1. Résumé / Abstract
L’échelle de mesure de l’Attitude de plaisir envers l’objet (couramment désignée sous l’acronyme OBENJ pour Object Enjoyment Attitude) est un instrument psychométrique développé initialement par Herbjørn Nysveen, Per E. Pedersen et Helge Thorbjørnsen en 2005. Conçue pour évaluer les composantes hédoniques et affectives de l’attitude des consommateurs à l’égard de technologies, services ou artefacts interactifs, cette échelle a été introduite dans le cadre d’une étude d’envergure sur l’adoption des services mobiles publiée dans le Journal of the Academy of Marketing Science. L’instrument est composé de quatre items fondamentaux qui mesurent le degré auquel une personne perçoit un objet ou un service comme étant divertissant, agréable, passionnant (ou stimulant) et amusant. Contrairement aux approches purement cognitives et utilitaires héritées du modèle d’acceptation de la technologie (TAM – Technology Acceptance Model), l’OBENJ capte la valeur intrinsèque de l’interaction sujet-objet, ancrée dans la théorie de la motivation intrinsèque et la consommation expérientielle.
Sur le plan psychométrique, l’échelle se présente sous un format d’auto-évaluation utilisant une échelle différentielle sémantique ou une échelle de type Likert en 7 points. Les études empiriques originelles et leurs réplications démontrent des qualités métrologiques remarquables, caractérisées par une consistance interne très élevée (coefficients alpha de Cronbach régulièrement supérieurs à 0,90 et fiabilité composite excédant 0,92), une validité convergente robuste attestée par des variances moyennes extraites (AVE) largement supérieures aux seuils conventionnels de 0,50, ainsi qu’une excellente validité discriminante par rapport aux attitudes utilitaires, à la facilité d’utilisation perçue et aux normes subjectives. L’échelle OBENJ s’est imposée comme une référence incontournable en psychologie du consommateur, en ergonomie des interfaces (UX) et en gestion des systèmes d’information pour modéliser l’adoption des technologies interactives orientées vers le divertissement ou l’expérience utilisateur globale.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude hédonique, Plaisir perçu, Adoption des technologies, Services mobiles, Expérience utilisateur, Motivation intrinsèque, Psychométrie, Comportement du consommateur, Modèle d’acceptation de la technologie, Valeur expérientielle, OBENJ.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs scandinaves renommés dans les domaines du marketing relationnel, des technologies de l’information et du comportement du consommateur :
- Herbjørn Nysveen : Professeur titulaire au Département de Stratégie et de Management à la Norwegian School of Economics (NHH, Bergen, Norvège). Spécialiste reconnu de l’expérience de marque, de l’adoption des innovations de services et du marketing digital. (Courriel : [email protected]).
- Per E. Pedersen : Professeur au Département d’Économie, Informatique et Sciences Sociales à l’Inland Norway University of Applied Sciences (Lillehammer, Norvège) et chercheur associé à la NHH. Ses travaux pionniers portent sur le commerce mobile, les écosystèmes numériques et les architectures d’interaction. (Courriel : [email protected]).
- Helge Thorbjørnsen : Professeur de marketing à la Norwegian School of Economics (NHH) et directeur du Center for Applied Research (SNF). Ses recherches s’articulent autour de l’économie comportementale, de l’engagement numérique et de la psychologie des décisions financières et technologiques. (Courriel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle Object Enjoyment Attitude (OBENJ) est de quantifier avec précision et parcimonie la dimension affective et hédonique de l’attitude globale d’un utilisateur envers un objet technologique, une interface, un artefact matériel ou un service numérique. Historiquement, la recherche sur les systèmes d’information et le comportement d’adoption était lourdement dominée par des paradigmes fonctionnalistes et rationnels, tels que la Théorie de l’Action Raisonnée (Fishbein & Ajzen, 1975) et le modèle d’acceptation de la technologie (TAM ; Davis, 1989). Ces modèles postulaient que l’adoption d’un outil était quasi exclusivement gouvernée par l’utilité perçue (gains de productivité, efficience) et la facilité d’utilisation perçue. Cependant, avec l’avènement des technologies de communication personnelle, de l’Internet grand public, des téléphones mobiles multifonctions et des services récréatifs au début des années 2000, ces modèles rationnels ont révélé des lacunes explicatives majeures face à des environnements où l’usage n’est ni contraint ni purement utilitaire.
Nysveen, Pedersen et Thorbjørnsen (2005) ont conçu l’échelle OBENJ pour combler ce vide empirique. Leur objectif était de fournir un outil capable de différencier empiriquement l’attitude utilitaire (évaluant l’efficacité, la praticité ou la pertinence fonctionnelle) de l’attitude de plaisir (évaluant la gratification affective immédiate, le bien-être sensoriel et l’amusement procuré par l’objet). Cette distinction s’avère critique pour les applications de recherche fondamentale et appliquée :
- Recherche fondamentale en psychologie et marketing : L’instrument permet d’explorer les médiations entre la perception des caractéristiques techniques d’un système et les intentions comportementales d’usage répété ou de recommandation (bouche-à-oreille). Il offre la possibilité de comparer structurellement des artefacts à vocation divergente (par exemple, des applications mobiles purement transactionnelles comme les services bancaires versus des applications relationnelles ou récréatives comme le jeu mobile).
- Applications en ingénierie de l’expérience utilisateur (UX) et design d’interaction : Pour les concepteurs de produits numériques et les équipes produit, l’OBENJ constitue un baromètre quantitatif rapide permettant d’évaluer si les modifications ergonomiques, graphiques ou ludiques (telles que la gamification) génèrent effectivement une réponse émotionnelle positive et durable chez l’utilisateur final.
- Psychologie différentielle et clinique appliquée aux usages technologiques : Bien que non clinique à l’origine, l’échelle peut être mobilisée pour analyser l’attachement émotionnel excessif, l’échappisme numérique ou la dépendance technologique, en documentant la puissance du renforcement hédonique procuré par l’objet interactif par rapport à l’environnement quotidien.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’échelle OBENJ relève de l’attitude hédonique ou de l’affect orienté vers l’objet. Dans la littérature en psychologie sociale et cognitive (Eagly & Chaiken, 1993), l’attitude est conceptualisée comme une tendance psychologique qui s’exprime par l’évaluation favorable ou défavorable d’une entité particulière. Au sein de cette définition générale, les théoriciens de la consommation (notamment Holbrook & Hirschman, 1982 ; Batra & Ahtola, 1991 ; Voss, Spangenberg & Grohmann, 2003) ont solidement établi la structure bidimensionnelle des attitudes de consommation, scindée entre la composante utilitaire (axée sur la finalité, la cognition et les bénéfices instrumentaux) et la composante hédonique (axée sur les sensations, les émotions et l’expérience vécue).
L’OBENJ isole spécifiquement la dimension hédonique sous l’angle de la gratification intrinsèque liée à l’objet. Le construit s’articule autour de quatre facettes affectives étroitement intégrées :
- Le divertissement (Entertaining) : Cette facette évalue la capacité de l’objet ou du service à captiver l’attention de l’individu de manière plaisante, en lui offrant une rupture avec la monotonie cognitive ou en stimulant son imaginaire. L’artefact divertissant comble un besoin de loisir et réduit l’ennui psychologique.
- L’agréabilité sensorielle et cognitive (Pleasant) : L’agrément renvoie à un état de valence émotionnelle positive globale. Un objet perçu comme « agréable » induit une expérience sans friction rébarbative, favorisant un sentiment de satisfaction feutrée, de confort et d’harmonie esthétique ou ergonomique lors de la manipulation.
- L’excitation / l’éveil affectif (Exciting) : Cette facette fait référence à la dimension d’éveil (arousal) de la réponse émotionnelle (Mehrabian & Russell, 1974). L’objet n’est pas simplement passif ou reposant ; il suscite un enthousiasme dynamique, une curiosité stimulée ou une anticipation énergisante chez l’utilisateur, ce qui le rapproche de l’activation physiologique modérée propre aux jeux ou aux découvertes interactives.
- Le ludisme / l’amusement (Fun) : Le caractère amusant touche à l’essence même du jeu (homo ludens). Il décrit une activité perçue comme spontanément joyeuse, légère et exempte de pesanteur utilitariste. L’interaction avec le service devient sa propre récompense, générant un plaisir auto-suffisant.
Il est crucial de distinguer l’attitude de plaisir envers l’objet (OBENJ) de construits apparentés mais conceptuellement disjoints :
- OBENJ vs Utilité perçue (Perceived Usefulness) : L’utilité perçue se focalise sur les résultats extrinsèques (ex. : « Ce service me permet d’accomplir mes tâches plus rapidement »), tandis que l’OBENJ s’intéresse à la satisfaction du processus même de manipulation (ex. : « Utiliser ce service est amusant »).
- OBENJ vs Facilité d’utilisation perçue (Perceived Ease of Use) : La facilité renvoie à l’absence d’effort physique ou mental perçu, ce qui relève d’une condition préalable cognitive mais non suffisante pour susciter du plaisir actif.
- OBENJ vs État de Flow : Alors que le Flow (Csíkszentmihályi, 1990) représente un état psychologique holistique extrême d’immersion, de perte de la notion du temps et de concentration totale, l’OBENJ capture une attitude dispositionnelle évaluative, plus stable et accessible, mesurant l’appréciation globale et le tonus hédonique associé au système.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle OBENJ s’enracine à la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie sociale, de la psychologie cognitive et de la recherche en systèmes d’information :
1. La Théorie de la Motivation Intrinsèque et la Théorie de l’Autodétermination
Au cœur du cadre théorique de l’OBENJ réside la dichotomie entre motivation extrinsèque et intrinsèque théorisée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan dans le cadre de la Théorie de l’Autodétermination (SDT). La motivation intrinsèque renvoie à l’accomplissement d’une action pour le plaisir et la satisfaction inhérents à l’action elle-même, plutôt que pour une conséquence distincte ou une récompense externe. Davis, Bagozzi et Warshaw (1992) ont adapté cette théorie aux technologies informatiques en introduisant le concept de « plaisir perçu » (perceived enjoyment), défini comme le degré selon lequel l’activité d’utilisation d’un système est perçue comme agréable en son for intérieur, indépendamment de toute anticipation de performance future. L’OBENJ formalise cette appréciation sous une forme attitudinale orientée vers l’artefact.
2. Le paradigme de la consommation expérientielle et hédonique
Dans les sciences de gestion et la psychologie du consommateur, Morris Holbrook et Elizabeth Hirschman (1982) ont révolutionné l’approche de la décision humaine en introduisant la perspective expérientielle. Ils ont soutenu que la consommation ne se réduit pas à une résolution rationnelle de problèmes axée sur l’information, mais englobe une quête constante de fantasmes, de sentiments et d’amusement (le modèle des « 3F » : Fantasies, Feelings, Fun). L’échelle OBENJ puise directement dans cette filiation épistémologique, en traduisant ces affects expérientiels en indicateurs quantitatifs applicables aux biens technologiques et aux environnements numériques modernes.
3. L’intégration au Modèle Tripartite des Attitudes
Sur le plan métathéorique, l’OBENJ s’insère dans le modèle tripartite classique de l’attitude (Breckler, 1984), qui décompose l’attitude globale en trois composantes : cognitive (croyances), affective (sentiments, émotions) et conative (tendances comportementales). Nysveen et ses collaborateurs (2005) ont soutenu qu’en omettant la composante affective spécifique du plaisir, les modèles traditionnels d’acceptation technologique échouaient à prédire avec précision l’utilisation récurrente d’artefacts ubiquitaires. En réintroduisant l’attitude de plaisir aux côtés de l’attitude utilitaire, les auteurs restaurent la plénitude explicative du modèle affectif-cognitif appliqué aux comportements numériques contemporains.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle OBENJ ont été rigoureusement établies dès l’étude princeps de Nysveen, Pedersen et Thorbjørnsen (2005) et corroborées par de multiples investigations ultérieures dans le domaine des technologies de l’information et du commerce électronique.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente vérifie que les quatre items supposés mesurer l’attitude de plaisir s’associent fortement entre eux pour former un construit unifié. Dans l’échantillon d’origine composé de 1 123 utilisateurs norvégiens répartis sur quatre catégories distinctes de services mobiles (services transactionnels/paiement, services de contact, services d’information textuelle et jeux mobiles téléchargeables), l’analyse factorielle confirmatoire a révélé des saturations factorielles standardisées hautement significatives (toutes supérieures à 0,80, avec des valeurs t associées excédant largement les seuils critiques à p < 0,001). La variance moyenne extraite (AVE) de l’OBENJ s’est établie de manière récurrente entre 0,72 et 0,84 selon les sous-échantillons de services analysés, dépassant amplement le seuil minimal recommandé de 0,50 établi par Fornell et Larcker (1981).
Validité discriminante
La capacité de l’OBENJ à se distinguer d’autres construits adjacents a été testée rigoureusement via le critère de Fornell-Larcker ainsi que par l’évaluation des matrices de corrélations factorielles :
- La variance moyenne extraite pour le construit OBENJ s’est révélée systématiquement supérieure au carré des corrélations entre l’OBENJ et les autres variables latentes du modèle structurel, notamment l’attitude d’utilité envers l’objet (Object Usefulness Attitude), l’expressivité perçue, la facilité d’utilisation perçue et le contrôle perçu.
- Les analyses en composantes principales et confirmatoires ont montré que, même lorsque l’attitude utilitaire et l’attitude hédonique sont mesurées simultanément, aucune saturation croisée substantielle n’est observée, confirmant l’indépendance orthogonale ou quasi-orthogonale des deux construits d’attitude dans l’esprit du consommateur.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique et prédictive de l’instrument est l’une de ses forces les plus remarquables :
- Dans les modèles d’équations structurelles (SEM) présentés par Nysveen et al. (2005), l’OBENJ s’est révélée être un prédicteur direct, puissant et statistiquement hautement significatif de l’intention comportementale d’utilisation des services mobiles.
- Fait théorique fondamental : l’effet prédictif de l’OBENJ est hautement modulé par la nature du service étudié. Pour les services hédoniques (ex. jeux mobiles), l’OBENJ présentait un coefficient de régression standardisé supérieur (γ = 0,42, p < 0,001) à celui de l’utilité perçue, alors que pour les services utilitaires (ex. paiement mobile), bien qu’encore significative, son influence relative était pondérée par les facteurs fonctionnels. Cette sensibilité différentielle confirme la pertinence nomologique de l’instrument dans le réseau causal du comportement du consommateur.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’une échelle psychométrique témoigne de sa précision de mesure et du degré auquel elle est exempte d’erreurs de mesure aléatoires. L’échelle OBENJ affiche des indices de consistance interne exceptionnellement robustes à travers de multiples contextes d’administration :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’étude originale de Nysveen, Pedersen et Thorbjørnsen (2005), le coefficient alpha de Cronbach (α) de l’échelle à quatre items a été calculé séparément sur quatre sous-échantillons sectoriels pour vérifier son invariance :
- Services de messagerie / texte : α = 0,91
- Services de contact / réseautage : α = 0,93
- Services de paiement mobile : α = 0,89
- Services de jeux mobiles : α = 0,94
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : Calculée à l’aide des estimateurs issus de la modélisation structurelle, la fiabilité composite (ρ de Jöreskog) a oscillé entre 0,91 et 0,95, pulvérisant la norme minimale requise de 0,70.
- Stabilité temporelle (Test-Retest) : Bien que conçue prioritairement pour des protocoles d’administration transversale ou semi-longitudinale, les applications successives de l’échelle à des intervalles de deux à quatre semaines dans des études d’utilisabilité logicielle rapportent des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) compris entre 0,78 et 0,86, ce qui démontre une excellente stabilité temporelle de l’évaluation attitudinale lorsque l’artefact technique sous-jacent ne subit pas de modifications substantielles.
- Parcimonie et réduction de l’erreur d’aléa : Avec seulement quatre items concis, l’OBENJ minimise considérablement la fatigue cognitive du répondant lors d’enquêtes complexes comprenant plusieurs dizaines d’échelles, ce qui contribue directement à préserver la fiabilité des réponses recueillies.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La dimensionnalité de l’échelle OBENJ a fait l’objet d’examens statistiques approfondis combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous des logiciels spécialisés de modélisation par équations structurelles tels que LISREL, AMOS et SmartPLS.
Structure unifactorielle
Toutes les analyses factorielles menées sur l’instrument confirment sans ambiguïté une solution strictement unidimensionnelle :
- L’analyse exploratoire en composantes principales révèle systématiquement un facteur dominant unique doté d’une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au seuil de Kaiser de 1,0 (variant typiquement de 2,90 à 3,45), expliquant à lui seul plus de 75 % à 85 % de la variance totale des quatre items. Le graphique d’éboulis (scree plot) de Cattell met en évidence un coude net dès le deuxième facteur, confirmant l’inutilité d’extraire une dimension supplémentaire.
- Les saturations factorielles (factor loadings, λ) de chaque item sur ce facteur unique d’attitude hédonique sont très élevées et remarquablement homogènes, s’échelonnant généralement comme suit :
- Item 1 (Divertissant / Entertaining) : λ ≈ 0,85 – 0,91
- Item 2 (Agréable / Pleasant) : λ ≈ 0,82 – 0,88
- Item 3 (Passionnant / Exciting) : λ ≈ 0,81 – 0,89
- Item 4 (Amusant / Fun) : λ ≈ 0,88 – 0,94
Ajustement du modèle confirmatoire (Model Fit Indices)
Lors des tests d’ajustement structurel en analyse factorielle confirmatoire, la spécification conjointe des quatre items en tant qu’indicateurs réflexifs du facteur latent OBENJ a généré d’excellents indices d’ajustement global. Dans l’article fondateur de 2005 :
- Le rapport Chi-carré / degrés de liberté (χ²/ddl) s’est maintenu dans les intervalles acceptables (< 3,0).
- L’indice de comparaison de Bentler (CFI – Comparative Fit Index) dépassait 0,98.
- L’indice de Tucker-Lewis (TLI ou NNFI) s’est établi au-delà de 0,97.
- La racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) était comprise entre 0,035 et 0,052, indiquant une adéquation remarquable entre la structure théorique postulée et les données empiriques observées.
- Le résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) demeurait inférieur à 0,030.
De surcroît, les tests d’invariance de mesure métrique et scalaire (invariance multigroupes) ont démontré que les saturations factorielles ne variaient pas significativement selon le genre ou le niveau d’expérience technologique des usagers, conférant à l’échelle une grande polyvalence méthodologique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se caractérise par une administration simple, directe et rapide, s’adaptant sans lourdeur aux études quantitatives menées en ligne ou en laboratoire.
- Type d’évaluation : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire) mesurant l’attitude affective envers un objet ou service.
- Format des réponses : Échelle différentielle sémantique bipolaire en 7 points (allant de 1 à 7) ou échelle de type Likert d’accord en 7 points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord »). Dans le protocole original de Nysveen et al. (2005), une formulation sémantique ancrée de 1 à 7 a été privilégiée pour positionner le service entre deux pôles antonymes.
- Nombre d’items : 4 items unifactoriels.
- Temps de passation : Moins de 60 secondes pour la passation de ce bloc spécifique.
- Directives de cotation (Scoring) :
- Tous les items sont rédigés dans le sens direct du construit (aucun item inversé).
- Le score total s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des quatre items (score variant de 1 à 7) ou la somme cumulée (score variant de 4 à 28).
- Dans les protocoles de modélisation par équations structurelles (SEM / PLS), les items sont introduits sous forme d’indicateurs réflexifs pour estimer la variable latente sous-jacente.
- Interprétation des scores :
- Score moyen < 3,0 : Perception hédonique défavorable ou négative ; l’objet est perçu comme ennuyeux, austère ou dénué de tout agrément.
- Score moyen entre 3,1 et 4,9 : Attitude neutre à modérée ; l’objet remplit éventuellement sa fonction mais ne génère aucune émotion gratifiante particulière.
- Score moyen ≥ 5,0 : Forte valorisation hédonique ; l’objet procure une stimulation affective positive marquée, constituant un levier puissant d’attachement et de fidélisation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2005.
- Auteurs et détenteurs des droits originaux : Herbjørn Nysveen, Per E. Pedersen et Helge Thorbjørnsen. L’article original a été publié sous l’égide de l’Academy of Marketing Science par Springer.
- Conditions d’utilisation et politique de tarification :
- Recherche académique et enseignement : L’instrument est accessible librement et sans frais (free of charge) à des fins de recherche non commerciale, académique, thèses de doctorat et mémoires universitaires, sous réserve d’une citation bibliographique formelle et appropriée de l’article source de Nysveen et al. (2005).
- Usage commercial ou industriel : Les cabinets d’études de marché, agences de conseil en UX et éditeurs de logiciels intégrant l’instrument dans des plateformes commerciales propriétaires doivent s’assurer de la conformité avec les règles de reproduction de la maison d’édition (Springer Nature) et respecter le droit moral des auteurs.
12. Références / References
- Batra, R., & Ahtola, O. T. (1991). Measuring the hedonic and utilitarian sources of consumer attitudes. Marketing Letters, 2(2), 159–170. https://doi.org/10.1007/BF00436035
- Breckler, S. J. (1984). Empirical validation of affect, behavior, and cognition as distinct components of attitude. Journal of Personality and Social Psychology, 47(6), 1191–1205. https://doi.org/10.1037/0022-3514.47.6.1191
- Csíkszentmihályi, M. (1990). Flow: The psychology of optimal experience. Harper & Row.
- Davis, F. D. (1989). Perceived usefulness, perceived ease of use, and user acceptance of information technology. MIS Quarterly, 13(3), 319–340. https://doi.org/10.2307/249008
- Davis, F. D., Bagozzi, R. P., & Warshaw, P. R. (1992). Extrinsic and intrinsic motivation to use computers in the workplace. Journal of Applied Social Psychology, 22(14), 1111–1132. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1992.tb00945.x
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
- Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Holbrook, M. B., & Hirschman, E. C. (1982). The experiential aspects of consumption: Consumer fantasies, feelings, and fun. Journal of Consumer Research, 9(2), 132–140. https://doi.org/10.1086/208906
- Mehrabian, A., & Russell, J. A. (1974). An approach to environmental psychology. MIT Press.
- Nysveen, H., Pedersen, P. E., & Thorbjørnsen, H. (2005). Intentions to use mobile services: Antecedents and cross-service comparisons. Journal of the Academy of Marketing Science, 33(3), 330–346. https://doi.org/10.1177/0092070305276149
- Voss, K. E., Spangenberg, E. R., & Grohmann, B. (2003). Measuring the hedonic and utilitarian dimensions of consumer attitude. Journal of Marketing Research, 40(3), 310–320. https://doi.org/10.1509/jmkr.40.3.310.19238
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents:
Please rate your overall evaluation of using the specified object, system, or mobile service on the following 7-point scale according to how you personally perceive it.
Prompt: « Using [object / service] is… »
-
Item 1:
1 = Not entertaining at all — 7 = Very entertaining
(French adaptation: 1 = Pas du tout divertissant — 7 = Très divertissant) -
Item 2:
1 = Unpleasant — 7 = Pleasant
(French adaptation: 1 = Désagréable — 7 = Agréable) -
Item 3:
1 = Dull / Not exciting — 7 = Exciting
(French adaptation: 1 = Ennuyeux / Pas passionnant — 7 = Passionnant / Stimulant) -
Item 4:
1 = Not fun at all — 7 = A lot of fun
(French adaptation: 1 = Pas du tout amusant — 7 = Très amusant)
Alternative Likert Agreement Format (7-point Likert scale: 1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree):
- 1. Using [the object/service] is entertaining.
- 2. Using [the object/service] is pleasant.
- 3. Using [the object/service] is exciting.
- 4. Using [the object/service] is fun.