des auteurs comme Pollard en 1992) ont établi que les scores à l’ATR prédisent de manière hautement significative :
- Les verdicts de culpabilité rendus par des jurés simulés lors du visionnage ou de la lecture de procès pour agression sexuelle.
- La durée des peines de prison attribuées aux prévenus.
- L’estimation du traumatisme et de la crédibilité de la plaignante par des professionnels de justice.
Validité convergente
L’ATR présente de fortes corrélations positives avec d’autres échelles mesurant le sexisme et les stéréotypes de genre traditionnels, notamment l’Attitudes Toward Women Scale (AWS) de Spence et Helmreich, ainsi que l’échelle d’autoritarisme de droite (RWA). Les individus adhérant à des rôles de genre conservateurs et patriarcaux obtiennent systématiquement des scores reflétant un blâme accru de la victime et une minimisation de l’agression.
8. Fidélité / Reliability
Les qualités métrologiques relatives à la cohérence interne et à la stabilité temporelle de l’ATR ont été documentées dès l’étude initiale de 1978 et confirmées dans des réplications transversales ultérieures :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’échantillon normatif initial de Feild (1978), les coefficients alpha de Cronbach pour les huit sous-échelles factorielles se situaient dans une fourchette allant de 0,66 à 0,86. Les facteurs relatifs au « Blâme de la victime » (α = 0,84) et à la « Punition du violeur » (α = 0,82) ont démontré les niveaux de consistance interne les plus élevés, attestant d’une excellente homogénéité thématique des items correspondants. L’échelle globale composite présente généralement un coefficient de fidélité global supérieur à 0,85 dans les cohortes universitaires et communautaires.
- Fidélité test-retest : Dans des études longitudinales de contrôle sur des intervalles de 3 à 6 semaines (ex. : études d’évaluation de programmes pédagogiques sur les campus universitaires américains), l’ATR a montré une stabilité temporelle satisfaisante, avec des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre r = 0,74 et r = 0,83 en l’absence d’intervention éducative explicite.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’instrument a été établie par Feild (1978) au moyen d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) en composantes principales appliquée à la matrice de corrélation des réponses des 1 430 participants, suivie d’une rotation orthogonale Varimax.
Structure factorielle originale de Feild (1978)
L’analyse factorielle a extrait huit facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement une part majeure de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Blâme de la victime (Victim Precipitation / Responsibility) — Regroupe les items stipulant que la victime suscite l’agression par son comportement, ses vêtements ou son imprudence (ex. items [m], [w], [cc]). Les saturations factorielles (factor loadings) pour ces items clés dépassent fréquemment 0,60.
- Facteur 2 : Sévérité de la peine du violeur (Punishment of Rapists) — Charge fortement sur des items exigeant des sanctions punitives et physiques sévères (ex. items [h], [z]).
- Facteur 3 : Motivations sexuelles du viol (Sex-Motivated Rape) — Regroupe les items décrivant le viol comme l’assouvissement d’un désir sexuel irrépressible ou la conséquence d’une frustration sexuelle (ex. items [q], [s], [v], [x]).
- Facteur 4 : Exigence de résistance de la victime (Victim Resistance) — Articulé autour de l’obligation perçue pour la femme de lutter physiquement pour prouver la non-consensualité de l’acte (ex. items [k], [u], [bb]).
- Facteur 5 : Normalité psychologique du violeur (Rapist Normality vs. Mental Pathology) — Déterminé par l’opposition entre l’étiquetage psychopathologique des agresseurs et leur statut d’hommes « normaux » au sens statistique/social (ex. items [c], [e]).
- Facteur 6 : Viol comme expression de pouvoir (Rape as Power / Dominance) — Regroupe les items théoriques féministes affirmant que le viol sert à asseoir la suprématie masculine et à maintenir les femmes dans un état de sujétion (ex. items [l], [t], [dd]).
- Facteur 7 : Responsabilité féminine dans la prévention (Female Prevention) — Centré sur l’injonction faite aux femmes de protéger leur propre intégrité sous peine de voir leur statut de victime délégitimé (ex. item [g]).
- Facteur 8 : Suspicion envers les allégations de viol (Distrust of False Accusations) — Regroupe les items postulant la prévalence de fausses allégations et le besoin de protéger l’homme contre les accusations tardives ou litigieuses (ex. items [f], [o], [p], [y]).
Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites dans des adaptations ultérieures ont souvent discuté l’utilisation d’un modèle hiérarchique à facteur de second ordre (l’acceptation globale des mythes du viol) sous-tendant les facteurs de premier ordre, confirmant l’adéquation structurelle de l’inventaire original.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nature de l’outil : Questionnaire auto-administré sur papier-crayon ou format informatisé standardisé.
- Nombre d’items : 30 items déclaratifs (numérotés de [a] à [dd] dans le format princeps de Feild).
- Format des réponses : Échelle de Likert à 6 points (1 = Strongly Agree / Tout à fait d’accord ; 2 = Agree / D’accord ; 3 = Slightly Agree / Plutôt d’accord ; 4 = Slightly Disagree / Plutôt en désaccord ; 5 = Disagree / En désaccord ; 6 = Strongly Disagree / Tout à fait en désaccord). L’absence de point central neutre contraint le participant à prendre position, évitant ainsi le biais de complaisance ou de neutralité molle.
- Cotation et calcul des scores :
- Certains items sont inversés lors de la cotation (reverse scoring) afin que des scores plus élevés reflètent systématiquement une orientation définie (généralement, une adhésion plus forte aux mythes du viol et aux attitudes défavorables à l’égard des victimes).
- Le calcul produit des scores composites pour chacune des 8 sous-échelles factorielles, ainsi qu’un score global d’attitude obtenu en sommant ou en moyennant l’ensemble des réponses après inversion.
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Population cible : Adultes et adolescents à partir de 16 ans (échantillons de jurés, policiers, étudiants, grand public, détenus).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1978.
- Auteur : Hubert S. Feild.
- Publication originale : Journal of Personality and Social Psychology, American Psychological Association (APA).
- Statut des droits et accessibilité : L’article fondateur de 1978 et le texte intégral des items ont été publiés dans le domaine public académique à des fins d’enseignement et de recherche non commerciale. L’instrument a notamment été répertorié et rendu librement accessible dans le compendium de référence compilé par Michael Flood pour la Sexual Violence Research Initiative (SVRI) intitulé Measures for the assessment of dimensions of violence against women: A compendium (2008, p. 28).
- Tarifs : L’utilisation de l’ATR à des fins de recherche fondamentale, académique ou pédagogique est gratuite. Aucune redevance commerciale n’est requise, sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique originale (Feild, 1978). Toute utilisation dans un cadre commercial ou dans des logiciels de diagnostic propriétaires requiert l’autorisation préalable de l’auteur ou de l’éditeur ayant droit.
12. Références / References
- Brownmiller, S. (1975). Against our will: Men, women, and rape. Simon and Schuster.
- Feild, H. S. (1978). Attitudes toward rape: A comparative analysis of police, rapists, crisis counselors, and citizens. Journal of Personality and Social Psychology, 36(2), 156–179. https://doi.org/10.1037/0022-3514.36.2.156
- Feild, H. S. (1979). Rape trials and jurors’ decisions: A psycholegal analysis of guilt. Law and Human Behavior, 3(4), 261–284. https://doi.org/10.1007/BF01039807
- Flood, M. (Comp.). (2008). Measures for the assessment of dimensions of violence against women: A compendium. Sexual Violence Research Initiative (SVRI), Medical Research Council. http://www.svri.org/measures.pdf
- Lerner, M. J. (1980). The belief in a just world: A fundamental delusion. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-3144-5
- Pollard, P. (1992). Judgements about victims and attackers in depicted rapes: A review. British Journal of Social Psychology, 31(4), 307–326. https://doi.org/10.1111/j.2044-8309.1992.tb00976.x
- Spence, J. T., & Helmreich, R. (1972). The Attitudes toward Women Scale: An objective instrument to measure attitudes toward the rights and roles of women in contemporary society. JSAS Catalog of Selected Documents in Psychology, 2, 66–67.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux de l’échelle Attitudes Toward Rape (ATR) sont présentés ci-dessous dans leur libellé source en anglais, accompagnés de leur système de réponse standardisé allant de 1 (Strongly agree / Tout à fait d’accord) à 6 (Strongly disagree / Tout à fait en désaccord).
Response scale:
- 1 = Strongly agree
- 2 = Agree
- 3 = Slightly agree
- 4 = Slightly disagree
- 5 = Disagree
- 6 = Strongly disagree
Survey items:
- A woman can be raped against her will
- The reason most rapists commit rape is for the thrill of physical violence
- Rapists are “normal” men
- In forcible rape, the victim never causes the crime
- All rapists are mentally sick
- A charge of rape two days after the act has occurred is probably not rape
- A woman should be responsible for preventing her own rape
- A man who has committed rape should be given at least 30 years in prison
- Women are trained by society to be rape victims
- A raped woman is a less desirable woman
- During a rape a woman should give no resistance
- Rape provides the opportunity for many rapists to show their manhood
- Women provoke rape by their appearance or behaviour
- “Nice” women do not get raped
- Most charges of rape are unfounded
- In order to protect the male, it should be difficult to prove that a rape has occurred
- Rape is the expression of an uncontrollable desire for sex
- Rape is the worst crime that can be committed
- Rape is a sex crime
- All rape is a male exercise in power over women
- During a rape, a woman should do everything she can do to resist
- Rapists are sexually frustrated individuals
- In most cases when a woman was raped, she was asking for it
- The reason most rapists commit rape is for sex
- Rape of a woman by a man she knows can be defined as “woman who changed her mind afterwards”
- A convicted rapist should be castrated
- A woman should feel guilty following a rape
- The degree of a woman’s resistance should be the major factor in determining if a rape has occurred
- A raped woman is a responsible victim, not an innocent one
- Rape serves as a way to put or keep women in their “place”