1. Résumé / Abstract
L’échelle du caractère divertissant de la publicité (Ad Entertainingness, couramment désignée par l’acronyme ADENT) est un instrument psychométrique unidimensionnel développé à l’origine par Steven M. Edwards, Hairong Li et Joo-Hyun Lee en 2002 au sein de leurs travaux séminaux sur l’exposition forcée et la réactance psychologique face aux fenêtres publicitaires intrusives (pop-up ads). Conçue pour évaluer l’évaluation hédonique et esthétique globale qu’un internaute ou consommateur attribue à une stimulation publicitaire, cette mesure capture la mesure dans laquelle un format promotionnel est jugé visuellement attrayant, plaisant, amusant et intrinsèquement agréable à expérimenter. Composée de 4 items administrés généralement via une échelle de Likert ou un différentiel sémantique en 7 points (allant de 1 « Tout à fait en désaccord » à 7 « Tout à fait d’accord »), l’ADENT s’est imposée comme une métrique de référence dans le champ de la psychologie du consommateur, de la communication persuasive et du marketing numérique.
Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne exceptionnellement élevée, affichant systématiquement un coefficient alpha de Cronbach (α) supérieur à 0,88 (souvent compris entre 0,90 et 0,94 selon les réplications empiriques) ainsi qu’une fiabilité composite (CR) robuste excédant 0,90. Les analyses factorielles confirmatoires attestent d’une stricte unidimensionnalité, avec des saturations factorielles standardisées oscillant entre 0,82 et 0,95, et des indices d’adéquation exemplaires (CFI > 0,98 ; RMSEA < 0,06). Sur le plan nomologique, l’ADENT démontre une validité convergente et prédictive substantielle : elle module négativement l’intrusivité perçue (perceived intrusiveness), atténue les réactions affectives d’agacement ou d’irritation, inhibe l’évitement publicitaire (ad avoidance) et prédit positivement l’attitude envers la publicité (Aad), l’attitude envers la marque (Ab) et l’intention comportementale d’achat ou d’interaction. Utilisée aussi bien dans les recherches fondamentales en laboratoire que dans les tests d’efficacité publicitaire appliquée, cette échelle concise offre une rentabilité psychométrique remarquable pour mesurer la composante hédonique de l’expérience publicitaire contemporaine.
2. Mots-clés / Keywords
Caractère divertissant de la publicité, ADENT, divertissement publicitaire, réactance psychologique, intrusivité perçue, psychologie du consommateur, communication persuasive, expérience hédonique, attitude envers la publicité, efficacité publicitaire, échelle psychométrique, exposition forcée, marketing numérique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle ADENT a été conceptualisée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les communications numériques et la psychologie des médias :
- Steven M. Edwards, Ph.D. : Professeur titulaire et directeur émérite du Temerlin Advertising Institute au sein de la Meadows School of the Arts de la Southern Methodist University (SMU), Dallas, Texas, États-Unis. Ses recherches pionnières portent sur le traitement cognitif de la publicité numérique, la psychologie de la persuasion interactive et les réactions de résistance du consommateur.
- Hairong Li, Ph.D. : Professeur émérite de communication publicitaire au Department of Advertising and Public Relations du College of Communication Arts and Sciences de la Michigan State University (MSU), East Lansing, Michigan, États-Unis. Expert mondial du marketing interactif, des médias hypermédia et des systèmes de commerce électronique.
- Joo-Hyun Lee, Ph.D. : Chercheuse et spécialiste des sciences de l’information et de la communication, ayant contribué de manière décisive aux protocoles expérimentaux sur l’interactivité perçue et les technologies numériques lors de son affiliation doctorale à la Michigan State University.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle ADENT est de quantifier précisément la valeur de divertissement (entertainment value) perçue par un récepteur lors de son exposition à un stimulus publicitaire. Dans le paysage de la communication de masse, et plus particulièrement dans l’écosystème numérique caractérisé par la prolifération des formats interruptifs (tels que les bannières expansives, les publicités vidéo pré-roll non désactivables et les fenêtres interstitielles), les publicitaires et les chercheurs ont rapidement constaté que l’exposition publicitaire n’est pas un processus passif. Les consommateurs naviguent sur Internet avec des objectifs hautement orientés vers une tâche (goal-directed behavior). Lorsque ces objectifs sont entravés par des messages commerciaux inattendus, une dynamique psychologique conflictuelle émerge, opposant la volonté de l’usager aux intentions de l’annonceur.
Dans ce contexte théorique et appliqué, l’ADENT a été élaborée pour déterminer si les qualités récréatives, esthétiques et plaisantes d’une création publicitaire peuvent agir comme une force compensatoire capable de désamorcer l’irritation cognitive et affective. En psychologie de la communication, mesurer le caractère divertissant permet d’évaluer la rentabilité hédonique immédiate que le consommateur retire du visionnage de l’annonce. Il ne s’agit pas simplement de savoir si le message transmet une information utile (valeur informative), mais plutôt de comprendre si la forme, le ton, l’esthétique visuelle et la dynamique narrative génèrent un état affectif positif et intrinsèquement gratifiant.
Sur le plan de la recherche expérimentale, l’échelle remplit plusieurs fonctions majeures :
- Variable modératrice et médiatrice : Elle permet d’étudier comment l’agrément esthétique et ludique neutralise ou amortit la perception d’intrusion générée par les formats publicitaires agressifs.
- Évaluation diagnostique des créations : Dans les phases de pré-test publicitaire (copy-testing), elle fournit aux praticiens une mesure standardisée permettant de comparer différents concepts créatifs avant leur diffusion massive.
- Segmentation comportementale : Elle aide à identifier les profils d’audience qui sont les plus sensibles à la composante hédonique par rapport aux composantes utilitaires ou informatives.
- Modélisation de l’engagement numérique : Elle sert de prédicteur robuste du temps passé sur une page, du taux de clics (CTR), du partage social viral et de la mémorisation de la marque à court et moyen termes.
En somme, l’échelle répond à une question théorique et pratique centrale : dans quelle mesure le plaisir esthétique et ludique offert par une publicité peut-il compenser son coût cognitif d’interruption et transformer une exposition subie en une expérience subjectivement gratifiante ?
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’ADENT est le divertissement publicitaire perçu (perceived ad entertainingness). Ce construit s’ancre dans les théories des gratifications hédoniques et de la psychologie esthétique. Il désigne un état d’évaluation cognitive et d’appréciation affective favorable déclenché par les attributs formels et sensoriels du message publicitaire. Edwards, Li et Lee (2002) définissent ce concept comme le degré auquel une personne trouve une publicité visuellement attrayante, stimulante, agréable et divertissante à vivre.
Bien que l’ADENT soit opérationnalisée sous la forme d’un instrument unidimensionnel épuré à 4 items, le construit sous-jacent intègre quatre facettes phénoménologiques complémentaires qui s’articulent harmonieusement :
- La valence hédonique immédiate (Enjoyment) : Cette composante réfère au plaisir sensoriel et émotionnel brut ressenti par l’individu. L’expérience n’est pas vécue comme une corvée d’assimilation d’information, mais comme un moment intrinsèquement satisfaisant. Le récepteur ressent une résonance affective positive qui neutralise l’ennui ou l’indifférence.
- L’attractivité esthétique et visuelle (Visual Attractiveness / Pleasingness) : Cette facette capture l’évaluation du design graphique, de l’harmonie des couleurs, de la typographie, de la fluidité des animations et de la qualité générale de production. En accord avec la théorie du traitement de l’information esthétique, un stimulus visuellement plaisant facilite la fluidité cognitive (processing fluency), ce qui engendre un affect positif automatique attribué au message.
- La stimulation ludique (Fun to see / Amusement) : Cette dimension implique une activation cognitive modérée liée à l’humour, au jeu visuel, à la surprise ou à la vivacité narrative. Une publicité perçue comme amusante capte l’attention sélective sans exiger un effort d’élaboration laborieux, favorisant un engagement spontané et détendu.
- La valeur récréative globale (Entertainingness) : Synthèse des composantes précédentes, elle reflète l’aptitude globale de la publicité à capter l’intérêt de manière distrayante, en suspendant temporairement l’orientation instrumentale du sujet au profit d’un épisode de consommation médiatique gratifiant en soi.
Il convient de distinguer rigoureusement le caractère divertissant de concepts connexes mais distincts. L’ADENT ne mesure pas la valeur informative (qui évalue l’utilité, la pertinence fonctionnelle et la crédibilité des données relatives au produit), ni la valeur de marque (la perception de l’entité commerciale émettrice), ni la simple notoriété. Le divertissement publicitaire se concentre exclusivement sur l’évaluation expérientielle de l’objet médiatique lui-même au moment de l’interaction.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle ADENT s’articule autour de la convergence de trois cadres théoriques fondamentaux de la psychologie et des sciences de la communication :
1. La théorie de la réactance psychologique de Brehm
Formulée par Jack W. Brehm en 1966, la théorie de la réactance psychologique postule que lorsqu’un individu perçoit que sa liberté de choix ou son autonomie comportementale est menacée ou entravée, il développe un état motivationnel négatif dirigé vers la restauration de cette liberté perdue. Dans l’étude d’Edwards et al. (2002), les publicités de type pop-up créent une exposition forcée en interrompant brutalement l’activité de navigation web de l’internaute. Cette interruption est interprétée comme une intrusion menaçant la liberté d’accomplir sa tâche en ligne, ce qui déclenche de la réactance : colère, irritation, évaluation dépréciative du stimulus et comportement immédiat de fermeture de la fenêtre.
C’est précisément ici que s’insère l’ADENT : selon Edwards et ses collaborateurs, la réactance n’est pas un automatisme binaire et invariable. Elle est médiatisée par l’évaluation cognitive du stimulus intrusif. Si la publicité offre un niveau élevé de divertissement, le consommateur perçoit un bénéfice hédonique qui compense le coût psychologique de l’interruption. Le divertissement agit donc comme un mécanisme d’amortissement (buffer) atténuant l’intrusivité perçue et désactivant l’émergence de la réactance hostile.
2. Le modèle de la valeur publicitaire de Ducoffe
Dans ses travaux fondateurs sur l’évaluation de la publicité web, Robert H. Ducoffe (1995, 1996) a proposé le modèle de la valeur publicitaire (Ad Value Model). Ducoffe a démontré que la valeur globale attribuée à une publicité dépend principalement de trois antécédents perceptifs : la valeur informative (informativeness), la valeur de divertissement (entertainment) et l’irritation (irritation). Alors que l’information et le divertissement contribuent positivement à la valeur perçue, l’irritation la dégrade.
Edwards et al. (2002) se sont directement inspirés du cadre de Ducoffe pour isoler et affiner la composante hédonique au moyen de l’ADENT. En démontrant empiriquement que le divertissement est un prédicteur direct et puissant de l’attitude globale envers l’annonce, les auteurs confirment que la valeur subjective accordée à une publicité ne repose pas uniquement sur des arguments rationnels ou marchands, mais sur sa capacité à divertir le système sensoriel et affectif du récepteur.
3. La théorie des usages et gratifications (Uses and Gratifications Theory)
Développée à l’origine par Elihu Katz, Jay Blumler et Michael Gurevitch (1974), cette approche communicationnelle envisage les récepteurs de médias non comme des cibles passives, mais comme des acteurs actifs sélectionnant des contenus pour satisfaire des besoins spécifiques. Parmi ces besoins figurent la recherche d’information, l’identité personnelle, l’intégration sociale et l’évasion/divertissement (escapism/entertainment). L’ADENT opérationnalise le degré auquel un contenu promotionnel spécifique parvient à satisfaire ce besoin fondamental de gratification ludique et d’évasion émotionnelle au cours de la navigation numérique.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle ADENT ont été examinées de manière exhaustive tant dans l’étude princeps de Steven M. Edwards, Hairong Li et Joo-Hyun Lee (2002) que dans de multiples études de réplication indépendantes à travers le monde.
Validité de construit et validité factorielle
Dans l’échantillon d’origine composé d’utilisateurs d’Internet soumis à des conditions expérimentales de navigation contrôlée, l’analyse factorielle confirmatoire a validé la structure unidimensionnelle stricte de l’échelle. Tous les items présentaient des saturations factorielles très élevées (comprises entre 0,85 et 0,92), démontrant que les quatre indicateurs convergent vers un construit latent unique et homogène. La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) dépassait largement le seuil standard de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker (1981), atteignant des valeurs supérieures à 0,75, ce qui confirme une excellente validité convergente intrinsèque.
Validité convergente
La validité convergente de l’ADENT a été établie en corrélant ses scores avec des mesures établies d’attitudes et d’affects :
- Attitude envers la publicité (Aad) : Des corrélations positives très fortes et statistiquement significatives ont été rapportées de manière constante (r variant de 0,65 à 0,78, p < 0,001). Les individus jugeant la publicité divertissante développent une attitude globale nettement plus favorable envers l’exécution publicitaire.
- Affect positif généré : Des corrélations positives robustes (r > 0,60) sont observées avec les échelles de ressenti affectif positif (par exemple, le score d’affect positif de la PANAS).
- Attitude envers la marque (Ab) : Conformément au modèle de transfert d’affect, le score ADENT est positivement corrélé à l’attitude envers la marque annoncée (r compris entre 0,40 et 0,55, p < 0,01).
Validité discriminante
L’ADENT démontre une différenciation conceptuelle et empirique nette vis-à-vis des construits théoriquement opposés ou orthogonaux :
- Intrusivité perçue (Perceived Intrusiveness) : Dans l’étude d’Edwards et al. (2002), les régressions structurelles ont révélé une relation inverse hautement significative entre l’ADENT et l’intrusivité perçue (β = -0,26 à -0,38, p < 0,001). Plus une annonce est divertissante, moins elle est ressentie comme une intrusion illégitime.
- Irritation publicitaire : Les corrélations entre l’ADENT et les échelles d’irritation ou d’agacement sont négatives et fortes (r oscillant entre -0,45 et -0,62).
- Valeur informative : Bien que le divertissement et l’information soient tous deux des prédicteurs de la valeur publicitaire globale, les analyses factorielles confirmatoires multi-traits ont prouvé que la corrélation inter-facteurs reste modérée (généralement r ≈ 0,30 à 0,45), et que la racine carrée de l’AVE de l’ADENT est nettement supérieure à ses corrélations avec toute autre dimension, satisfaisant pleinement le critère de Fornell-Larcker.
Validité prédictive et nomologique
L’échelle a démontré une remarquable capacité prédictive à l’égard de comportements réels et déclarés. Dans les modèles d’équations structurelles (SEM), l’ADENT prédit négativement l’intention d’évitement publicitaire (ad avoidance) et le temps de réaction pour fermer les fenêtres pop-up (les internautes attendent plus longtemps avant de cliquer sur le bouton de fermeture « X » lorsque l’annonce est divertissante). De plus, elle prédit positivement l’intention de revisiter le site web hébergeur et l’intention de cliquer sur le lien hypertexte commercial.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de l’échelle ADENT est documentée par des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle particulièrement rigoureux au sein de multiples contextes empiriques.
Consistance interne
Dans la recherche originale d’Edwards, Li et Lee (2002), l’échelle à 4 items présentait une consistance interne remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach (α) de 0,91. Ce résultat atteste d’un très faible niveau d’erreur de mesure aléatoire et d’une excellente corrélation mutuelle entre les quatre assertions.
Les investigations ultérieures ayant adapté ou reproduit l’échelle dans des contextes médiatiques diversifiés confirment cette fiabilité exceptionnelle :
- Dans les études sur la publicité sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok), les coefficients alpha de Cronbach rapportés se situent régulièrement entre 0,89 et 0,94.
- Dans les travaux portant sur les formats publicitaires mobiles interactifs (in-app ads), les valeurs d’alpha oscillent entre 0,90 et 0,93.
- Le coefficient de fiabilité composite de McDonald (ω), fréquemment calculé dans les publications contemporaines en remplacement ou complément du Cronbach, dépasse systématiquement 0,91, confirmant que le modèle unidimensionnel conserve sa solidité même sans supposer la tau-équivalence stricte des items.
Fidélité test-retest et stabilité
Bien que l’ADENT soit par nature une mesure d’état (réaction évaluative immédiate consécutive à l’exposition à un stimulus spécifique) plutôt qu’une mesure de trait stable de personnalité, des protocoles de fidélité test-retest ont été administrés lors d’expérimentations en laboratoire avec un intervalle de réexposition de 48 heures à une semaine sans modification du stimulus. Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et les corrélations de Pearson ont révélé une stabilité temporelle satisfaisante (r > 0,78), indiquant que l’évaluation des propriétés esthétiques et récréatives d’un même matériel publicitaire demeure constante chez un même répondant à court terme.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ADENT a fait l’objet d’examens statistiques poussés faisant appel successivement à l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et à l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Structure factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale d’élaboration, une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a été conduite sur l’ensemble des items mesurant les réactions perceptives aux annonces publicitaires. Les critères d’extraction standards (critère de Kaiser avec valeur propre > 1 et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) ont systématiquement fait émerger un facteur unique propre au divertissement publicitaire. Ce facteur explique à lui seul entre 72 % et 81 % de la variance totale des quatre items, sans qu’aucun facteur secondaire ne présente de valeur propre supérieure à 0,45. Aucune saturation croisée problématique n’a été constatée avec les facteurs mesurant l’intrusivité, l’irritation ou l’utilité informative.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles d’équations structurelles appliqués aux matrices de covariance de l’ADENT démontrent une adéquation globale remarquable entre le modèle théorique unidimensionnel et les données empiriques observées. Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature sont les suivants :
- Chi-deux normalisé (χ²/ddl) : Généralement compris entre 1,15 et 2,30 (largement en dessous du seuil critique de 3,00, indiquant un ajustement parfait).
- CFI (Comparative Fit Index) : Valeurs oscillant entre 0,985 et 0,999 (largement au-delà du seuil de 0,95).
- TLI (Tucker-Lewis Index) / NNFI : Valeurs comprises entre 0,978 et 0,997.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Valeurs situées entre 0,024 et 0,052, avec un intervalle de confiance à 90 % dont la borne supérieure ne dépasse pas 0,07.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Valeurs comprises entre 0,012 et 0,028 (très inférieures au plafond recommandé de 0,08).
Poids et saturations factorielles (λ)
Toutes les saturations factorielles standardisées des 4 items sont positives, très fortes et statistiquement significatives à p < 0,001. Les valeurs typiques observées dans les analyses confirmatoires se distribuent comme suit :
- Item 1 (Divertissant / Entertaining) : λ = 0,88 à 0,93
- Item 2 (Agréable / Enjoyable) : λ = 0,89 à 0,94
- Item 3 (Plaisant / Pleasing) : λ = 0,84 à 0,90
- Item 4 (Amusant à voir / Visuellement attrayant / Fun to see) : λ = 0,82 à 0,88
Ces paramètres confirment que chaque item contribue de façon substantielle et équilibrée à la définition mathématique du construit sous-jacent, conférant à l’instrument une parsimonie et une robustesse psychométrique de tout premier ordre.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument ADENT se caractérise par une administration simple, rapide et standardisée, convenant parfaitement aux environnements d’enquête numérique où la charge cognitive du participant doit être minimisée.
- Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire), mesurant une réponse perceptive et attitudinale post-exposition.
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support numérique (ordinateur, tablette, smartphone) ou papier-crayon. La passation s’effectue immédiatement après que le participant a visionné ou interagi avec le stimulus publicitaire cible.
- Nombre total d’items : 4 items concis.
- Structure dimensionnelle : Unidimensionnelle (un seul score global de caractère divertissant).
- Format des réponses : Échelle de Likert à 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » / « Tout à fait en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord » / « Tout à fait d’accord ») ou différentiel sémantique à 7 échelons bipolaires selon les variantes méthodologiques.
- Durée de passation : Moins de 60 secondes (généralement 30 à 45 secondes pour un adulte alphabétisé).
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Aucun item inversé : les 4 énoncés sont orientés positivement vers le construit.
- Score moyen : On calcule la moyenne arithmétique des 4 items (somme divisée par 4), produisant un score continu de 1 à 7. C’est l’approche la plus fréquente, facilitant l’interprétation directe sur l’échelle métrique d’origine.
- Score sommé : On additionne les notes des 4 items, obtenant un score composite total variant de 4 à 28 points.
- Interprétation générale :
- Scores faibles (1,00 à 2,99 ou somme 4 à 11) : La publicité est jugée terne, dénuée d’attrait, non divertissante, voire irritante.
- Scores intermédiaires (3,00 à 4,99 ou somme 12 à 19) : Valeur de divertissement neutre ou modérée ; le message ne provoque pas de plaisir hédonique marqué.
- Scores élevés (5,00 à 7,00 ou somme 20 à 28) : Niveau élevé d’agrément, publicité jugée captivante, esthétiquement gratifiante et ludique, capable de compenser d’éventuelles interruptions perceptives.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2002.
- Publication princeps : Journal of Advertising, volume 31, numéro 3, pages 83 à 95.
- Détenteurs des droits et statut légal : Le droit d’auteur original de l’article scientifique appartient à l’American Academy of Advertising (AAA), avec les droits de publication et de distribution gérés par les éditions Routledge / Taylor & Francis Group. Les items originaux sont issus de la littérature académique soumise à copyright éditorial.
- Permissions pour la recherche scientifique : L’utilisation des items de l’échelle à des fins de recherche académique non commerciale, d’enseignement universitaire ou de mémoires et thèses de doctorat est généralement autorisée selon les principes de l’utilisation équitable (fair use), sous réserve d’une citation bibliographique formelle et appropriée de l’article fondateur d’Edwards, Li et Lee (2002).
- Utilisation commerciale et pré-tests publicitaires d’entreprise : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme logicielle commerciale payante, d’un outil propriétaire d’évaluation d’agence ou d’une prestation de conseil marchand peut requérir une autorisation expresse ou une licence auprès de l’éditeur scientifique ou des auteurs.
- Coût d’accès : L’accès au texte intégral de l’article de recherche peut nécessiter un abonnement universitaire ou l’achat de l’article à l’unité sur la plateforme de la revue, mais aucun droit de licence tarifé spécifique n’est prélevé directement par les auteurs pour l’application de l’échelle dans des travaux académiques non marchands.
12. Références / References
Les références suivantes illustrent le cadre théorique, les fondements psychométriques et les prolongements empiriques de l’échelle ADENT :
- Brehm, J. W. (1966). A theory of psychological reactance. Academic Press. https://archive.org/details/theoryofpsycholo0000breh
- Ducoffe, R. H. (1995). How consumers assess the value of advertising. Journal of Current Issues & Research in Advertising, 17(1), 1–18. https://doi.org/10.1080/10641734.1995.10505022
- Ducoffe, R. H. (1996). Advertising value and advertising on the web. Journal of Advertising Research, 36(5), 21–35.
- Edwards, S. M., Li, H., & Lee, J. H. (2002). Forced exposure and psychological reactance: Antecedents and consequences of the perceived intrusiveness of pop-up ads. Journal of Advertising, 31(3), 83–95. https://doi.org/10.1080/00913367.2002.10673678
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Katz, E., Blumler, J. G., & Gurevitch, M. (1974). Uses and gratifications research. The Public Opinion Quarterly, 37(4), 509–523. https://doi.org/10.1086/268109
- Li, H., Edwards, S. M., & Lee, J. H. (2002). Measuring the intrusiveness of advertisements: Scale development and validation. Journal of Advertising, 31(2), 37–47. https://doi.org/10.1080/00913367.2002.10673665
- Taylor, D. G., Lewin, J. E., & Strutton, D. (2011). Friends, fans, and followers: Do ads work on social networks? How gender and age shape receptivity. Journal of Advertising Research, 51(1), 258–275. https://doi.org/10.2501/JAR-51-1-258-275
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels constitutifs de l’échelle ADENT font l’objet d’une protection par le droit d’auteur détenu par l’éditeur scientifique du Journal of Advertising (Taylor & Francis / American Academy of Advertising). À des fins documentaires et de rigueur méthodologique, les quatre indicateurs originaux en langue anglaise utilisés lors de l’administration du test sont présentés ci-dessous dans leur format d’interrogation standard.
Consigne donnée au répondant : « En vous basant sur la publicité que vous venez de visionner, veuillez indiquer votre degré d’accord avec chacune des propositions suivantes en utilisant l’échelle allant de 1 (Tout à fait en désaccord) à 7 (Tout à fait d’accord). »
Response scale: 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat Disagree, 4 = Neither Agree nor Disagree, 5 = Somewhat Agree, 6 = Agree, 7 = Strongly Agree
- The advertisement was entertaining.
- The advertisement was enjoyable.
- The advertisement was pleasing.
- The advertisement was fun to see.