1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Attitude envers le smartphone (Confidentialité) (connue sous l’acronyme SMPR pour Smartphone Privacy Attitude Scale) a été développée et validée par Shiri Melumad et Michel Tuan Pham dans le cadre de leurs travaux fondateurs publiés en 2020 dans le Journal of Marketing Research. Cet instrument psychométrique évalue l’ampleur avec laquelle un individu perçoit son téléphone intelligent comme une possession intime, profondément personnelle et confidentielle. Contrairement à d’autres objets technologiques ou médias numériques partagés, le smartphone fait l’objet d’un sentiment d’appropriation singulier caractérisé par une exclusivité possessionnelle et une stricte étanchéité des frontières sociales.
Composée de cinq items administrés selon une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »), l’échelle capture deux facettes interconnectées au sein d’une structure unidimensionnelle robuste : la dimension d’appropriation psychologique (l’impression d’appartenance exclusive et d’intimité de l’appareil) et la dimension des frontières socio-relationnelles (la réticence, la gêne ou l’anxiété ressentie à l’idée qu’un tiers manipule, consulte ou emprunte l’appareil). Les propriétés psychométriques établies lors des études empiriques démontrent une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,82 et 0,89, ainsi qu’une excellente validité convergente et discriminante vis-à-vis des échelles d’attachement matériel général et d’utilisation générale des technologies.
L’échelle SMPR est devenue une référence majeure en psychologie du consommateur, en cyberpsychologie et en ergonomie cognitive, permettant notamment d’expliquer pourquoi le smartphone agit comme un « objet transitionnel » ou une tétine psychologique (« pacifier ») capable d’atténuer le stress physiologique et émotionnel face à l’adversité quotidienne.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude envers le smartphone, Confidentialité, Appropriation psychologique, Frontières sociales, Intimité numérique, Cyberpsychologie, Psychologie du consommateur, Tétine psychologique, Attachement technologique, Propriétés psychométriques, Échelle de Likert, Stress et technologie
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue par deux chercheurs spécialistes du comportement du consommateur et du jugement décisionnel :
- Shiri Melumad, Ph.D. : Professeure adjointe de marketing à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis). Ses recherches portent sur l’impact psychologique des technologies mobiles, les dynamiques d’expression de soi par le smartphone et les interactions entre technologie et bien-être du consommateur. Contact institutionnel : [email protected].
- Michel Tuan Pham, Ph.D. : Professeur titulaire de la chaire Kravis de commerce à la Columbia Business School, Université Columbia (New York, États-Unis). Spécialiste internationalement reconnu du rôle des affects, des émotions et des processus intuitifs dans la prise de décision économique et comportementale. Contact institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de l’échelle d’Attitude envers le smartphone (Confidentialité) est de mesurer précisément le degré d’intimité, d’inviolabilité et de territorialité psychologique qu’un individu associe à son smartphone. Dans nos sociétés hyperconnectées, le téléphone portable a cessé d’être un simple vecteur de télécommunication ou un instrument utilitaire de transmission de signaux. Il est devenu le réceptacle des échanges affectifs, des secrets personnels, de l’historique de navigation intime, des données biométriques et des pensées spontanées de son utilisateur. Par conséquent, mesurer cette sensibilité à la vie privée smartphone-spécifique répond à un vide théorique et empirique important.
Les applications de cette échelle s’articulent autour de plusieurs axes théoriques et appliqués :
- Compréhension de la fonction régulatrice de l’appareil : Dans les recherches de Melumad et Pham (2020), la mesure du sentiment de confidentialité permet d’expliquer le mécanisme sous-jacent par lequel le smartphone atténue le stress. Parce qu’il est perçu comme un sanctuaire inviolable et strictement privé, l’appareil offre un refuge sécurisant (« safe haven ») capable d’induire un soulagement psychologique et une réduction du cortisol salivaire lors d’épisodes de tension cognitive ou sociale.
- Étude de la territorialité numérique et des conflits relationnels : En psychologie sociale et conjugale, l’échelle permet d’évaluer les seuils de tolérance face au regard d’autrui (le phénomène du « shoulder surfing » ou de la surveillance au sein du couple). Une personne présentant un score élevé sur l’échelle SMPR interprétera toute tentative de consultation de son écran par un tiers, même bienveillante, comme une intrusion territoriale agressive.
- Recherche en sécurité des systèmes d’information (SSI) et marketing mobile : La mesure aide à prédire les comportements d’adoption ou de rejet des technologies de ciblage publicitaire géolocalisé, des fonctionnalités de traçage et des applications demandant des autorisations d’accès sensibles. Plus l’attitude de confidentialité envers l’appareil est forte, plus la résistance cognitive aux sollicitations commerciales intrusives est prononcée.
- Diagnostic clinique et cyberpathologies : Dans l’évaluation de la nomophobie (la peur d’être séparé de son téléphone) et de l’hyperdépendance numérique, cette échelle distingue l’attachement purement fonctionnel ou social d’une fusion identitaire où l’appareil est ressenti comme une extension corporelle inviolable de soi.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle SMPR est le degré auquel le consommateur conçoit son smartphone comme une possession hautement personnelle, exclusive et protégée des intrusions externes. Ce construit ne se réduit pas à une simple préoccupation générale pour la protection des données privées (telle que mesurée par l’Internet Privacy Concern de Malhotra et al.), mais renvoie à une relation phénoménologique incarnée avec l’objet physique lui-même.
Ce construit s’articule autour de deux facettes psychologiques complémentaires :
L’appropriation psychologique et le soi étendu
Cette facette correspond au sentiment subjectif d’appartenance exclusive : l’objet est mien, il n’appartient à nul autre, et il encapsule des éléments constitutifs de mon identité. Les items 1 (« My smartphone is a very personal and private possession ») et 2 (« I feel that my smartphone belongs exclusively to me ») illustrent cette dimension. Ici, l’individu investit son énergie psychique, son temps et ses souvenirs dans l’appareil. Le smartphone devient un miroir du soi, un espace où l’identité numérique est concentrée sans dilution communautaire. À la différence d’un téléviseur familial, d’une tablette partagée au sein du foyer ou d’un ordinateur de bureau professionnel, le smartphone est intrinsèquement égocentré.
La démarcation des frontières sociales et la territorialité défensive
La seconde facette concerne l’érection de barrières protectrices vis-à-vis d’autrui. Les items 3 (« I feel uncomfortable when other people use or look at my smartphone »), 4 (« I am reluctant to let other people borrow or use my smartphone ») et 5 (« My smartphone contains things that I consider strictly private ») opérationnalisent cette dynamique de défense territoriale. Lorsqu’une tierce personne prend en main l’appareil, pose son regard sur les notifications qui s’affichent ou demande à l’emprunter pour passer un appel, l’individu éprouve une sensation viscérale d’inconfort, d’anxiété ou de vulnérabilité. Cette réaction défensive découle du fait que le téléphone contient des archives confessionnelles (conversations privées, photographies non censurées, historiques de recherche, données bancaires et notes personnelles) dont la divulgation menacerait la face sociale du sujet.
Bien que ces deux composantes soient théoriquement identifiables, elles fonctionnent de manière synergique au plan psychométrique pour former un index global d’inviolabilité personnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage théorique de l’échelle SMPR repose sur une convergence multidisciplinaire entre la théorie du soi étendu, la théorie de l’appropriation psychologique, et la théorie des objets transitionnels issue de la psychanalyse du développement :
La théorie du Soi Étendu de Russell Belk (1988)
Dans son article séminal « Possessions and the Extended Self », Russell W. Belk postule que l’être humain ne définit pas son identité par sa seule enveloppe corporelle, mais intègre activement certains objets matériels au sein de son concept de soi. Le smartphone représente l’incarnation contemporaine ultime du soi étendu. Il stocke la mémoire autobiographique (photos, notes vocales), héberge les réseaux d’affiliations sociales et prolonge les capacités cognitives de l’individu. L’échelle de Melumad et Pham formalise l’idée que si le smartphone est une extension directe du moi, toute intrusion d’autrui dans l’appareil équivaut symboliquement à une effraction de l’espace corporel et psychique du propriétaire.
L’appropriation psychologique (Pierce, Kostova, & Dirks, 2001)
La théorie de la propriété psychologique (« Psychological Ownership ») stipule qu’un individu peut ressentir un droit de propriété absolu sur une cible matérielle ou immatérielle sans nécessairement que ce droit soit formellement juridique. Cette appropriation naît de trois motivations fondamentales : le besoin d’auto-efficacité (contrôler son environnement), le besoin d’auto-identité (définir qui l’on est) et le besoin d’avoir un lieu à soi (« having a place »). Le smartphone remplit exemplairement cette fonction de « lieu à soi » portatif. L’échelle SMPR capture la conviction que nul ne peut revendiquer de droit d’usage sur cet espace personnel.
La métaphore de la tétine psychologique et les objets transitionnels (Winnicott, 1953)
Donald Winnicott a formalisé le rôle des objets transitionnels (doudou, couverture) qui aident le jeune enfant à réguler son anxiété de séparation et à négocier le passage de la fusion maternelle au monde extérieur. Melumad et Pham (2020) avancent que le smartphone remplit exactement cet office chez l’adulte stressé : il agit comme une « tétine numérique » (« adult pacifier »). Or, pour qu’un objet puisse servir de tétine psychologique rassurante, il doit être perçu comme absolument fiable, permanent, disponible et personnellement inviolable. Si l’appareil était partagé ou perçu comme public, son pouvoir anxiolytique s’effondrerait. L’évaluation de l’attitude de confidentialité est donc la pierre angulaire démontrant le statut d’objet transitionnel du smartphone.
7. Validité / Validity
Les études conduites par Melumad et Pham (2020) ainsi que les réplications ultérieures dans la littérature en sciences du comportement ont documenté des propriétés de validité remarquables pour l’échelle à 5 items :
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été établie par l’examen d’experts en comportement du consommateur afin de s’assurer que les énoncés couvraient l’ensemble du spectre de la relation de confidentialité (sentiment d’exclusivité, réticence au partage, contenu intime, inconfort vis-à-vis d’autrui). La validité de construit est étayée par la cohérence interne élevée et le fait que les items convergent tous vers une variable latente unique expliquant la variance commune de manière substantielle.
Validité convergente
L’échelle SMPR démontre une corrélation positive et statistiquement significative avec :
- L’attachement émotionnel au smartphone (mesuré via des échelles d’attachement aux objets, r oscillant typiquement entre 0,45 et 0,58, p < 0,001) ;
- L’indice de dépendance mobile et de nomophobie (NMP-Q, r ≈ 0,40 à 0,52, p < 0,001) ;
- Le temps d’utilisation personnelle quotidien autodéclaré de l’appareil (r ≈ 0,28, p < 0,01).
Validité discriminante
L’échelle se distingue nettement d’autres construits connexes :
- Elle ne se confond pas avec la préoccupation générale pour la vie privée sur Internet (General Online Privacy Concerns), les corrélations étant modérées (r ≈ 0,22 à 0,31), ce qui prouve que l’attachement intime à son terminal physique est distinct du refus abstrait de voir ses données commerciales collectées par des serveurs distants ;
- Elle est statistiquement dissociée du matérialisme général mesuré par l’échelle de Richins et Dawson (r < 0,20), confirmant que l’attachement au smartphone n’est pas une simple manifestation de superficialité possessive ou d’accumulation de biens de prestige.
Validité prédictive et nomologique
Sur le plan expérimental, Melumad et Pham (2020) ont prouvé que les participants présentant des scores élevés à l’échelle SMPR présentaient une diminution significativement plus rapide de leur détresse psychologique et une régulation autonome supérieure (mesurée par la variabilité de la fréquence cardiaque et le cortisol salivaire) lorsqu’ils pouvaient interagir avec leur propre smartphone après une tâche de stress standardisée (comme le Trier Social Stress Test ou une tâche d’exclusion sociale Cyberball), comparativement à l’interaction avec un autre appareil technologique ou un smartphone neutre fourni par le laboratoire.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’Attitude envers le smartphone (Confidentialité) a fait l’objet d’évaluations rigoureuses sur des échantillons diversifiés de consommateurs adultes et d’étudiants universitaires :
Consistance interne
- Dans les études originelles de Melumad et Pham (2020), le coefficient alpha de Cronbach (α) de l’échelle s’est établi à 0,85 (Étude pilote) et 0,86 dans les études confirmatoires, témoignant d’une excellente consistance interne pour une échelle brève de cinq items.
- Le coefficient de fiabilité composite (Composite Reliability, CR) calculé lors des modélisations par équations structurelles dépasse régulièrement le seuil recommandé de 0,70, atteignant des valeurs de l’ordre de 0,87 à 0,89.
- La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) est systématiquement supérieure à 0,55 (dépassant le seuil de référence de Fornell-Larcker de 0,50), attestant que plus de la moitié de la variance des items est attribuable au construit latent plutôt qu’à l’erreur de mesure.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
Les administrations répétées à un intervalle de trois à quatre semaines démontrent un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) supérieur à 0,78, ce qui confirme que l’attitude envers la confidentialité du smartphone constitue une disposition psychologique relativement stable dans le temps chez l’adulte, et non une simple fluctuation d’humeur dépendante du contexte immédiat.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’instrument a été vérifiée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de l’AFE initiale (extraction en composantes principales avec rotation varimax ou oblimin), l’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser-Guttman révèlent sans équivoque un facteur unique dominant ayant une valeur propre (eigenvalue) largement supérieure à 1,0 (typiquement autour de 3,2 à 3,6), expliquant à lui seul plus de 65 % à 72 % de la variance totale des scores. L’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) dépasse généralement 0,83, et le test de sphéricité de Bartlett est hautement significatif (p < 0,001), garantissant l’adéquation parfaite des données à la factorisation.
Saturations factorielles des items (Factor Loadings)
Les saturations factorielles observées sur le facteur unique de confidentialité se distribuent de manière très homogène, sans item faible :
- Item 1 (« My smartphone is a very personal and private possession ») : saturation de 0,82 à 0,86 ;
- Item 2 (« I feel that my smartphone belongs exclusively to me ») : saturation de 0,78 à 0,83 ;
- Item 3 (« I feel uncomfortable when other people use or look at my smartphone ») : saturation de 0,74 à 0,80 ;
- Item 4 (« I am reluctant to let other people borrow or use my smartphone ») : saturation de 0,76 à 0,82 ;
- Item 5 (« My smartphone contains things that I consider strictly private ») : saturation de 0,80 à 0,85.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Le modèle unidimensionnel à 5 items présente des indices d’ajustement structurel remarquables (avec degrés de liberté df = 5) :
- Chi-deux normé (χ²/df) : < 2,5 ;
- Comparative Fit Index (CFI) : > 0,98 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) : > 0,96 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % : [0,02 ; 0,09]) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : < 0,03.
Ces indices confirment qu’il n’est pas nécessaire de scinder l’échelle en deux sous-dimensions séparées pour l’analyse statistique générale, la modélisation à facteur unique étant la plus parcimonieuse et psychométriquement robuste.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom du test : Échelle d’Attitude envers le smartphone (Confidentialité) / Smartphone Privacy Attitude Scale (SMPR)
- Auteurs : Shiri Melumad et Michel Tuan Pham (2020)
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté)
- Nombre d’items : 5 items
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = Fortement en désaccord [Strongly disagree] à 7 = Fortement d’accord [Strongly agree])
- Temps de passation : Moins de 2 minutes
- Modalité de passation : Papier-crayon ou administration numérique (en ligne, sur tablette ou smartphone)
- Population cible : Consommateurs adultes et adolescents propriétaires d’un smartphone personnel
- Cotation et calcul du score :
- Aucun item n’est inversé (aucun reverse scoring nécessaire).
- Le score global s’obtient soit en calculant la moyenne arithmétique des 5 items (score moyen variant de 1,00 à 7,00), soit en effectuant la somme brute des items (score total variant de 5 à 35).
- Un score plus élevé indique une perception plus intense du smartphone comme possession privée, exclusive, inviolable et personnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2020
- Publication de référence : Journal of Marketing Research, Volume 57, Numéro 2, pages 236–256.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par l’American Marketing Association (AMA) et les auteurs.
- Conditions d’accès et tarif : L’utilisation de cette échelle à des fins de recherche académique, scientifique et non commerciale est gratuite. Les chercheurs peuvent utiliser et administrer librement les items dans leurs études sous réserve de citer formellement la publication princeps de Melumad et Pham (2020). Pour toute exploitation commerciale, logicielle ou intégration dans des outils propriétaires, une demande d’autorisation auprès de l’American Marketing Association ou des auteurs est requise.
12. Références / References
Les sources académiques fondant la construction et la validation de cette échelle sont répertoriées ci-dessous :
- Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
- Melumad, S., & Pham, M. T. (2020). The smartphone as a pacifier: A psychological and physiological investigation of its effects on stressed consumers. Journal of Marketing Research, 57(2), 236–256. https://doi.org/10.1177/0022243720906256
- Pierce, J. L., Kostova, T., & Dirks, K. T. (2001). Toward a theory of psychological ownership in organizations. Academy of Management Review, 26(2), 298–310. https://doi.org/10.5465/amr.2001.4378028
- Winnicott, D. W. (1953). Transitional objects and transitional phenomena—A study of the first not-me possession. International Journal of Psycho-Analysis, 34(2), 89–97.
- Yurchisin, J., Yan, R. N., Watchravesringkan, K., & Chen, C. (2021). The influence of smartphone psychological ownership on smartphone dependency. International Journal of Mobile Communications, 19(4), 450–470. https://doi.org/10.1504/IJMC.2021.116568
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)
- My smartphone is a very personal and private possession.
- I feel that my smartphone belongs exclusively to me.
- I feel uncomfortable when other people use or look at my smartphone.
- I am reluctant to let other people borrow or use my smartphone.
- My smartphone contains things that I consider strictly private.