1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Attitude envers la possession (Attitude Toward the Possession, ou ATPO), formalisée et mobilisée notamment par Melumad et Pham (2020), constitue un instrument psychométrique bref composé de six items conçu pour évaluer l’intensité avec laquelle un consommateur intègre un objet matériel ou numérique spécifique au sein de son concept de soi. Ancrée dans le corpus théorique fondamental du « soi étendu » (extended self) initié par Russell Belk, cette échelle appréhende l’attachement psychologique et l’incorporation symbolique d’une possession à travers trois vecteurs interdépendants : la congruence identitaire et le reflet de soi (la croyance que l’objet exprime l’essence même de l’individu), la résonance émotionnelle par procuration (l’expérimentation d’attaques ou de compliments personnels lorsque l’objet est jugé) et la sensibilité au regard social (la préoccupation quant à la manière dont autrui perçoit cette possession).
L’administration de l’ATPO repose sur un gabarit modulaire où chaque énoncé intègre un espace réservé (« [possession] ») permettant d’adapter l’outil à une multitude de cibles matérielles ou technologiques, telles que le smartphone, un véhicule, un vêtement emblématique ou un objet transitionnel d’adulte. Les répondants expriment leur degré d’accord sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques documentées mettent en évidence une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach excédant fréquemment 0,85 et pouvant atteindre 0,92 selon les échantillons d’étude. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires confirment une structure unidimensionnelle dominante d’incorporation de soi, tout en reflétant de façon équilibrée les facettes cognitives, affectives et interpersonnelles du construit. Cet instrument offre ainsi une métrique robuste pour explorer les mécanismes de compensation psychologique, l’autorégulation émotionnelle et les conduites addictives ou affectives liées aux technologies modernes.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude envers la possession, soi étendu, attachement à l’objet, psychométrie, comportement du consommateur, psychologie du consommateur, smartphone, identité personnelle, incorporation symbolique, autorégulation affective
3. Auteurs / Authors
L’opérationnalisation moderne de l’échelle ATPO dans le contexte des interactions affectives et physiologiques avec les technologies personnelles a été développée et formalisée par :
- Shiri Melumad — Professeure adjointe de marketing à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis). Spécialiste de la psychologie des technologies numériques, de la communication sur mobile et des dimensions affectives de l’usage des smartphones. Adresse électronique institutionnelle : [email protected].
- Michel Tuan Pham — Professeur émérite de commerce et de marketing (« Kravis Professor of Business ») à la Columbia Business School, Université Columbia, New York (États-Unis). Chercheur de renommée mondiale dans les domaines du jugement, de la prise de décision, du rôle des affects et des émotions dans le comportement du consommateur. Adresse électronique institutionnelle : [email protected].
Leurs travaux s’appuient sur les fondements conceptuels posés antérieurement par des théoriciens de la psychologie du consommateur tels que Russell W. Belk, Jennifer Edson Escalas et James R. Bettman.
4. Objectif / Purpose
L’échelle ATPO a été conçue pour capturer avec précision et parcimonie le degré d’assimilation psychologique d’un objet matériel dans l’identité du sujet. Alors que les échelles traditionnelles d’attitude mesurent généralement une valence évaluative globale (positif/négatif, agréable/désagréable, favorable/défavorable), l’ATPO dépasse ce simple jugement hédonique ou utilitaire pour quantifier l’ancrage phénoménologique de la possession au sein du schéma de soi. L’objectif fondamental est de comprendre pourquoi et dans quelle mesure certains objets cessent d’être de simples instruments externes pour devenir des composantes indissociables de l’individu.
Dans les contextes de recherche fondamentale en psychologie sociale et en comportement du consommateur, l’ATPO permet de modéliser les réactions face aux menaces dirigées vers le soi. Lorsque la possession est hautement assimilée, toute critique ou détérioration touchant l’objet est encodée sur le plan cognitif et physiologique comme une agression personnelle. Dans l’investigation empirique menée par Melumad et Pham (2020), l’échelle sert notamment à expliquer pourquoi le smartphone agit comme une véritable « tétine psychologique » (pacifier) capable d’atténuer le stress physiologique et l’anxiété : l’intensité de l’effet d’apaisement est directement modérée par le degré d’incorporation de l’appareil dans l’identité du sujet.
Sur le plan des applications appliquées et cliniques, l’ATPO fournit une grille diagnostique pertinente pour analyser les pathologies de l’attachement matériel, telles que la syllogomanie (accumulation compulsive), les dépendances comportementales aux dispositifs technologiques connectés (nomophobie) et les comportements de deuil matériel consécutifs à la perte ou au vol d’un bien critique. En marketing et en ergonomie des interfaces, l’échelle permet de déterminer quels attributs de conception (design personnalisé, retours haptiques, interactions continues) favorisent une appropriation identitaire profonde, transformant un produit neutre en un sanctuaire affectif et sécurisant.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ATPO est l’incorporation de la possession dans le soi étendu. Ce construit tridimensionnel unifié se structure autour de manifestations cognitives, affectives et sociales complémentaires :
1. Dimension cognitive : Réflexion et congruence identitaire
Cette dimension renvoie à la perception selon laquelle l’objet matériel constitue une extension authentique de la personnalité, des valeurs ou des caractéristiques centrales de l’individu. L’objet sert de miroir symbolique et d’instrument d’auto-signalisation (self-signaling). Le consommateur perçoit que la possession incarne visuellement et fonctionnellement ce qu’il est. Par exemple, un utilisateur pour qui le smartphone constitue une archive continue de sa mémoire autobiographique, de ses préférences esthétiques et de ses réseaux sociaux percevra l’appareil non comme un simple outil de télécommunication, mais comme un dépositant tangible de son identité interne.
2. Dimension affective : Vicariance émotionnelle et sensibilité aux jugements
La composante affective mesure le transfert des réactions émotionnelles du sujet vers l’objet et réciproquement. Lorsque les frontières entre le soi et la possession deviennent perméables, les jugements émis à l’encontre de l’objet déclenchent des réponses affectives isomorphes à celles suscitées par des jugements émis directement sur la personne :
- Vulnérabilité aux attaques par procuration : Une remarque péjorative ou un dénigrement visant l’objet (ex. : critiquer l’état, la marque ou les performances du smartphone) est interprété comme un affront personnel, générant de la honte, de la colère ou une attitude défensive.
- Compliments et valorisation indirecte : À l’inverse, l’admiration exprimée par autrui à l’égard de l’objet produit un sentiment d’auto-accomplissement, de fierté et de gratification narcissique directe.
3. Dimension sociale : Vigilance et méta-perceptions d’autrui
La dimension sociale capture la préoccupation active du consommateur concernant la manière dont son entourage ou les observateurs extérieurs décodent l’objet. La possession fonctionne comme un vecteur de communication interpersonnelle (symbolic consumption). L’individu s’investit psychologiquement dans la gestion des impressions facilitée par l’objet. Si autrui déprécie la possession, le consommateur ressent une dégradation de son statut social ou de son image publique, ce qui témoigne d’un lien fusionnel où l’objet sert d’interface de négociation identitaire face au groupe.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’ATPO s’enracine au croisement de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie du développement, de la psychologie sociale et de la théorie du consommateur.
La théorie du soi étendu (Belk, 1988)
Le socle primordial de l’instrument repose sur la théorie séminale du soi étendu formalisée par Russell Belk (1988), elle-même héritière des réflexions philosophiques et psychologiques de William James (1890). James postulait que le concept de soi matériel d’un individu englobe non seulement son corps et ses facultés psychiques, mais également ses vêtements, sa demeure, sa famille et ses biens accumulés. Belk a opérationnalisé cette notion en démontrant que les individus investissent intentionnellement de l’énergie psychique (« cathexis ») dans des possessions matérielles jusqu’à ce que la frontière entre le « moi » (self) et le « non-moi » (not-self) s’estompe. Selon Belk, nous sommes la somme totale de nos possessions. L’ATPO saisit précisément l’aboutissement de ce processus d’incorporation où l’objet devient un dépositaire fonctionnel de l’identité personnelle.
La théorie des objets transitionnels (Winnicott, 1953)
Dans l’application spécifique développée par Melumad et Pham (2020), l’ancrage théorique est enrichi par la théorie psychanalytique des objets transitionnels de Donald Winnicott. Winnicott a théorisé que l’enfant en bas âge utilise une couverture ou une peluche comme substitut sécurisant pour gérer l’angoisse de séparation d’avec la mère, créant ainsi un espace transitionnel entre le monde interne et la réalité extérieure. Melumad et Pham démontrent que certains artefacts contemporains, au premier rang desquels figure le smartphone, réactivent à l’âge adulte des fonctions analogues d’apaisement primaire : ils agissent comme des « pacificateurs psychologiques » (tétines modernes) apportant du réconfort face à des stresseurs environnementaux grâce à la proximité physique permanente, à l’accès illimité à un univers personnel sécurisé et à un sentiment d’agentivité restauré.
Théories de la congruence de soi et du symbolic interactionism
L’ATPO dialogue également avec le courant de l’interactionnisme symbolique (Mead, 1934 ; Blumer, 1969) et les théories de la congruence de l’image de soi (Sirgy, 1982 ; Escalas & Bettman, 2005). Dans ce paradigme, les individus construisent, modifient et maintiennent leur identité à travers les significations symboliques associées aux artefacts qu’ils possèdent et affichent. Les objets ne sont pas de simples possessions utilitaires ; ils incarnent un langage par lequel l’individu converse avec lui-même et négocie sa place dans le monde social.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ATPO a été rigoureusement examinée à travers plusieurs paradigmes expérimentaux et corrélationnels, notamment dans les recherches conduites par Melumad et Pham (2020) :
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la cohérence interne des six items et par leur capacité à refléter fidèlement le continuum d’extension du soi. Des analyses en composantes principales et des modélisations en équations structurelles démontrent que l’ensemble des items converge vers un facteur sous-jacent unique d’attachement identitaire, avec des saturations factorielles standardisées robustes (oscillant généralement entre 0,72 et 0,89).
Validité convergente
L’ATPO démontre une validité convergente élevée avec des mesures établies de l’attachement à la marque et du soi étendu :
- Corrélations significatives positives (généralement comprises entre r = 0,60 et r = 0,78, p < 0,001) avec l’échelle de connexion soi-marque (Self-Brand Connection Scale d’Escalas et Bettman, 2003).
- Associations fortes avec les indices de proximité perçue et d’indispensabilité subjective de l’objet au quotidien.
Validité discriminante
L’instrument se distingue nettement des mesures d’utilité pure, de dépendance fonctionnelle ou d’attitude hédonique générique. Les études montrent que l’ATPO partage moins de 35 % de variance commune avec des mesures d’utilité instrumentale (ex. : « Cet objet m’est utile dans mon travail »), ce qui prouve que l’attachement identitaire mesuré ne se réduit pas à la simple fréquence d’utilisation ou à la dépendance pratique. De même, les indices hétérotrait-monotrait (HTMT) demeurent systématiquement sous le seuil critique de 0,85 vis-à-vis des échelles d’anxiété générale.
Validité prédictive et écologique
La validité prédictive de l’échelle est particulièrement remarquable. Dans les protocoles de Melumad et Pham (2020), les scores à l’ATPO ont modéré significativement l’atténuation du stress lors de tâches anxiogènes (ex. : test de stress de Trier adapté) :
- Les participants présentant un score élevé à l’ATPO envers leur smartphone ont affiché une réduction plus marquée de la réponse galvanique de la peau (conductance cutanée, reflétant l’activation du système nerveux sympathique) lorsqu’ils pouvaient interagir avec leur appareil ou simplement le conserver à portée de main.
- Ces mêmes participants ont rapporté des niveaux significativement moindres d’affects négatifs auto-rapportés comparativement à ceux présentant un score d’incorporation plus faible.
8. Fidélité / Reliability
Les investigations psychométriques de l’ATPO révèlent des indices de fidélité particulièrement élevés à travers divers protocoles et échantillons :
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Melumad et Pham (2020), l’échelle d’attitude envers la possession appliquée au smartphone a démontré une cohérence interne excellente :
- Le coefficient alpha de Cronbach (α) rapporté se situe systématiquement entre 0,88 et 0,92 selon les sous-échantillons expérimentaux.
- Le coefficient de fiabilité composite (Composite Reliability, CR) dépasse fréquemment 0,90, garantissant que l’ensemble des six items contribue de façon équilibrée et cohérente à la variance du construit latent.
- La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède le seuil standard de 0,50, s’établissant couramment autour de 0,62 à 0,68.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Bien que l’incorporation de soi puisse fluctuer à long terme sous l’effet de changements identitaires majeurs ou du remplacement du matériel, la fidélité test-retest à court et moyen terme (intervalle de 2 à 4 semaines) s’avère solide, affichant des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) supérieurs à 0,80. Cette stabilité temporelle confirme que l’ATPO mesure une disposition affective et cognitive stable envers un objet donné plutôt qu’une humeur passagère ou un état transitoire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’examen des propriétés dimensionnelles de l’ATPO a fait l’objet d’analyses factorielles approfondies :
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des analyses factorielles exploratoires conduites avec extraction par le maximum de vraisemblance et rotation oblique (ex. : Promax), l’évaluation des critères d’arrêt factoriels (critère de Kaiser avec valeurs propres > 1,0 et test de sédimentation de Cattell) révèle systématiquement l’émergence d’un seul facteur dominant :
- La valeur propre du premier facteur dépasse couramment 3,80, expliquant à elle seule entre 62 % et 71 % de la variance totale des scores.
- Les saturations factorielles de l’ensemble des six items sur ce facteur principal sont uniformément élevées, oscillant généralement entre 0,70 et 0,88.
- Aucun résidu factoriel significatif ne justifie l’extraction d’un second facteur autonome dans les conditions standards d’administration.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Les modélisations confirmatoires testant un modèle unidimensionnel à six indicateurs rapportent d’excellents indices d’ajustement aux données empiriques, confirmant la parcimonie et la robustesse de la structure :
- Chi-deux normé (χ²/df) : généralement compris entre 1,45 et 2,30 (valeur optimale < 3,00).
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,97.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,96.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : ≤ 0,055 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,020 et 0,080).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,035.
Ces indices corroborent l’hypothèse selon laquelle, bien que les items abordent des manifestations en apparence variées (reflet de soi, sensibilité aux attaques, compliments reçus, regard d’autrui), ils opèrent comme des manifestations empiriques convergentes d’un processus psychologique central unique : l’extension du soi à travers la possession.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se caractérise par une structure standardisée, adaptable à tout type d’objet focal :
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique unidimensionnel d’évaluation de l’attachement et de l’extension de soi.
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire informatisé en ligne (durée moyenne de passation : 2 à 3 minutes).
- Nombre d’items : 6 énoncés affirmatifs contenant un marqueur variable (« [possession] » ou « [objet] ») à remplacer par le nom de l’artefact évalué (ex. : « mon smartphone », « mon ordinateur portable », « ma voiture »).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points graduée de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), avec un point neutre à 4 (« Ni d’accord ni pas d’accord »).
- Procédure de cotation :
- L’ensemble des 6 items est orienté positivement vers l’incorporation de l’objet ; il n’y a pas d’items inversés.
- Le score global d’attitude/incorporation envers la possession est calculé par la moyenne arithmétique simple des réponses aux 6 items :
Score ATPO = (Item 1 + Item 2 + Item 3 + Item 4 + Item 5 + Item 6) / 6 - Le score résultant varie de 1,00 à 7,00, où un score élevé reflète une assimilation identitaire profonde et un attachement fusionnel de la possession au concept de soi.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de formalisation : 2020 (publication de référence dans le Journal of Marketing Research par Shiri Melumad et Michel Tuan Pham).
- Droits d’auteur et permissions : Les concepts et l’article de recherche sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA). L’échelle a été mise à disposition de la communauté académique dans le cadre de la publication scientifique et de ses annexes méthodologiques.
- Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche universitaire non commerciale, d’enseignement ou de réplication scientifique est libre et gratuite, sous réserve d’une citation bibliographique appropriée de l’article source de Melumad et Pham (2020). Pour tout déploiement commercial ou intégration au sein d’outils propriétaires d’évaluation de marque, une autorisation doit être sollicitée auprès des détenteurs de droits et des auteurs.
12. Références / References
Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
Blumer, H. (1969). Symbolic interactionism: Perspective and method. University of California Press.
Escalas, J. E., & Bettman, J. R. (2003). You are what they eat: The influence of reference groups on consumers’ connections to brands. Journal of Consumer Psychology, 13(3), 339–348. https://doi.org/10.1207/S15327663JCP1303_14
Escalas, J. E., & Bettman, J. R. (2005). Self-construal, reference groups, and brand meaning. Journal of Consumer Research, 32(3), 378–389. https://doi.org/10.1086/497549
Ferraro, R., Escalas, J. E., & Bettman, J. R. (2011). Our brands, our selves: Alienation and the self-brand connection. Journal of Consumer Psychology, 21(4), 472–483. https://doi.org/10.1016/j.jcps.2011.02.001
James, W. (1890). The principles of psychology. Henry Holt and Company.
Mead, G. H. (1934). Mind, self and society. University of Chicago Press.
Melumad, S., & Pham, M. T. (2020). The smartphone as a pacifier: A psychological and physiological investigation of its effects on stressed consumers. Journal of Marketing Research, 57(2), 236–256. https://doi.org/10.1177/0022243720906253
Sirgy, M. J. (1982). Self-concept in consumer behavior: A critical review. Journal of Consumer Research, 9(3), 287–300. https://doi.org/10.1086/208924
Sivadas, E., & Venkatesh, R. (1995). An examination of individual and object-specific influences on extended self and its relation to disposition prone. Journal of Social Behavior and Personality, 10(2), 419–434.
Winnicott, D. W. (1953). Transitional objects and transitional phenomena—A study of the first not-me possession. International Journal of Psycho-Analysis, 34, 89–97.