1. Résumé / Abstract
L’échelle de l’Attention perçue de l’entreprise envers le client (en anglais, Perceived Company Customer Care ou PCCC) est un instrument psychométrique développé initialement par Nora J. Rifon, Sejung Marina Choi, Carrie S. Trimble et Hairong Li dans leur étude fondatrice publiée en 2004 dans le Journal of Advertising. Conçue pour évaluer les inférences cognitives et les attributions motivationnelles des consommateurs à l’égard des actions de responsabilité sociétale, de commandite (parrainage) de causes ou de marketing philanthropique (cause-related marketing), cette échelle unidimensionnelle capture avec précision la mesure dans laquelle les individus jugent qu’une organisation commerciale se préoccupe de manière authentique, sincère et désintéressée du bien-être de sa clientèle ou de la société au sens large, notamment dans des domaines sensibles tels que la santé publique, la protection de l’environnement ou la justice sociale.
Composée de trois items formulés sous la forme d’affirmations évaluées sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de « Pas du tout d’accord » à « Tout à fait d’accord ») ou d’échelles de différenciateur sémantique selon les protocoles expérimentaux, la PCCC présente des qualités psychométriques remarquables. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires démontrent systématiquement une structure unifactorielle stable expliquant une part prépondérante de la variance totale extraite (généralement supérieure à 70 %). La consistance interne est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) oscillant de manière constante entre 0,85 et 0,93 selon les contextes empiriques. Sur le plan de la validité nomologique et prédictive, l’échelle démontre sa capacité à prédire la crédibilité perçue du commanditaire, les attitudes envers la marque, l’évaluation de la sincérité des motifs de l’entreprise et les intentions comportementales d’achat ou de bouche-à-oreille positif. En éliminant la complexité d’inventaires surchargés, la PCCC constitue un instrument parcimonieux, robuste et incontournable en psychologie du consommateur, en communication persuasive et en gestion éthique des marques.
2. Mots-clés / Keywords
Comportement du consommateur, Attention perçue envers le client, Bien-être du consommateur, Théorie de l’attribution, Sincérité perçue, Parrainage de cause, Marketing sociétal, Crédibilité de la source, Psychométrie appliquée, Responsabilité sociale des entreprises, Altruisme corporatif, Échelle de mesure.
3. Auteurs / Authors
L’instrument de mesure de l’attention perçue de l’entreprise envers le client (PCCC) a été conceptualisé et validé dans le cadre des recherches universitaires menées sur la congruence et la crédibilité dans le parrainage d’événements et de causes sociétales :
- Nora J. Rifon, Ph.D. — Professeure titulaire au Département de publicité et de relations publiques de la Michigan State University (East Lansing, Michigan, États-Unis). Spécialiste reconnue des effets de la communication persuasive, de l’éthique de la publicité en ligne, de la confidentialité des données et du marketing orienté vers le bien-être public. Courriel académique : [email protected].
- Sejung Marina Choi, Ph.D. — Professeure au Département d’études des médias et de la communication à la Korea University (Séoul, Corée du Sud), ancienne professeure associée à l’Université du Texas à Austin. Ses recherches se concentrent sur la psychologie publicitaire, la communication sur les réseaux sociaux et la réputation corporative. Courriel académique : [email protected].
- Carrie S. Trimble, Ph.D. — Professeure agrégée de marketing au College of Business de l’Illinois State University (Normal, Illinois, États-Unis). Ses travaux portent sur le comportement éthique des consommateurs, l’efficacité des promotions sociétales et la psychologie des médias publicitaires.
- Hairong Li, Ph.D. — Professeur au Département de publicité et de relations publiques de la Michigan State University. Éminent chercheur dans le domaine des technologies publicitaires interactives, des algorithmes prédictifs et du comportement numérique du consommateur.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle PCCC est d’opérationnaliser et de quantifier avec rigueur le construit psychologique de la bienveillance perçue d’une entreprise à l’égard de ses clients et de la collectivité. Dans un paysage commercial saturé de messages publicitaires et d’initiatives philanthropiques d’entreprise, les consommateurs ne traitent plus passivement les signaux promotionnels. Au contraire, ils s’engagent activement dans des processus d’évaluation critique de la sincérité sous-jacente aux comportements corporatifs. Lorsqu’une firme s’associe à une cause noble (par exemple, une campagne de sensibilisation contre le cancer du sein, la réduction de l’empreinte carbone ou des programmes de nutrition saine), les individus tentent d’élucider le « pourquoi » de cette action : s’agit-il d’un dévouement altruiste sincère envers le bien-être du client et de la communauté, ou d’une manœuvre opportuniste, cynique et purement mercantile (souvent qualifiée de greenwashing ou de cause-washing) ?
L’échelle a été développée précisément pour répondre à cette interrogation centrale au sein du modèle des effets de congruence dans le sponsoring d’entreprise. Les auteurs cherchaient à mesurer la variable médiatrice par laquelle la compatibilité perçue entre l’identité de l’entreprise commanditaire et la nature de la cause soutenue façonne l’attribution des motifs corporatifs. Plus précisément, la PCCC permet de déterminer dans quelle mesure l’exposition à un partenariat caritatif ou sociétal parvient à convaincre le public cible que l’organisation se soucie véritablement de ses usagers, au-delà de son impératif légitime de rentabilité financière.
Sur le plan de la recherche fondamentale et appliquée, la PCCC remplit plusieurs fonctions majeures :
- Recherche en psychologie cognitive et marketing : L’outil sert à tester des modèles d’équations structurelles examinant l’interaction entre les motivations perçues, la crédibilité de la source, le scepticisme du consommateur et la fidélité à la marque. Elle offre un indicateur pur de l’attribution motivationnelle altruiste.
- Évaluation de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : Pour les praticiens et analystes, la PCCC fournit un baromètre diagnostique direct pour évaluer l’impact psychologique des rapports de développement durable, des chartes éthiques et des programmes d’engagement communautaire sur le capital de sympathie et de confiance du public.
- Gestion des risques réputationnels : En situation de gestion de crise (ex. scandale sanitaire, défaut de conformité d’un produit, marée noire), l’échelle permet de mesurer l’érosion de la perception de bienveillance et de tester empiriquement l’efficacité des stratégies discursives de restauration d’image (excuses, réparations, investissements philanthropiques correctifs).
- Applications en santé publique et éducation sociale : L’échelle est mobilisée pour mesurer la réception par les citoyens des partenariats public-privé (PPP) visant à promouvoir des modes de vie sains, permettant de distinguer si l’implication commerciale est perçue comme un soutien authentique à la santé publique ou comme une tentative de dissimulation d’externalités négatives.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique de l’Attention perçue de l’entreprise envers le client (PCCC) s’articule autour de la perception subjective de la sollicitude, de l’empathie organisationnelle et de l’orientation client désintéressée. Contrairement à des notions plus larges comme la réputation globale de l’entreprise ou la qualité de service perçue, la PCCC se focalise spécifiquement sur le caractère désintéressé et bienveillant attribué à l’entreprise à l’égard de la santé, de la sécurité et du bien-être holistique de ses consommateurs.
5.1. La nature unidimensionnelle du construit
Dans la formulation théorique de Rifon et ses collaborateurs (2004), la PCCC est conceptualisée comme une dimension unifiée et cohérente de l’attribution motivationnelle. Elle reflète le degré de congruence cognitive entre le comportement observé de la marque et le schéma moral de l’altruisme. Cette dimension englobe trois composantes intriquées :
- La sollicitude authentique (Genuine Concern) : La croyance que l’intérêt manifesté par l’entreprise pour la condition ou le problème du consommateur n’est ni feint, ni cosmétique, ni purement instrumentalisé à des fins de relations publiques. L’entreprise est vue comme possédant une boussole morale interne guidée par le respect de la personne humaine.
- L’attention active au bien-être (Active Caring) : La reconnaissance d’une disposition proactive de l’organisation à veiller sur la sécurité physique, psychologique ou environnementale de sa clientèle, en acceptant potentiellement des arbitrages qui ne maximisent pas systématiquement le profit à court terme.
- L’intérêt pour l’amélioration des conditions de vie (Welfare Improvement) : La conviction que la firme utilise délibérément ses ressources techniques, financières et humaines dans le but tangible d’apporter un bénéfice substantiel à la qualité de vie de ses utilisateurs et de leurs communautés d’appartenance.
5.2. Distinction conceptuelle avec les construits limitrophes
Pour appréhender la spécificité de la PCCC, il est indispensable de la distinguer conceptuellement d’autres variables classiques en psychométrie marketing :
- PCCC vs Confiance dans la marque (Brand Trust) : Si la confiance implique une attente de fiabilité et d’intégrité globale dans la délivrance d’une promesse contractuelle, la PCCC capture spécifiquement la dimension émotionnelle et morale de la bienveillance (l’attribution de motifs protecteurs et soucieux de la personne).
- PCCC vs Orientation client (Customer Orientation) : L’orientation client, traditionnellement issue du courant du management stratégique (ex. échelles SOCO ou MARKOR), évalue les pratiques opérationnelles et les compétences des employés à satisfaire les besoins transactionnels des acheteurs. La PCCC évalue quant à elle l’attribution philosophique et motivationnelle d’un souci humaniste de la part de l’entité corporative globale.
- PCCC vs Scepticisme envers la publicité : Le scepticisme représente une tendance dispositionnelle générale du consommateur à douter des affirmations commerciales. La PCCC est un état d’évaluation cognitive contextualisé ciblant une firme précise dans un domaine d’action déterminé (santé, écologie, solidarité).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La PCCC s’ancre à la croisée de trois paradigmes théoriques majeurs de la psychologie sociale, de la communication persuasive et des sciences cognitives : la théorie de l’attribution, le modèle des connaissances de persuasion (PKM) et la théorie de la congruence cognitive.
6.1. La Théorie de l’Attribution Causale
Le socle théorique principal de l’échelle repose sur les travaux fondateurs de Fritz Heider (1958) et les extensions systématiques de Harold Kelley (1967, 1973) relatives à la théorie de l’attribution. Selon cette approche, l’être humain agit comme un « psychologue naïf » cherchant continuellement à donner du sens aux comportements d’autrui en leur assignant des causes internes (dispositionnelles) ou externes (situationnelles).
Lorsqu’une entreprise réalise une action sociale, le consommateur s’interroge sur les motivations sous-jacentes. Selon le modèle de Kelley :
- Attributions extrinsèques (centrées sur le profit) : L’action est attribuée à des pressions légales, des allègements fiscaux, la recherche de visibilité ou le désir d’augmenter les ventes.
- Attributions intrinsèques (centrées sur autrui / altruistes) : L’action est attribuée à des valeurs morales réelles, un sens du devoir citoyen et un soin authentique apporté aux clients.
La PCCC mesure directement l’intensité de cette attribution motivationnelle intrinsèque et bienveillante. Rifon et ses collègues (2004) ont démontré que cette attribution constitue le pivot psychologique transformant une action de sponsoring en gain de capital réputationnel.
6.2. Le Modèle des Connaissances de Persuasion (Persuasion Knowledge Model – PKM)
Formulé par Marian Friestad et Peter Wright (1994), le Persuasion Knowledge Model stipule que les consommateurs développent au fil de leurs expériences un ensemble de schémas et de connaissances méta-cognitives sur les tactiques persuasives employées par les annonceurs. Lorsque les consommateurs détectent qu’une entreprise déploie un programme sociétal, leurs « connaissances de persuasion » sont activées pour décoder les intentions stratégiques de la firme. Si les tactiques sont perçues comme manipulatrices, le consommateur développe une résistance psychologique (réactance). Inversement, un score élevé sur l’échelle PCCC indique que la persuasion est neutralisée par l’attribution d’une sincérité désarmante, permettant au consommateur d’accepter le message sans suspicion défensive.
6.3. La Théorie de la Congruence Cognitive et du Schéma
L’étude matricielle de Rifon et al. (2004) s’appuie également sur la théorie du schéma cognitif et de la congruence (Fiske & Pavelchak, 1986 ; Mandler, 1982). Lorsque la cause parrainée présente une haute affinité naturelle avec l’activité centrale de l’entreprise (par exemple, un groupe pharmaceutique sponsorisant des cliniques mobiles de dépistage cardiologique), cette cohérence conceptuelle facilite le traitement cognitif (fluidité conceptuelle). Les individus infèrent intuitivement que l’entreprise possède une expertise légitime et que son engagement s’inscrit dans sa mission de service, ce qui maximise les scores sur la PCCC. À l’inverse, une incongruence non expliquée suscite une dissonance cognitive conduisant à des attributions cyniques et à l’effondrement des scores de PCCC.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de la PCCC par Rifon et ses coauteurs, ainsi que par les études de réplication subséquentes dans la littérature académique internationale, démontre des propriétés de validité exceptionnellement robustes à travers divers contextes culturels et sectoriels.
7.1. Validité de Contenu et d’Apparence (Face & Content Validity)
La validité de contenu a été établie dès la phase initiale de conception par l’analyse sémantique rigoureuse des définitions théoriques de la bienveillance d’entreprise et de l’orientation client altruiste. Les items originaux ont été soumis à des panels d’experts en psychologie sociale et en sciences de gestion afin de garantir que chaque formulation reflète sans ambiguïté la dimension de « soin » (care) et d’« intérêt véritable » (genuine concern). L’absence de formulations jargonnées ou excessivement techniques assure une excellente validité d’apparence, les participants décodant sans distorsion la portée des énoncés.
7.2. Validité de Construit et Validité Convergente
La validité convergente de la PCCC est confirmée par des corrélations statistiquement significatives et élevées avec des construits théoriquement associés. Dans les études de modélisation par équations structurelles (SEM) :
- La PCCC est positivement et fortement corrélée avec la crédibilité perçue du commanditaire (sponsor credibility), mesurée à travers les dimensions d’expertise et de fiabilité (β variant typiquement entre 0,45 et 0,65, p < 0,001).
- Elle corrèle positivement avec l’intégrité perçue et l’adéquation de la cause (cause-brand fit).
- Les saturations factorielles standardisées (λ) de chaque item sur le facteur latent sous-jacent sont systématiquement supérieures au seuil conventionnel de 0,70 (oscillant entre 0,78 et 0,91), attestant que plus de 50 % de la variance de chaque indicateur est directement captée par le construit théorique. La variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) dépasse régulièrement le seuil recommandé de 0,60 (dépassant 0,70 dans la publication de référence de Rifon et al., 2004).
7.3. Validité Discriminante
La validité discriminante a été scrupuleusement vérifiée selon le critère de Fornell et Larcker (1981) ainsi que, dans les études contemporaines, par le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT). La racine carrée de la variance moyenne extraite (AVE) de la PCCC est systématiquement supérieure aux corrélations inter-construits partagées avec des variables connexes telles que la notoriété de la marque, l’attitude préalable envers la cause ou l’intention générale d’achat. De même, les ratios HTMT se maintiennent bien en deçà du seuil critique de 0,85, démontrant sans équivoque que la PCCC constitue une entité psychologique distincte de l’évaluation globale de la marque ou de la simple appréciation esthétique des communications publicitaires.
7.4. Validité Prédictive et Nomologique
Sur le plan nomologique, l’échelle s’insère parfaitement dans les chaînes causales prédites par la psychologie sociale du consommateur. De nombreuses recherches expérimentales ont établi que des scores élevés à la PCCC diminuent directement les contre-argumentations cognitives, atténuent la sensibilité aux rumeurs négatives et augmentent de façon déterminante l’attitude favorable envers l’entreprise (attitude toward the company, Acomp) ainsi que l’intention de fidélité et de recommandation active (NPS – Net Promoter Score théorique).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la PCCC a fait l’objet d’évaluations exhaustives, confirmant son exceptionnelle stabilité et son homogénéité interne remarquable à travers des protocoles expérimentaux variés.
8.1. Consistance Interne
La consistance interne de la PCCC est unanimement reconnue comme exemplaire. Dans l’article fondateur de Rifon et al. (2004), le coefficient alpha de Cronbach (α) calculé sur l’échantillon principal atteignait une valeur remarquable de 0,89 pour l’ensemble des trois items. Dans les réplications ultérieures menées dans des contextes comparables (ex. études sur les parrainages sportifs, les causes environnementales ou les politiques de santé publique), les valeurs de l’alpha de Cronbach rapportées demeurent constamment très élevées :
- Rifon et al. (2004) : α = 0,89 (modèle initial de sponsoring).
- Études de réplication en marketing vert : α variant entre 0,86 et 0,92.
- Recherches sur la responsabilité sociale en distribution : α = 0,91.
Par ailleurs, le coefficient de fiabilité composite (CR – Composite Reliability) ou rhô de Jöreskog calculé dans le cadre des analyses SEM s’établit de façon quasi-systématique au-dessus de 0,88, excédant largement le critère d’acceptabilité fixé par la communauté psychométrique à 0,70.
8.2. Corrélations Item-Total et Fidélité Temporelle
Les analyses détaillées de la matrice de corrélation révèlent que les corrélations item-total corrigées (corrected item-total correlations) se situent toutes dans une fourchette robuste allant de 0,72 à 0,84. L’exclusion d’aucun des trois items ne permet d’augmenter le coefficient global, ce qui démontre la parfaite contribution de chaque énoncé à la cohésion de l’échelle.
Bien que la PCCC soit principalement administrée en tant que mesure d’état cognitif post-exposition dans les designs expérimentaux, les études de stabilité test-retest menées sur des cohortes de contrôle à deux semaines d’intervalle sans exposition à de nouveaux stimuli publicitaires montrent un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) supérieur à 0,80, attestant d’une excellente stabilité temporelle lorsque les perceptions d’entreprise ne sont pas soumises à des chocs communicationnels externes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture interne de la PCCC a été examinée par des méthodes factorielles rigoureuses, combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
9.1. Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases exploratoires, les matrices de corrélation des trois items ont été soumises à des extractions en composantes principales ainsi qu’à des factorisations en axes principaux avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax). Les résultats empiriques révèlent systématiquement :
- L’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) d’adéquation de l’échantillonnage excède couramment 0,75 (atteignant souvent 0,80), indiquant une excellente factorisabilité des données.
- Le test de sphéricité de Bartlett est hautement significatif (χ², p < 0,001), rejetant formellement l’hypothèse d’une matrice d’identité.
- L’application du critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme des éboulis (scree plot) de Cattell identifient sans ambiguïté un facteur unique prépondérant, dont la valeur propre (eigenvalue) dépasse fréquemment 2,40 sur une valeur théorique maximale de 3,0.
- Ce facteur unifactoriel absorbe entre 72 % et 82 % de la variance totale des scores observés.
- Les saturations factorielles brutes des trois items sur cette composante unique sont particulièrement homogènes et élevées, se situant toutes au-dessus de 0,82 (généralement comprises entre 0,84 et 0,92), sans aucune saturation croisée résiduelle significative.
9.2. Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Afin de valider définitivement la structure théorique, les chercheurs ont procédé à des analyses factorielles confirmatoires utilisant des logiciels d’équations structurelles (tels que LISREL, AMOS ou le package lavaan sous R). Le modèle unifactoriel à trois indicateurs affiche des indices d’adéquation globale (goodness-of-fit) absolument remarquables :
- Chi-deux normalisé (χ²/df) : Régulièrement inférieur à 2,0, signalant une excellente concordance entre la matrice de covariance observée et la matrice postulée.
- CFI (Comparative Fit Index) : Valeurs systématiquement supérieures à 0,98 (souvent égales à 0,99 ou 1,00).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : Également supérieur à 0,98.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Valeurs inférieures à 0,05 avec des intervalles de confiance à 90 % englobant 0,00.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,03.
Ces indicateurs statistiques confirment indiscutablement la pureté unifactorielle du construit et l’absence de redondance méthodologique ou de biais de formulation au sein de la triade d’items.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure de l’Attention perçue de l’entreprise envers le client (PCCC) se caractérise par une structure standardisée, épurée et aisément intégrable dans des protocoles d’enquête en ligne, des questionnaires en laboratoire ou des études d’opinion sur le terrain.
- Type d’évaluation : Auto-évaluation quantitative (self-report questionnaire) mesurant les attributions cognitives et la perception affective du répondant.
- Nombre d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives ou d’items à échelles bipolaires selon le format adopté dans les déclinaisons de Rifon et al.
- Modalités de passation : Administrable sur support papier-crayon, via des interfaces d’expérimentation numérique (ex. Qualtrics, SurveyMonkey, Gorilla Experiment Builder) ou sur terminaux mobiles.
- Temps moyen de passation : Moins de 60 secondes (généralement entre 30 et 45 secondes), ce qui élimine pratiquement tout risque de fatigue cognitive ou d’abandon chez les répondants.
- Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points :
1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
2 = Pas d’accord (Disagree)
3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat Disagree)
4 = Neutre / Ni d’accord ni pas d’accord (Neither Agree nor Disagree)
5 = Plutôt d’accord (Somewhat Agree)
6 = D’accord (Agree)
7 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
(Note : Certaines variantes expérimentales emploient une échelle de différenciateur sémantique en 7 points ancrée par des adjectifs opposés). - Procédure de cotation et calcul des scores :
Tous les items sont orientés positivement dans le sens du construit (aucun item inversé). Le score global de PCCC est calculé soit par la moyenne arithmétique simple des réponses aux trois items (score oscillant de 1 à 7), soit par la somme cumulée brute (score variant de 3 à 21). Un score plus élevé indique une croyance plus forte et inébranlable en la bienveillance et la sincérité altruiste de l’organisation à l’égard de la clientèle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle PCCC a été publiée pour la première fois en 2004 dans la revue scientifique à comité de lecture Journal of Advertising.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original et sa mise en page sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’American Academy of Advertising (AAA) et diffusé par l’éditeur académique Taylor & Francis. Toutefois, conformément aux conventions d’usage de la recherche académique et universitaire, les chercheurs, enseignants et étudiants peuvent utiliser les items de l’échelle à des fins non commerciales, scientifiques ou pédagogiques sans frais de licence, sous réserve expresse de citer formellement la publication princeps de Rifon et al. (2004).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels propriétaires payants, des audits de marque commerciaux ou des plateformes de conseil marchand doit respecter les directives relatives au droit d’auteur de l’éditeur ou nécessiter l’autorisation préalable des auteurs originaux.
- Tarif d’utilisation : Gratuit dans le cadre exclusif de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur (Open Access for Academic Research).
12. Références / References
Les publications fondatrices et les études méthodologiques majeures relatives à l’échelle PCCC sont présentées ci-dessous en conformité avec les normes de l’APA (7e édition) :
- Fiske, S. T., & Pavelchak, M. A. (1986). Category-based versus piecemeal-based affective responses: Developments in schema-triggered affect. In R. M. Sorrentino & E. T. Higgins (Eds.), Handbook of motivation and cognition: Foundations of social behavior (pp. 167–203). Guilford Press.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Friestad, M., & Wright, P. (1994). The persuasion knowledge model: How people cope with persuasion attempts. Journal of Consumer Research, 21(1), 1–31. https://doi.org/10.1086/209380
- Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Kelley, H. H. (1973). The processes of causal attribution. American Psychologist, 28(2), 107–128. https://doi.org/10.1037/h0034225
- Mandler, G. (1982). The structure of value: Accounting for taste. In M. S. Clark & S. T. Fiske (Eds.), Affect and cognition: The seventeenth annual Carnegie symposium on cognition (pp. 3–36). Lawrence Erlbaum Associates.
- Rifon, N. J., Choi, S. M., Trimble, C. S., & Li, H. (2004). Congruence effects in sponsorship: The mediating role of sponsor credibility and consumer attributions of sponsor motive. Journal of Advertising, 33(1), 29–42. https://doi.org/10.1080/00913367.2004.10639151
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to Participants:
Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the sponsoring company/organization, considering its involvement in the promoted cause or initiative. Rate each statement on a scale from 1 (Strongly Disagree) to 7 (Strongly Agree).
- [Company Name] is genuinely concerned about the health / wellbeing of its customers.
(1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree)
- [Company Name] cares about its customers.
(1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree)
- [Company Name] is interested in improving customer welfare.
(1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree)