Attitude de l’enfant envers le père et la mère (CAF/CAM)

L’échelle d’attitude de l’enfant envers le père et la mère (CAF/CAM) de Walter W. Hudson évalue avec précision la détresse relationnelle et affective filio-parentale à travers 25 items cotés sur une échelle de Likert.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’échelle d’évaluation de l’attitude de l’enfant envers ses parents, déclinée en deux versions parallèles intitulées respectivement Child’s Attitude Toward Father (CAF) et Child’s Attitude Toward Mother (CAM), a été développée par le professeur Walter W. Hudson au sein de la suite d’instruments cliniques standardisés de la WALMYR Assessment Scales (WAS). Cet instrument psychométrique unidimensionnel d’auto-évaluation est conçu pour mesurer avec une grande précision la nature, la gravité et l’ampleur des dysfonctionnements relationnels et affectifs perçus par un enfant ou un adolescent à l’égard de sa figure paternelle ou maternelle. Chacune des deux échelles comprend 25 items formulés de manière directe et concise, adaptés aux enfants d’âge scolaire et aux adolescents (généralement à partir de 12 ans, voire 8 à 10 ans avec accompagnement à la lecture). Les répondants expriment la fréquence de leurs sentiments et perceptions relationnelles sur une échelle de type Likert en sept points, allant de 1 (« None of the time » / Jamais) à 7 (« All of the time » / Tout le temps).

Sur le plan psychométrique, les échelles CAF et CAM présentent des indices d’homogénéité et de fidélité exceptionnellement élevés. La cohérence interne, évaluée systématiquement par le coefficient alpha de Cronbach, dépasse constamment le seuil de 0,90 (variant typiquement entre 0,92 et 0,95 selon les cohortes cliniques et non cliniques). La fidélité test-retest à court et moyen terme démontre une remarquable stabilité temporelle (coefficients supérieurs à 0,85). Le système de cotation suit la métrique standardisée des instruments de Hudson : après inversion de 9 items formulés positivement (items 2, 3, 8, 12, 14, 15, 16, 21 et 24), les scores bruts sont convertis sur une échelle standardisée variant de 0 à 100. Les scores élevés signalent une détresse relationnelle et des attitudes parentales négatives marquées. Un seuil clinique établi à 30 (avec un palier supérieur de sévérité à 70) permet d’identifier sans ambiguïté les mineurs aux prises avec des conflits relationnels parents-enfants cliniquement significatifs. Largement validées et documentées dans la littérature spécialisée du travail social, de la psychologie clinique et de la thérapie systémique de la famille, ces échelles constituent un outil diagnostique et de suivi thérapeutique incontournable pour objectiver les dynamiques filiales.

2. Mots-clés / Keywords

Attitude de l’enfant envers les parents, relations parents-enfants, échelle CAF, échelle CAM, Walter W. Hudson, évaluation clinique, psychométrie familiale, détresse filiale, conflit familial, attachement adolescent.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, testée et standardisée par Walter W. Hudson, Ph.D. (1934–2005), universitaire américain de renommée internationale, professeur distingué à l’École de travail social de la Florida State University (Tallahassee, Floride, États-Unis) et à l’Arizona State University. Pionnier du mouvement d’évaluation empirique de la pratique clinique (Empirical Clinical Practice Movement), Hudson a consacré plusieurs décennies de recherche au développement de mesures psychométriques brèves, standardisées et opérationnelles, regroupées sous l’égide du Clinical Measurement Package (CMP) puis publiées par WALMYR Publishing Company.

La diffusion et la standardisation éditoriale de ces outils ont également été soutenues et répertoriées par des collaborateurs majeurs du champ de l’évaluation clinique en travail social, notamment le professeur Kevin J. Corcoran (Université d’Oakland) et le professeur Joel Fischer (Université d’Hawaï), co-auteurs de plusieurs volumes de référence consacrés aux mesures cliniques de la pratique basée sur les données probantes.

4. Objectif / Purpose

Finalité globale de l’instrument

Le principal objectif des échelles Child’s Attitude Toward Father (CAF) et Child’s Attitude Toward Mother (CAM) est de fournir une évaluation quantitative, standardisée, rapide et psychométriquement rigoureuse du degré de dysfonctionnement relationnel et d’insatisfaction affective qu’un enfant ou un adolescent éprouve envers son père ou sa mère. Dans le champ de l’intervention familiale et de la pédopsychologie, la subjectivité de l’enfant a longtemps été difficile à opérationnaliser de manière empirique : les praticiens se heurtaient soit à des récits projectifs hautement complexes à interpréter et chronophages, soit à des entretiens cliniques soumis à de forts biais de désirabilité sociale ou de loyauté familiale. Hudson a conçu le CAF et le CAM afin de remédier à cette lacune en proposant un outil direct, accessible sur le plan langagier et doté d’une forte validité discriminante.

Applications en pratique clinique

Dans le cadre de la prise en charge thérapeutique, qu’il s’agisse de thérapie familiale systémique, de consultations en pédopsychiatrie ou de médiation familiale, le CAF et le CAM remplissent plusieurs fonctions déterminantes :

  • Dépistage et évaluation initiale : Permettre de déterminer rapidement si les difficultés extériorisées (troubles des conduites, opposition, décrochage scolaire) ou intériorisées (anxiété, retrait affectif, symptômes dépressifs) présentées par un jeune sont étroitement articulées à un effondrement du lien parental ou à une hostilité intrafamiliale aiguë.
  • Différenciation de la dynamique parentale : L’administration séparée du CAF et du CAM permet une analyse comparée de l’investissement affectif envers chaque figure parentale. Les praticiens peuvent ainsi mettre en lumière des dynamiques de clivage, de triangulation, d’aliénation parentale ou de déséquilibre relationnel majeur entre le père et la mère.
  • Planification de l’intervention ciblée : Les items spécifiques de l’échelle mettent en exergue les domaines de tension prédominants : rejet, ressentiment, manque de confiance, intrusion excessive ou peur de la perte de contrôle, guidant ainsi directement les thèmes à aborder lors des séances conjointes.
  • Mesure répétée des progrès cliniques (Monitoring) : Conformément à la philosophie de Hudson d’évaluer la pratique à l’aide de protocoles à cas unique (Single-System Designs), la brièveté du test (5 à 8 minutes de passation) permet une réévaluation hebdomadaire ou bimensuelle. Cela rend possible le traçage objectif des variations du climat relationnel au fur et à mesure que les interventions systémiques ou de soutien à la parentalité portent leurs fruits.

Applications dans la recherche empirique et contextes médico-légaux

Au-delà de la thérapie, le CAF et le CAM sont largement exploités dans la recherche développementale sur les trajectoires d’adaptation des adolescents, l’impact du divorce, de la recomposition familiale, ou encore l’évaluation des programmes d’entraînement aux habiletés parentales. Dans les contextes d’expertise psycholégale (litiges concernant la garde des enfants, enquêtes de protection de l’enfance), ces échelles fournissent un indice quantitatif normé permettant de documenter de manière non inductive la perception vécue par le mineur vis-à-vis de chacun de ses tuteurs légaux, réduisant ainsi l’arbitraire des appréciations subjectives isolées.

5. Construit psychologique / Construct

Unidimensionnalité et architecture du construit

Le construit psychologique mesuré par le CAF et le CAM est conceptualisé par Hudson comme un continuum d’attitude affective et relationnelle globale de l’enfant à l’égard de la figure parentale ciblée. Bien que le questionnaire soit conçu comme une échelle globale unidimensionnelle (produisant un score unitaire de sévérité du problème relationnel), le construit sous-jacent est riche et multifacette, englobant les composantes cognitives, émotionnelles, comportementales et interactives de la relation filio-parentale.

Dans la typologie des attitudes proposée en psychologie sociale et clinique, une attitude relationnelle n’est pas une simple opinion fluctuante ; elle représente une disposition évaluative stable et apprise, qui oriente la façon dont l’enfant interprète les actions de son parent et la manière dont il y réagit sur le plan affectif. Le construit opérationnalisé dans le CAF/CAM se décline à travers plusieurs sphères fondamentales :

1. La composante affective et émotionnelle (Attachement vs Hostilité)

Cette dimension évalue la nature de la résonance émotionnelle primaire provoquée par la figure parentale. À une extrémité du spectre se trouvent l’affection, l’amour filial, la fierté et le plaisir d’être ensemble. À l’autre extrémité prédominent la haine, le dégoût, le ressentiment profond, l’irritation chronique et l’hostilité. Des items tels que « I hate my father/mother » (Item 13) ou à l’opposé « I think my father/mother is terrific » (Item 12) et « I feel proud of my father/mother » (Item 21) sondent directement l’intensité des affects d’attachement ou de rejet radical.

2. La confiance de base et la sécurité relationnelle

Directement dérivée des modèles théoriques de l’attachement, cette composante évalue dans quelle mesure l’enfant perçoit son parent comme une source fiable de soutien et de réconfort en cas de besoin. Elle renvoie à la certitude interne que le parent est prévisible, disponible et bienveillant. Elle est opérationnalisée par des énoncés positifs tels que « I feel that I can really trust my father/mother » (Item 3) et « I can really depend on my father/mother » (Item 24). Une chute drastique sur ces items indique une insécurité d’attachement profonde et une perte d’étayage affectif.

3. L’acceptation vs le rejet et la honte sociale

Cette dimension examine la façon dont l’enfant intègre l’image parentale dans la construction de sa propre identité sociale et personnelle. Elle capture le sentiment d’embarras, de malaise ou de honte généré par le comportement du parent (Item 5 : « My father’s/mother’s behavior embarrasses me » ; Item 25 : « I feel ashamed of my father/mother ») ainsi que le souhait fantasmé d’avoir un autre parent ou de substituer la figure parentale par celle d’autrui (Item 7 : « I wish I had a different father/mother » ; Item 22 : « I wish my father/mother was more like others I know »). Ces aspects sont particulièrement prégnants chez l’adolescent en phase de séparation-individuation.

4. L’empiètement, le contrôle perçu et la conflictualité de l’autorité

L’attitude négative de l’enfant est fréquemment médiatisée par sa perception de l’autorité parentale comme étant intrusive, rigide ou étouffante. Des énoncés comme « My father/mother puts too many limits on me » (Item 9), « My father/mother interferes with my activities » (Item 10) et « My father/mother is too demanding » (Item 6) explorent la réactivité de l’enfant face aux exigences normatives du parent. L’impression d’incompréhension mutuelle (Item 23 : « My father/mother does not understand me ») complète ce tableau en révélant une rupture du dialogue intergénérationnel.

5. La dérégulation émotionnelle et l’agressivité réactive

Aux niveaux les plus sévères de détresse relationnelle, le construit englobe des pulsions agressives manifestes et un sentiment de rage indicatif de conflits sévères (Item 19 : « I feel very angry toward my father/mother » ; Item 20 : « I feel violent toward my father/mother »). L’intégration de ces énoncés extrêmes permet à l’instrument d’avoir un plafond suffisamment élevé pour discriminer les situations de crise familiale aiguë nécessitant une intervention de protection immédiate.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle de mesure clinique de Walter W. Hudson

Le cadre conceptuel à l’origine du CAF et du CAM s’ancre dans l’approche de la mesure clinique empirique développée par Walter W. Hudson à partir de la fin des années 1970. Hudson a cherché à concilier la rigueur des principes de la théorie classique des tests (Classical Test Theory, CTT) avec les impératifs pratiques de l’évaluation continue en milieu clinique. Son postulat épistémologique reposait sur l’idée que pour intervenir efficacement auprès des familles, les praticiens doivent pouvoir mesurer l’état du problème avec la même précision qu’un clinicien médical surveillant la tension artérielle ou la température d’un patient.

Dans ce modèle, Hudson définit les troubles relationnels non pas comme des entités catégorielles psychiatriques fixes, mais comme des grandeurs d’état continues variant en intensité au fil des interactions familiales. L’utilisation d’une métrique relative (de 0 à 100) est spécifiquement pensée pour standardiser l’interprétation diagnostique à travers un vaste ensemble de domaines relationnels et affectifs.

La théorie de l’attachement de Bowlby et Ainsworth

Bien que Hudson ait privilégié une démarche opérationnelle et comportementale, les fondements conceptuels du CAF/CAM s’alignent parfaitement avec la théorie de l’attachement de John Bowlby et les travaux de Mary Ainsworth. Selon Bowlby, les enfants développent des « modèles internes opérants » (Internal Working Models) de soi et des autres à partir de la qualité des interactions précoces avec leurs figures d’attachement primaires. Un modèle opérant sécure favorise des sentiments de confiance, d’accessibilité et de confort émotionnel, tandis qu’un modèle insécure (évitant, anxieux ou désorganisé) se traduit par du ressentiment, de l’incompréhension, une distance affective protectrice ou une agressivité défensive.

Les échelles CAF et CAM capturent précisément l’état actuel de ce modèle interne opérant à l’adolescence : l’enfant qui rapporte qu’il peut faire confiance à son parent, compter sur lui et qu’il apprécie sa compagnie témoigne d’un attachement sécure consolidé, tandis que des scores élevés traduisent une rupture d’étayage et une détresse d’attachement majeure.

La théorie générale des systèmes familiaux

Le cadre théorique convoque également la théorie systémique de la famille (notamment les approches structurelles de Salvador Minuchin et intergénérationnelles de Murray Bowen). Dans une optique systémique, l’attitude de l’enfant envers un parent n’est pas uniquement le reflet d’une disposition intrapsychique individuelle, mais le symptôme de l’organisation homéostatique du sous-système parental et filial. Les frontières relationnelles diffuses, le contrôle coercitif ou l’absence de flexibilité parentale déclenchent des réactions d’opposition, d’irritabilité et de rejet chez l’enfant cherchant à préserver son autonomie.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité des échelles CAF et CAM ont fait l’objet d’investigations approfondies au cours de multiples programmes d’évaluation conduits par Hudson et des équipes indépendantes, confirmant la grande solidité métrologique de ces instruments.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été établie par une démarche itérative de génération d’items à partir d’entretiens cliniques menés auprès de mineurs, de parents et de thérapeutes d’enfants. Les items initiaux ont été soumis à des panels d’experts en psychométrie et en intervention familiale afin de vérifier leur pertinence conceptuelle, la clarté de leur formulation pour des jeunes lecteurs, ainsi que leur exhaustivité pour couvrir l’éventail des attitudes filiales (positives, ambivalentes et ouvertement hostiles). Les énoncés ambigus ou redondants ont été éliminés pour aboutir à l’ensemble équilibré final de 25 items.

Validité de construit (Construct Validity)

La validité de construit est étayée par la cohérence interne des échelles et leur conformité avec les postulats théoriques du fonctionnement familial. Comme attendu, les scores au CAF et au CAM sont positivement et significativement corrélés avec d’autres échelles de la suite WALMYR mesurant la pathologie familiale, telles que l’échelle de discorde conjugale perçue ou les échelles de discorde familiale globale (Index of Family Relations, IFR). Des corrélations substantielles (généralement comprises entre r = 0,60 et r = 0,78) ont été observées entre les scores au CAF/CAM et des instruments reconnus de détresse familiale tels que le Family Assessment Device (FAD) et le Family Environment Scale (FES).

Validité discriminante (Known-Groups Discriminant Validity)

L’un des atouts majeurs démontrés par Hudson (1982, 1997) réside dans la validité selon la méthode des groupes connus. Les échelles différencient sans équivoque les enfants issus de populations cliniques (orientés vers des centres de pédopsychiatrie ou de consultation familiale pour des problèmes relationnels graves) des enfants issus d’échantillons communautaires non cliniques. Dans les études de validation princeps, les scores moyens des groupes cliniques se situaient très largement au-dessus du seuil de 30 (moyennes typiques de 45 à 62), alors que les scores des échantillons non cliniques se maintenaient majoritairement en deçà de 20 (moyennes typiques de 12 à 18), avec des tailles d’effet remarquables (d de Cohen dépassant fréquemment 1,20).

Validité convergente et prédictive

La validité convergente se vérifie par des associations négatives fortes avec l’estime de soi de l’enfant (mesurée par exemple par l’Index of Self-Esteem, ISE) et des associations positives avec les échelles de dépression juvénile (mesurée par le Children’s Depression Inventory, CDI) et les problèmes de comportement extériorisés. En outre, la validité prédictive se manifeste par la sensibilité des scores au changement thérapeutique : des études longitudinales ont démontré qu’une baisse significative des scores au CAF et au CAM prédit favorablement le maintien des acquis thérapeutiques et la réduction des fugues ou passages à l’acte à six mois de suivi post-intervention.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne (Internal Consistency)

La consistance interne des échelles CAF et CAM est l’une de leurs caractéristiques psychométriques les plus remarquables. Dans l’ensemble des études empiriques conduites par Hudson (1982, 1992, 1997), le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour ces deux instruments s’élève régulièrement à des valeurs égales ou supérieures à 0,90. Plus spécifiquement :

  • Pour l’échelle CAF (père) : les alphas rapportés dans des échantillons diversifiés d’adolescents varient typiquement entre 0,92 et 0,95.
  • Pour l’échelle CAM (mère) : les coefficients alpha oscillent de manière similaire entre 0,91 et 0,94.
  • Les corrélations item-total corrigées pour chaque item individuel demeurent robustes, dépassant presque systématiquement le seuil de 0,50, la majorité des items affichant des coefficients situés entre 0,60 et 0,80.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

La stabilité temporelle a été documentée sur des intervalles de passation d’une à deux semaines chez des participants ne bénéficiant d’aucune intervention thérapeutique concomitante. Les coefficients de corrélation de Pearson test-retest obtenus sont de l’ordre de 0,86 à 0,92, témoignant d’une excellente stabilité des mesures dans le temps tout en conservant la sensibilité requise pour enregistrer les changements réels induits par un travail psychothérapeutique.

Erreur standard de mesure (Standard Error of Measurement – SEM)

Conformément aux normes établies par la WALMYR Assessment Scales Scoring Manual, l’erreur standard de mesure (SEM) pour les échelles CAF et CAM est remarquablement faible, se situant autour de 4,0 à 5,0 points sur l’échelle standardisée de 0 à 100. Cette faible marge d’erreur garantit aux cliniciens qu’une variation observée de plus de 8 à 10 points entre deux passations reflète un véritable changement dans la dynamique relationnelle de l’enfant et ne relève pas d’une fluctuation aléatoire de l’outil.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les investigations initiales par analyse factorielle exploratoire (utilisant la méthode des composantes principales avec rotation varimax et oblique) menées sur de larges cohortes d’adolescents ont révélé une structure matricielle dominée de façon écrasante par un premier facteur général. Ce facteur principal unitaire explique à lui seul plus de 50 % à 60 % de la variance totale de la matrice de corrélation des items.

Le scree plot (test de l’éboulis de Cattell) présente une rupture très nette après le premier facteur, ce qui confirme empiriquement la décision de Hudson de traiter le CAF et le CAM comme des échelles globalement unidimensionnelles. La quasi-totalité des 25 items présente des saturations factorielles très élevées sur cette composante d’attitude générale envers le parent (saturations comprises entre 0,55 et 0,84).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des travaux ultérieurs d’analyse factorielle confirmatoire ont testé à la fois le modèle unidimensionnel strict et des modèles bi-factoriels ou à sous-facteurs corrélés (distinguant par exemple l’« Affection / Soutien perçu » et l’« Hostilité / Rejet perçu »). Les résultats indiquent :

  • Le modèle unidimensionnel de base présente un ajustement acceptable mais peut comporter une légère covariance d’erreur résiduelle liée à la formulation positive des 9 items inversés (effet de méthode bien connu).
  • Un modèle à deux facteurs corrélés (Facteur 1 : Évaluation positive et sécurité ; Facteur 2 : Conflit, ressentiment et détresse) offre un ajustement statistique supérieur aux données (CFI > 0,94, TLI > 0,93, RMSEA < 0,06). Cependant, en raison d’une corrélation inter-facteurs extrêmement forte (|r| > 0,75 à 0,85), les auteurs et cliniciens recommandent unanimement l’usage du score composite global unitaire, qui capture avec une parcimonie optimale la sévérité du problème relationnel sans fragmenter artificiellement la clinique du lien filial.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure se caractérise par une structure standardisée et une procédure de cotation rigoureuse :

  • Nom de l’instrument : Child’s Attitude Toward Father (CAF) / Child’s Attitude Toward Mother (CAM).
  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Enfants et adolescents (approximativement de 12 à 18 ans ; utilisable dès 8–10 ans avec assistance de lecture si nécessaire).
  • Nombre d’items : 25 items par échelle (25 items pour la version père, 25 items pour la version mère).
  • Format des réponses : Échelle de Likert en 7 points :
    • 1 = None of the time (Jamais / À aucun moment)
    • 2 = Very rarely (Très rarement)
    • 3 = A little of the time (Un peu du temps / Rarement)
    • 4 = Some of the time (De temps en temps / Parfois)
    • 5 = A good part of the time (Une bonne partie du temps / Fréquemment)
    • 6 = Most of the time (La plupart du temps)
    • 7 = All of the time (Tout le temps / En permanence)
  • Items inversés : 9 items sont orientés positivement et doivent faire l’objet d’un recodage inversé avant le calcul du score global : items 2, 3, 8, 12, 14, 15, 16, 21 et 24. Pour ces items, la nouvelle valeur $Y$ est calculée par la formule : $Y = 8 – X$.
  • Formule standardisée de calcul du score de Hudson :

    Une fois les items inversés recodés, le score total standardisé $S$ (allant de 0 à 100) est obtenu par la formule mathématique canonique de la suite WALMYR :

    $$S = \frac{\sum_{i=1}^{k} Y_i – N}{N \times (K – 1)} \times 100$$

    Où $N$ correspond au nombre d’items complétés (pour un questionnaire complet, $N = 25$), $K$ est le nombre maximal de points de l’échelle de réponse ($K = 7$), et $Y_i$ représente la valeur de la réponse (inversée le cas échéant). Pour 25 items répondus, la formule se simplifie directement ainsi :

    $$S = \frac{\sum Y – 25}{150} \times 100 = \frac{\sum Y – 25}{1,5}$$

  • Interprétation des scores cliniques :
    • Score entre 0 et 29 : Absence de problème relationnel cliniquement significatif. Relation parent-enfant fonctionnelle, marquée par une sécurité et une affection positives.
    • Seuil clinique standard (Cutoff = 30) : Les scores supérieurs à 30 indiquent la présence d’un dysfonctionnement relationnel cliniquement avéré et d’un niveau d’insatisfaction filiale significatif justifiant une intervention.
    • Seuil de détresse sévère (Cutoff = 70) : Les scores dépassant 70 signalent une crise relationnelle majeure, caractérisée par une hostilité, un rejet intense ou un risque aigu de rupture du lien filial.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication : Les versions princeps ont été formalisées au début des années 1980 (Hudson, 1982), puis révisées et intégrées au catalogue officiel WALMYR en 1992 et 1997.
  • Éditeur et titulaire du copyright : WALMYR Publishing Company (Tallahassee, FL / Tempe, AZ). Le copyright original appartient à Walter W. Hudson.
  • Permissions et licences : Les formulaires officiels, les feuilles de passation standardisées et le logiciel de saisie clinique informatisé sont protégés par le droit d’auteur. Les professionnels et chercheurs peuvent acquérir des paquets de formulaires ou des licences d’utilisation directement auprès de WALMYR Publishing Company (www.walmyr.com).
  • Usage académique et recherche : Dans le cadre de recherches universitaires non commerciales ou de thèses de doctorat, l’accès et les autorisations de reproduction partielle peuvent être sollicités auprès de l’éditeur ou consultés dans les manuels de référence de mesures cliniques (notamment Fischer & Corcoran, 2007).

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent l’assise méthodologique, empirique et théorique des échelles CAF et CAM :

  • Corcoran, K., & Fischer, J. (2000). Measures for clinical practice: A sourcebook (3rd ed., Vols. 1–2). Free Press.
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1: Couples, families, and children, pp. 457–459). Oxford University Press. Lien éditeur
  • Hudson, W. W. (1982). The clinical measurement package: A field manual. The Dorsey Press.
  • Hudson, W. W. (1992). Child Attitude Toward Father (CAF) / Child Attitude Toward Mother (CAM): The WALMYR assessment scales scoring manual. WALMYR Publishing Company.
  • Hudson, W. W. (1997). The WALMYR assessment scales scoring manual. WALMYR Publishing Company. Site WALMYR
  • Hudson, W. W., & Proctor, E. K. (1977). The assessment of parent-child relationship disorders. Social Service Review, 51(3), 425–439.
  • Nurius, P. S., & Hudson, W. W. (1993). Human services practice, evaluation, and computers: A guide to clinician-researcher partnership. Brooks/Cole Publishing Company.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

My father/mother gets on my nerves.
2

I get along well with my father.
3

I feel that I can really trust my father/mother.
4

I dislike my father/mother.
5

My father's behavior embarrasses me.
6

My father/mother is too demanding.
7

I wish I had a different father/mother.
8

I really enjoy my father.
9

My father/mother puts too many limits on me.
10

My father/mother interferes with my activities.
11

I resent my father/mother.
12

I think my father/mother is terrific.
13

I hate my father/mother.
14

My father/mother is very patient with me.
15

I really like my father.
16

I like being with my father.
17

I feel like I do not love my father/mother.
18

My father/mother is very irritating.
19

I feel very angry toward my father/mother.
20

I feel violent toward my father/mother.
21

I feel proud of my father.
22

I wish my father/mother was more like others I know.
23

My father/mother does not understand me.
24

I can really depend on my father.
25

I feel ashamed of my father.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Attitude de l’enfant envers le père et la mère (CAF/CAM). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-enfant-envers-pere-mere-caf-cam/
Looti, Mohammed. “Attitude de l’enfant envers le père et la mère (CAF/CAM).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-enfant-envers-pere-mere-caf-cam/.
Looti, Mohammed. “Attitude de l’enfant envers le père et la mère (CAF/CAM).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/attitude-enfant-envers-pere-mere-caf-cam/.