Affect Négatif Post-Exposition (PENA)

L’échelle d’Affect Négatif Post-Exposition (PENA) évalue l’émergence d’états émotionnels négatifs dirigés vers soi (déception, irritation, culpabilité, autocritique) consécutifs à une situation de dissonance cognitive ou de menace de l’intégrité de soi.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’échelle de l’Affect Négatif Post-Exposition (en anglais, Post-Exposure Negative Affect ou PENA) est un instrument psychométrique bref développé initialement dans le cadre des travaux expérimentaux pionniers d’Andrew J. Elliot et Patricia G. Devine (1994) sur la nature motivationnelle de la dissonance cognitive. Cet outil d’auto-évaluation vise à mesurer avec précision l’émergence d’états émotionnels négatifs vécus par un individu immédiatement après son exposition à un stimulus aversif, inducteur de conflit cognitif ou consécutif à la réalisation d’un comportement contre-attitudinal.

L’échelle est composée de quatre items unipolaires ciblant spécifiquement des affects négatifs orientés vers soi : la déception (disappointment), l’agacement ou l’irritation envers soi (annoyance), la culpabilité (guilt) et l’autocritique (self-criticism). Les participants évaluent l’intensité de chaque ressenti émotionnel sur une échelle de réponse de type Likert variant généralement de 1 (« Pas du tout ») à 7 (« Énormément » ou « Tout à fait »), bien que des variantes en 9 points aient également été exploitées dans la littérature expérimentale.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’instrument présente une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre 0,80 et 0,89 selon les contextes expérimentaux. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires ont systématiquement validé l’unidimensionnalité de ce sous-ensemble d’items, tout en démontrant sa stricte divergence vis-à-vis des mesures d’inconfort psychologique indifférencié (comme le fait de se sentir mal à l’aise ou troublé) et de l’affect négatif général (comme la tristesse ou la peur). Utilisée principalement en psychologie sociale expérimentale, en psychologie de la santé et dans les études sur la communication persuasive, l’échelle PENA demeure un standard d’évaluation des répercussions émotionnelles immédiates de la rupture d’intégrité de soi.

2. Mots-clés

Dissonance cognitive, affect négatif post-exposition, inconfort psychologique, culpabilité, autocritique, régulation émotionnelle, conformité induite, psychométrie expérimentale, évaluation affective, déception de soi, menace du soi.

3. Auteurs

L’échelle et son paradigme de mesure émotionnelle associé ont été élaborés et formalisés par :

  • Andrew J. Elliot, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université de Rochester (Department of Clinical and Social Sciences in Psychology), New York, États-Unis. Spécialiste mondialement reconnu de la motivation d’accomplissement, de la théorie de l’approche-évitement et de la dynamique émotionnelle. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Patricia G. Devine, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université du Wisconsin-Madison (Department of Psychology), Wisconsin, États-Unis. Chercheuse émérite dans les domaines des stéréotypes, des préjugés, de la régulation de soi et des mécanismes affectifs sous-jacents aux conflits interpersonnels et intrapsychiques. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’échelle d’Affect Négatif Post-Exposition (PENA) est de quantifier avec exactitude la composante affective ressentie à la suite d’un événement inducteur de tension psychologique. Pendant plusieurs décennies suivant la publication de la théorie originale de la dissonance cognitive par Leon Festinger en 1957, la nature exacte de l’état d’éveil motivationnel sous-jacent est restée au cœur d’un débat théorique intense. Les modèles béhavioristes et la théorie de l’auto-perception de Daryl Bem (1967) suggéraient que les individus inféraient simplement leurs attitudes à partir de leurs comportements, sans nécessairement éprouver un malaise émotionnel viscéral.

Face à cette controverse, Elliot et Devine (1994) ont conçu un dispositif méthodologique rigoureux capable d’isoler l’état affectif généré par une dissonance cognitive en temps réel, avant que les mécanismes de rationalisation ou de changement d’attitude n’aient le temps d’opérer. L’échelle PENA a spécifiquement pour but de capturer la dimension d’affect négatif dirigé vers soi-même. Alors que d’autres échelles mesurent l’inconfort somatique général ou l’affect négatif non spécifique dirigé vers autrui ou vers l’environnement, la PENA cible le coût émotionnel intrapersonnel découlant de la prise de conscience que l’on a agi d’une manière incompatible avec ses propres standards moraux, éthiques ou cognitifs.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’échelle est employée pour tester les conditions d’activation de la dissonance (ex. : choix libre vs contrainte, saillance des conséquences aversives, engagement personnel). Elle permet de dissocier empiriquement la phase d’induction de la dissonance de sa phase de réduction, offrant une preuve directe de la présence de la pulsion motivationnelle.

Dans les applications en psychologie de la santé et communication persuasive, la PENA permet d’évaluer l’impact des messages préventifs basés sur l’hypocrisie induite (par exemple, confronter un individu à ses manquements en matière d’usage du préservatif, de tabagisme ou de conduite dangereuse). En mesurant le niveau de culpabilité, de déception et d’autocritique consécutif à l’exposition au message, les chercheurs peuvent déterminer si l’intensité de l’affect négatif prédit fidèlement l’adoption ultérieure de comportements protecteurs ou si, à l’inverse, un niveau excessif déclenche des réactions défensives d’évitement ou de déni.

Dans les contextes cliniques et de conseil psychologique, cet outil fournit une grille d’analyse succincte mais hautement discriminante pour évaluer la réactivité émotionnelle post-traumatique ou post-décisionnelle, notamment chez les patients souffrant de troubles obsessionnels-compulsifs, de perfectionnisme inadapté ou de dépression caractérisée par un biais récurrent d’auto-blâme.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par l’échelle PENA s’enracine dans la distinction fondamentale entre la détresse émotionnelle générale et les affects auto-référentiels négatifs. Contrairement aux approches globales de l’humeur comme celle du modèle circomplexe de Russell ou du PANAS (Watson, Clark, & Tellegen, 1988), la PENA cible quatre manifestations spécifiques d’une dévaluation momentanée du soi induite par un événement discordant.

1. La Déception envers soi-même (Disappointment)

La déception auto-dirigée émerge lorsqu’il existe un écart perceptible entre le comportement réel d’une personne et ses aspirations, idéaux ou attentes personnelles (la théorie des discordances de soi d’Higgins, 1987). Contrairement à la déception passive causée par des événements extérieurs incontrôlables, cet item mesure le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur de son propre standard intérieur. L’individu prend acte d’un échec comportemental dont il se reconnaît le principal auteur, ce qui entraîne une chute transitoire de l’estime de soi.

2. L’Agacement ou Irritation envers soi-même (Annoyance)

L’agacement auto-référentiel représente une forme d’hostilité ou de colère intériorisée. Alors que l’irritation classique est fréquemment projetée vers l’extérieur (obstacles environnementaux, partenaires sociaux frustrants), l’agacement ciblé par la PENA reflète une exaspération de l’individu face à sa propre faiblesse, son manque de volonté ou sa complaisance dans la situation expérimentale (par exemple, avoir accepté de rédiger un texte défendant une cause odieuse sous une simple consigne de persuasion). C’est un affect hautement activateur qui prépare l’action corrective.

3. La Culpabilité (Guilt)

La culpabilité est une émotion morale par excellence, déclenchée par la conscience d’avoir violé une norme éthique, causé un dommage potentiel à autrui ou failli à un devoir fondamental. Dans le modèle de la dissonance de Cooper et Fazio (1984), la culpabilité s’enracine dans la responsabilité perçue pour la survenue d’un résultat négatif ou aversif. Contrairement à la honte, qui implique une condamnation globale et irrémédiable de l’être, la culpabilité se focalise sur l’acte accompli (« J’ai fait une mauvaise action »), motivant ainsi des conduites de réparation, de confession ou de réalignement cognitif.

4. L’Autocritique (Self-Criticism)

L’autocritique constitue l’évaluation cognitive et affective négative explicite de sa propre conduite. Il s’agit du jugement réflexif par lequel la personne désapprouve formellement ses décisions récentes. Dans la structure de l’affect négatif post-exposition, cet item sert de passerelle entre l’affect brut et le jugement cognitif : il capture le dénigrement de ses propres choix et intensifie la nécessité psychologique de restaurer l’intégrité du concept de soi par des stratégies compensatoires (telles que l’auto-affirmation selon Steele, 1988).

Prises ensemble, ces quatre facettes ne forment pas une simple somme d’émotions disparates, mais constituent une constellation cohérente et unifiée d’affect négatif auto-dirigé, caractérisée par un niveau élevé d’activation et une valence strictement négative focalisée sur le soi agissant.

6. Cadre théorique

L’échelle PENA s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques majeures de la psychologie contemporaine : la théorie classique de la dissonance cognitive, les modèles de discordance du concept de soi et les théories contemporaines de l’émotion et de la régulation de soi.

La théorie de la dissonance cognitive et ses révisions

Dans sa formulation princeps, Leon Festinger (1957) postulait que la présence simultanée de deux cognitions psychologiquement contradictoires engendre un état de tension motivationnelle désagréable appelé « dissonance », que l’individu s’efforce de réduire en modifiant l’une des cognitions, en ajoutant de nouveaux éléments consonants ou en réduisant l’importance des cognitions dissonantes. Cependant, pendant près de quarante ans, la recherche s’est presque exclusivement focalisée sur le résultat final de ce processus (le changement d’attitude) sans jamais mesurer directement l’état affectif intermédiaire.

Au fil des décennies, plusieurs théories concurrentes ont émergé pour contester ou reformuler le mécanisme de Festinger :

  • La théorie de la cohérence de soi (Aronson, 1968, 1992) : Selon Elliot Aronson, la dissonance n’est pas provoquée par une simple incohérence logique entre deux pensées quelconques, mais spécifiquement par une menace envers le concept de soi. L’individu s’attend à être une personne morale, rationnelle et compétente ; agir de manière immorale ou absurde déclenche une blessure narcissique et un affect négatif auto-dirigé. L’échelle PENA est l’opérationnalisation directe de cette conceptualisation d’Aronson.
  • Le modèle du « New Look » (Cooper & Fazio, 1984) : Joel Cooper et Russell Fazio ont avancé que la dissonance ne requiert pas d’incohérence cognitive, mais la production volontaire de conséquences aversives non désirées (aversive consequences). Dans ce cadre, la culpabilité et le regret jouent un rôle axial.
  • La théorie de l’auto-affirmation (Steele, 1988) : Claude Steele affirme que le moteur de la dissonance est le besoin fondamental de maintenir l’intégrité globale du soi. Lorsque cette intégrité est bafouée, l’affect négatif émerge immédiatement.

La réconciliation empirique d’Elliot et Devine (1994)

Elliot et Devine ont conçu l’échelle PENA pour clore définitivement la querelle théorique. Dans leur protocole expérimental rigoureux, ils ont mesuré l’affect des sujets à trois moments distincts : au repos (niveau de base), immédiatement après la rédaction d’un essai contre-attitudinal dans des conditions de libre choix (forte dissonance) ou de contrainte (faible dissonance), et après que les sujets eurent l’occasion de modifier leur attitude. Leurs résultats ont démontré de façon irréfutable que :

  1. L’état de dissonance correspond bien à un inconfort psychologique et à un affect négatif auto-dirigé mesurable en temps réel ;
  2. Cet affect négatif est maximal immédiatement après l’acte dissonant (post-exposition) ;
  3. L’ampleur de cet affect médiatise statistiquement le changement d’attitude subséquent ;
  4. Dès que l’attitude est modifiée pour redevenir consonante, le niveau d’affect négatif mesuré par la PENA s’effondre pour revenir à son niveau de base.

Ce travail fondamental a établi la validité théorique du concept de « malaise affectif » comme médiateur indispensable de la dynamique de dissonance cognitive.

7. Validité

La validité psychométrique de l’échelle PENA a fait l’objet de multiples validations expérimentales et corrélationnelles au sein de la littérature de recherche internationale.

Validité de construit

La validité de construit a été établie par la manipulation systématique des variables canoniques de la dissonance cognitive. Dans l’étude 1 d’Elliot et Devine (1994), les participants placés dans la condition de « libre choix » (condition classique d’induction de dissonance forte où les individus ont l’illusion d’avoir librement accepté de rédiger un texte défendant une augmentation massive des frais de scolarité universitaire) ont présenté des scores sur l’indice d’affect négatif auto-dirigé significativement plus élevés ($M = 3,45$) que les participants placés dans la condition de « non-choix » ($M = 1,82$, $t(58) = 4,12$, $p < 0,001$). Cette sensibilité expérimentale démontre sans ambiguïté que l’instrument capte précisément l’impact psychologique de la menace comportementale.

Validité convergente

L’échelle PENA présente des corrélations positives fortes et statistiquement significatives avec d’autres indices validés de détresse psychologique et d’auto-évaluation négative :

  • Corrélation avec l’indice de malaise psychologique général (Psychological Discomfort Scale comprenant des items comme « mal à l’aise », « tendu », « tourmenté ») : $r$ compris entre 0,62 et 0,74 ($p < 0,001$).
  • Corrélation avec la sous-échelle d’Affect Négatif du PANAS : $r = 0,51$ à $0,60$.
  • Corrélation avec les mesures de culpabilité situationnelle (State Guilt Scale de Tangney) : $r = 0,68$ ($p < 0,001$).

Validité discriminante

L’un des apports majeurs des travaux psychométriques sur la PENA réside dans sa capacité démontrée à discriminer l’affect négatif auto-dirigé d’autres états affectifs négatifs généraux :

  • Affect négatif dirigé vers autrui / vers l’extérieur : Les items mesurant la colère envers autrui, le ressentiment ou le dégoût de la tâche présentent des corrélations faibles ou modérées avec la PENA ($r < 0,30$), et surtout, ces affects externes ne sont pas modulés par la condition de choix libre vs forcé.
  • Affect positif : Les corrélations avec les items de vitalité, d’enthousiasme et de calme sont systématiquement négatives ($r$ entre $-0,35$ et $-0,55$).
  • Séparation factorielle : Dans les modèles de régression multivariée, seul l’indice PENA (et non l’affect négatif général) s’est avéré être un prédicteur statistiquement significatif du réalignement attitudinal subséquent ($eta = 0,42$, $p < 0,01$).

Validité prédictive

Dans les paradigmes d’hypocrisie induite (Stone et al., 1994, 1997), le score obtenu sur la PENA immédiatement après le rappel des transgressions passées prédit directement la probabilité que les participants achètent des préservatifs à la sortie du laboratoire ou s’engagent bénévolement pour des associations de prévention ($OR = 1,85$, $p < 0,01$).

8. Fidélité

La fidélité de l’échelle d’Affect Négatif Post-Exposition a été quantifiée à travers différents indices de consistance interne et de cohérence inter-items.

Consistance interne

Dans l’échantillon initial de développement d’Elliot et Devine (1994, $N = 120$), le coefficient alpha de Cronbach pour les quatre items d’affect négatif auto-dirigé était de $lpha = 0,84$ lors de la phase post-exposition. Dans des réplications indépendantes ultérieures :

  • Harmon-Jones (2000), en utilisant une version adaptée des items dans un paradigme d’électroencéphalographie (EEG) sur la dissonance, a rapporté un coefficient de $lpha = 0,86$.
  • Devine et al. (1991), dans leurs recherches sur la culpabilité associée aux écarts entre standards personnels et comportements stéréotypés, ont obtenu des alphas s’échelonnant de 0,82 à 0,89.
  • Gosling, Denissen et Swann (2004) ont confirmé que même sous des formats très courts, cet ensemble de descripteurs affectifs conserve une consistance interne satisfaisante variant de 0,79 à 0,83.

Les corrélations inter-items moyennes s’établissent de manière homogène entre $r = 0,52$ et $r = 0,68$, attestant d’une excellente cohésion sémantique sans redondance excessive.

Fidélité test-retest et sensibilité au changement

Il convient de souligner que la PENA est un instrument de mesure de l’état émotionnel momentané (State) et non un trait de personnalité stable. De par sa nature théorique même, une fidélité test-retest élevée à long terme n’est ni attendue ni souhaitable : la théorie prédit que dès que l’individu réduit sa dissonance (en changeant d’avis ou en rationalisant), l’affect négatif doit s’estomper.

Elliot et Devine ont démontré cette dynamique : mesuré après que les sujets eurent complété le questionnaire d’attitude final, le score moyen à la PENA a chuté de manière spectaculaire ($M = 1,70$ contre $M = 3,45$ en phase pré-résolution, $t(29) = 5,61$, $p < 0,001$). Cette sensibilité aiguë au changement constitue la signature empirique d’un instrument de mesure d’état émotionnel hautement fidèle et réactif.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle des adjectifs affectifs employés par Elliot et Devine a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) pour déterminer si l’affect négatif auto-dirigé se distinguait bien de l’inconfort général et de l’affect positif.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans l’étude princeps, une extraction en composantes principales avec rotation varimax et oblimin appliquée à l’ensemble du thermomètre affectif (24 items incluant des états positifs, des états négatifs généraux, des états de malaise et des états auto-dirigés) a dégagé trois facteurs principaux expliquant plus de 62 % de la variance totale :

  1. Facteur 1 : Inconfort psychologique général (items : uncomfortable, uneasy, bothered) — valeur propre : 7,4 ; expliquant 30,8 % de la variance.
  2. Facteur 2 : Affect négatif auto-dirigé (PENA) (items : disappointed with self, annoyed with self, guilty, self-critical) — valeur propre : 4,2 ; expliquant 17,5 % de la variance.
  3. Facteur 3 : Affect positif (items : happy, optimistic, good, energetic) — valeur propre : 3,3 ; expliquant 13,7 % de la variance.

Les saturations factorielles des quatre items de la PENA sur leur facteur dédié étaient particulièrement nettes, sans saturation croisée majeure sur les autres axes :

  • Déception de soi-même : saturation de 0,82 sur le facteur PENA (saturation croisée < 0,22 sur l’inconfort général).
  • Agacement envers soi-même : saturation de 0,79 sur le facteur PENA (saturation croisée < 0,25).
  • Culpabilité : saturation de 0,76 sur le facteur PENA (saturation croisée < 0,18).
  • Autocritique : saturation de 0,74 sur le facteur PENA (saturation croisée < 0,20).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des recherches ultérieures en modélisation par équations structurelles (SEM) ont comparé un modèle à un facteur général d’affect négatif à un modèle à deux facteurs corrélés séparant l’inconfort général et l’affect négatif auto-dirigé. Le modèle à deux facteurs a présenté des indices d’adéquation nettement supérieurs :

  • $\chi^2/dl = 1,84$ (contre $> 4,50$ pour le modèle unifactoriel) ;
  • CFI (Comparative Fit Index) = 0,97 ;
  • TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,96 ;
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,048 ($IC_{90%} [0,028 ; 0,069]$) ;
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,035.

Ces données confirment formellement que l’affect négatif post-exposition constitue une entité psychométrique distincte, caractérisée par une forte spécificité de domaine.

10. Instrument de mesure

Les caractéristiques opérationnelles de l’échelle d’Affect Négatif Post-Exposition (PENA) se structurent comme suit :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory) évaluant un état psychologique momentané (state measure).
  • Nombre total d’items : 4 items unipolaires fondamentaux (souvent inclus au sein d’une liste plus large d’items distracteurs afin de préserver l’insu expérimental).
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points :
    • 1 = Pas du tout (Does not apply at all)
    • 2 = Très peu
    • 3 = Un peu
    • 4 = Modérément
    • 5 = Assez bien
    • 6 = Beaucoup
    • 7 = Énormément / Tout à fait (Applies very much)
  • Temps de passation : Moins de 2 minutes pour la sous-échelle isolée (environ 3 à 5 minutes lorsqu’elle est intégrée dans la batterie complète des 24 items affectifs).
  • Consignes de passation : Il est expressément demandé au participant d’indiquer comment il se sent « ici et maintenant, à ce moment précis », afin de neutraliser tout biais d’auto-description dispositionnelle ou globale.
  • Modalités de calcul des scores :
    • Le score composite de la PENA s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 4 items (score compris entre 1 et 7) ou la somme brute des réponses (score compris entre 4 et 28).
    • Tous les items sont unipolaires et orientés dans le sens de la pathologie ou de la détresse : il n’y a aucun item inversé à recoder.
    • Un score élevé traduit une intensité marquée de l’affect négatif orienté vers le soi (forte culpabilité, sévérité de l’autocritique, sentiment aigu d’avoir failli à ses valeurs).
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 16 ans, dans des contextes expérimentaux de laboratoire, d’enquêtes psychosociales ou d’évaluation clinique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1994 (Journal of Personality and Social Psychology).
  • Statut du droit d’auteur : L’article original et le protocole de recherche sont sous copyright de l’American Psychological Association (APA). Toutefois, les adjectifs descriptifs constitutifs de l’échelle d’affect sont considérés comme faisant partie du domaine public méthodologique pour la recherche académique non commerciale.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation de recherche scientifique, académique et pédagogique. Aucune redevance n’est exigée des chercheurs pour l’administration de ces descripteurs dans le cadre de leurs protocoles expérimentaux.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Les chercheurs souhaitant reproduire textuellement l’intégralité de l’article ou des tableaux originaux dans une publication commerciale ou un manuel doivent solliciter l’autorisation formelle du service des permissions de l’APA. Pour une utilisation empirique en laboratoire, la simple citation de l’article source d’Elliot et Devine (1994) est requise et suffisante.

12. Références

Les publications scientifiques fondamentales et études psychométriques associées à la PENA comprennent :

  • Aronson, E. (1968). Dissonance theory: Progress and problems. In R. P. Abelson, E. Aronson, W. J. McGuire, T. M. Newcomb, M. J. Rosenberg, & P. H. Tannenbaum (Eds.), Theories of cognitive consistency: A sourcebook (pp. 5–27). Rand McNally.
  • Aronson, E. (1992). The return of the repressed: Dissonance theory makes a comeback. Psychological Inquiry, 3(4), 303–311. https://doi.org/10.1207/s15327965pli0304_1
  • Bem, D. J. (1967). Self-perception: An alternative interpretation of cognitive dissonance phenomena. Psychological Review, 74(3), 183–200. https://doi.org/10.1037/h0024834
  • Cooper, J., & Fazio, R. H. (1984). A new look at dissonance theory. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in experimental social psychology (Vol. 17, pp. 229–266). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60121-5
  • Devine, P. G., Monteith, M. J., Zuwerink, J. R., & Elliot, A. J. (1991). Prejudice with and without compunction. Journal of Personality and Social Psychology, 60(6), 817–830. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.6.817
  • Elliot, A. J., & Devine, P. G. (1994). On the motivational nature of cognitive dissonance: Dissonance as psychological discomfort. Journal of Personality and Social Psychology, 67(3), 382–394. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.3.382
  • Festinger, L. (1957). A theory of cognitive dissonance. Stanford University Press.
  • Harmon-Jones, E. (2000). A cognitive analysis of the affect of cognitive dissonance. In E. Harmon-Jones & J. Mills (Eds.), Cognitive dissonance: Progress on a pivotal theory in social psychology (pp. 71–99). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10318-004
  • Higgins, E. T. (1987). Self-discrepancy: A theory relating vulnerability and affect. Psychological Review, 94(3), 319–340. https://doi.org/10.1037/0033-295X.94.3.319
  • Steele, C. M. (1988). The psychology of self-affirmation: Sustaining the integrity of the self. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in experimental social psychology (Vol. 21, pp. 261–302). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60229-4
  • Stone, J., Aronson, E., Crain, A. L., Winslow, M. P., & Fried, C. B. (1994). Inducing hypocrisy as a means of reducing negative sexual behavior: Using cognitive dissonance to make a difference. Personality and Social Psychology Bulletin, 20(1), 116–128. https://doi.org/10.1177/0146167294201012
  • Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063

13. Questions et items du questionnaire

Dans les études princeps d’Elliot et Devine (1994), les participants reçoivent une liste d’adjectifs affectifs et indiquent leur niveau de ressenti au moment précis de l’administration du test. Les items originaux constituant le sous-ensemble de l’Affect Négatif Post-Exposition (PENA) sont présentés ci-dessous dans leur langue originale anglaise et accompagnés de leur formulation d’instruction standard.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Instructions to participants:

« This scale consists of a number of words that describe different feelings and emotions. Read each item and indicate the extent to which you feel this way right now, that is, at the present moment. Use the following scale from 1 (does not apply at all) to 7 (applies very much). »

Rating Scale:

  • 1 = Does not apply at all
  • 2 = Applies very little
  • 3 = Applies a little
  • 4 = Applies moderately
  • 5 = Applies fairly well
  • 6 = Applies very well
  • 7 = Applies very much

Scale Items (Self-Directed Negative Affect / PENA):

  1. Disappointed with myself
  2. Annoyed with myself
  3. Guilty
  4. Self-critical
★

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Looti, M. (2026, septembre 30). Affect Négatif Post-Exposition (PENA). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/affect-negatif-post-exposition-pena/
Looti, Mohammed. “Affect Négatif Post-Exposition (PENA).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/affect-negatif-post-exposition-pena/.
Looti, Mohammed. “Affect Négatif Post-Exposition (PENA).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/affect-negatif-post-exposition-pena/.