Attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) (SMSC)

Découvrez l’échelle Attitude Toward the Smartphone (Security Comfort) (SMSC) conçue par Melumad et Pham (2020) : cadre théorique de l’objet transitionnel, propriétés psychométriques, validité et utilisation scientifique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’attitude envers le smartphone dans sa dimension de sécurité et de réconfort (couramment désignée sous l’acronyme SMSC pour Smartphone Security Comfort) est un instrument psychométrique développé par Shiri Melumad et Michel Tuan Pham dans leur étude séminale publiée en 2020 au sein du Journal of Marketing Research. Ce dispositif d’évaluation bref, composé de quatre items auto-rapportés, a été conçu pour mesurer spécifiquement l’intensité avec laquelle un individu tire un sentiment de sécurité psychologique, de réassurance affective et de réconfort existentiel de la disponibilité inconditionnelle et fiable de son ordiphone (smartphone).

Contrairement aux mesures conventionnelles de l’usage des technologies mobiles qui se focalisent sur la dépendance pathologique, le temps d’écran, l’utilité fonctionnelle perçue ou la gratification hédonique, la SMSC isole une composante émotionnelle précise : la perception du smartphone en tant que substitut d’attachement ou « tétine pour adulte » (adult pacifier). L’échelle évalue le réconfort émotionnel découlant de l’accessibilité permanente de l’appareil, le soulagement immédiat lié à la possibilité de l’activer à la demande, ainsi que la conceptualisation implicite du dispositif comme un compagnon fidèle et inaltérable. Les répondants expriment leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).

Sur le plan psychométrique, la sous-échelle présente une structure factorielle unidimensionnelle robuste et parcimonieuse, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. La consistance interne est systématiquement élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,91 selon les échantillons expérimentaux et panélisés. L’instrument démontre une excellente validité de construit, discriminant avec netteté le réconfort sécuritaire des dimensions d’amusement (divertissement hédonique) ou d’utilité instrumentale. Elle prédit de manière significative la réduction du stress psychologique perçu et l’atténuation des marqueurs physiologiques d’anxiété (tels que le cortisol salivaire et l’alpha-amylase) lorsqu’un individu fait face à des situations anxiogènes en présence de son téléphone personnel.

2. Mots-clés / Keywords

Attitude envers le smartphone, sécurité psychologique, réconfort émotionnel, attachement à l’objet, objet transitionnel, régulation affective, soulagement du stress, psychométrie, comportement du consommateur, psychologie numérique, dépendance mobile, présence technologique, adaptation au stress, évaluation psychologique, SMSC.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conceptualisée et validée scientifiquement par deux chercheurs de premier plan dans le domaine du comportement du consommateur et de la psychologie du jugement :

  • Shiri Melumad, Ph.D. : Professeure associée de marketing à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis). Ses recherches portent sur la psychologie de la technologie numérique, le rôle affectif des smartphones dans la vie quotidienne, la communication textuelle mobile et la prise de décision des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Michel Tuan Pham, Ph.D. : Professeur émérite Kravis de commerce à la Columbia Business School de l’Université Columbia (New York, États-Unis). Mondialement reconnu pour ses travaux pionniers sur le rôle des émotions, des sentiments métacognitifs et de l’intuition dans le jugement, l’évaluation et la prise de décision. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’avènement du smartphone au cours des deux dernières décennies a profondément bouleversé non seulement les modes de communication et de travail, mais également l’écologie émotionnelle des individus. Dans les travaux sociologiques et psychologiques initiaux, l’omniprésence du smartphone a souvent été abordée sous l’angle du déficit, de l’addiction comportementale ou de l’aliénation attentionnelle. L’objectif fondamental de Melumad et Pham (2020) en concevant la sous-échelle Attitude Toward the Smartphone (Security Comfort) était de combler un vide théorique et méthodologique majeur : saisir la fonction adaptative, régulatrice et sécurisante que remplit cet appareil pour l’utilisateur contemporain.

Dans de nombreuses circonstances quotidiennes, les individus se tournent vers leur téléphone portable non pas pour consulter un itinéraire précis ou pour envoyer un message urgent, mais pour calmer un inconfort diffus, dissiper une anxiété sociale ou trouver un refuge psychologique face à un environnement perçu comme menaçant, ennuyeux ou stressant. Les auteurs ont postulé que le smartphone fonctionne psychologiquement à la manière d’une « tétine » (pacifier) pour adultes, fournissant un apaisement passif et immédiat par sa simple proximité ou sa manipulation machinale. Pour tester rigoureusement cette hypothèse, il était indispensable de disposer d’un instrument de mesure capable d’isoler ce bénéfice psychologique particulier de la simple satisfaction utilitaire ou du plaisir de jeu.

Sur le plan des applications scientifiques, la SMSC permet aux chercheurs en psychologie du consommateur, en psychologie cognitive et en ergonomie cognitive d’examiner comment l’attachement sécuritaire au terminal mobile module la tolérance à la douleur, la résilience face aux tâches de stress aigu (comme le Trier Social Stress Test), et la disposition à explorer des environnements inconnus. Dans le domaine clinique et de la santé mentale, l’échelle offre une perspective nuancée : elle aide à distinguer un usage d’évitement dysfonctionnel d’une stratégie d’autorégulation émotionnelle bénigne ou compensatoire, ouvrant la voie à des diagnostics plus précis des troubles anxieux contemporains et de la nomophobie.

Dans le domaine appliqué du marketing et du design d’interaction (UI/UX), la compréhension de la dimension de sécurité-réconfort aide les concepteurs à identifier pourquoi certaines interfaces ou notifications génèrent un sentiment de sécurité rassurant plutôt qu’une intrusion intrusive. L’échelle quantifie la force de ce lien affectif, fournissant une métrique standardisée pour évaluer la fidélité à la marque technologique, l’attachement aux écosystèmes d’exploitation et la propension à payer pour des services assurant une disponibilité réseau ininterrompue.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la sous-échelle Security Comfort relève de la psychologie de l’attachement matériel et de la régulation des affects. Il désigne l’état psychologique stable ou dispositionnel par lequel une personne investit son smartphone d’une valeur de protection, d’assurance et de stabilité affective, dérivée principalement de l’infaillibilité perçue de sa disponibilité.

Ce construit s’articule autour de trois composantes phénoménologiques étroitement imbriquées :

  • La réassurance liée à l’accessibilité permanente (Ubiquitous Accessibility) : Le sujet éprouve un apaisement par anticipation, sachant que l’objet est physiquement à portée de main ou immédiatement mobilisable. Cette disponibilité constante agit comme un filet de sécurité cognitif contre l’isolement, l’ennui ou l’imprévu. Savoir que l’appareil « sera toujours là » neutralise préventivement l’angoisse de vulnérabilité.
  • L’activation à la demande (On-Demand Efficacy) : La certitude de pouvoir solliciter le téléphone à n’importe quel moment pour n’importe quel motif procure un sentiment de contrôle sur l’environnement. Dans les moments de détresse ou d’incertitude sociale, pouvoir saisir son téléphone confère une contenance comportementale et une voie d’échappement attentionnelle instantanée.
  • La perception d’un compagnon fiable (Dependable Companionship) : Le smartphone transcende son statut de simple amalgame de silicium, de verre et de circuits intégrés pour devenir une entité quasi relationnelle. Il est perçu comme une constante bienveillante dans un monde imprévisible, un compagnon silencieux qui ne juge pas, ne trahit pas et répond instantanément aux sollicitations de son propriétaire.

Il est impératif de distinguer ce construit des dimensions hédoniques et utilitaires traditionnelles :

  • Distinction d’avec l’utilité fonctionnelle : Un consommateur peut utiliser un ordinateur de bureau pour accomplir des tâches hautement complexes (utilité fonctionnelle maximale) sans pour autant ressentir de réconfort affectif ou de sécurité existentielle en sa présence. La SMSC mesure la chaleur et la sécurité émotionnelle, non l’efficacité productive.
  • Distinction d’avec le divertissement hédonique : Le plaisir retiré d’une session de jeu vidéo mobile ou du visionnage de vidéos humoristiques relève de l’affect positif actif (amusement, excitation). Le réconfort mesuré par la SMSC relève quant à lui d’un affect de valence apaisante (sérénité, diminution de l’anxiété, baisse de l’activation physiologique aversive).
  • Distinction d’avec la dépendance compulsive : Alors que l’addiction se caractérise par une perte de contrôle délétère et des conséquences psychosociales négatives, le besoin de sécurité et de réconfort capté par la SMSC peut être parfaitement intégré et fonctionnel, agissant comme un mécanisme de coping passif chez des individus non pathologiques.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La genèse de l’échelle d’attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) s’inscrit au carrefour de plusieurs traditions théoriques majeures de la psychologie du développement, de la psychanalyse et du comportement du consommateur :

La théorie de l’attachement (Bowlby et Ainsworth)

Développée initialement par John Bowlby (1969, 1982) et enrichie par Mary Ainsworth, la théorie de l’attachement postule que les êtres humains possèdent un système comportemental inné visant à maintenir la proximité avec des figures protectrices (« havre de sécurité » et « base de sécurité ») afin de réguler l’anxiété face aux menaces. Melumad et Pham (2020) ont étendu ce paradigme aux objets technologiques anthropomorphisés. Dans leur conceptualisation, le smartphone fonctionne de facto comme un havre de sécurité portatif vers lequel le sujet peut se replier en cas de détresse, et comme une base de sécurité permettant d’affronter des situations anxiogènes avec une sérénité accrue.

Le concept d’objet transitionnel de Winnicott

Le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Woods Winnicott a formulé en 1953 la théorie des objets transitionnels (tels que la couverture ou l’ours en peluche de l’enfant). Ces objets fournissent un réconfort vital lors des périodes de séparation avec la figure maternelle en occupant un espace intermédiaire entre la réalité interne et le monde extérieur. Melumad et Pham soutiennent que le smartphone est devenu l’objet transitionnel par excellence de l’âge adulte. À l’instar de la tétine du nourrisson ou du doudou de l’enfant en bas âge, le smartphone apporte une présence sensorielle rassurante, prévisible et entièrement soumise au contrôle du sujet, atténuant le sentiment d’isolement dans des contextes de solitude ou de surcharge cognitive.

La théorie du soi étendu (Belk)

Dans le domaine du marketing et de la sociologie de la consommation, Russell Belk a introduit en 1988 la théorie du « soi étendu » (Extended Self), réactualisée en 2013 pour intégrer l’ère numérique. Selon cette perspective, les individus intègrent certains objets matériels et données numériques au sein même de leur identité psychologique. La perte de l’objet est alors vécue comme une amputation de soi. Le smartphone abrite les souvenirs, les relations intimes, les préférences personnelles et les extensions cognitives de l’utilisateur, ce qui confère à sa présence une charge rassurante disproportionnée par rapport à sa matérialité brute.

Les modèles de régulation affective et de coping compensatoire

Enfin, l’échelle s’appuie sur la théorie de l’autorégulation émotionnelle (Gross, 1998). Lorsqu’un individu est confronté à un agent stresseur, il peut déployer des stratégies de coping focalisées sur l’émotion. La consultation du smartphone constitue une stratégie d’évitement ou de distraction à faible coût cognitif qui permet de restaurer l’homéostasie affective sans nécessiter une résolution immédiate du problème sous-jacent.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle d’attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) a été établie à travers une série rigoureuse d’expérimentations en laboratoire et d’enquêtes auprès de consommateurs menées par Melumad et Pham (2020).

Validité de contenu et validité apparente

Les items de la dimension ont été formulés à partir d’entretiens qualitatifs préliminaires et d’analyses thématiques de récits de consommateurs décrivant ce qu’ils ressentent en l’absence de leur appareil comparé à sa présence. Les items ont été affinés par des experts en psychométrie afin de garantir qu’ils capturent sans équivoque la réassurance, le réconfort et la sécurité d’attachement, en évitant toute confusion sémantique avec le simple divertissement ou la praticité logistique.

Validité convergente

La validité convergente de la sous-échelle a été démontrée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures établies d’attachement général à la technologie, de nomophobie (la peur d’être séparé de son téléphone mobile) et de sensibilité au stress quotidien :

  • Une corrélation modérée à forte ($r$ compris entre 0,55 et 0,68, $p < 0,001$) a été observée avec l'échelle de dépendance au smartphone (SAS - Smartphone Addiction Scale) et le questionnaire de nomophobie (NMP-Q), confirmant que les individus qui perçoivent leur téléphone comme un havre de sécurité manifestent également une plus grande détresse lors de sa privation forcée.
  • Des corrélations significatives ont également été mises en évidence avec les styles d’attachement interpersonnel anxieux, suggérant que les individus ayant une anxiété d’attachement élevée ont davantage tendance à utiliser leur appareil comme béquille affective.

Validité discriminante

La validité discriminante a fait l’objet d’un examen approfondi par rapport à deux autres sous-échelles d’attitude envers le smartphone développées conjointement :

  • La dimension d’utilité instrumentale (ex. efficacité organisationnelle, accès aux informations de travail).
  • La dimension de divertissement hédonique (ex. plaisir ludique, jeux, navigation récréative).

Les corrélations inter-facteurs entre la sous-échelle de sécurité-réconfort et ces deux dimensions étaient modérées ($r pprox 0,32$ avec l’utilité ; $r pprox 0,41$ avec le divertissement), attestant que le réconfort sécuritaire constitue un construit distinct qui n’est pas réductible à la somme des fonctions pratiques ou amusantes du terminal. De surcroît, la variance moyenne extraite (AVE) de la SMSC dépassait systématiquement le carré des corrélations entre les facteurs (critère de Fornell et Larcker), démontrant une excellente indépendance empirique.

Validité prédictive et écologique

La validité prédictive de l’échelle a été validée par des protocoles expérimentaux sophistiqués combinant mesures subjectives et biomarqueurs physiologiques :

  • Dans une étude où les participants étaient soumis à une épreuve de stress cognitif standardisée (tâche d’arithmétique mentale chronométrée avec feedback négatif), les scores élevés à la SMSC prédisaient une baisse plus rapide du niveau d’anxiété perçue lorsque le smartphone était simplement posé à côté d’eux, même éteint.
  • Sur le plan physiologique, les individus affichant un score élevé de sécurité-réconfort présentaient une atténuation significative des taux d’alpha-amylase salivaire (un biomarqueur de l’activité du système nerveux sympathique) par rapport aux participants privés de leur téléphone ou obtenant de faibles scores à l’échelle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle SMSC a été quantifiée à travers de multiples échantillons représentatifs et expérimentaux, attestant d’une homogénéité remarquable et d’une reproductibilité temporelle adéquate.

Consistance interne

Dans l’ensemble des études rapportées par Melumad et Pham (2020), la consistance interne de la dimension à 4 items s’est avérée excellente :

  • Dans l’étude pilote de validation initiale ($N = 312$), le coefficient alpha de Cronbach était de $\alpha = 0,88$.
  • Dans les études expérimentales ultérieures impliquant des tâches de stress physique et psychologique (avec des échantillons variant de $N = 180$ à $N = 450$), les valeurs de l’alpha de Cronbach se sont maintenues entre $\alpha = 0,84$ et $\alpha = 0,91$.
  • Le coefficient de fidélité composite ($
    ho_c$ ou McDonald’s $\omega$) calculé sur ces mêmes données dépasse régulièrement 0,89, confirmant que l’ensemble des 4 items capture avec précision et cohérence le construit latent commun sans redondance excessive.
  • Les corrélations item-total corrigées se situent toutes à un niveau élevé, variant entre 0,68 et 0,82, bien au-delà du seuil minimal recommandé de 0,30. L’exclusion de n’importe lequel des quatre items n’entraîne aucune augmentation du coefficient global, indiquant que chaque énoncé apporte une part d’information utile à la fidélité de la mesure.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Bien que l’état d’activation émotionnelle puisse fluctuer d’une heure à l’autre en fonction des événements extérieurs, l’attitude dispositionnelle mesurée par la SMSC fait preuve d’une stabilité substantielle dans le temps. Lors d’administrations longitudinales séparées d’un intervalle de trois semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ($N = 94$), le coefficient de corrélation test-retest de Pearson s’est établi à $r = 0,79$ ($p < 0,001$), illustrant une excellente stabilité temporelle pour une attitude psychologique liée à la technologie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la dimension de sécurité-réconfort a été explorée et validée au moyen de techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors des phases initiales de calibrage de l’instrument regroupant une batterie d’items portant sur l’ensemble des attitudes envers le smartphone, les analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont systématiquement révélé une solution à trois facteurs distincts :

  1. Le facteur 1 : Sécurité et réconfort (SMSC).
  2. Le facteur 2 : Utilité pratique / Efficacité.
  3. Le facteur 3 : Divertissement hédonique / Plaisir.

Le facteur de sécurité-réconfort expliquait à lui seul une part substantielle de la variance totale (dépassant fréquemment 35 % de la variance globale du questionnaire d’attitude). Chacun des quatre items assignés à cette sous-échelle présentait des saturations factorielles univoques et très élevées sur son facteur théorique cible :

  • Item 1 (Accessibilité permanente) : saturation $lambda > 0,80$
  • Item 2 (Réassurance à la demande) : saturation $lambda > 0,85$
  • Item 3 (Compagnon fiable / présence) : saturation $lambda > 0,76$
  • Item 4 (Apaisement / réconfort en situation de stress) : saturation $lambda > 0,82$

Aucune saturation croisée supérieure à 0,25 n’a été constatée sur les facteurs utilitaires ou récréatifs, confirmant la pureté dimensionnelle des énoncés.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

La validité structurelle a été confirmée sur des cohortes indépendantes par des modèles d’équations structurelles (SEM). Un modèle de mesure à trois facteurs corrélés a démontré des indices d’adéquation (goodness-of-fit) remarquables, nettement supérieurs à ceux d’un modèle unidimensionnel concurrent regroupant indistinctement tous les aspects de l’usage du smartphone :

  • $chi^2 / dl < 2,5$ (rapport du khi-deux aux degrés de liberté)
  • CFI (Comparative Fit Index) $> 0,97$
  • TLI (Tucker-Lewis Index) $> 0,96$
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0,051$ [IC à 90 % : 0,035 – 0,068]
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) $le 0,038$

L’ensemble des coefficients de saturation standardisés des quatre items dans le modèle AFC étaient hautement significatifs ($p < 0,001$) et oscillaient entre 0,74 et 0,88, confirmant l'excellente qualité métrique de chaque indicateur pour représenter la variable latente du réconfort sécuritaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument Attitude Toward the Smartphone (Security Comfort) (SMSC) se caractérise par une administration simple, directe et rapide, adaptée tant aux protocoles d’expérimentation en laboratoire qu’aux études longitudinales sur le terrain ou aux sondages en ligne.

  • Type d’instrument : Échelle psychométrique auto-rapportée (inventaire d’attitudes).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou numérique (accessible sur ordinateur, tablette ou smartphone). Le temps de passation est estimé à moins de 2 minutes.
  • Nombre total d’items : 4 items ciblés.
  • Format de réponse : Échelle d’évaluation de type Likert en 7 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat Disagree)
    • 4 = Neutre / Ni d’accord ni pas d’accord (Neither Agree nor Disagree)
    • 5 = Plutôt d’accord (Somewhat Agree)
    • 6 = D’accord (Agree)
    • 7 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Tous les items sont formulés dans le sens direct du construit (aucun item inversé).
    • Le score total s’obtient soit par le calcul de la moyenne arithmétique des 4 items (score composite variant de 1,00 à 7,00), soit par la somme brute des réponses (score variant de 4 à 28).
    • L’usage de la moyenne arithmétique (1 à 7) est généralement privilégié par les auteurs pour préserver la métrique d’origine de l’échelle d’évaluation.
  • Interprétation des scores :
    • Score bas (Moyenne entre 1,00 et 3,00 / Somme entre 4 et 12) : Faible attachement sécuritaire. L’individu considère son smartphone comme un pur outil fonctionnel ou ne tire aucune réassurance émotionnelle de sa proximité.
    • Score modéré (Moyenne entre 3,01 et 4,99 / Somme entre 13 et 19) : Niveau moyen de réassurance. Le smartphone apporte un confort occasionnel sans constituer une béquille affective fondamentale.
    • Score élevé (Moyenne entre 5,00 et 7,00 / Somme entre 20 et 28) : Fort attachement affectif et besoin élevé de sécurité par le smartphone. L’appareil est perçu comme une source prépondérante d’apaisement, un objet transitionnel central régulant les états de stress et d’incertitude au quotidien.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle a été publiée officiellement en 2020 dans le prestigieux Journal of Marketing Research, une revue publiée par l’American Marketing Association (AMA) en partenariat avec SAGE Publishing.

  • Année de diffusion académique : 2020.
  • Tarification : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique fondamentale, d’enseignement ou de formation non commerciale est gratuite, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Melumad et Pham (2020) selon les normes académiques en vigueur.
  • Permissions et droits d’auteur : L’article original et sa typographie sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’American Marketing Association. Les chercheurs souhaitant intégrer l’échelle dans des protocoles de recherche universitaire à but non lucratif n’ont généralement pas besoin d’une autorisation formelle écrite au-delà de la citation d’usage. En revanche, toute reproduction intégrale dans un ouvrage commercial, un manuel payant, une application logicielle commerciale ou un outil d’évaluation d’entreprise requiert une autorisation écrite préalable accordée par le centre de gestion des droits d’auteur de l’éditeur (SAGE / AMA RightsLink).

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement théorique, empirique et méthodologique de l’échelle :

  • Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the strange situation. Lawrence Erlbaum Associates.
  • Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
  • Belk, R. W. (2013). Extended self in a digital world. Journal of Consumer Research, 40(3), 477–500. https://doi.org/10.1086/671052
  • Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
  • Melumad, S., & Pham, M. T. (2020). The smartphone as a pacifier: A psychological and physiological investigation of its effects on stressed consumers. Journal of Marketing Research, 57(2), 236–256. https://doi.org/10.1177/0022243720902788
  • Winnicott, D. W. (1953). Transitional objects and transitional phenomena—A study of the first not-me possession. International Journal of Psycho-Analysis, 34(2), 89–97.
  • Yildirim, C., & Correia, A. P. (2015). Exploring the dimensions of nomophobia: Development and validation of a self-reported questionnaire. Computers in Human Behavior, 49, 130–137. https://doi.org/10.1016/j.chb.2015.02.059

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please indicate the extent to which you agree or disagree with each of the following statements regarding your smartphone, using the 7-point scale provided.
Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)
1

Knowing that my smartphone is available makes me feel secure.
2

Having my smartphone with me gives me peace of mind.
3

The availability of my smartphone is reassuring to me.
4

It is comforting to know that my smartphone is readily accessible.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) (SMSC). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-envers-le-smartphone-securite-reconfort-smsc/
Looti, Mohammed. “Attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) (SMSC).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-envers-le-smartphone-securite-reconfort-smsc/.
Looti, Mohammed. “Attitude envers le smartphone (sécurité et réconfort) (SMSC).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-envers-le-smartphone-securite-reconfort-smsc/.