1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Attitude envers le prestataire de services (relative) (couramment désignée sous l’acronyme ATTS pour Attitude Toward the Service Provider [Relative]) est un instrument psychométrique composé de quatre items développé initialement par Tim Jones, Shirley F. Taylor et Harvir S. Bansal dans leur étude séminale publiée en 2008 dans le Journal of the Academy of Marketing Science. Cet instrument d’évaluation a été conçu pour opérationnaliser et mesurer empiriquement l’attitude comparative ou relative qu’un consommateur entretient à l’égard d’un individu spécifique dispensant un service professionnel (le prestataire direct), comparativement aux alternatives concurrentes immédiatement disponibles sur le marché pertinent. Contrairement aux mesures attitudinales absolues ou globales qui évaluent l’évaluation favorable d’une entité dans un isolement conceptuel, l’ATTS s’ancre dans le postulat fondamental de la psychologie sociale et cognitive selon lequel le jugement évaluatif humain est fondamentalement comparatif et situé au sein d’un ensemble de choix perceptuels (théorie de la comparaison sociale et théorie du choix préférentiel).
L’instrument repose sur une structure unifactorielle évaluant le différentiel de préférence, la supériorité perçue et la valence affective relative attribuée au professionnel par rapport à ses pairs du même secteur d’activité. Les quatre items adoptent une échelle de réponse de type Likert en 7 points, s’étendant généralement de « fortement en désaccord » (1) à « fortement en accord » (7). D’un point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach généralement supérieur à 0,90 et fiabilité composite robuste), ainsi qu’une validité convergente et une validité discriminante rigoureusement établies vis-à-vis des construits de fidélité comportementale, d’attachement interpersonnel et d’engagement organisationnel. Elle constitue un outil précieux pour la modélisation de la fidélisation client et la dissociation des cibles relationnelles en contexte de services.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude relative, prestataire de services, psychométrie, marketing relationnel, fidélité du consommateur, engagement client, comparaison cognitive, évaluation de service, relation interpersonnelle, validité de construit, modélisation par équations structurelles, échelle de Likert.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, testée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en marketing des services et en comportement du consommateur :
- Tim Jones : Professeur associé de marketing à la Memorial University of Newfoundland (Faculty of Business Administration), St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador, Canada. Ses axes de recherche portent principalement sur la psychologie des relations client-fournisseur, le marketing des services et les mécanismes de transition et de rupture relationnelle. Contact institutionnel : Memorial University of Newfoundland, St. John’s, NL, Canada.
- Shirley F. Taylor : Professeure de marketing à la Smith School of Business, Queen’s University, Kingston, Ontario, Canada. Spécialiste mondialement reconnue des dynamiques de gestion de la relation client, des réactions émotionnelles des consommateurs face aux défaillances de service et du comportement post-achat. Contact institutionnel : Smith School of Business, Queen’s University, Kingston, ON, Canada.
- Harvir S. Bansal : Chercheur et professeur affilié au département d’études en gestion à l’Université de Waterloo (Department of Management Sciences), Waterloo, Ontario, Canada. Ses contributions scientifiques majeures portent sur le modèle d’attrition client (churn), les théories de la migration de service (modèle Push-Pull-Mooring) et la modélisation quantitative du bouche-à-oreille et de l’engagement. Contact institutionnel : University of Waterloo, Waterloo, ON, Canada.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Attitude envers le prestataire de services (relative) est d’opérationnaliser de manière empirique et précise une distinction théorique cardinale au sein du marketing des services et de la psychologie de la consommation : la dissociation entre l’attitude envers une entreprise de service dans son ensemble (l’organisation corporative) et l’attitude envers le prestataire individuel (l’employé de première ligne, le coiffeur, le conseiller financier, le médecin ou le consultant) en intégrant formellement le cadre de référence comparatif du consommateur. Historiquement, une grande partie de la littérature académique postulait implicitement qu’une attitude positive absolue envers une cible commerciale suffisait à expliquer et prédire la rétention et la fidélité. Toutefois, les anomalies empiriques identifiées par Dick et Basu (1994) ont démontré qu’une attitude absolue favorable peut coexister avec une faible fidélité si le client perçoit des alternatives concurrentes comme étant tout aussi désirables ou supérieures.
L’ATTS répond spécifiquement à cette limite en mesurant l’évaluation globale du prestataire relativement aux autres prestataires concurrents connus et disponibles. Elle vise à quantifier le degré d’avantage évaluatif distinctif dont bénéficie le professionnel dans l’esprit du client. Dans les interactions de service à haute intensité relationnelle (services personnalisés, professionnels de santé, soins personnels, conseil juridique ou financier), le consommateur noue souvent un lien psychologique privilégié avec l’individu qui délivre la prestation plutôt qu’avec la marque ou la structure physique qui l’emploie. Lorsque ce professionnel change d’employeur, le client est confronté à un arbitrage : rester fidèle à l’entreprise ou suivre le prestataire. L’échelle ATTS a été spécifiquement instrumentée pour capturer la puissance évaluative de ce lien d’attachement comparatif.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, cet instrument permet aux chercheurs d’isoler l’effet direct et médiateur de l’attitude envers le prestataire sur des variables de sortie critiques telles que l’engagement affectif, la volonté de recommander le prestataire, la résistance à la persuasion concurrente et le comportement de défection en cas de départ de l’employé. Dans le champ de la recherche appliquée et du diagnostic organisationnel, l’outil permet aux gestionnaires de services d’identifier le niveau de dépendance de leur clientèle envers des prestataires individuels spécifiques, de prévenir les risques de perte de clientèle en cas de roulement du personnel et d’analyser la contribution respective du capital humain individuel versus la réputation de l’enseigne dans le maintien de la fidélité globale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’ATTS est l’attitude relative envers le prestataire individuel de service. Sur le plan de la psychologie sociale cognitive, l’attitude est classiquement définie comme une disposition psychologique globale exprimée par l’évaluation favorable ou défavorable d’une entité ou d’un objet donné avec un certain degré d’intensité (Eagly & Chaiken, 1993). Cependant, l’attitude relative s’en distingue par son caractère contextuel, comparatif et décisionnel : elle ne mesure pas l’évaluation isolée de l’objet, mais sa position ordinale ou différentielle au sein de l’espace de comparaison du sujet.
Dans les modèles de comportement du consommateur, Dick et Basu (1994) ont formalisé le concept d’attitude relative comme le produit conjoint de la force attitudinale envers la cible focale et de la différenciation attitudinale par rapport aux cibles alternatives. L’attitude relative envers le prestataire individuel reflète donc le sentiment de supériorité globale, de préférence marquée et d’inclination affective du consommateur en faveur d’un praticien précis lorsqu’il est mis en contraste avec l’ensemble des autres praticiens exerçant dans le même domaine d’expertise.
Le construit mesuré par l’échelle de Jones et al. (2008) est unidimensionnel, mais il intègre trois facettes conceptuelles intrinsèquement articulées :
- La préférence comparative explicite : Le degré auquel le consommateur exprime une inclinaison préférentielle non ambiguë pour son prestataire actuel par rapport aux alternatives existantes. Par exemple, confronté à l’opportunité d’obtenir un rendez-vous avec un autre spécialiste du même cabinet ou d’un cabinet concurrent, l’individu préfère nettement attendre son prestataire habituel.
- La supériorité évaluative perçue : La croyance cognitivement et affectivement étayée selon laquelle les compétences, l’attention, le relationnel et la qualité globale délivrée par ce professionnel surpassent clairement les compétences des autres professionnels du secteur. Il ne s’agit pas d’une simple satisfaction, mais d’un jugement de supériorité qualitative différenciée.
- L’affectivité différentielle : L’agrément émotionnel ou l’affinité interpersonnelle sélective éprouvée à l’égard de l’individu prestataire comparativement au sentiment neutre ou moins chaleureux inspiré par les autres acteurs disponibles.
Dans la taxonomie développée par Jones et ses collègues, ce construit doit être soigneusement dissocié de l’attitude envers l’entreprise prestataire (la société commerciale ou la marque ombrelle). Un client peut avoir une attitude hautement positive et relativement supérieure envers son coiffeur ou son conseiller financier, tout en ayant une attitude neutre ou tiède envers le salon ou la banque où ce dernier opère. De même, ce construit se distingue de l’engagement normatif ou de l’amitié véritable (friendship) : on peut avoir une attitude relative extrêmement favorable envers un chirurgien ou un mécanicien sans pour autant le considérer comme un ami personnel ni ressentir d’obligation morale à son égard.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle d’attitude envers le prestataire de services (relative) s’enracine dans une triple articulation théorique : la théorie du jugement comparatif et de l’adaptation, le modèle intégré de la fidélité client de Dick et Basu, et la théorie des cibles multiples de l’engagement relationnel.
La psychologie du jugement comparatif et du niveau d’adaptation
Depuis les travaux fondamentaux de Helson (1964) sur la théorie du niveau d’adaptation et les recherches de Tversky (1977) sur les caractéristiques de similarité et de contraste dans les jugements humains, la psychologie cognitive a établi qu’aucun jugement humain ne s’effectue dans un vide conceptuel. Tout stimulus évaluatif est automatiquement jaugé par rapport à un standard de référence ou à un ensemble de stimuli concurrents. Transposé aux choix de consommation, un individu n’évalue pas un médecin ou un garagiste de façon abstraite : son appréciation émerge de la mise en regard des compétences et de la chaleur de ce dernier avec les expériences passées ou les réputations associées aux autres praticiens du même domaine. L’évaluation n’a de pouvoir prédictif sur l’action que si elle crée un contraste significatif avec les options substituables disponibles.
Le modèle de fidélité relative de Dick et Basu (1994)
Le modèle canonique de Dick et Basu (1994) a révolutionné la recherche en comportement du client en postulant que la véritable fidélité relationnelle (true loyalty) n’est pas le simple produit d’un comportement d’achat répété ni d’une attitude absolue favorable, mais le résultat d’une attitude relative élevée couplée à un comportement de fréquentation répété élevé. Lorsque l’attitude relative est faible en dépit d’un comportement d’achat fréquent (par exemple, si le client fréquente un prestataire par pure habitude ou contrainte géographique tout en considérant les autres comme équivalents), la fidélité n’est que fallacieuse (spurious loyalty). C’est précisément l’attitude relative qui insuffle la résilience psychologique face aux offres promotionnelles concurrentes et immunise la relation contre les défections opportunistes.
La théorie des cibles multiples de l’engagement
L’apport direct de l’étude de Jones, Taylor et Bansal (2008) repose sur l’application de la théorie des cibles multiples (développée initialement en psychologie organisationnelle par Reichers, 1985, puis Meyer et Allen, 1997) aux relations de service. Dans un environnement organisationnel, un employé peut développer un attachement envers son équipe, son supérieur hiérarchique, ou l’entreprise globale. De façon analogue, dans le secteur des services, le client est en relation simultanée avec au moins deux entités distinctes : l’individu physique délivrant la prestation (la cible interpersonnelle) et l’établissement commercial qui l’emploie (la cible organisationnelle). En mobilisant cette perspective, Jones et al. ont démontré que l’attitude relative envers le prestataire individuel constitue un déterminant direct et puissant de l’engagement envers ce prestataire spécifique, lequel exerce à son tour des effets différenciés sur la fidélité finale comparativement à l’attitude relative envers la firme.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle d’attitude envers le prestataire de services (relative) ont été examinées de façon approfondie par Jones, Taylor et Bansal (2008) au moyen de protocoles méthodologiques rigoureux incluant des analyses confirmatoires par modélisation par équations structurelles (SEM).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’ATTS est étayée par la force et la significativité statistique de l’ensemble de ses indicateurs observés. Lors de l’analyse factorielle confirmatoire menée par Jones et al. (2008) sur un vaste échantillon empirique diversifié de consommateurs de services, les saturations factorielles standardisées (factor loadings, $lambda$) de l’ensemble des quatre items dépassaient largement le seuil conventionnel de 0,70 (variant généralement entre 0,82 et 0,94, tous significatifs à $p < 0,001$). De plus, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) était supérieure à 0,70, surpassant largement le seuil standard de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981). Ces résultats confirment que plus de 70 % de la variance des items est attribuable au construit théorique latent d’attitude relative envers le prestataire plutôt qu’à l’erreur de mesure.
Validité discriminante
La validité discriminante a été rigoureusement testée selon le critère de Fornell-Larcker ainsi que par des tests de différence de khi-deux ($\Delta\chi^2$) sur modèles emboîtés. Jones et al. (2008) ont vérifié que la racine carrée de l’AVE de l’ATTS était systématiquement et significativement supérieure aux corrélations inter-construits reliant l’attitude envers le prestataire aux construits théoriquement adjacents :
- L’attitude relative envers l’entreprise de service (Attitude Toward the Service Company – Relative) ;
- L’engagement envers le prestataire (Commitment to the Service Provider) ;
- L’engagement envers l’entreprise (Commitment to the Service Company) ;
- L’amitié perçue avec le prestataire (Perceived Friendship with the Service Provider) ;
- La propension au changement de prestataire (Propensity to Switch).
Dans chaque cas, la corrélation fixée à 1,0 entraînait une dégradation majeure et statistiquement significative de l’adéquation du modèle ($Deltachi^2, p < 0,001$), démontrant sans ambiguïté que l'attitude relative envers le prestataire capture une entité psychologique distincte de la loyauté générale ou de l'appréciation globale de l'établissement commercial.
Validité prédictive et nomologique
Sur le plan de la validité nomologique, l’ATTS s’insère parfaitement dans le réseau théorique attendu : elle est fortement et positivement reliée à l’engagement affectif envers le prestataire individuel ($eta > 0,50, p < 0,001$), et prédit de manière robuste l'intention de suivre le prestataire si celui-ci devait quitter l'entreprise actuelle pour s'installer chez un concurrent ou ouvrir son propre cabinet. Elle démontre une capacité prédictive incrémentale par rapport aux mesures d'attitude absolue, confirmant l'apport critique du format comparatif.
8. Fidélité / Reliability
Les indices de fidélité et de cohérence interne de l’échelle d’attitude envers le prestataire de services (relative) démontrent une régularité et une robustesse métrologique exemplaires à travers les différentes collectes de données rapportées dans la littérature spécialisée.
Dans l’étude princeps de Jones, Taylor et Bansal (2008), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) calculé pour les 4 items de l’échelle relative s’est établi à des niveaux remarquablement élevés :
- Alpha de Cronbach ($lpha$) : Régulièrement compris entre 0,91 et 0,95 selon les sous-échantillons d’industries de services étudiées (ex. coiffure, services de santé, services financiers, réparations spécialisées). Ces valeurs excèdent très nettement le seuil minimal d’acceptabilité de 0,70 requis en recherche exploratoire et franchissent le critère d’excellence de 0,90 exigé pour les outils de diagnostic clinique ou organisationnel précis.
- Fiabilité composite (Composite Reliability, $CR$) : Les valeurs de fiabilité composite calculées dans le cadre de la modélisation par équations structurelles se sont élevées à plus de 0,92, attestant que la part de variance commune capturée par la combinaison linéaire des indicateurs est quasi optimale.
- Corrélations item-total corrigées : Les coefficients de corrélation item-total corrigés pour chacun des 4 énoncés dépassent systématiquement 0,75, confirmant qu’aucun item ne génère de variance parasite ou de distorsion dans la mesure globale du construit.
Bien que les études transversales initiales n’aient pas documenté formellement de coefficient de fidélité test-retest à intervalle temporel long, la stabilité temporelle du construit dans des contextes de relations de service stabilisées est indirectement confirmée par la persistance de l’attitude relative à travers des vagues successives d’enquêtes de satisfaction longitudinale.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’évaluation de la dimensionnalité de l’ATTS a fait l’objet d’examens factoriels rigoureux combinant analyses exploratoires (AFE) dans les phases pilotes et analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans l’étude principale de Jones, Taylor et Bansal (2008).
Structure unifactorielle
Tant l’analyse en composantes principales que l’analyse factorielle confirmatoire confirment sans ambiguïté l’existence d’un facteur unique sous-jacent. L’analyse en facteurs communs extrait un seul facteur possédant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser ($> 1,0$), expliquant typiquement entre 78 % et 85 % de la variance totale des items. L’examen du diagramme des valeurs propres (scree plot de Cattell) révèle une rupture franche après le premier facteur, sans aucun facteur secondaire significatif.
Indices d’ajustement confirmatoires (AFC / SEM)
Lors de l’estimation par le maximum de vraisemblance au sein du modèle de mesure global englobant les attitudes et engagements envers les différentes cibles relationnelles, le modèle de mesure intégrant l’ATTS a présenté des indices d’ajustement globaux conformes aux recommandations méthodologiques les plus strictes de Hu et Bentler (1999) :
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Inférieur à 0,05 (typiquement oscillant entre 0,038 et 0,049), signalant une excellente approximation dans la population.
- CFI (Comparative Fit Index) : Supérieur à 0,98, démontrant une supériorité éclatante par rapport au modèle d’indépendance de référence.
- NNFI / TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à 0,97.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,04, indiquant un résidu minimal entre la matrice de covariance observée et la matrice postulée par le modèle.
Poids factoriels des items
Les saturations factorielles standardisées de chaque item sur le facteur latent de l’attitude relative envers le prestataire se révèlent extrêmement homogènes et élevées :
- Item 1 (Préférence relative marquée) : $lambda pprox 0,86$ ($p < 0,001$)
- Item 2 (Attitude relative plus favorable) : $lambda pprox 0,93$ ($p < 0,001$)
- Item 3 (Appréciation comparée supérieure) : $lambda pprox 0,91$ ($p < 0,001$)
- Item 4 (Évaluation globale bien meilleure) : $lambda pprox 0,88$ ($p < 0,001$)
Ces charges factorielles démontrent une absence totale d’ambiguïté factorielle ou de saturation croisée non désirée, corroborant l’efficacité psychométrique de la formulation resserrée de l’inventaire en 4 items.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé court, administrable en auto-passation (sur papier ou en ligne) ou par entretien structuré :
- Nom complet de l’outil : Attitude Toward the Service Provider (Relative) (ATTS) / Attitude envers le prestataire de services (relative).
- Auteurs de référence : Tim Jones, Shirley F. Taylor, Harvir S. Bansal (2008).
- Type d’évaluation : Mesure quantitative d’évaluation psychologique et attitudinale par auto-rapport (self-report inventory).
- Nombre d’items : 4 items rédigés sous forme d’affirmations comparatives directes.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points avec ancrages bipolaires allant de 1 = « Fortement en désaccord » (Strongly Disagree) à 7 = « Fortement en accord » (Strongly Agree). Les points intermédiaires (2 à 6) représentent les degrés croissants d’adhésion cognitive.
- Temps moyen de passation : Moins de 2 minutes (généralement 60 à 90 secondes).
- Mode de cotation : L’ensemble des 4 items est orienté positivement (aucun item inversé). Le score global de l’ATTS s’obtient soit par le calcul de la moyenne arithmétique des 4 énoncés (score continu variant de 1,00 à 7,00), soit par la somme brute des scores (variant de 4 à 28). En modélisation par équations structurelles, le facteur latent est directement modélisé à partir des 4 variables manifestes.
- Interprétation des scores :
- Scores faibles (1,00 à 3,00) : Le client ne perçoit aucun avantage distinctif chez son prestataire par rapport aux alternatives existantes. L’attitude relative est neutre ou défavorable, signalant un risque élevé de défection en cas de friction mineure ou d’offre concurrente incitative.
- Scores intermédiaires (3,01 à 4,99) : Le prestataire est jugé acceptable ou légèrement supérieur, mais la différenciation attitudinale reste insuffisante pour garantir une fidélité exclusive ou résistante à la persuasion.
- Scores élevés (5,00 à 7,00) : Supériorité attitudinale relative très prononcée. Le client voue une préférence sélective majeure à ce praticien en particulier, érigeant une barrière psychologique substantielle contre la concurrence.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle a été initialement publiée en 2008 dans le numéro 4 du volume 36 du Journal of the Academy of Marketing Science.
- Année de publication : 2008.
- Droit d’auteur et statut juridique : L’article scientifique est protégé par le droit d’auteur détenu par l’Academy of Marketing Science (publié par Springer Science+Business Media, LLC). Toutefois, selon les conventions académiques établies, les échelles de mesure et matrices d’items publiées dans le corps d’articles scientifiques ou dans leurs annexes méthodologiques peuvent être utilisées gratuitement par les étudiants, enseignants-chercheurs et institutions universitaires à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement et de recherche non commerciale, sous réserve d’une citation bibliographique formelle et appropriée des auteurs sources (Jones, Taylor & Bansal, 2008).
- Utilisation commerciale : Pour toute utilisation commerciale, intégration au sein d’une plateforme de diagnostic payante, cabinet d’audit ou outil logiciel commercialisé, il est impératif de solliciter une autorisation formelle auprès de l’éditeur (Springer / RightsLink) ou des auteurs originaux.
- Tarifs d’accès académique : Aucun tarif d’acquisition n’est exigé pour l’utilisation scientifique de la formulation de l’échelle telle que divulguée dans la littérature académique.
12. Références / References
Les sources académiques et ouvrages fondateurs relatifs à la conception et à la validation de cette échelle incluent :
- Dick, A. S., & Basu, K. (1994). Customer loyalty: Toward an integrated conceptual framework. Journal of the Academy of Marketing Science, 22(2), 99-113. https://doi.org/10.1177/0092070394222001
- Eagly, A. H., & Chaiken, S. (1993). The psychology of attitudes. Harcourt Brace Jovanovich College Publishers.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39-50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Helson, H. (1964). Adaptation-level theory. Harper & Row.
- Hu, L. t., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1-55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Jones, T., Taylor, S. F., & Bansal, H. S. (2008). Commitment to a friend, a service provider, or a service company—are they distinctions worth making? Journal of the Academy of Marketing Science, 36(4), 473-487. https://doi.org/10.1007/s11747-008-0107-2
- Meyer, J. P., & Allen, N. J. (1997). Commitment in the workplace: Theory, research, and application. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781452231556
- Oliver, R. L. (1997). Satisfaction: A behavioral perspective on the consumer. McGraw-Hill.
- Reichers, A. E. (1985). A review and reconceptualization of organizational commitment. Academy of Management Review, 10(3), 465-476. https://doi.org/10.5465/amr.1985.4278960
- Tversky, A. (1977). Features of similarity. Psychological Review, 84(4), 327-352. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.4.327
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to Respondents:
Please indicate your level of agreement or disagreement with each of the following statements regarding the specific service provider who serves you (e.g., your hairstylist, physician, personal banker, or mechanic), in comparison to other alternative service providers available to you.
Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)
-
Item 1: Compared to other service providers, I like this service provider much better.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
-
Item 2: My attitude toward this service provider is much more favorable than toward other service providers.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
-
Item 3: I have a much stronger preference for this service provider than for other service providers.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
-
Item 4: I think this service provider is much better than other service providers.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]