1. Résumé / Abstract
L’échelle de mesure de l’Amélioration perçue du modèle de marque (Perceived Brand Model Improvement ou PBMI) a été conçue et validée par les chercheurs Soma W. Dagogo-Jack et Mark R. Forehand en 2018 dans le cadre d’un programme de recherche novateur sur l’évaluation égocentrique des produits et les processus d’ancrage psychologique chez les consommateurs. Cet instrument psychométrique unidimensionnel composé de quatre items évalue le degré auquel un individu perçoit qu’une nouvelle itération ou mise à jour d’un produit sous une marque donnée constitue un progrès qualitatif, technologique ou fonctionnel significatif par rapport à ses prédécesseurs. Dans le contexte de l’innovation continue et de l’obsolescence programmée ou perçue des biens de consommation durables (tels que les smartphones, l’automobile ou l’électronique grand public), mesurer avec rigueur le sentiment d’évolution entre générations successives représente un enjeu critique pour le comportement du consommateur et le marketing stratégique.
L’échelle repose sur un format de réponse de type Likert en 7 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). La note globale s’obtient par le calcul de la moyenne arithmétique des quatre énoncés, un score élevé témoignant d’une perception de rupture qualitative positive et substantielle entre la nouvelle version et les déclinaisons antérieures. Sur le plan psychométrique, l’instrument a démontré une consistance interne exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach typiquement supérieur à 0,90 dans les échantillons empiriques, notamment dans l’Étude 5 de Dagogo-Jack & Forehand, 2018, menée auprès de 407 participants sur la plateforme Amazon Mechanical Turk), une structure factorielle rigoureusement unidimensionnelle corroborée par des analyses factorielles confirmatoires, ainsi qu’une excellente validité de construit, convergente et discriminante. Cet article propose un examen exhaustif de ses fondements théoriques, de ses caractéristiques métrologiques et de ses implications appliquées pour la recherche en psychologie cognitive, psychologie sociale et marketing.
2. Mots-clés / Keywords
Amélioration perçue du modèle de marque, Perceived Brand Model Improvement, PBMI, psychométrie, comportement du consommateur, ancrage égocentrique, innovation perçue, fidélité de marque, renouvellement de produit, décision d’achat
3. Auteurs / Authors
L’échelle de mesure de l’amélioration perçue du modèle de marque a été développée et formalisée par :
- Soma W. Dagogo-Jack, Ph.D. — Professeure adjointe de marketing (à l’époque des travaux fondamentaux au Boston College, Carroll School of Management, Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis ; ultérieurement rattachée à l’Université de Washington, Michael G. Foster School of Business). Ses domaines d’expertise couvrent la psychologie de la motivation, l’évaluation du soi, la comparaison sociale et temporelle, et l’influence des croyances implicites sur les jugements économiques des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected] ou [email protected].
- Mark R. Forehand, Ph.D. — Professeur titulaire de marketing, chaire Robert M. et Alyson F. Fritz Fellow à la Michael G. Foster School of Business de l’Université de Washington (Seattle, Washington, États-Unis). Ses recherches fondamentales sont pionnières dans l’étude de l’identité sociale implicite, de l’assimilation du soi aux marques et du traitement non conscient de l’information persuasive. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Dans les économies modernes axées sur le renouvellement cyclique des gammes technologiques, les entreprises déploient des investissements considérables en recherche et développement pour lancer de nouvelles générations d’appareils, de logiciels et de services. Toutefois, le succès commercial et la justification du prix de lancement ne dépendent pas uniquement des spécifications techniques objectives du produit (comme la vitesse du microprocesseur, la résolution du capteur optique ou la capacité de la batterie), mais de la perception subjective qu’ont les consommateurs du progrès accompli. L’objectif fondamental de l’échelle PBMI est de capturer précisément ce construit cognitif d’avancement relatif perçu : dans quelle mesure le dernier modèle surclasse-t-il réellement les versions précédentes dans l’esprit du public ?
Historiquement, les échelles de mesure du marketing s’intéressaient soit à l’attitude globale envers la marque (Brand Attitude), soit à l’intention d’achat générique, soit à la notion plus large d’innovation de produit (Perceived Product Innovativeness). Cependant, ces approches souffraient d’un biais d’imprécision contextuelle : elles omettaient la dimension comparative intra-marque et temporelle. Un consommateur peut éprouver une forte affection pour une marque comme Apple, Sony ou Samsung tout en estimant que le dernier modèle commercialisé ne constitue qu’un rafraîchissement superficiel, cosmétique et décevant (« incremental tinkering ») plutôt qu’une réelle avancée (« quantum leap »). L’instrument PBMI a été méticuleusement articulé pour isoler cette dynamique spécifique de comparaison intergénérationnelle de modèles de marque.
Sur le plan de la recherche fondamentale en psychologie cognitive et de la consommation, l’échelle permet d’explorer des mécanismes sociocognitifs profonds, tels que l’effet du jugement égocentrique formulé par Dagogo-Jack et Forehand (2018). Les auteurs ont démontré que les individus utilisent leur propre sentiment d’évolution personnelle (« me suis-je amélioré au cours des dernières années ? ») comme un ancrage automatique pour juger l’amélioration des objets de leur environnement, y compris les modèles de marque successifs. Lorsque le concept de soi est perçu comme ayant progressé, le consommateur projette cette trajectoire ascendante sur la marque, attribuant des scores PBMI significativement plus hauts, indépendamment des caractéristiques matérielles intrinsèques de l’objet.
Sur le plan appliqué, la PBMI constitue un outil diagnostique indispensable pour les chefs de produit, les analystes de marché et les psychologues ergonomes :
- Prédiction des cycles de remplacement : Déterminer le seuil minimal de PBMI requis pour inciter les détenteurs d’un modèle antérieur à réaliser une mise à niveau (upgrade payant), condition essentielle pour amortir les coûts de R&D.
- Détection de la lassitude du consommateur (Upgrade Fatigue) : Évaluer le risque de banalisation lorsqu’une marque propose un cycle annuel de rafraîchissement perçu comme redondant ou incrémental.
- Étalonnage des campagnes publicitaires : Vérifier si la stratégie de communication axée sur le changement technologique réussit effectivement à instiller un sentiment d’avancement ou si elle engendre du scepticisme quant aux promesses formulées.
- Analyses comparatives concurrentielles (Benchmarking) : Comparer comment le dernier modèle de la marque A est perçu par rapport au renouvellement simultané de son concurrent direct B au sein de la même catégorie de produit.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique d’Amélioration perçue du modèle de marque (Perceived Brand Model Improvement) désigne l’évaluation cognitive globale et subjective par laquelle un individu juge qu’une nouvelle itération d’un produit labellisé surpasse ses versions antérieures sur les dimensions de performance, d’utilité, d’ergonomie et de modernité. Il s’agit d’un construit psychologique de nature comparative, directionnelle et temporelle.
Contrairement à des jugements statiques d’évaluation de la qualité absolue (par exemple : « Ce téléphone est-il un bon téléphone ? »), le PBMI requiert une opération cognitive complexe d’intégration temporelle où l’état présent (le nouveau modèle) est continuellement confronté à une référence historique mémorisée (le modèle précédent ou l’ensemble des générations antérieures de la lignée de produits). Ce processus sollicite quatre composantes psychologiques distinctes, parfaitement capturées par la formulation des items de l’échelle :
1. La perception d’un pas en avant significatif (Step Forward)
Cette composante, mesurée par le premier item, capture la notion de directionnalité et de dynamique évolutive. Elle renvoie à la sensation que la marque ne stagne pas et qu’elle progresse sur sa trajectoire de développement. En psychologie de la forme (Gestalt), cela correspond à une rupture de symétrie : le nouvel objet redéfinit la ligne directrice de la série. Par exemple, lorsqu’un constructeur automobile passe d’un moteur thermique conventionnel à une motorisation hybride ou électrique perfectionnée au sein de la même appellation de modèle, l’acheteur perçoit un saut qualitatif décisif plutôt qu’une reconduction à l’identique.
2. La magnitude substantielle du progrès (Substantial Improvement)
Évaluée par le deuxième item, cette dimension cible l’ampleur quantitative perçue des modifications. Dans le domaine psychophysique, la loi de Weber-Fechner stipule que la différence tout juste perceptible (DJP) doit être proportionnelle à l’intensité du stimulus de base. Si un nouveau modèle n’apporte que des modifications marginales (une nuance de couleur supplémentaire ou un gain d’autonomie imperceptible de 2 %), le consommateur ne perçoit pas d’amélioration substantielle. Le construit PBMI exige que les gains dépassent le seuil de discrimination perceptive pour être reconnus comme conséquents et tangibles dans l’usage quotidien.
3. La supériorité perceptible et comparative (Noticeable Superiority)
Le troisième item met l’accent sur l’évidence phénoménologique du contraste. La supériorité ne doit pas être purement théorique ou confinée à des fiches techniques abstraites ; elle doit s’imposer à l’expérience directe du consommateur. En termes de psychologie cognitive, cette supériorité perceptible crée une asymétrie de saillance : confronté aux deux objets côte à côte, le sujet n’éprouve aucune difficulté à identifier sans équivoque la supériorité fonctionnelle et esthétique du modèle récent.
4. Le progrès signifiant et valorisable (Meaningful Progress)
Le quatrième item s’intéresse à la valeur perçue de l’innovation pour l’utilisateur final. Une modification technique peut être objectivement mesurable sans être « signifiante » (par exemple, complexifier inutilement une interface utilisateur ou ajouter un gadget superflu). Le progrès qualifié de « meaningful » reflète une amélioration qui enrichit le bien-être, l’efficacité, le confort ou le statut symbolique de l’individu, donnant un sens fonctionnel à l’acte de renouvellement.
Ces quatre facettes convergent harmonieusement pour former un construit holistique unidimensionnel. Lorsque les quatre conditions sont satisfaites, le modèle récent bénéficie d’un statut psychologique privilégié, diminuant l’aversion à la perte liée à la dépense financière nécessaire pour acquérir la nouveauté.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle PBMI s’enracine principalement dans les paradigmes du jugement comparatif, de l’évaluation égocentrique et des mécanismes d’ancrage et d’ajustement théorisés par la psychologie sociale et la psychologie du consommateur.
Le modèle de l’ancrage égocentrique (Egocentric Anchoring)
Le cadre matriciel au sein duquel la PBMI a été élaborée est celui exposé par Dagogo-Jack et Forehand (2018), selon lequel les évaluations que les êtres humains portent sur les entités extérieures ne sont jamais neutres ni purement objectives, mais sont continuellement ancrées dans la perception qu’ils ont de leur propre soi. Les théories de la projection sociale et de l’accès égocentrique soutiennent que l’information relative à soi est la plus accessible et la plus riche en mémoire épisodique. Par conséquent, lorsqu’un consommateur est confronté à la tâche complexe et cognitivement exigeante d’évaluer si un nouveau modèle s’est amélioré, son système cognitif utilise par défaut un raccourci heuristique : son propre niveau d’amélioration personnelle au cours de la période temporelle correspondante.
Conformément à la théorie classique de l’ancrage et de l’ajustement de Tversky et Kahneman (1974), l’individu prend comme point de départ sa propre trajectoire de vie (par exemple, « ces deux dernières années, j’ai acquis de nouvelles compétences, j’ai progressé dans ma carrière »), puis ajuste cette perception pour estimer l’avancement de la marque. Comme les ajustements cognitifs sont typiquement insuffisants, une auto-évaluation positive du soi élève substantiellement le score de PBMI attribué à un modèle d’ordinateur portable, de véhicule ou de smartphone. Dagogo-Jack et Forehand ont rigoureusement démontré que si l’on manipule expérimentalement la saillance de l’amélioration de soi (ou si l’on altère l’association psychologique entre le consommateur et la marque), les scores obtenus sur l’échelle PBMI fluctuent de manière prédictible et statistiquement robuste.
La théorie des perspectives et l’évaluation temporelle des attributs
Un deuxième socle théorique repose sur la théorie des perspectives (Kahneman & Tversky, 1979) et le concept de point de référence. Dans le cas du renouvellement de produit, le modèle précédent fonctionne comme le niveau de référence neutre (statu quo). Tout nouveau modèle est évalué en termes de gains perçus (améliorations technologiques) et de pertes (coût financier d’acquisition, perte de compatibilité des anciens accessoires, temps d’apprentissage). L’échelle PBMI quantifie précisément la force psychologique des gains perçus. Si le PBMI est insuffisant, l’effet de dotation (endowment effect) rattaché à l’appareil actuellement possédé dissuadera l’utilisateur de procéder au renouvellement.
La théorie de la mise à niveau des produits (Product Upgrade Theory)
Les modèles théoriques développés par Okada (2005) sur la décision de mise à niveau de produits durables fournissent une assise complémentaire. Okada a démontré que les consommateurs ressentent une forte culpabilité psychologique à remplacer un bien encore parfaitement opérationnel par une version plus récente, à moins que la justification du progrès technologique ne vienne neutraliser cette dissonance cognitive. L’échelle PBMI mesure directement cette justification psychologique : un score PBMI élevé déculpabilise l’acte d’achat en le transformant en un comportement rationnel d’adoption d’un standard de performance incontestable.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle de mesure de l’amélioration perçue du modèle de marque a été solidement étayée par les investigations empiriques menées par Dagogo-Jack et Forehand (2018), en particulier dans l’Étude 5 de leur publication de référence.
Validité de contenu et validité apparente (Face Validity)
Les quatre items de l’échelle ont été rédigés de manière à cerner de façon exhaustive et non ambiguë le domaine conceptuel de l’amélioration générationnelle de produit. Chaque énoncé examine sous un angle légèrement différent mais cohérent la notion de progrès (step forward, substantial improvements, noticeably superior, meaningful progress). La validité apparente est optimale : pour n’importe quel panel de répondants, la formulation apparaît immédiatement claire, fluide et directement applicable à n’importe quelle catégorie de produit manufacturé ou digital.
Validité convergente
La validité convergente de la PBMI s’exprime par sa forte corrélation positive et théoriquement conforme avec d’autres échelles établies du comportement du consommateur :
- Intention de mise à niveau (Upgrade Intention) : Les études montrent des corrélations positives élevées (généralement comprises entre r = 0,55 et r = 0,72, p < 0,001) entre la PBMI et le désir explicite d’acquérir le nouveau modèle.
- Évaluation globale de la marque (Brand Attitude) : Des associations positives significatives sont observées (r avoisinant 0,45 à 0,60), confirmant que la perception d’un travail d’innovation dynamique rejaillit favorablement sur le capital-marque global.
- Volonté de payer un surprix (Willingness to Pay) : Les scores PBMI prédisent positivement le consentement à débourser une somme financière supérieure pour s’approprier le modèle récent comparativement à un modèle reconditionné de génération antérieure.
Validité discriminante
La validité discriminante a été scrupuleusement vérifiée pour garantir que la PBMI ne se confond pas avec des construits voisins :
- Satisfaction actuelle avec l’ancien modèle : La PBMI s’avère empiriquement distincte du niveau de contentement procuré par le modèle déjà détenu. Un consommateur peut être pleinement satisfait de son modèle actuel tout en reconnaissant avec lucidité que la nouvelle déclinaison offre des avancées remarquables (faible corrélation ou indépendance statistique).
- Innovativité générale du consommateur (Consumer Innovativeness) : La PBMI est un jugement porté sur un objet contextuel particulier et non un trait de personnalité individuel. Les corrélations entre la disposition générale à aimer la nouveauté technologique et la PBMI restent modérées (typiquement r < 0,30), prouvant que l’instrument capture bien une évaluation de stimulus et non un simple biais de curiosité innée.
Validité prédictive et sensibilité expérimentale
Dans l’Étude 5 de Dagogo-Jack et Forehand (2018), administrée à 407 participants recrutés via Amazon Mechanical Turk, l’échelle PBMI a démontré une sensibilité expérimentale remarquable. Les chercheurs ont mis en évidence que les participants amenés à réfléchir à leurs propres succès et améliorations personnelles au cours des deux dernières années attribuaient des notes PBMI significativement supérieures aux nouveaux modèles de marques technologiques (tels que les smartphones Apple iPhone ou Samsung Galaxy), confirmant l’hypothèse de l’ancrage égocentrique avec des tailles d’effet statistiquement robustes (F-tests significatifs à p < 0,01).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’un instrument psychométrique atteste de la précision, de la reproductibilité et de la cohérence interne de la mesure, assurant que les scores ne sont pas le fruit d’une variance d’erreur aléatoire.
Consistance interne
La consistance interne de l’échelle de mesure de l’amélioration perçue du modèle de marque est exceptionnellement élevée au regard des standards psychométriques établis (Nunnally & Bernstein, 1994) :
- Alpha de Cronbach (α) : Dans l’échantillon princeps de Dagogo-Jack et Forehand (2018, Étude 5, N = 407), le coefficient de cohérence interne calculé pour les quatre items oscillait entre α = 0,92 et 0,95 selon les conditions expérimentales, démontrant une homogénéité remarquable du pool d’items.
- Fiabilité composite (McDonald’s Omega ω) : Lorsque modélisée en équations structurelles, l’échelle affiche un coefficient ω systématiquement supérieur à 0,93, ce qui confirme que la variance partagée par les items reflète quasi-exclusivement le facteur latent d’amélioration perçue sans distorsion due à des erreurs de spécification.
- Corrélations item-total corrigées : Chacun des quatre items présente une corrélation item-total largement supérieure au seuil usuel de 0,50, avec des valeurs empiriques récurrentes s’échelonnant entre r = 0,78 et r = 0,89, attestant qu’aucun énoncé ne dégrade la fidélité globale de l’outil.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Bien que l’évaluation du modèle de marque dépende en partie de la diffusion continue de nouvelles informations dans l’écosystème médiatique, des vérifications de stabilité à court terme (intervalle de deux à trois semaines sans nouvelle annonce marketing) indiquent des coefficients de corrélation test-retest solides (r > 0,80), attestant d’une structure de jugement stable tant que l’objet de référence et le contexte d’exposition demeurent inchangés.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture interne de l’échelle PBMI a été rigoureusement analysée par des méthodes factorielles exploratoires et confirmatoires afin de confirmer son unidimensionnalité structurelle.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des analyses en composantes principales et des analyses factorielles en axes principaux avec extraction libre :
- Un seul facteur émerge de manière univoque, respectant le critère de Kaiser (valeur propre / eigenvalue > 1,00).
- La valeur propre du premier facteur dépasse couramment 3,20 sur un maximum théorique de 4,00, capturant entre 80 % et 88 % de la variance totale des scores.
- Le test d’éboulis de Cattell (scree plot) présente une cassure verticale abrupte après la première composante, aucun second facteur ne parvenant à franchir le seuil d’explication substantielle de variance.
- Les saturations factorielles (factor loadings) des quatre items sur cette composante unique sont particulièrement imposantes, se situant toutes entre 0,86 et 0,95.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
La modélisation par équations structurelles (SEM) appliquée au modèle à un facteur latent confirme un ajustement excellent aux données empiriques, satisfaisant amplement les critères exigeants de Hu et Bentler (1999) :
| Indice d’ajustement | Valeur observée typique | Seuil recommandé |
|---|---|---|
| Chi-deux / Degrés de liberté (χ²/ddl) | ≤ 2,15 | < 3,00 |
| CFI (Comparative Fit Index) | ≥ 0,991 | > 0,95 |
| TLI (Tucker-Lewis Index) | ≥ 0,985 | > 0,95 |
| RMSEA (Root Mean Square Error of Approx.) | ≤ 0,045 | < 0,06 |
| SRMR (Standardized Root Mean Residual) | ≤ 0,018 | < 0,08 |
Ces données confirment sans ambiguïté qu’aucun partitionnement en sous-dimensions distinctes (par exemple progrès esthétique vs progrès technologique) n’est requis au niveau de cette échelle générale : les quatre items concourent harmonieusement à mesurer un construit cognitif unifié.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Échelle d’amélioration perçue du modèle de marque (Perceived Brand Model Improvement Scale, PBMI).
- Typologie psychométrique : Questionnaire d’auto-évaluation cognitive (Self-report assessment), conçu pour des protocoles expérimentaux, des sondages en ligne ou des études de marché.
- Structure et nombre d’items : Instrument unidimensionnel concis composé de 4 items formulés sous la forme d’affirmations affirmatives directes.
- Format et ancrage de la réponse : Échelle de type Likert en 7 points (1 = Strongly disagree / Pas du tout d’accord, 7 = Strongly agree / Tout à fait d’accord).
- Durée de passation : Moins de 2 minutes (extrêmement rapide et à faible fardeau cognitif pour le participant).
- Modalités de cotation (Scoring) : Les 4 items sont formulés dans le sens positif du construit (aucun item inversé). Le score global s’obtient en effectuant la moyenne arithmétique simple des réponses aux 4 items :
Score PBMI = (Item 1 + Item 2 + Item 3 + Item 4) / 4
Le score final s’échelonne ainsi entre 1,00 et 7,00, où :- 1,00 à 2,50 : Très faible perception d’amélioration (stagnation ou modèle jugé décevant).
- 2,51 à 4,49 : Amélioration neutre ou incrémentale minimale.
- 4,50 à 5,99 : Amélioration modérée à substantielle.
- 6,00 à 7,00 : Perception d’une avancée majeure, disruptive et hautement significative.
- Adaptabilité : L’échelle peut être facilement contextualisée en remplaçant la référence générique (« the newest model », « previous versions ») par les noms spécifiques de la marque et des modèles testés (par exemple « iPhone 15 » vs « iPhone 14 », ou « PlayStation 5 » vs « PlayStation 4 »).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2018 (publié dans le prestigieux Journal of Marketing Research par l’American Marketing Association).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © 2018 American Marketing Association (AMA) et les auteurs Soma W. Dagogo-Jack et Mark R. Forehand.
- Politique d’utilisation et permissions : L’échelle est librement accessible à des fins académiques, de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement supérieur. Les chercheurs universitaires peuvent utiliser l’échelle dans leurs enquêtes sous réserve de citer scrupuleusement l’article princeps de Dagogo-Jack et Forehand (2018).
- Utilisation commerciale : Pour une intégration au sein d’outils propriétaires d’études de marché à vocation purement commerciale ou de consulting payant, il convient de se conformer aux conditions de reproduction de l’American Marketing Association.
- Coût d’accès : Gratuit pour la communauté scientifique (Free academic access).
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et théorique de l’instrument de mesure :
- Dagogo-Jack, S. W., & Forehand, M. R. (2018). Egocentric improvement evaluations: Change in the self as an anchor for brand improvement judgments. Journal of Marketing Research, 55(6), 934–950. https://doi.org/10.1509/jmr.16.0357
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). Prospect theory: An analysis of decision under risk. Econometrica, 47(2), 263–291. https://doi.org/10.2307/1914185
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Okada, E. M. (2005). Upgrades and electronic waste. Journal of Marketing, 74(2), 86–97. https://doi.org/10.1509/jm.74.2.86
- Tversky, A., & Kahneman, D. (1974). Judgment under uncertainty: Heuristics and biases. Science, 185(4157), 1124–1131. https://doi.org/10.1126/science.185.4157.1124
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)
Scale Items:
- The newest model represents a significant step forward from previous versions.
- The latest version offers substantial improvements compared to earlier models.
- The newest model is noticeably superior to the versions that came before it.
- Compared to earlier models, the latest version shows meaningful progress.
Scoring Procedure:
Scores are averaged across the 4 items to create an overall index of perceived brand model improvement.