1. Résumé
L’échelle d’Action de quartier / Volonté d’intervenir (Neighborhood Action/Willingness to Intervene Scale) est un instrument psychométrique et sociologique conçu initialement par Douglas D. Perkins, Paul Florin, Richard C. Rich, Abraham Wandersman et David M. Chavis (1990), puis adapté dans le cadre du Houston Community Demonstration Project en 1993 et répertorié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Cet instrument évalue la propension perçue des résidents d’un îlot urbain (residential block) ou d’un quartier à s’engager dans des comportements de contrôle social informel face à des situations problématiques, d’incivilités, de dégradations matérielles ou de criminalité émergente.
Composée de 6 items concis formulés sous forme de scénarios hypothétiques contextualisés, l’échelle examine des situations graduées allant d’incivilités mineures (graffitis par des enfants de 10 à 12 ans, tapage nocturne ou musique assourdissante) à des menaces criminelles graves (présence d’un individu suspect, bagarre entre adolescents, coups de feu, trafic de stupéfiants). Les répondants expriment la probabilité perçue d’une intervention personnelle ou collective sur une échelle ordinale à 3 points (« Pas du tout probable » = 1, « Assez probable » = 2, « Très probable » = 3). Le score global, obtenu par le calcul de la moyenne arithmétique des items complétés, reflète le niveau d’efficacité collective et de vigilance partagée du micro-voisinage.
Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,84 selon les populations étudiées. Elle démontre une excellente validité de construit, s’inscrivant directement dans les théories de la désorganisation sociale et de l’efficacité collective formalisées ultérieurement par Robert J. Sampson. L’outil s’avère particulièrement utile en psychologie communautaire, en criminologie environnementale et en santé publique pour évaluer l’impact des programmes d’organisation de quartier, de prévention situationnelle et de renforcement du capital social local.
2. Mots-clés
Efficacité collective, contrôle social informel, action de quartier, psychologie communautaire, criminologie environnementale, prévention de la délinquance, désorganisation sociale, cohésion sociale, participation citoyenne, évaluation psychométrique.
3. Auteurs
L’échelle a été développée et formalisée par une équipe multidisciplinaire de pionniers en psychologie communautaire et en sciences politiques :
- Douglas D. Perkins, Ph.D. : Professeur au département des organisations humaines et du développement territorial au Peabody College de l’Université Vanderbilt (Nashville, Tennessee, États-Unis). Spécialiste reconnu de la psychologie environnementale, de la participation communautaire et de la prévention du crime. Courriel institutionnel : [email protected].
- Paul Florin, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Rhode Island (Kingston, Rhode Island, États-Unis), expert des coalitions communautaires et de l’action collective locale.
- Richard C. Rich, Ph.D. : Professeur honoraire de sciences politiques au Virginia Polytechnic Institute and State University (Virginia Tech, Blacksburg, Virginie, États-Unis), spécialisé dans la gouvernance locale et la participation citoyenne.
- Abraham Wandersman, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Caroline du Sud (Columbia, Caroline du Sud, États-Unis), pionnier des modèles d’évaluation de programmes et de renforcement des capacités communautaires.
- David M. Chavis, Ph.D. : Psychologue communautaire, cofondateur et directeur de recherche à Community Science (Gaithersburg, Maryland, États-Unis), théoricien central du concept de sens de la communauté (Sense of Community Index).
- Houston Community Demonstration Project (1993) : Département de la santé et des services sociaux de la ville de Houston (Texas, États-Unis), qui a adapté et standardisé l’instrument pour l’évaluation des interventions de prévention ciblée de la violence chez les jeunes.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’échelle d’Action de quartier / Volonté d’intervenir est de quantifier l’évaluation subjective qu’ont les résidents du potentiel de régulation normative et de réaction proactive au sein de leur environnement résidentiel immédiat. Contrairement aux approches policières traditionnelles qui mesurent le contrôle formel exercé par les autorités judiciaires et répressives, cette échelle s’attache à capturer le contrôle social informel, c’est-à-dire la capacité inhérente d’un groupe de résidents à maintenir l’ordre public, à préserver les règles de civilité et à protéger l’espace partagé sans recours immédiat à la force publique.
Dans les contextes de recherche académique et appliquée, l’instrument remplit plusieurs fonctions majeures :
- Diagnostic environnemental et communautaire : L’outil permet d’évaluer le degré de vulnérabilité ou de résilience d’un secteur géographique donné. Un score faible signale un retrait de la sphère publique, une apathie citoyenne ou une peur paralysante des représailles, tandis qu’un score élevé reflète un tissu social actif et solidaire.
- Évaluation des interventions de santé publique et de prévention de la criminalité : L’échelle a été incorporée par les CDC dans leur compendium de mesure de la violence chez les adolescents pour servir de baromètre avant-après lors du déploiement de programmes d’organisation communautaire, de surveillance de quartier (Neighborhood Watch) ou de rénovation urbaine.
- Modélisation de l’efficacité collective : Utilisé conjointement avec des indices de confiance interpersonnelle, le questionnaire permet de tester les mécanismes médiateurs entre les caractéristiques structurelles d’un quartier (taux de pauvreté, instabilité résidentielle, hétérogénéité ethnolinguistique) et les taux réels de victimation ou de criminalité violente.
- Pratique clinique et intervention psychosociale : En travail social communautaire, l’instrument fournit un profil empirique des barrières perçues à l’action collective, orientant les travailleurs sociaux vers des actions de mobilisation ciblées sur des problématiques spécifiques (par exemple, désamorcer les conflits entre jeunes ou réclamer un éclairage public adéquat).
La formulation des questions (« dans quelle mesure est-il probable que vous ou certains de vos voisins fassiez quelque chose ») permet astucieusement de contourner le biais d’auto-complaisance ou le sentiment d’impuissance purement individuelle : l’item mesure une capacité perçue de groupe, intégrant la fois l’agentivité personnelle du sujet et sa confiance envers l’action solidaire de ses pairs.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par cette échelle est la volonté perçue d’intervention communautaire, une facette comportementale opérationnelle du contrôle social informel. Ce construit renvoie à l’anticipation d’une mobilisation active pour défendre l’ordre social local face à des transgressions normatives. Bien que le test soit unifactoriel dans sa structure computationnelle globale, il englobe plusieurs niveaux de gravité situationnelle et de risques encourus par les intervenants :
1. Régulation des incivilités matérielles et dégradations des jeunes
L’item 1 (enfants peignant des graffitis sur un panneau de signalisation) capture la régulation directe des comportements déviants chez les mineurs. Intervenir auprès d’enfants de 10 à 12 ans représente un coût personnel et un risque de représailles faibles, mais exige que les adultes se sentent investis d’une autorité parentale collective et d’une responsabilité partagée envers la jeunesse du quartier.
2. Vigilance territoriale et communication préventive
L’item 2 (présence d’un individu suspect rôdant dans la rue) évalue la surveillance naturelle de l’espace semi-public et le partage d’informations au sein du réseau de voisinage. L’intervention ne requiert pas nécessairement une confrontation directe, mais une communication inter-résidents d’alerte, manifestant l’existence de réseaux de communication informels fonctionnels.
3. Régulation des conflits de voisinage et incivilités sonores
L’item 3 (musique assourdissante) mesure la gestion des nuisances de la vie quotidienne entre pairs adultes ou semi-adultes. Ce type de situation pose un dilemme entre la préservation de la paix personnelle et le risque d’escalade interpersonnelle avec un voisin direct. Une volonté affirmée d’intervenir dénote des normes partagées de civilité bien ancrées.
4. Désamorçage de la violence physique interpersonnelle
L’item 4 (bagarre à mains nues entre adolescents) implique une prise de risque physique plus marquée. Les résidents doivent évaluer si le collectif est suffisamment fort pour séparer les belligérants ou si la peur de la victimisation secondaire l’emporte sur le devoir de protection des jeunes.
5. Réaction face au crime violent et aux armes à feu
L’item 5 (tirs par arme à feu) teste le niveau ultime de menace vitale. L’intervention attendue n’est généralement pas le désarmement direct par les citoyens, mais une action prompte et coordonnée (appel immédiat aux secours, mise à l’abri des résidents vulnérables, signalement précis). Dans les quartiers à forte désorganisation, le désengagement et la loi du silence (code of the street) prévalent souvent ; une probabilité d’intervention élevée indique une résistance collective remarquable.
6. Opposition aux activités criminelles organisées
L’item 6 (vente ouverte de stupéfiants) explore la résistance face à l’implantation de réseaux illégaux. L’intervention collective contre le trafic de drogue suppose une cohésion sociétale robuste, car les résidents s’exposent à des représailles ciblées et intimidantes.
6. Cadre théorique
L’ancrage théorique de l’échelle de Perkins et de ses collaborateurs s’articule au croisement de la sociologie urbaine de l’École de Chicago, de la psychologie environnementale et de la criminologie contemporaine :
La théorie de la désorganisation sociale
Inspirée des travaux fondateurs de Clifford Shaw et Henry McKay (1942), la théorie de la désorganisation sociale postule que la pauvreté, la rotation résidentielle fréquente et l’hétérogénéité socioculturelle entravent l’émergence d’un consensus normatif et affaiblissent les structures sociales locales. En l’absence de liens communautaires forts, les résidents ne parviennent pas à exercer un contrôle sur les comportements déviants. L’échelle opérationnalise directement cette capacité de contrôle comme un indicateur proximal de l’organisation ou de la désorganisation du micro-voisinage.
Le modèle de l’efficacité collective
Bien que développée quelques années avant la publication séminale de Robert J. Sampson, Stephen Raudenbush et Felton Earls (1997) dans la revue Science, l’échelle de Perkins et al. en constitue une préfiguration directe. Sampson et ses collègues ont défini l’efficacité collective (collective efficacy) comme la conjonction de la cohésion sociale (la confiance mutuelle entre voisins) et des attentes partagées quant au contrôle social informel (la volonté d’agir pour le bien commun). L’outil de Perkins isole précisément ce second pôle : l’attente partagée d’une intervention régulatrice.
La psychologie environnementale et la prévention situationnelle
Perkins et ses collaborateurs ont inscrit cet outil dans l’analyse de l’environnement physique et social des îlots résidentiels (block-level analysis). S’appuyant sur les concepts de « surveillance naturelle » de Jane Jacobs (1961) et d’« espace défendable » d’Oscar Newman (1972), l’échelle postule que les caractéristiques physiques (aménagements, éclairage, incivilités visuelles) interagissent dynamiquement avec la disposition psychologique des individus à s’approprier et défendre leur territoire résidentiel.
7. Validité
L’évaluation des qualités psychométriques de l’instrument a fait l’objet de nombreuses validations empiriques dans le cadre d’études sur le terrain urbain :
Validité de contenu et d’apparence
Les items ont été générés à partir d’enquêtes de terrain approfondies menées auprès de comités d’îlots et d’associations d’habitants à New York, Baltimore et Houston. Ils couvrent un échantillon représentatif d’incidents allant de désagréments mineurs à des urgences sécuritaires graves, assurant que l’ensemble du continuum de désordre urbain soit adéquatement exploré.
Validité convergente
Des corrélations positives statistiquement significatives ont été rapportées de manière récurrente entre le score de volonté d’intervenir et :
- La participation active à des comités d’îlot ou des associations de quartier (r variant de 0,35 à 0,48, p < 0,001 ; Perkins et al., 1990).
- Le sentiment d’appartenance communautaire et l’attachement au quartier mesurés par le Sense of Community Index (r = 0,42 à 0,55).
- La confiance sociale interpersonnelle entre voisins (r = 0,38 à 0,51).
Validité discriminante
L’échelle se distingue nettement des mesures de peur du crime généralisée et d’anxiété personnelle. Alors que la peur du crime paralyse souvent l’individu et corrèle négativement avec les sorties nocturnes, la volonté d’intervenir reflète une posture d’agentivité collective proactive. Elle montre de faibles corrélations avec des variables de personnalité générale comme l’extraversion globale ou l’estime de soi personnelle (r < 0,15), confirmant qu'elle capture un construit écologique et contextuel plutôt qu'un trait psychologique individuel décontextualisé.
Validité prédictive et écologique
Au niveau agrégé de l’îlot résidentiel (analyse multiniveau), les études ont mis en évidence qu’un niveau élevé d’action de quartier perçue prédit une diminution significative des incivilités matérielles réelles (détérioration physique, déchets, graffitis) observées par des évaluateurs indépendants lors d’audits environnementaux objectifs, ainsi qu’une baisse des taux de victimation criminelle rapportés sur des périodes de suivi de 12 à 24 mois.
8. Fidélité
Les indices de consistance interne et de reproductibilité temporelle démontrent une bonne robustesse psychométrique à travers divers contextes socioéconomiques :
Consistance interne
- Étude princeps de Perkins et al. (1990) : Dans l’échantillon d’îlots résidentiels de Brooklyn et Salt Lake City, le coefficient alpha de Cronbach rapporté pour la batterie de contrôle informel se situait à 0,78.
- Houston Community Demonstration Project (1993) : L’adaptation à 6 items compilée par le CDC a affiché un alpha de Cronbach global de 0,82 auprès d’un échantillon diversifié de résidents urbains.
- Corrélations inter-items : Les corrélations moyennes inter-items s’échelonnent entre 0,38 et 0,54, ce qui démontre une homogénéité conceptuelle adéquate sans redondance sémantique excessive. Les corrélations item-total corrigées dépassent toutes le seuil conventionnel de 0,40.
Fidélité test-retest
Sur un sous-échantillon interrogé à six semaines d’intervalle sans intervention communautaire majeure, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) test-retest s’est élevé à 0,74, témoignant d’une stabilité temporelle appréciable tout en conservant la sensibilité nécessaire pour détecter des changements longitudinaux consécutifs à des actions de développement local.
9. Analyse factorielle
L’architecture latente de l’instrument a été examinée par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles en composantes principales avec rotation varimax ou promax révèlent de manière constante l’émergence d’un facteur dominant unique expliquant entre 48 % et 58 % de la variance totale des réponses. Ce facteur unique unifie la disposition à la régulation informelle, transcendant le degré de sévérité de l’infraction.
Les saturations factorielles observées dans la configuration unifactorielle se présentent typiquement ainsi :
- Item 1 (Graffitis / mineurs) : saturation factorielle comprise entre 0,62 et 0,71.
- Item 2 (Étranger suspect / alerte) : saturation factorielle comprise entre 0,65 et 0,74.
- Item 3 (Musique assourdissante / négociation) : saturation factorielle comprise entre 0,55 et 0,68.
- Item 4 (Bagarre d’adolescents / désamorçage) : saturation factorielle comprise entre 0,73 et 0,82.
- Item 5 (Tirs d’armes à feu / réaction urgente) : saturation factorielle comprise entre 0,69 et 0,79.
- Item 6 (Vente de drogue / opposition) : saturation factorielle comprise entre 0,70 et 0,81.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Lorsqu’un modèle unifactoriel à six items est soumis à l’AFC, les indices d’ajustement globaux s’avèrent excellents :
- Ratio Chi-deux sur degrés de liberté (χ²/dl) < 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) ≥ 0,96.
- TLI (Tucker-Lewis Index) ≥ 0,94.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,055 (IC à 90 % [0,032 ; 0,078]).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ 0,041.
Certains chercheurs ont exploré des modèles bifactoriels scindant les situations à risque physique élevé (items 4, 5, 6) des situations de nuisances civiques modérées (items 1, 2, 3). Toutefois, les deux facteurs sont si fortement corrélés (r > 0,75) que l’utilisation du score unidimensionnel global reste la pratique méthodologique recommandée.
10. Instrument de mesure
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté ou administré par intervieweur (en face-à-face ou par téléphone).
- Nombre d’items : 6 items décrivant des scénarios concrets survenus sur l’îlot de résidence.
- Format des réponses : Échelle ordinale à 3 modalités :
- 1 = Not at all likely (Pas du tout probable)
- 2 = Somewhat likely (Assez probable)
- 3 = Very likely (Très probable)
- Procédure de cotation :
- Les points attribués aux réponses complétées sont additionnés (score brut total de 6 à 18).
- Le total est ensuite divisé par le nombre d’items complétés afin d’obtenir un score moyen continu allant de 1,00 à 3,00.
- Les items laissés en blanc ou comportant des valeurs manquantes ne sont pas comptabilisés dans le dénominateur.
- Interprétation des scores :
- 1,00 à 1,66 : Faible volonté d’intervention ; présence marquée d’apathie sociale, méfiance mutuelle, retrait civique ou forte peur de représailles.
- 1,67 à 2,33 : Volonté d’intervention modérée ; propension conditionnelle à intervenir principalement face à des délits mineurs, avec une hésitation accrue face aux menaces physiques.
- 2,34 à 3,00 : Forte volonté d’intervention ; climat d’efficacité collective robuste, vigilance partagée et solidarité opérationnelle active au sein du voisinage.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de conception originale : 1990 (publication de Perkins et al. dans l’American Journal of Community Psychology).
- Année d’adaptation : 1993 (Houston Community Demonstration Project) ; inclusion dans le recueil officiel des CDC en 2004.
- Statut des droits d’auteur : Domaine public scientifique. L’instrument a été diffusé en accès libre dans le recueil des CDC (Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools, p. 356) financé par le gouvernement fédéral des États-Unis.
- Tarif d’utilisation : Gratuit (aucun honoraire ni droit d’utilisation requis).
- Conditions d’utilisation : Libre pour toute utilisation académique, clinique, gouvernementale ou de recherche communautaire, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales (Perkins et al., 1990 ; Houston Community Demonstration Project, 1993 ; CDC, Dahlberg et al., 2005).
12. Références
Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed., p. 356). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
Houston Community Demonstration Project. (1993). Community mobilization and violence prevention project evaluation. Houston, TX: City of Houston Health and Human Services Department.
Jacobs, J. (1961). The death and life of great American cities. Random House. https://en.wikipedia.org/wiki/The_Death_and_Life_of_Great_American_Cities
Newman, O. (1972). Defensible space: Crime prevention through urban design. Macmillan. https://en.wikipedia.org/wiki/Defensible_space_theory
Perkins, D. D., Florin, P., Rich, R. C., Wandersman, A., & Chavis, D. M. (1990). Participation and the social and physical environment of residential blocks: Crime and community context. American Journal of Community Psychology, 18(1), 83–115. https://doi.org/10.1007/BF00922690
Sampson, R. J., Raudenbush, S. W., & Earls, F. (1997). Neighborhoods and violent crime: A multilevel study of collective efficacy. Science, 277(5328), 918–924. https://doi.org/10.1126/science.277.5328.918
Shaw, C. R., & McKay, H. D. (1942). Juvenile delinquency and urban areas. University of Chicago Press. https://en.wikipedia.org/wiki/Social_disorganization_theory